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Skylar ▬ Les fleurs du mal [Finie]

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See I've seen devils, I've seen saints,
I've seen the lines between them fade.

× c a g e d / B I R D ×
Messages : 39
Métier : Profiler en grande partie.
Pouvoir : Nécrose.
Humeur : Ascenseur émotionnel.

Double(s) compte(s) : Aucun en vue.
R:Divers
Dim 13 Aoû - 17:30

SKYLAR T. DRAGOMIROV
" Being against evil doesn't make you good. " Erneast  H.
• Nom : Dragomirov
• Prénom : Skylar Tatsumi.
• Surnom : Aucun.
• Âge : 31 ans.
• Plutôt : Indifférent amoureux du caractère des hommes mais ne l'assume pas. Tendance à aimer "dominer" ses relations dans tous les cas.

• Origine(s) : Russo-Japonaises.
• Métier : Profiler, il écrivait des livres sur la psychologie jusqu'à très récemment.
• Groupe : Reload Autres (?)

• Pouvoir et description : Nécrose : Capacité de nécroser une petite parcelle de tissus cellulaire encore vivant que ce soit celle d'un animal ou d'un être humain. Pour cela fait sa main doit entrer en contact direct avec la peau et rester dessus le temps que le pouvoir fasse effet, également il peut choisir de ne faire apparaître l'effet que quelques dizaines de minutes après le contact. Il ne peut l'utiliser que sur une personne à la fois et cela qu'une fois par semaine en plus des horribles malus accompagnant l'utilisation. Le pouvoir ne fonctionne pas sur une matière non vivante et ne peut pas dégrader et/ou dépasser un tissu textile, par conséquent s'il porte des gants cela n'aura aucun effet. Également plus le contact est prolongé plus la nécrose est importante et avec elle les dégâts, il ne pourra pas nécroser un membre entier cependant, uniquement une partie moindre et l'effet ne dure pas plus de quelques heures.
• Malus : En plus de la perte de sensations que cela le procure après usage, il semble perdre des parcelles de souvenirs qu'il ne peut pas par la suite récupérer. La teinte de ses cheveux s'est énormément éclaircie depuis qu'il est revenu à la vie et c'est supposément un des effets malencontreux de son pouvoir. Après utilisation il est pris d'une immense fatigue et de douleurs musculaires se manifestent après sa période dite d'insensibilité, cela peut durer de nombreuses heures et il est incapable de les ignorer. La vision de son œil précédemment blessé se dégrade, le blanc de l'œil devenant d'un noir inquiétant et son iris se colorant de rouge. Également son pouvoir de nécrose aura tendance à chaque utilisation à s'abattre sur lui, dévorant petit à petit son corps et ses propres cellules. Il ne pourra jamais trop l'utiliser sur autrui sous peine de se voir infliger le même châtiment et de mourir à nouveau, dévoré de l'intérieur par son propre don.
• Position de la marque et description : Scolopendre sur le dos.
• Âge de la mort : 18 ans.
• Cause(s) de la mort : Infection généralisée suite à sa maladie.

►►

Mon pseudo sur le net : Mortis.
Âge : Pizza ?
Présence sur le forum : Cela dépend de mon nouvel emploi du temps, mais pas mal présent.
Que pensez-vous du forum : Vous êtes chics.

Le personnage sur mon avatar est : Sasaki Haise/Kaneki Ken + Tokyo Ghoul
Le code est :
« Il est dommage que la nature n’ait fait de toi qu’un seul homme. Toi qui avais l’étoffe d’un saint et d’un brigand. »

Morceau de lune indéniablement arraché au ciel, dans la pénombre sombre un croissant encore présent dans la toile infinie teinte d'un bleu marine. Et l'extrait arraché fût retourné pour en faire un sourire, lugubre et factice, joyeux et éternellement tendre, comme celui des nymphes que l'on ne peut que contempler de loin. Celui qui ne brille que parce que le fond de ses yeux nous appelle aux abysses. Et désormais la créature versatile se métamorphose devant vos yeux, devenant le bourreau et le confort, la chaleur et la peur, le choix alternatif que l'on ne peut réellement faire, il ne fait que s'adapter, répondre présent, mentir pour mieux régner. Skylar et la purpurine qui colore le fond des yeux, la neige que l'on ne cesse de caresser du tendre bout de nos doigts. On l'aime peut-être, on la déteste un peu sûrement car elle est bien trop froide, car un contact prolongé en devient indéniablement désagréable. Il est une odeur, un mot rude, une phrase pleine de poésie. Il serait les rimes qui s'embrasent et se mélangent à l'infini, une sorte de souvenir que l'on aspire à garder mais que l'on ne parvient réellement à saisir. Une sorte d'identité inventée de toutes pièces, malléable à souhait. Skylar n'est qu'une marionnette, une masse, le péché mensonger. Rien de plus, rien de moins.

Sur le bout des lippes, un sourire, son sourire, de ceux que l'on désire arracher car ils sont bien trop espiègles et étonnamment rassurants. Il possède ce pouvoir des mots et des gestes, cette manière de se tenir, la stature droite et honnête, un pilier se battant contre ses intempéries intérieures. Il ne craint pas la pluie ni les averses, il ne craint la perte ni le décès. Le rire lui fait peur, l'été le brûle par sa trop grande lumière. Skylar ne craint que d'être bien trop heureux et de tomber de haut, de caresser du bout des phalanges le bonheur et de le perdre une fois de plus, la fois de trop. Créature arrogante et instabilité alarmante, il vous nargue de ce sourire et de cet air de comte sorti des livres, refusant de vous partager ses secrets, vous donnant l'illusion que vous connaissez ses moindres faiblesses alors qu'elles ne sont que des détails inventés pour vous piéger. Skylar respire le mensonge et l'air de ses poumons le rempli d'avarice et d'envie, il désire tout et ne se contente de rien, il partage sans rien demander en retour, si ce n'est que la promesse que vous le laisserez voir une fois de plus le visage caché derrière votre plus beau masque.

