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Bestiae autem gemens

Tout autour de Niflheim, du centre ville aux alentours boiseux, des créatures étranges ont été aperçues semant la terreur et le désordre. Des couleurs vives, des comportements douteux et par-dessus tout un rapport presque logique avec La Mort pour les Reloads, elles semblent pour certaines perdues, prêtes à attaquer pour d’autres. Qui sont-elles ? Que veulent-elles ? En tout cas, il serait bon de ne pas trop les chercher… Prenez garde, faites attention ; et si vous avez un tant soit peu d’intelligence, courez.


 

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[Flashback] « The day I met you »



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Jaden Elliot
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Jeu 13 Juil - 23:59

« The day I met you »
ft. Ginger Briggs

Vendredi 19 octobre 2012 – Londres

Dans le reflet du miroir, une très belle japonaise s’observe longuement. Son regard bleu océan brille légèrement à cause des lumières placées juste au-dessus d’elle. Un trait d’eyeliner souligne discrètement son regard, rehaussé d’une légère touche de mascara. Ses lèvres sont colorées d’un peu de rouge, qu’elle vient tout juste d’ajouter. Il n’y a pas plus. Elle n’aime pas trop en faire, et se trouve tout à fait jolie ainsi. Elle sourit en remettant quelques mèches brunes en place autour de son visage. Ses cheveux sont laissés détachés dans son dos, jusqu’à sa taille. Pour finir, elle jette un dernier coup d’œil à sa tenue. Ce soir, elle a osé quelque chose d’un peu plus audacieux. Un short noir lui arrive tout juste en-dessous des fesses, et un haut à bretelles larges, légèrement décolleté en est séparé à l’aide d’une petite ceinture fuchsia. Elle a enfilé de hautes cuissardes, montant jusqu’à mi-cuisses. Quelques bracelets complètent sa tenue.

Oui, elle se trouve particulièrement jolie ce soir.
Mais tu l’as toujours trouvé magnifique, n’est-ce pas ?

Un coup d’œil sur son portable lui indique qu’elle n’a pas beaucoup de temps devant elle, alors, elle récupère son petit sac-à-mains et quitte les toilettes du bar pour retourner au comptoir. Le pub dans lequel elle se trouve n’est pas très grand, mais ce soir il y a quand même du monde. En plus d’elle-même, il n’y a que deux autres femmes, déjà bien entourées. Certains hommes la regardent également. Elle sourit, ravie de l’effet qu’elle provoque, même si la plupart des hommes restent entre eux au final… Une fois sa pinte de bière posée devant elle, la jeune femme remercie le barman d’un signe de tête et en boit une gorgée. Elle tourne alors la tête vers la droite et remarque un homme assis non loin d’elle, seul.

L’homme en question semble plutôt grand, même assis sur le tabouret. Son style vestimentaire semble un peu vieux, mais ça lui va bien. Son profil est agréable à regarder alors qu’il boit sa propre bière, perdu dans ses pensées. Il doit finir par se sentir observer, car il finit par tourner la tête vers la jeune femme, et cette dernière a tout le loisir d’admirer son visage très séduisant. Son regard d’un bleu glacial provoque un frisson le long de la colonne vertébrale de la belle, mais le sourire poli qu’il arbore le rend plus doux.

Tout à fait ton style.

La jeune femme quitte son tabouret pour aller prendre possession de celui aux côtés du bel homme. Ce soir, elle ne veut pas rentrer seule. Ce soir, elle veut se retrouver dans les bras d’un homme. Et ce soir, elle a jeté son dévolu sur ce beau blond à la carrure digne d’un calendrier des pompiers.

« Votre charmant sourire, c’était bien une invitation n’est-ce pas ? »

Elle croise gracieusement les jambes, tout en faisant en sorte de mettre son décolleté un peu en avant. Distraitement, elle se met à jouer avec une mèche de cheveux noirs, tout en faisant tourner sa bière dans l’autre main. Son regard se veut enjôleur et son propre sourire malicieux.
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Ginger Briggs
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Sam 15 Juil - 1:11


The day I met you

« Smiles and lies »

Une nuit froide et humide, le brouhaha des conversations qui couvrent la musique et le goût âpre d’une bière solitaire dans un pub de Soho.
Y a des soirs comme ça qui donnent envie d’avancer dans le temps pour qu’ils soient plus vite finis. Ou de le remonter. Alors que je fais signe au barman de ma pinte vide pour qu’il m’apporte la petite sœur, je ne sais pas laquelle des deux options me tentent le plus. Ces derniers temps, d’un côté comme de l’autre, ma vie est merdique de toute façon. Avancer ou reculer y deviennent synonymes. Masquant mon humeur sombre derrière un visage neutre d’homme légèrement ivre, je balaye de nouveau la foule des clients du pub du regard, essayant désespérément d’y trouver une échappatoire.