C'est à cela qu'il croit au-delà de tout, encore méfiant des apparences humaines et souvent trompeuses, il est l'être que l'on ne peut aisément surprendre, celui qui incrédule observe en silence, en attente de voir les pires choses que vous ne pourrez faire. Skylar il n'est pas réellement tendre non, il ne cesse de se créer un monde et une image, jouant avec, plongé dans cette méfiance qui lui dévore les tripes, tendant la main en son intérieur afin d'agripper celle de quelqu'un pouvant un jour l'intéresser. Et pourtant, pourtant on dit que cet homme serait le premier à écouter, le premier à prendre votre défense, le premier aspirant à essuyer les larmes coulant le long de vos joues. Lui qui semble si calme et honnête, lui qui ne cesse de venir vous étreindre pour vous rassurer. Il aurait l'étoffe de l'homme à qui on confierait tout, sans doute sauterait-il dans le feu pour vous éloigner des flammes mais sa réelle intention est bel et bien celle de ressentir une fois de plus le frisson du danger. Il ne recherche que cela, c'est ce qui le fait vivre. L'adversité et le danger, la peur et la crainte d'être prit, capturé et blessé. Skylar il ne craint pas l'abîme il a besoin de se mettre en danger, besoin de vivre dans les situations précaires et étranges. Il traque ces êtres violents car la violence ruisselle en son être, qu'il s'y reconnaît au fond mais n'y a jamais cédé. Et il a besoin de ce travail tout autant qu'il n'a besoin de piétiner les règles imposées. Il n'est qu'un être que l'on aurait tendance à surveiller car bien trop instable, bien trop méfiant, sa légère sociopathie pouvant l'emmener bien trop loin dans les sentiers sombres de son humanité. Toutefois il n'en a crainte, nul ne pourra lui dicter sa destinée.

Et c'est pour cela qu'il ment et muselle son côté sanguin, ne démontrant que cette parcelle de gentillesse étrange, ne devenant qu'une main de fer gantée de velours, paraissant aimer le monde entier alors qu'il n'en aime que ses contradictions. Il a le faciès de l'ange et l'enfer bouillonne dans ses veines, parfois cela éclate bien trop vite, parfois il a bien du mal à se contrôler. Skylar ne cesse de se battre contre ses propres démons en plus de ceux de ce monde, une entité qui affectionne et s'attache aux rares personnes intéressantes pour ne plus le lâcher. Et ce cocon instable qu'est la chair l'étouffe bien trop, il désirerait l'arracher pour vivre plus librement, cherchant à récupérer parfois ce sentiment désagréable qu'est la douleur car elle lui a été proscrite il y a bien trop longtemps. Skylar est une créature accro, à son travail, à ses quelques relations, au contrôle qu'il désire toujours avoir, à l'amour manquant qu'il a pourtant déjà goûté une fois dans sa vie. Ainsi il devint le bourreau et la douceur, l'amour le passionne et l'empêche de réfléchir correctement. Soyez sûr que s'il vous aime son amour sera bien différent de celui des autres, il pourrait faire peur tant il ne céderait sa place à vos côtés.

Lui qui ne renonce jamais à rien, lui qui se moque du matériel et de l'imaginaire. Lui, l'homme trop protecteur et parfois hautain, à la simplicité pourtant presque entraînante et aux délires encore présents. Cette enfance qu'il n'a jamais réellement vécue bat de son aile, puis parfois il rêve, les yeux encore ouverts, l'insomnie le dévorant chaque nuit car le sommeil lui n'aspire plus à lui rendre visite. Et les cauchemars eux reviennent, peuplés uniquement de lui et de ses méfaits, de ses misérables fautes qu'il ne pourra jamais réparer. La culpabilité le prend quelques fois et le rend ivre, fou désireux de l'effacer ne serait-ce que pour quelques secondes. Et son côté sans limite le mène aux portes de tous les vices et de tous les mensonges, il se plaît à déposer une main sur le creux des reins, dévorer des yeux les silhouettes d'hommes qu'il semble ignorer. Skylar ne vit que pour la traque et le jeu, pour la justice éphémère, il est l'espièglerie acceptant tout défi peu importe la complexité de celui-ci. Il ne veut que s'amuser, abusant de ce charisme crée petit à petit pour capturer des cœurs et des regards. Skylar est une bête ingrate et rusée, aux sombres côtés aussi cachés que ses qualités et lorsqu'en en saisit le sens, il disparaît pour ne plus jamais revenir.
↑ Mental
↓ Physique
— Merci en tout cas.
— Ce n'est rien.

Le sourire respectueux de l'homme aguerri qu'il était devenu ne te surprenait même plus, tu parvenais toutefois toujours à en distinguer les sens cachés, comme lisant au-delà des lippes roses. Skylar n'avait pas changé depuis votre rencontre, le faciès s'étant développé afin de devenir plus mature mais la tendresse du satin demeurait toujours sur ses joues blanches. Tes yeux s'ancrant dans ses prunelles d'un miel douceâtre, un étrange mélange entre du charbon et du brun clair, partant parfois vers les teintes que l'on confondrait presque avec le doré. Il avait toujours eu de ces regards étranges dont on n'en perçait jamais le sens, de ceux qui paraissaient doux au premier abord et qui pourtant dissimulaient une noirceur perceptible lorsque l'on prenait le temps de les voir en profondeur. Et puis parfois, le monde le gâtait d'une prunelle aux teintes presque pourpres, la fatigue ayant pris le pas sur le travail. Tu n'avais pu distinguer ce phénomène qu'une seule et unique fois, le propriétaire taisant le spectacle en closant sa paupière sur l'œil coupable. Vous n'en aviez jamais reparlé par la suite. Skylar, l'observateur du monde toujours avec le même augure, ne dévoilant aucune parcelle d'émotion correcte, la neutralité étant déstabilisante lorsque l'on ne le voyait pas réagir devant les infamies commises par autrui. L'adepte de la colère froide et des mots patelins, il flattait les oreilles de ces moindres spectateurs, la voix à la fois grave et tenace, aux bordures parsemées de la tonalité apaisante, invitant aux moindres confidences. Cette voix ne s'élevant jamais, concordant avec le visage ne cédant aux avances du temps, à la blancheur presque immaculée, il gardait encore cette réputation de forteresse que l'on ne pouvait franchir.

Lorsque tu levas ton regard vers lui tu le surpris à reprendre sa lecture, comme si rien ne venait de se passer, les événements ne semblant pas plus le marquer que les lignes qu'il parcourait d'un œil distrait. Un simple soupire poussé contre ses lèvres, il sembla perplexe, les sourcils aux teintes grises se fronçant imperceptiblement. Son visage n'avait jamais semblé aussi mature qu'en cet instant et tu savais parfaitement à quel point l'idée de ne pas paraître plus âgé pouvait le rendre fou de rage ou bien au contraire le faire esquisser un de ces sourires satisfaits. C'était étrange en somme que de revoir le même faciès à quelques points prêt que celui que tu avais eu l'occasion de découvrir quelques années auparavant. Il gardait la teinte de neige fraîche à la blancheur presque miraculeuse, le nez petit à la pointe légèrement aquilin, les pommettes hautes, éternellement maigres car il ne semblait jamais grossir, juste croître dans la maigreur depuis quelque temps. L'air sérieux mais tendre, l'espièglerie dans le regard et les longs cils parsemés d'argent. Jamais il ne prenait d'autres couleurs pour se vêtir que le noir et le rouge afin de rehausser ce teint de porcelaine fragile. Cette chose qu'il n'était pas, une simple image faussée de sa personne.

Le bout de son pouce venant se poser sur ta joue, il ôta le bout de ta cigarette des lèvres, les ramenant vers les siennes sans une once de culpabilité. Tu l'entendais déjà susurrer d'une voix de velours que cela n'était pas une chose que tu devais faire à ton corps, ridicule lorsque l'on savait ce que lui faisait éprouver au sien. Et encore une fois ton regard glissa sur ses phalanges, agrippant une parcelle de sa peau marquée d'une cicatrice entre le pouce et l'index encore visible. Tu aurais voulu la caresser et le lui demander l'origine, toutefois tu savais par avance qu'il retournerait la question afin de ne pas y répondre. Ainsi tu te contentas de son simple sourire et du silence, soulevant légèrement la tête pour l'observer de toute sa hauteur. Avait-il grandi depuis votre première rencontre ? Certainement. Il te semblait qu'à l'époque il était un peu plus petit, un peu moins imposant que ce mètre quatre-vingt-six qu'il arborait dernièrement.

— Tu claques des dents, c'est gênant.

En cet instant il récupéra cet air de poupée que l'on cajole, les traits tirés en une expression à mi-chemin entre une certaine compassion et un agacement certain. Tu voyais bien l'étrange tic qu'il avait de se faire craquer les doigts lorsqu'une situation prenait le pas sur sa lucidité. Il le refit encore devant toi, osant finalement faire glisser cet étrange manteau sombre hors de ses épaules, pour qu'il vienne enfin recouvrir les tiennes. Sur le mouvement tes yeux se perdirent sur les quelques gouttes fraîches qui ruisselaient encore le long de sa crinière décolorée, mélange d'argent et de sombre, les quelques fils semblant presque être d'un blanc absolu si omettaient les quelques pointes noires qui donnaient à sa coiffure quelque chose d'intrigant. Ses cheveux, cette tignasse qu'il adorait taquiner lorsque le temps lui prenait les nerfs. Il fut une époque où il n'avait cessé d'en perdre des fils, pourtant tu le voyais encore maltraiter sa tignasse comme si elle n'avait été rien. Sa paume se glissant pour se poser sur l'arrière de sa nuque, il la fit craquer d'un mouvement instinctif, dévoilant les prémices de cette encre noire lui marquant le haut de la nuque jusqu'au commencement de ses reins. Une immense scolopendre, de ceux qui t'avaient terrifié une fois petits, aux pattes discrètes mais néanmoins marquant les moindres traces et cicatrices blanches. Cela aussi, il n'en avait jamais abordé la raison de sa création.

Quelques secondes, il poussa un énième soupir en venant refermer ce livre immense entre ses paumes. Ses longs doigts parcouraient encore les quelques pages, son haut aux manches longues masquant tout ce qui aurait pu être agréable à voir. Ce corps entaché de marques et d'encre dessiné au fer rouge, tout le long de son bras résiliait encore des égratignures étranges, ce qui semblait être une morsure sur la base de sa nuque. Il avait l'air sculpté tout en fragilité, une fois sa carrure recouverte de vêtements sobres. Pourtant il demeurait encore cet homme aux muscles cachés par l'effort, au visage trompeur et à la force brute. Il n'était pas de ceux agitant les muscles des bras afin de les montrer aux autres, non, il possédait juste cette force insoupçonnée, une souplesse capable de maîtriser le plus aguerri des hommes. Skylar n'avait pas la force monstrueuse, il ne gagnait que grâce à l'arnaque constante qu'exerçaient son visage d'ange et ces mots flatteurs. Il ne gagnait que grâce à cette aisance entourant ses moindres membres, l'aisance des pas toujours sûrs et jamais inquiets, que parce qu'il semblait exister en tout lieu lorsqu'il s'y trouvait.