Elle me manque, putain. Comme je n’aurais pas cru ça possible. Merde, ça faisait sept ans qu’on était mariés. Je ne dis pas que tout a été tout le temps rose ou parfait, oh non, bien loin de là. Mais ça faisait sept ans qu’on se soutenait mutuellement depuis la tragédie qui nous a jetés dans les liens sacrés du mariage, et on avait quand même réussi à trouver un équilibre, à partager de bons moments, à élever un fils. Et maintenant que le divorce a été prononcé pour de bon, même si ça fait déjà six mois, je n’arrive pas à m’y faire. J’avais besoin d’elle. J’ai toujours besoin d’elle, bon Dieu. Soit disant qu’elle m’a quitté pour mon bien, pour que je puisse vivre et aimer comme je l’entendais. Mais c’est elle que j’aimais, c’est avec elle que je voulais vivre.

Menteur.

Jusqu’à ce que la mort nous sépare, moi ça m’allait très bien. C’était mon rôle d’être à ses côtés, de rester fort pour elle dans les épreuves. J’étais heureux dans notre foyer, j’étais heureux avec elle.

Menteur.

Je n’avais besoin de personne d’autre qu’elle.

Menteur.

D’un geste sec, je saisis la choppe que me tend le barman et en boit une grande gorgée, amère, dans l’espoir de faire taire cette saleté de petite voix qui ricane dans un coin de mon cerveau.

T’es un putain de menteur, Gin. Et tu le sais. Bien sûr que non, t’étais pas heureux. Ce divorce, c’est la meilleure décision que vous ayez prise depuis longtemps et c’est pas toi qui en a eu le courage, c’est elle. Elle te connaît mieux que toi. Elle sait ce dont tu as vraiment besoin, et toi aussi si seulement tu avais les couilles de faire face…

Ma main se resserre sur le verre de ma pinte. Ouais, la soirée de merde en a encore sous la pédale. Si seulement cette petite voix pouvait la fermer…

Au fond de toi tu le sais, hein ? Ouais, tu le sais parfaitement. Il suffit de voir comme tu te retiens de tourner la tête sur ta gauche, et sur la chemise ouverte de ce mec basané à la bouche de rêve…

Okay. Cette fois, ta gueule. Je siphonne la fin de ma bière quasiment d’un coup, ce qui n’est pas une bonne idée sachant ce que j’ai déjà dans le sang, mais tant pis. Il faut que je me reprenne en main. J’aurais vraiment du choisir un autre pub, bon Dieu. Un endroit avec plus de femmes, me dis-je en tirant une cigarette de mon paquet. Je sais que j’en demande beaucoup mais je ne peux pas rentrer seul, ce soir. Honey me manque trop, j’ai besoin de la compagnie d’une femme…

Ha ha ha…

Et c’est à ce moment-là que je la vois revenir du fond du pub. Une longue silhouette tout en courbes élancées, courtement vêtue d’un short et de hautes bottes noires qui laissent découvertes la peau laiteuse du haut de ses cuisses. J’en entends les talons qui claquent contre le parquet vieilli malgré la musique et les conversations alors qu’elle se déhanche avec grâce jusqu’à sa place, un tabouret de bar non loin du mien. Elle s’y installe d’un mouvement souple qui met en valeur le fuselage de ses jambes et la cambrure de sa taille, recouverte par un rideau de cheveux noirs. Ce sont eux qui attirent mon regard vers son visage. Son visage de madone sulfureuse, éclairé par une paire d’yeux bleu ciel qui accroche un battement de mon cœur, l’espace d’un instant. Elle est belle. Et elle le sait, inutile de le nier. Toute son attitude le dit. Elle m’observe avec la curiosité et l’assurance d’un chat allongé sur un coussin de soie, qui se demande ce qu’il va bien pouvoir faire de cette distraction inattendue qui vient d’arriver sur son territoire. Un sourire étire mes lèvres alors que je soutiens son regard, mes doigts effleurant toujours mon verre de bière plus qu’à moitié vide. Nulle doute que cette femme doit mettre la plupart des hommes à ses pieds en un mot, un geste, sans doute moins. Entrer dans une pièce doit suffire.

Pour ceux qui aiment ça…

Je me tourne légèrement vers elle sur mon tabouret quand je la vois quitter son siège pour se rapprocher de moi, allumant ma cigarette d’un geste nonchalant. La soie noire de ses cheveux accroche la lumière et vient délicatement balayer la peau blanche de son décolleté lorsqu’elle s’assoit. Je prends le temps d’apprécier le mouvement, tout en sachant qu’elle peut le voir, mais relève aussitôt les yeux vers les siens pour ne plus en dévier sitôt qu’elle s’adresse à moi. Mon sourire s’élargit à l’écoute de sa voix, d’une tessiture grave et chaude pour une femme, agréable et langoureuse comme une pièce de velours sombre. Je m’y enveloppe et accorde mon timbre au sien en lui répondant, après avoir soufflé sur le côté la fumée de ma première bouffée :

« Hm. Je suis démasqué. Vous ne verrez donc pas d’inconvénient à ce que je vous offre ce verre ? »

Je désigne la pinte de bière qu’elle a amenée avec elle, sans y avoir trop touché pour le moment. Par-dessus l’odeur d’alcool, de sueur et de vieux bois propre à tous les pubs dignes de ce nom de Londres, son parfum me parvient, effleure ma peau avec une insolence qui dresse un frisson sur ma nuque. Une fragrance étrange, changeante, faite de fleurs et d’épices qui rend le tout piquant, intriguant. C’est parfait. Et quelque chose dans son regard alors qu’elle me couve des yeux comme un prédateur sûr de lui me dit qu’elle le pense aussi.