Comme s'il avait pu entendre tes pensées il t'offrit à nouveau ce sourire espiègle et joueur, osant glisser sa langue hors de ses lippes, soulevant ton visage afin qu'il daigne à observer le sien à nouveau. Il restait encore un homme aux goûts extravagants mais à la tenue sobre, toujours pointilleux concernant ces quelques vêtements, ne portant jamais rien de pastel, aucune couleur réellement heureuse pouvant dévoiler un peu plus de sa personnalité. Un simple trois pièces lorsque le travail était sa destination principale, un unique deux pièces le reste du temps. Il ne se préoccupait d'aucun réel accessoire, restant le plus naturel possible. Dieu seul savait, à quel point il pouvait mentir dans sa présentation mais tout cela, ce n'était qu'une autre histoire.

— Bien, on peut y aller. L'histoire est réglée il ne reviendra plus.
— Hm. Tant mieux.

Et vous étiez déjà repartis.
The world breaks everyone, and afterward, some are strong at the broken places. Ernest H.

Ces mots que je m'apprête à écrire ne sont que nécessaires pour mes projets futurs. Ils ne sont que l'un des seuls moyens que j'ai de ne pas perdre une trace complète de mon passé. J'espère que jamais personne ne les lira, et si tel est le cas, j'espère que cette lettre périra avec le curieux ayant eu l'audace d'y poser ses yeux.

Le morceau des lippes meurtries.
Tel avait été le premier souvenir que j'ai gardé de mon enfance, le plus marquant, le premier que l'on aime collectionner et que l'on perdra ensuite au détriment d'autres que l'on n'aura jamais choisi de trier. Le morceau de mes lippes meurtries, la peau arrachée, les gouttes pourpres qui coulent et que l'on ne sent que parsemer notre peau. Ce n'était pas tant que la scène mais l'habitude qui rendait les choses inquiétantes. Lorsque j'ai ouvert les yeux pour la première fois, ce sont ceux de ma mère que j'ai rencontrée. J'avais eu cette chance de naître de manière naturelle, porté dans le ventre d'une des femmes encore restantes, celles que l'on aime cajoler ou au contraire emprisonner pour espérer ne pas la voir se faner. Ma mère était d'origines japonaises principalement, elle avait cette courte tignasse d'un noir étincelant, elle avait les yeux les plus sombres et les plus brillants que je n'ai pu un jour voir. Elle n'était ni tendre ni rude, un simple mélange des deux, une de ces femmes à qui l'on aspire à confier nos secrets, celle qui pourtant tire les ficelles dans l'obscurité. Elle avait toujours été fière d'avoir pu donner naissance à un garçon en pleine forme malgré le fait que le temps ne soit qu'un éternel sadique jouant avec sa santé. Elle ne m'a pour ainsi dit jamais caché qu'elle avait toujours espéré en avoir un, plus qu'une fille, car elle ne désirait jamais partager le même sort avec une autre personne de sa famille. J'étais né également grâce à un père russe au fort accent séducteur disait-elle, il était un exemple de la patience précaire, une bombe prête à exploser au sang chaud mais au cœur néanmoins immense qui ne parvenait à vaincre ses propres démons aisément. Aussi instable que le roux teintant ses cheveux, mon père n'avait jamais eu la langue dans sa poche, le mensonge l'avait toujours exécré au point où ne nous a jamais menti concernant les précieuses fêtes que les autres enfants pouvaient adorer fêter. J'avais grandi en tant que jeune fils désiré sur la mère-patrie russe, les températures glaciales emportant les quelques langues liées qui très vite se montrèrent avides de ragots inutiles.

Puis il y avait mon cousin, l'intendant de sentiments controversés et instables, la jalousie primitive et pourtant affectueuse. Je ne sais pas trop ce qu'il avait pu penser quelques années après ma naissance, je ne cesse de penser que s'il avait été un enfant unique sans doute n'aurait-il pas fini de cette façon, la vie gâchée par des choix qu'il n'avait fait que subir au quotidien. Andreï avait toujours été ce que je n'étais pas à l'époque, nous étions peu ressemblants, un peu maladroits, lui excellait dans l'invention d'objets nouveaux, moi je me contentais d'observer le monde et d'apprendre en me mettant en danger. Pour lui mes parents étaient également les siens, son abri et sa manière de ne pas rester seul. J'avais appris très jeune que son mutisme venait du fait qu'il avait perdu les siens alors qu'il n'avait que l'âge de s'en souvenir, ils avaient été tués par on ne savait qui et depuis personne n'avait accepté de prendre soin de lui hormis ma famille proche. Andreï m'avait toujours fasciné, son histoire, elle était des plus tristes et pourtant, quand il osa me la raconter de lui-même j'ai vu qu'il avait encore les plaies ouvertes et souffrait bien plus qu'il ne le disait. Il avait beau être le plus âgé de nous deux, il était également le plus malléable. Petit à petit les choses changèrent de manières plus étranges, la maison dans laquelle j'avais grandi à l'époque étant une sorte de piège qui lentement se renfermait sur moi à chacune de mes actions. Mon premier réel souvenir avait été les lèvres coupées dévorées par mes propres dents, une sorte de réflexe que j'avais lorsque je m'ennuyais, je ne devais pas être très grand à l'époque. Ce n'était rien de plus que de la chair que l'on mord accidentellement, qui se réparera ensuite seulement avec un peu de temps. Ce n'était rien de grave, juste un geste insolent. C'était ce que l'on croyait au début, jusqu'à ce que cela empire et que j'en finisse par manger le bout de ma langue sans m'en rendre réellement compte. La douleur n'existait pas, elle n'avait jamais été présente, demeurant absente alors qu'elle aurait dû toujours être là.

Et cela effraie énormément que de se rendre compte qu'un membre de notre entourage n'est pas une personne normale, un être comme tous les autres. Les accidents de ce genre étant vite notés, que cela soit une chute qui ne n'arrachait qu'un rire ou des griffures que je m'infligeai dans mes cauchemars et qui ne me faisaient rien, ce fût lorsqu'on me vit traîner la main sur le feu que l'on décida de me stopper dans mon avancée pour m'emmener traiter. Le verdict ne fût pas long à tomber, j'étais atteint d'insensibilité congénitale à la douleur, celle-ci ne pourrait jamais m'enseigner les choses importantes de la vie et on ne pouvait me soigner. À cette époque je n'étais pas encore capable de comprendre réellement les choses, pas plus que l'idée que ma vie allait être différente de celle de mon cousin ne m'avait traversé l'esprit. Puis ensuite, petit à petit je me suis rendu compte que je n'étais pas comme les autres enfants, que mon quotidien se résumait à des vérifications poussées et que je n'avais ne serait-ce que le droit de me cogner contre une quelconque surface sans provoquer un drame. Je ne pouvais pas sortir, je n'avais pas le droit de pratiquer une quelconque activité ludique sans avoir une surveillance poussée et la moindre trace de blessure était accompagnée d'une allée chez le médecin de la famille. Mes parents avaient toujours été méticuleux concernant mon bien-être, mais après avoir appris que cette maladie me bouffait ils ne sont devenus que paranoïaques à l'idée que quelque chose m'arrive. C'était un enfer que de vivre chaque jour sans parvenir à voir une autre personne que mon cousin, ni encore de pouvoir sortir afin de me rendre en cours. Je n'étais qu'un tableau que l'on admire de loin, une sorte de porcelaine rare que l'on n'a le droit d'effleurer par crainte qu'elle ne se casse. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai dû prendre des vitamines par voie intraveineuse car je ne passais pratiquement aucun temps dehors et que la seule lumière que je voyais était celle de ma lampe de chevet. J'en ai conscience désormais qu'ils ont sans cesse fait de leur mieux, mais ils ont toujours été extrêmement excessifs et à l'époque rien ne me semblait plus cruel que leur comportement.

Mes quelques années d'apprentissage se faisant surtout chez moi, j'avais été éloigné de mon cousin qui lui pouvait continuer sa vie normalement. Nous ne nous parlions que lorsqu'il rentrait, en silence, posant son sac contre une quelconque étagère avant de s'enfermer pour faire ce qu'il avait à faire. Je n'ai compris que très tard ce qu'il faisait réellement, me contentant de lui faire confiance, car je savais qu'il me dirait tout, il était bien trop honnête. À mes treize ans je voyais déjà les quelques curieux se multiplier près de ma fenêtre, sûrement ravis de voir un jeune qui ne pouvait pas sortir parce que lui avait soi-disant le "superpouvoir" de ne jamais ressentir une quelconque morsure de douleur désagréable. Je ne sais pas comment la rumeur avait filtré mais j'ai quelques doutes concernant l'implication de nos voisins de l'époque. Ces jeunes n'étaient que des spectateurs moqueurs, certains là simplement pour me regarder de loin et de haut, d'autres encore s'effrayaient en disant que ce n'était pas quelque chose de normal et que j'étais une personne à éviter. Je les ai toujours détesté, ces gens, ceux qui se plaignaient et pleuraient lorsque le simple coup d'un autre les touchait. Je les ai toujours haï d'avoir une meilleure vie que la mienne, de ressentir des choses que je ne ressentais pas et de s'en plaindre. De pouvoir vivre normalement et avoir des amis alors que je ne pourrai jamais. Ces jeunes pourraient sans doute vivre encore longtemps, on ne savait jamais réellement combien vivrait une personne atteinte de ma maladie. Beaucoup étaient morts d'une appendicite même pas annoncée à peine leur majorité atteinte, cet état était tellement navrant que j'en étais venu à me détester et détester ce corps qui était le mien. Je n'avais aucune manière de me martyriser physiquement, ainsi mes émotions elles étaient incontrôlables et mon impulsivité m'avait poussée aux portes des pires idées.

Parallèlement à cette haine sans nom que je leur portais et me portait j'avais appris qu'Andreï correspondait avec une jeune fille, la seule qu'il connaissait à l'époque. Elle était une grande fan des objets et moyen de communication anciens, elle ne cessait de collectionner les livres d'époques révolues et excellait en langues mortes. J'avais pu assister à leurs moindres échanges et messages, me passionnant par cette fille que je n'avais jamais vue de mes yeux mais qui semblait être une personne différente de tous ceux que j'avais vus à ma fenêtre. Alors j'ai osé lui écrire également, lorsque s'agissait des lettres je m'appliquais à avoir la même manière d'écrire qu'Andreï, lorsque les messages étaient informatiques je me plaisais à parler avec la même audace diminuée. Ce qui n'avait été qu'un échange entre deux personnes était devenu une conversation plus grande, elle ne l'a jamais su, il ne lui a jamais rien dit et je ne désirais pas qu'il le fasse. Au fur et à mesure que le temps passait je me suis mis à faire la seule chose que je pouvais encore, étudier, apprendre, m'instruire et écrire encore et encore. Pour que le temps passe, que les secondes semblent moins lourdes. On m'avait autorisé à sortir un peu plus souvent car j'étais en âge de comprendre, mais je n'avais pas cessé de dépasser les limites, car rien ne m'empêchait d'aller plus loin, de grimper plus haut, de risquer plus gros. À cette époque nous avions déménagé pour l'Amérique du Nord, je m'étais mêlé à des jeunes légèrement douteux qui n'avaient aucune connaissance de ma maladie, je sortais dès que je le pouvais pour apprécier leur caractère, continuer dans la voie d'autodestruction inconsciente dans laquelle j'étais. Dans le fond la seule chose que j'ai obtenu de mes parents ce n'était que des reproches et une liberté plus restreinte, mais cela en avait toujours valu la peine. Et puis petit à petit la communication avec mon cousin devint moindre, lui qui rentrait et me racontait sa journée se contentait de se taire, de rester dans son coin et d'envoyer valser les quelques mots qu'il pouvait encore envoyer à sa correspondante. Je le voyais abîmé, les bleus couvrant son corps, les tremblements le couvrir tandis qu'il osait faiblement me sourire.