Tu n’auras pas trop de mal à te forcer, c’est ça ?

Ta gueule.

« Qu’est-ce qu’une jeune femme aussi ravissante que vous fait seule dans un bar ? »



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Jaden Elliot
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Dim 16 Juil - 19:24

« The day I met you »
ft. Ginger Briggs

C’est tout un art de marcher avec des talons, la jeune femme a dû l’apprendre à ses dépens. Il a fallu qu’elle apprenne à bouger de façon plus féminine, plus sensuelle, qu’elle se souvienne la façon dont elle marchait, dont ses courbes se mouvaient à chaque pas. Ça n’a pas été facile d’y parvenir, mais quand elle sent les regards des hommes se poser sur elle, elle sait que tous ces efforts n’étaient pas vains, et qu’elle est parvenue, en quelques mois, ce qu’elle voulait.

Mais qu’est-ce que tu veux au juste ?

Plaire. Attirer. Profiter. Vivre.
Juste vivre.

Elle veut se sentir vivante. Elle veut savoir qu’elle existe, et que jamais elle ne disparaîtra. Elle veut savoir que les regards peuvent se poser sur elle au moment où elle entre dans une pièce. Elle veut pouvoir se sentir touchée, caressée, aimée, d’un simple regard. Oui, elle veut juste être. C’est tout. Alors elle fait tout pour ça. Elle fait tout pour atteindre cette petite étincelle de vie. Le reste n’a pas d’importance.

Tu ne veux pas qu’elle disparaisse.

Le beau blond la regarde s’avancer vers lui. A aucun moment, elle ne perd son attention. La jeune femme sait quand son regard glacé se pose sur son décolleté. Elle sait quand il regarde le balancement de ses hanches. Elle n’en perd pas une miette, et profite de chaque seconde. Une fois assise, il vient la regarder, plongeant le bleu de ses yeux dans le sien, plus foncé, plus vivant. Elle ne perd rien du moindre de ses gestes, et observe rapidement la fumée s’envoler dans les airs.

« Hm. Je suis démasqué. Vous ne verrez donc pas d’inconvénient à ce que je vous offre ce verre ? »
« Avec plaisir. »

Ne jamais refuser une invitation. C’est ce qu’elle disait, alors elle s’en souvient, et fait de même. Elle continue de le couver du regard, de cette façon qui veut tout dire. Elle avait déjà décidé de ne pas rentrer seule ce soir. Elle vient de décider qu’elle partirait avec cet homme.

« Qu’est-ce qu’une jeune femme aussi ravissante que vous fait seule dans un bar ? »

Son sourire s’élargit doucement, tandis qu’elle vient prendre une gorgée de sa bière gentiment offerte. Elle repose la pinte sur le comptoir, alors que sa main libre vient se poser sur la cuisse de son vis-à-vis. Elle se baisse vers lui, et une odeur de cannelle et de menthe vient se mêler à celle, plus familière, de la cigarette.

« Disons qu’elle vient chercher un peu de compagnie. »

Sa main glisse légèrement sur son pantalon, sans pour autant aller trop haut. La jeune femme se baisse un peu sur le comptoir, offrant une vue encore plus plongeante sur son décolleté. Elle incline la tête de façon ingénue, une pointe de curiosité dans le regard.

« Qu’un bel homme comme vous soit également seul paraît étrange. Peut-être pourrions-nous partager notre solitude ensemble. Qu’en dites-vous ? »

Son regard se fait légèrement plus insistant, son sourire plus franc, et sa main un peu plus inquisitrice.
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Ginger Briggs
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Lun 17 Juil - 23:37


The day I met you

« Smiles and lies »

Sa voix de velours me fait l’effet de provenir de ses yeux. Ses splendides yeux bleus, qui ressemblent aux siens… Je crois que c’est ça qui me décide à rentrer dans son jeu. Ça et les pintes que je m’enfile depuis une heure. D’ailleurs, c’est peut-être surtout la bière, en fait. Si j’étais sobre, je verrais bien qu’elle est différente. Qu’elle n’a ni sa douceur ni sa sérénité pour auréoler ses traits, qu’elle est plus provocante, peut-être plus vulgaire aussi. Que jamais Honey ne se comporterait comme ça. Que ses yeux n’ont pas ce bleu-là… Ouais, je me dirais sans doute toutes ces choses. Et ensuite, je lui sourirais cordialement, je discuterais un peu pour la politesse, et je repousserais gentiment mais fermement la main qu’elle pose sur ma cuisse. Sauf que présentement, je suis bourré à la mauvaise bière dans un pub de Soho, je suis seul et j’ai mal de la femme que j’aime. Alors je laisse faire cette remplaçante d'un soir. J’élargis mon sourire en me composant une expression agréablement surprise que je parviens à garder intacte, même quand elle commence à remonter doucement le long de ma jambe avec des paroles plus que suggestives. Malgré tout, je suis quand même étonné. C’est rapide. Et vachement entreprenant, pour une femme.

Et ça te plait pas, pas vrai ? Avoue-le, Gin. Si tu ne le fais pas, elle le devinera d’elle-même de toute façon, rien qu’à la façon dont ta cuisse s’est tendue sous sa main. Avoue que tu as horreur de ça. Tu n’as pas envie de ce contact. Tu n’as pas envie de la toucher. Y a rien qui t’excite dans votre proximité, tu trouves juste ça glauque. T’as l’impression d’être une pute, de dealer ton cul pour le prix de ta bonne conscience, pour être rangé du bon côté de la société. Sauf que, hé ! Devine quoi ? La société elle s’en fout, Gin. Personne ici ne se soucie de qui tu peux bien baiser. Ce que t’es en train de te forcer à faire, tu le fais pour rien…

Mais je décide de passer outre mes scrupules. Après tout, pourquoi je me plaindrais ? Cette femme m’offre directement sur un plateau ce que je suis venu chercher ici. Je ne vais pas la repousser, ce serait ridicule. Et puis qui sait… Peut-être qu’au fond, elle est comme moi.

Quoi, une pauvre lesbienne qui cherche à se donner bonne contenance en se forçant à se taper le premier mec venu ? Ah putain, la blague quoi… Ce serait vraiment à mourir de rire, si c’était le cas.

Non. Peut-être qu’au fond, elle aussi a juste besoin de compagnie pour faire avancer le temps et s’échapper, même pour une nuit, de la saloperie de vie de merde dans laquelle nous sommes tous coincés. Si c’était le cas, là ce serait vraiment une blague pas drôle. Mais j’ai bien conscience que c’est une pensée stupide alors je laisse simplement mes yeux épouser à nouveau les formes de son décolleté, appréciateur.

Hahaha… Ouais, c’est ça. Apprécie. Apprécie le vide que tu ressens quand tu te forces à mater ce corps qui ne t’attire pas, Gin. Vas-y. Je te regarde…

Ma main se pose sur la sienne, l’arrête alors qu’elle s’aventure encore plus haut.

« Solitude ? Quelle solitude ? »

Lentement, j’élève ses doigts jusqu’à ma bouche pour y déposer un long baiser, sans la quitter du regard. Mon regard qui lui dit que je suis d’accord.

« Je suis déjà en très bonne compagnie… »

Je m’étonne moi-même de parvenir à être subtil alors que je suis bourré. Enfin, chacun son talent. Lâchant sa main de façon à effleurer son poignet et quasiment tout son avant-bras, je récupère mon portefeuille dans la poche de ma veste et laisse quelques livres sur le comptoir, de quoi payer ma conso et la sienne. Je sais, elle n'a pas fini sa bière mais en toute honnêteté, je ne pense pas qu’elle en ait réellement l’intention maintenant qu’elle a trouvé ce qu’elle veut. Pour preuve, elle me suit dans mon mouvement lorsque je me lève de mon tabouret de bar après avoir écrasé ma cigarette à peine entamée dans le cendrier près de moi. Je la surplombe de plus d’une tête, mais c’est souvent le cas avec les femmes. Ma main se pose sur sa hanche alors que je lui indique la sortie d’un discret signe de tête.

« Vous habitez loin d’ici ? Moi oui… »

Au pire des cas, on pourra toujours appeler un taxi mais j’espère qu’on n’a pas trop long à faire. Marcher un peu m’aidera à dégriser, à être plus frais pour cette nuit.

Hoho, fais gaffe, Gin. Si ça se trouve, tu pourrais dessoûler assez pour te rendre compte que tu fais une connerie. Et ça serait beaucoup moins pratique pour te mentir à toi-même, non ?



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Jaden Elliot
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Dim 23 Juil - 1:11

« The day I met you »
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Il y a tellement de choses qu’elle a encore à apprendre. Comme le fait qu’une femme est rarement aussi entreprenante, du moins pas aussi rapidement. A peine quelques minutes qu’elle a croisé son regard, et la voilà déjà en train de glisser sa main de façon très suggestive sur la cuisse de ce bel homme. Mais elle n’a pas beaucoup de temps devant elle, il est donc inutile de chipoter sur de tels détails. Elle a un objectif en tête pour la soirée, et elle ne veut pas avoir l’occasion de le perdre de vue. Elle a senti l’homme se tendre légèrement sous sa main quand elle l’a posé sur sa cuisse. Mais elle a mis ça sur le fait qu’il a été surpris. Quelle autre raison cela pourrait-il être ? Elle est belle, elle le sait. Elle attire les regards, et le désir. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour cet homme ?

Tu ne penses à aucun moment qu’il puisse ne pas aimer les femmes.

Qui pourrait lui résister ? Hum ? Personne. Elle incline un peu plus la tête, attendant une réponse, un geste, n’importe quoi qui lui indiquerait qu’il accepte sa proposition. Sa main se pose sur la sienne. Elle pose brièvement les yeux dessus. Elle est grande, plus grande que la sienne, et la recouvre aisément. Elle se demande ce qu’il est capable de faire avec de telles mains. Elle relève les yeux en souriant.

« Solitude ? Quelle solitude ? »

Il attrape délicatement sa main pour la mener à ses lèvres et y déposer un baiser. Un frisson parcourt le dos de la jeune femme quand elle lit son accord dans ses yeux à la fois si froids et si chauds.