Il paraît que lui aussi de son côté n'avait pas la vie heureuse qu'il prétendait.

C'est ironique car nous nous battions pour des projets inverses et ce monde que je désirais voir davantage ne cessait de le meurtrir un peu plus. Cependant il n'a jamais cédé, jamais. Il s'est toujours battu pour en ressortir la tête haute, gardant les secrets qui étaient les miens tout en continuant d'inventer des choses que personne d'autre n'aurait pu penser inventer. Il avait déjà à l'époque de l'or au bout des doigts et l'imagination que n'importe quel artiste aurait voulu prendre. Il était tout simplement trop sensible peut-être ? J'ai fait en sorte de fuir ce foyer une fois de plus pour aller à la rencontre de ces êtres le martyrisant, osant hurler et frapper ces mêmes personnes qui peu à peu détruisaient ce sourire que j'avais toujours connu. Malgré le fait qu'il ne soit mon ainé j'avais comme ambition de le protéger lui et sa fragilité, car il était un des derniers remparts à ma santé mentale à l'époque. Je ne sais combien de temps cette guerre verbale et gestuelle a duré, plusieurs jours de discussions et d'embrouilles sans doute, les blessures que j'avais eues me semblaient moins graves que de croiser son regard inerte et le dernier jour, lorsque je leur ai tourné le dos j'étais persuadé que les choses évolueraient. Lors de mes dix-sept ans je l'ai vu rentrer pour la dernière fois, le même état critique et il m'avait susurré encore une fois de ne rien dire à personne, que cela irait, qu'il n'avait rien. Il est mort le jour même, tué par une dose trop importante de médicaments et d'une corde autour du cou. Il s'était suicidé parce que ce monde et ces êtres l'entourant ne voulaient pas de lui et de sa discrétion et la dernière chose qu'il m'a dite avant de tenter le diable c'était à quel point il pouvait me détester pour leur avoir tenu tête à sa place. Je me demande si les choses auraient été différentes s'il avait été seul, finalement j'ai été l'être qui en voulant l'aider l'avait plongé dans les abysses.

Le problème avec cette maladie c'est que personne ne pense aux conséquences psychiques que cela peut engendrer. On pense que l'on ne ressent aucune douleur et que tant que l'on nous empêche de vivre dans le risque les choses iront, mais cela n'est pas le cas. Et j'ai su dès l'instant que je l'ai trouvé mort pendu et les membres désarticulés, que j'avais perdu une des seules personnes qui m'avaient empêché de faire toutes les conneries que je voulais faire à l'époque. Et je ne l'ai pas réellement supporté, je n'avais pas envie de continuer de voir cette famille qui me surprotègerait encore davantage lorsqu'elle l'enterrerait. Je n'avais plus l'envie d'assister le monde évoluer dans ses plus sombres côtés en restant spectateur distant, ni encore de croiser le sourire de ces mêmes personnes qui l'avaient traîné dans cette spirale infernale dans laquelle il avait vécu si longtemps. J'ai donc fait en sorte de finir avec ce le fléau visuel, j'en ai profité pour me poignarder un de mes yeux et le foie, par simple caprice, car dans ma simple folie cela me semblait être la meilleure manière de ne plus avoir à assumer la suite. Je savais parfaitement que je risquais la mort si cela s'infectait et c'était aussi ce que je désirais, en plus de ne plus avoir à distinguer un quelconque visage dans la suite de mon périple mortuaire. J'avais comme projet de venir plonger mon second œil dans l'obscurité lorsque mon père est rentré pour m'en empêcher. C'était extrêmement navrant et ridicule, mais sur l'instant c'était un des meilleurs moyens de ne pas avoir à rester spectateur de ce foyer qui était plus une prison ni encore de ces personnes feignant la tristesse à son enterrement alors qu'elles avaient été les bourreaux de son vivant. J'ai été assez lâche pour les abandonner, tous que ce soit mes proches ou la jeune fille avec qui je parlais et j'ai attendu, attendu que l'infection se propage et vienne me faucher. Les premiers jours j'avais espéré mourir, puis petit à petit j'avais plutôt espéré continuer de vivre malgré tout, car je voyais encore les dégâts causés par la mort de mon cousin et ma tentative folle de m'ôter la vue. C'est étrange car lorsque j'ai fini hospitalisé, quelques mois après j'ai regretté autant mon geste que le sien et s'il avait encore été en face de moi, sans doute que je lui en aurai collé mon poing au visage afin de lui remettre les idées en place.

Je suis mort quelques jours après avoir fêté mes dix-huit ans et j'ai vu la mort, impartiale et froide, le charisme effroyable et impeccable. Cette même entité qui m'a proposé de tenter à nouveau ma chance, la roue du destin me proposant à nouveau de tenter l'expérience.

« Veux-tu tenter à nouveau ? »
Oui. Plus que toute envie et pensée cohérente.