« Je suis déjà en très bonne compagnie… »

Elle ne répond rien, et se contente de sourire. Qu’y a-t-il à répondre après tout ? Ils savent tous les deux ce qu’ils ont à faire dorénavant. Le frisson qui traverse son corps part de son bras jusqu’aux cheveux à la base de sa nuque, lorsqu’il frôle sa peau de ses doigts, avant de payer leurs consommations. Elle n’a pas terminé sa bière, elle s’en fiche, elle veut partir avec lui. Il se lève, elle fait de même, et sent sa main sur sa hanche, promesse des caresses à venir, et cela la fait frémir encore une fois.

« Vous habitez loin d’ici ? Moi oui… »
« Mon hôtel est juste à côté. »

Ils quittent le pub, et elle lui indique d’un geste de la main l’hôtel qui se trouve de l’autre côté de la rue. Elle s’y est installée la veille quand elle est arrivée à Londres, et elle en repartira dans quelques jours, à la fin du travail qui lui a été confié. Collés l’un à l’autre, le couple qu’ils forment traverse la rue et entre dans le bâtiment. Elle salue brièvement le réceptionniste de nuit, et ils se dirigent vers l’ascenseur.


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Ginger Briggs
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Mar 25 Juil - 20:33


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Jaden Elliot
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Sam 5 Aoû - 13:25

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Ginger Briggs
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Jeu 10 Aoû - 22:42


The day I met you

« Smiles and lies »



Je ne sais pas si j’ai parlé à voix haute ou pas (j’espère que non) mais je sens soudain que quelque chose ne va pas. Ses doigts se crispent sur mes cuisses et y plantent leurs ongles, trop vivement pour que ça soit dû à l’excitation. Je me redresse sur un coude juste au moment où elle me lâche pour se relever sur ses jambes vacillantes, tremblant des pieds à la tête. Alarmé, je me rassois aussitôt.

« Hé, qu’est-ce qui t’arrive ? Tu ne te sens… pas… »

Le reste de ma phrase meurt au bord de ma bouche entrouverte, et tous les mots que je connais dans la foulée. Là sous mes yeux se produit quelque chose de fou, quelque chose d’impossible.  Quelque chose d’effrayant. La sulfureuse jeune femme brune que j’ai accompagnée dans cette chambre d’hôtel… change. Je ne peux pas le décrire autrement. Dans la lueur chimérique du néon, tout son corps se transforme quasiment d’un seul tenant en l’espace de quelques dizaines de secondes. En plusieurs spasmes douloureux, ses membres s’allongent, ses épaules s’élargissent, ses articulations se renforcent. Même ses cheveux perdent soudain toute leur longueur et s’éclaircissent à vue d’œil. Elle a l’air de lutter, de tenter de retenir cette métamorphose. Moi je suis simplement pétrifié sur le lit de cette chambre d’hôtel. Si j’étais en état, je me dirais que j’ai bu beaucoup plus que ce que je pensais et que je suis en train de délirer dans un caniveau. Mais je ne peux pas penser à quoi que ce soit.

Bordel, mais…

La jeune femme aux cheveux noirs a disparu. Là sous mes yeux, encore vêtu de son petit short noir et l’air aussi effrayé que moi, ne se tient plus…

Tu vois ce que je vois ?

Qu’un homme.

Opitin…

« OH PUTAIN !!! MAIS QU’EST-CE… QU’EST-CE QUE… ?! »

J’ai reculé sur le lit dans un mouvement de panique, pâle comme un linge et le cœur cognant comme un aliéné contre ma cage thoracique. Bon sang, mais qu’est-ce qui se passe ?! Qu’est-ce que c’est que ça ?! C’est pas possible ce que je viens de voir ! Ça ne peut pas arriver ! Je… je rêve, c’est ça ? C’est une espèce de cauchemar, je vais bientôt me réveiller, la fille sera revenue et c’est avec elle que je ferai l’amour ! Je ne vois pas d’autres explications, elle ne peut pas avoir disparu comme ça… elle ne peut pas… Elle ne peut pas être lui, putain !

Et si c’était lui depuis le début ?

La panique me dévore la moelle épinière. Je bondis sur mes jambes, dérape sur la moquette et me sauve hors de la chambre.

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Jaden Elliot
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Mer 16 Aoû - 17:01

« The day I met you »
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Ce n’était pas censé se passer ainsi. Debout face au lit, tu tentes désespérément d’aller à l’encontre de la volonté de ton corps. Mais plus tu essaies de de stopper ta transformation, plus les tremblements de ton corps s’intensifient, comme le mal de crâne qui les accompagnent. C’est douloureux. Tout ton être hurle au supplice. Tu as la sensation que l’on tire sur tes os pour leur rendre leur taille normale, que tes muscles sont tendus à l’extrême… Ça ne t’a jamais fait autant souffrir auparavant. Jamais encore tu n’avais tenté de combattre un retour en arrière. Mais là, face à cet inconnu, c’est ce que tu tentes de faire.

Sans succès.

Les jambes tremblantes, le regard effrayé, prêt à voir apparaître la Mort à tout moment, tu observes l’homme sur le lit. Tu te trouves à demi-nu face à lui, seulement vêtu d’un short noir moulant qui te serre beaucoup trop. Tu es loin d’avoir la même carrure que sous ton autre forme, et ce n’est pas très agréable.

« OH PUTAIN !!! MAIS QU’EST-CE… QU’EST-CE QUE… ?! »

Ton partenaire du soir s’est reculé contre le mur, et tu peux clairement voir la panique sur son visage. Merde. Tu sens une goutte de sueur perler de ton front, et tu ignores comment tu fais pour tenir encore debout.

« Je… »

Mais tu n’as pas le temps de dire quoique ce soit. L’homme, dont tu ignores le nom, bondit du lit et quitte la chambre sans demander son reste, te laissant là, pantois au milieu de la pièce. Tu fais un pas, mais c’est ce moment-là que choisissent tes jambes pour te lâcher pour de bon. Tu t’écroules à genoux sur le sol, essoufflé. Ta poitrine te serre, et tu as l’impression d’étouffer. La peur, la frustration et la colère se mêlent pour te couper le souffle. Il te faut un moment avant de parvenir à te calmer, et à trouver une respiration normale, même si ta migraine ne semble pas vouloir passer, tout comme les courbatures que tu sens poindre.

En levant les yeux, tu aperçois les vêtements qui ont été retirés sur le sol. Parmi les tiens, une veste et une chemise qui ne t’appartiennent pas. Tes poings se serrent sur la moquette de la chambre et tu frappes le sol en sentant tes yeux brûlant de larmes de rage.

Ça ne devait pas se passer comme ça.


Samedi 27 octobre 2012 – Londres

La portière de la voiture de location claque, et tu la verrouilles d’une pression sur le bouton de la clé. Tu te tournes pour regarder autour de toi. C’est un quartier résidentiel plutôt sympathique, et l’automne a paré la rue de jolies couleurs orangées, ce qui le rend encore plus agréable. Tu prends une grande inspiration avant de lever les yeux vers l’immeuble face à toi. Tout en tenant ton paquetage d’une main, tu sors ton portable de la poche arrière de ton jean pour jeter un oeil sur ton GPS. Tu es bien à l’adresse indiquée dessus.

Une semaine a passé depuis l’incident qui t’a cloué au lit pendant deux jours. Cela a retardé le tournage, et tu as dû prolonger ton séjour à Londres. Demain, tu repars pour Nifhleim où t’attend ton fils, c’est donc aujourd’hui ou jamais que tu dois faire ce qu’il doit être fait. Après le départ précipité de ta conquête du soir et une bonne douche, tu as ramassé ses vêtements pour te rendre compte que le pauvre était parti en abandonnant tous ses papiers. Tu as ainsi découvert qu’il s’appelait Ginger Briggs et qu’il travaillait pour la police. Tu as d’abord pensé te rendre au commissariat pour mettre ça aux objets trouvés, mais… Quelque chose t’a poussé à trouver par toi-même l’adresse de cet homme. Tu es donc tout de même allé au poste de police pour te renseigner. Tu pensais que personne n’accepterait de te donner des informations personnelles, mais tu as eu la chance de tomber sur un jeune homme qui avait tout de la tête d’un stagiaire, et qui a accepté de t’aiguiller. Te voilà donc maintenant devant l’habitation de ce fameux Monsieur Briggs, à qui tu dois certaines explications.

Une grande inspiration plus tard, et une main qui se crispe sur le sac que tu tiens à la main, tu t’avances vers la porte pour sonner à l’interphone. Une voix finit par te répondre, et tu la reconnais immédiatement. Au moins tu es au bon endroit.

« Hum, bonjour, je m’appelle Jaden Elliot, je suis… » Tu te rends compte que lui dire qui tu es n’est peut-être pas une bonne idée… Il pourrait refuser de t’ouvrir. Ton regard se pose sur le sac que tu tiens. « J’ai… J’ai une livraison pour Monsieur Ginger Briggs. »

Tu attends qu’il se décide à ouvrir, et tu pousses la porte pour entrer. Dans l’ascenseur, tu jettes un oeil à ton reflet. La semaine a été fatigante, et cela se voit à tes cernes. Entre le stress qu’a provoqué cette transformation involontaire devant quelqu’un, l’état de ton corps qui s’en est suivi, et le travail, tu as l’impression d’avoir une tête à faire peur. D’un geste, tu remets correctement le col de ta chemise avant de quitter la cabine et de t’approcher de la porte pour y sonner. Plus qu’à espérer qu’il ne te claque pas la porte au nez.
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Ginger Briggs
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Mar 22 Aoû - 0:52


The day I met you

« Smiles and lies »

« Je n’ai rien commandé. Et je ne connais pas de Jaden. »

C’est à se demander pourquoi j’ouvre quant même. Je me pose sincèrement la question alors que j’appuie sur le bouton de l’interphone avec un soupir. Et putain, qu’est-ce que c’est encore que ce bordel… Un démarcheur à domicile avec une ruse foireuse ? Je sais pas. J’aurais du l’envoyer bouler. J’ai accepté uniquement parce qu’il a dit qu’il avait un colis, on sait jamais. Mais si c’est un témoin de Jéhovah, je le fous à la porte avec mon pied au cul.

Et tu souhaites presque que ça soit le cas. Ça te ferait un bien fou.