C'est après cet instant, lorsque mes yeux se sont rouverts sur le monde et que pour une fois, la douleur m'a tiraillé tous les muscles que j'ai réalisé à quel point les choses étaient invraisemblables. Sans doute me traitera-t-on de fou si on lit un jour cette ébauche, mais l'âme d'un écrivain réside aussi dans le fait de fondre le vrai dans le faux et rien n'est plus terrifiant que ce qui est réel et que l'humain peut créer. En cet instant, lorsque j'ai repris connaissance j'ai pu expérimenter ce que tous avaient pu vivre depuis le jour de leur naissance. C'était à la fois horrible et fascinant, un miracle avaient-ils dit lorsqu'ils m'ont revu en vie. Ils ont grandement insisté pour que je reste et que je continue une panoplie de tests plus désintéressant que longs, j'ai refusé, ma famille également. J'avais déjà eu une chance énorme de ne pas m'être abîmé le cristallin ni la cornée en attaquant mon œil, je m'étais réveillé avec un bandeau autour de la tête et une surveillance poussée afin de ne pas tenter à nouveau l'expérience. Bien que le sentiment d'avoir mal été moindre comparé à celui des autres - et je n'ai su qu'après - j'ai eu enfin l'occasion de vivre une vie convenable pour la première fois. Le réel problème est que nul n'offre un présent sans demander quelque chose en retour, ça aussi je ne l'ai compris que plus tard. Pendant ma longue période d'hospitalisation j'ai pu rencontrer un jeune homme, à peine plus jeune que moi aux capacités intellectuelles immenses mais à la maladresse plutôt fascinante également. Il avait été hospitalisé dans la chambre d'à côté, ne cessait de crier afin que l'on vienne le chasser de cet endroit affreux aux murs blancs insupportables. C'était une créature plutôt étrange mais une véritable bouffée d'air frais dans cet endroit rempli de fausses gentillesses. Bien après avoir semé le chaos dans les chambres de l'hôpital, je l'ai revu de nombreuses fois, transformant Kieran en un ami proche sincère.

Après mon retour dans le monde j'ai très vite cherché à récupérer une part d'indépendance, désirant poursuivre des études et voir le monde qui m'entourait. Les premiers mois on m'avait poussé à me rendre chez un psychiatre afin de raconter comment j'avais vécu la mort de celui qui était comme un frère à mes yeux. Je n'ai cessé de détourner les situations, n'abordant jamais réellement la chose car je n'en éprouvais pas l'envie. Par la suite, j'ai souvent voyagé que cela ne soit seul ou accompagné d'un de mes parents, au tout début. Au fur et mesure de mes voyages et des mes aventures dans le monde, j'ai abordé le projet de m'intéresser à la psychologie humaine et aux tord qu'elles pouvaient causer. J'avais pris le temps de recueillir des témoignages de gens ayant vécu des choses affreuses et rien ne me semblait plus dangereux et palpitant que de continuer dans cette voie. Et j'en ai profité, pour avoir des activités physiques, pour séduire de mes yeux les créatures ravissantes qui se promenaient encore, forger cette apparence qui est mienne alors que mes morceaux intérieurs eux ne cessaient de tomber petit à petit. Ma première expérience ne fût avec nul autre que l'homme qui avait partagé les murs blancs peu hospitaliers de ma covalence.

Ce fût à mes vingt-deux ans que j'ai enfin rencontré la belle correspondante d'Andreï, journaliste à en devenir s'occupant d'un magasin d'antiquités. Je n'ai jamais cessé de lui mentir, la faisant encore croire que j'avais été cette personne avec qui elle avait toujours parlé. J'ai volé l'identité de celui qui m'était le plus proche pour plaire à ses yeux, elle était là personne la plus importante dans ma vie en cette époque d'après deuil - hormis Kieran - et je ne comptais laisser personne nuire à cette fleur naissant dans le creux de ma paume. Eleanor, ce n'était pas la dame qui provoquait mon amour, elle ne faisait pas battre mon cœur de folie mais elle était tout de même le centre de mon univers. Eleanor c'était la plus belle créature que je n'avais pu voir, la plus courageuse et la plus douce, la femme la plus tenace et charmante que je n'ai pu croiser. Et j'ai cru l'aimer, énormément, j'ai fait toutes les folies pour cette femme. J'ai découvert ma difficulté à apercevoir les limites lorsque je les ai traversées mais ce n'était que des détails et encore aujourd'hui je ne sais pas si je le regrette, sans doute un peu, mais certainement pas autant que je ne devrais.

À l'époque je ne devais pas avoir plus de vingt-trois ans lorsque j'ai réellement appris l'existence de son père. Un être abject dont elle avait tu l'existence jusque là, je ne lui avais jamais demandé comment était sa famille, elle avait toujours préféré ne pas en parler et c'était quelque chose que je respectais. Toutefois lorsque je l'ai vu, la manière dont il la traitait je n'ai pu qu'éprouver une haine immense pour cet homme, bien plus grande que celle que j'avais pu éprouver à l'égard des jeunes ayant traîné mon cousin dans la tombe. Je me suis contenté d'observer les premières fois, de la garder avec moi en toutes circonstances en l'empêchant de vivre à ses côtés le plus possible. Je tentais de savoir à chaque heure où elle pouvait se trouver, nourrissant une certaine paranoïa car j'étais certain qu'il oserait une fois de plus lever la main sur elle. Elle avait toujours été trop gentille envers lui, pardonnant les erreurs d'un homme qui ne méritait rien de plus que de croupir derrière les barreaux. J'ai attendu pour elle, afin de voir ses derniers espoirs s'effacer et de pouvoir la venger ensuite. Lorsqu'il a levé les mains sur elle à nouveau, je n'ai pas tardé à le retrouver pour y échanger quelques mots.

La rage qui m'avait parcouru à l'instant où j'avais posé ma paume sur sa nuque ne m'avait jamais semblé aussi ardente. Il était là, entre mes doigts, l'air suffisant et affichant son véritable visage exécrable. Je ne sais comment j'avais désiré que ses membres ne fondent et qu'il se retrouve encore pantelant dans la solitude des rues crépitantes d'animaux comme lui, mon toucher était devenu la braise et sa peau elle ne put que fondre.