Je jure dans ma barbe en retournant rapidement dans la cuisine chercher mon mug de café qui a fini de réchauffer dans le micro-onde, le temps que l’autre lascar monte les cinq étages. Ça fait une semaine que je suis mal. Une semaine que mes nuits se réduisent comme peau de chagrin, que je suis exécrable au boulot et que je descends mes paquets de cigarettes à un rythme bien trop rapide pour être rassérénant. D’un côté, je me dis que j’exagère. De l’autre, bordel de putain de merde, cette fille s’est transformée en mec alors qu’elle était en train de me sucer la queue ! C’est le genre de truc qui arrive dans les dessins animés pornos japonais ou dans les cauchemars d’ados, pas dans la vraie vie ! Même préalablement bourré à la mauvaise bière dans le pub du coin de la rue !

Ouais. Sauf que c’est que la moitié de la vérité ça, Gin. Toi c’est pas dans tes cauchemars qu’elles se produisaient, ces scènes…

Je grimace en me brûlant à la première gorgée de café. J’ai encore le temps, l’ascenseur est tellement poussif que si je fumais moins, je pourrais le rattraper. Au fond, je sais pourquoi cette histoire me perturbe autant, alors que je pourrais juste classer l’affaire en la mettant sur le compte de l’alcool et jurer de rester sobre jusqu’à la fin de mes jours. Mais même si, effectivement, c’est pas normal qu’un être humain puisse switcher de sexe d’un seul coup, ça ne l’est pas plus que de pouvoir franchir le London Bridge en moins de trois secondes. Or ça, je peux le faire tous les jours si je veux. Alors ouais, je m’interroge. Et je revois la grande silhouette sombre au crâne de loup qui me propose de revenir à la vie alors qu’elle a déjà fait son choix, en me demandant si cette fille… ou ce mec s’est retrouvé dans la même situation que moi. Si c’est possible, ou si je suis vraiment le seul tocard dont la Mort se soit payé la tête.

N’essaie pas de m’ignorer. À ce jeu-là, je suis plus fort que toi. C’est pas la seule raison et tu le sais. La vérité, celle qui te fait tourner et retourner dans ton lit le soir en essayant d’oublier la scène. Parce que cette femme qui devient un homme alors que vous vous apprêtiez à coucher ensemble, c’est comme si tes véritables désirs prenaient soudain corps, comme si tu ne pouvais plus les cacher. Et avoue-le, c’est un fantasme qui ne date pas d’hier. Quand tu faisais l’amour à Honey, que tu fermais les yeux et que tu imaginais coupablement qu’elle était du même sexe que toi…

Un grognement mécontent m’échappe quand j’entends la sonnette retentir. Il a été plus rapide que je ne le pensais, le bougre. J’abandonne à regret ma tasse de café pour aller lui ouvrir. Plus vite je saurais ce qu’il me veut, plus vite il me foutra la paix. En ouvrant la porte, j’arbore donc une assez sale tronche, histoire de le dissuader de s’étendre. Sauf que je me fige sur place dans l’encadrement dès que je vois celui qui me fait face.

Oh putain.

Ce n’est pas un vendeur à domicile. Ce n’est pas un témoin de Jéhovah. C’est lui.

« Putain, c’est toi ?! »

J’ai reculé de deux pas sans le vouloir, soudain tout pâle. Il est plus habillé et il a l’air mieux portant que la dernière fois que je l’ai vu, mais impossible de s’y tromper. Ce visage harmonieux auréolé de mèches blondes, avec ces grands yeux bleus d’angelot, ce sont ceux du mec qui a remplacé la fille brune que j’ai rencontrée dans ce pub la semaine dernière. Celle avec qui j’ai failli coucher.

« Qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que tu fais devant chez moi ? »

Putain, ça ne va pas du tout. J’ai la bouche sèche, la voix blanche. Il faut que je me calme et que je me reprenne. Je ne peux pas me comporter comme un chaton effrayé devant lui, ça serait ridicule. Je respire un grand coup et me redresse de toute ma taille sans le quitter des yeux alors qu’il se tient toujours sur le seuil. Il n’a pas l’air méchant, là tout de suite. Plutôt un peu piteux. Et il a effectivement un paquet sous le bras. Du calme, donc. Reste prudent, mais inutile d’être agressif. Bordel, j’y croyais encore un tout petit peu mais ce n’est plus possible. J’ai pas rêvé, putain. Je frissonne en scrutant son visage que je ne peux pas voir autrement qu’aspergé par les lueurs violettes et bleues des néons de la rue. C’était vraiment réel, tout ça ? Et pourquoi est-il là, maintenant ? Qu’est-ce qu’il me veut ?

Bonne question, Gin. Et tu ne peux pas t’empêcher d’avoir peur de la réponse. Sait-on jamais… peut-être qu’il est là pour finir ce que vous avez commencé ? Pour donner corps à ce fantasme interdit qui refuse de te lâcher…

La ferme.