Une pause faite dans les flots de mots qu'il ne cessait d'écrire. Il se pencha sur son siège en cuir, caressant encore la cicatrice étrange qui était présente entre son pouce et son index. C'était à cet instant qu'il avait découvert son don et ses malus, lorsque de sa paume il avait touché la nuque de l'homme et qu'il avait vu la peau s'y détériorer. Le regard éternellement blanc devenant noir, il s'était transformé en un de ces démons qu'il désirait chasser. Il ne l'avait jamais regretté, si ce n'était que la brûlure profonde de ses entrailles une fois son étrange don utilisé. Il en avait accepté les conséquences, souriant d'un air ravi lorsqu'il entendit des lippes de sa belle que le bourreau ne reviendrait jamais.

La suite ce ne sont qu'un amas de souvenirs embrouillés et perdus pour toujours. Il me semble que je l'avais entendu dire que son père avait disparu et qu'elle ne l'avait jamais revu, elle semblait à la fois perplexe et soulagée de cet événement. Et j'en étais pleinement satisfait, j'avais réussi à la protéger bien qu'elle n'en ait pas conscience. Je l'ai toujours fait par la suite, que ce soit pour elle ou pour Kieran, étant l'ami incontournable rempli de douceur lorsqu'ils étaient présents, calculateur lorsqu'il s'agissait de défendre leurs droits et leur bonheur. J'ai continué ainsi en me spécialisant dans la criminologie et la psychologie des hommes ravagés par la rage et la frustration, moi-même dévoré par mes insomnies, attiré par le vice qui me fit fréquenter d'étranges hommes satisfaisant mes propres envies. Ils n'avaient été que des divertissements, je n'avais pas le désir d'être attaché à autre personne qu'Eleanor et Kieran et mon travail était bien trop important. Egalement je me suis servi de mes années de solitude pour mettre à profit ma patience et ma passion pour l'écriture, mes romans étant surtout à titre informatif et jamais réellement fantastiques malgré ce que certains avaient pu me reprocher.

Lors de mes vingt-huit ans elle est venue me demander en mariage d'elle-même, faisant preuve de cette audace qu'elle avait toujours eue dans sa poitrine et malgré mon envie d'accepter je ne l'ai jamais fait. Je n'étais pas un homme pour elle, je n'étais que celui qui la protégerait des autres, mais je me savais incapable de l'aimer de la manière dont elle voulait et je ne pouvais pas lui mentir plus que je ne le faisais. J'ai probablement blessé ses sentiments, je ne l'ai plus vu sourire réellement après ce moment et j'ai dû moi-même partir de cette ville dans laquelle j'avais vraiment grandi pour une autre encore inconnue. Niflheim. Un endroit sans doute assez particulier avec aucune femme dans les environs. J'avais reçu une proposition intéressante et avait été muté dans la ville, confronté a un nouvel univers et à des personnes presque totalement inconnues. Mes premières marques étant faites, je n'ai pas tardé à me lier d'une étrange amitié avec les personnes que l'on ne voudrait pas avoir dans son entourage. J'ai rencontré des connaissances de mes jeunes années en Amérique et j'espérais tout de même récupérer quelques infos de l'ambiance générale de l'endroit. Après trois ans... je demeure encore l'homme qui combat son impulsivité et sa rage de vivre et je compte encore évoluer en mieux, poser mes marques sur ce monde. J'ai pu découvrir un peu plus sur ce pouvoir qui afflue dans mes veines, connaissant parfaitement les conséquences néfastes qu'il peut avoir sur mon corps et mes souvenirs. Ce carnet, j'espère un jour pouvoir m'en débarrasser mais mes quelques souvenirs y résident et je ne peux m'autoriser le luxe de les perdre.
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Merciii !

Noah >> VOLONTIERS ! Si Phineas arrive à le supporter oui volontiers ami de la police xD
Inno >> Mais voyons, il est gentil le Skylar *tousse* au fond... un peu... -crève-

J'avance, je suis aux 3/4 de l'histoire écrite me manquera plus que le physique à faire, la partie que j'adore donc. *ironie*

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Mer 23 Aoû - 14:22
THOMAS MON BRO ! *kiss de bro* Merci d'être passé Bg, tu sais que tu me fais feels !

Ma fiche est à présent finie, j'ai pris un peu de temps mais voilà ;W;
J'en suis pas pleinement satisfait, en particulier de son histoire mais bon certains détails ont été omis car sinon ça allait être encore plus long et encore plus chiant que ça ne l'est, je vous épargne ça. Concernant son pouvoir, j'espère que ça ira comme ça. Je peux encore rajouter des malus - j'adore les malus jpp - s'il le faut ou donner plus d'explications au besoin. Bref je fini mon blabla habituel, bonne lecture de cette bouse

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You've got it it all, you lost your mind in the sound, there so much more, you can reclaim your crown *:・゚✧
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Oliver Winchester
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Jeu 24 Aoû - 13:14


Tu es validé ! Bravo !

« Coucouuu, c'est moi et je viens te valider ! Yaaas Je dois déjà dire que c'est un joli reboot que nous avons là. J'adore ton personnage et ta plume, j'ai eu un sacré coup de cœur ! Je suis gâtée avec toutes ces jolies fiches en ce moment, que demander de plus ? Ton pouvoir est intéressant en tout cas, j'aime bien les malus et comment tu as retranscrit le physique particulier de Kaneki grâce à ça, j'aime beaucoup ! La lecture de ta fiche était agréable en tout cas, j'avais un peu peur de l'histoire vu la taille de celle-ci mais c'est passé tout seul. Je ne peux que te faire mes compliments. ♥️ »

• Tu peux dans un premier temps recenser ton avatar (et ton pouvoir si tu en as un), c'est très important ;
• Tu peux faire une demande d'habitation et/ou de lieu spécial si tu souhaites que ton personnage possède un endroit bien à lui;
• Et tu peux maintenant t'occuper de tes Rps, liens et autres carnets de bord dans cette section du forum !

Et surtout n'oublie pas de venir passer un coucou sur la ChatBox !
Amuses-toi bien parmi nous, au plaisir de te voir sur le forum ! ♥️


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