« Je suis pas gay, tu sais ? »

Putain, mais pourquoi j’ai dit ça…

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Jaden Elliot
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Mer 23 Aoû - 11:21

« The day I met you »
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Debout devant la porte, le stress est de plus en plus intense. Tu n’es même pas certain qu’il va se souvenir de toi. Après tout, il ne t’a pas vu longtemps, dans l’obscurité, et il est parti plutôt vite… D’un autre côté, si tu avais été à sa place, est-ce que tu aurais oublié le visage du type qui a pris la place de la femme avec qui tu couchais ? Tu en doutes. Même si tu t’es fait à ta condition, tu peux aisément comprendre que ce n’est pas quelque chose d’évident à assimiler. Tu te mords les mains dans un geste de nervosité avant que tu n’entends des bruits de pas derrière la porte.

Tu lèves les yeux vers l’homme qui vient d’ouvrir et qui se fige en te voyant.

« Putain, c’est toi ?! »

Au moins, tu as la réponse à ta question. Il recule de deux pas alors que les couleurs disparaissent de son visage. En plus de sa soudaine pâleur, tu remarques qu’il semble fatigué, et légèrement à cran. En même temps, qui ne le serait pas dans ce genre de situation… Néanmoins, tout comme ce jour où vous vous êtes vus dans le bar, tu as le plaisir de constater qu’il est vraiment beau. Après tout, ce n’est pas pour rien que tu es allé le draguer, et tu es ravi de voir qu’à la lumière du jour, il l’est encore plus.

« Qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que tu fais devant chez moi ? »
« Euh, je… »

Pourquoi tu es là déjà ? Il te faut un petit instant pour te rappeler de la raison de ta présence. L’autre a le temps de reprendre légèrement ses esprits. Tu baisses les yeux brièvement, comme si tu cherchais quelque chose, et ton attention se porte sur le sac que tu portes. Ah oui !

« Je suis pas gay, tu sais ? »

Hein ? Ton regard revient vers son visage, et tu hausses un sourcil. Pourquoi il te dit ça au juste ? C’est pas vraiment le genre d’informations que tu pensais voir débarquer comme ça. Bon, pour être honnête, si ce qu’il dit est vrai, ça te fait un peu chier. Dans l’hypothèse même où tu aurais eu envie de terminer ce que vous avez commencé la semaine passée, ça retire encore plus tes chances d’y parvenir. Du moins si ce qu’il dit est vrai. Tu secoues doucement la tête avant de lui tendre le sac.

« Je suis désolé de débarquer comme ça, mais… Tu as oublié tes affaires et ton portefeuille en partant la dernière fois, alors… Je te les ai ramené. »

Tu attends qu’il prenne le sac. Un silence s’installe entre vous, accompagné d’un malaise puissance mille. Tu sais ni quoi faire, ni quoi dire, et pourtant tu as la sensation qu’il faudrait que ce soit le cas...

« Bon, et bien… Bonne journée… »

Sur ces mots, tu fais volte-face, prêt à quitter les lieux. La situation est trop compliquée, et ça te donne mal à la tête. D’ordinaire, tu es plutôt du genre à avoir confiance en toi, mais là, tu perds tes moyens. Tu es presque retourné à l’ascenseur quand tu jures entre tes dents et reviens vers lui.

« Ecoute, je suis désolé pour ce qui s’est passé. Vraiment. » Tu te passes une main dans les cheveux, gêné. « C’était pas censé se passer comme ça, je… »

Du bruit dans les escaliers attire ton attention, ainsi que des bruits de pas, jusqu’à ce qu’un voisin descende de l’étage du dessus pour passer devant vous. Tu le salues d’un signe de tête et attends qu’il disparaisse dans la cage d’escalier.

« Hum… Est-ce que je peux entrer ? »

Tu n’as pas vraiment envie de parler de tout ça dans un lieu où n’importe qui pourrait entendre ce que tu t’apprêtes à dire.  
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Ginger Briggs
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Jeu 24 Aoû - 18:39


The day I met you

« Smiles and lies »

« Mes aff... »

Putain mais de quoi il parle ? Ce n’est que lorsque je vois le sac que je comprends. Sans prévenir, j’ai soudain droit à un flashback éprouvant du week-end dernier, alors que je traversais la ville torse nu en plein mois d’octobre, sans fric pour me payer le taxi, les images de la transformation surnaturelle à laquelle je venais d’assister tournant en boucle devant mes yeux. Oui, effectivement, mes affaires. Je saisis le sac avec raideur sans même songer à remercier. Et dire que j’ai fait opposition sur ma carte dès le lendemain… Au moins, je n’aurais pas besoin d’une nouvelle carte d’identité. Bordel, mais qu’est-ce que je raconte, moi ?! On s’en fout de ça, y a plus urgent ! Comme ce mec hermaphrodite qui reste sur mon palier, les bras ballants, sans savoir quoi dire. Tu m’étonnes qu’il sait pas quoi dire…

Là c’est officiel : c’est la situation la plus gênante de toute ta vie. Et pas uniquement parce que ce gars était une femme qui voulait s’envoyer en l’air avec toi quand tu l’as rencontré, même si ça joue beaucoup, c'est vrai. C’est pas un type que t’as rencontré au boulot, ou dans un pot entre amis, ou dans la file d’attente de la supérette. Vous vous connus dans un bar, tard le soir, avec la ferme intention de coucher ensemble. Alors sans que tu ne le veuilles, les images interfèrent. Le visage qu’il avait se superpose à celui d’aujourd’hui et, inconsciemment, tu compares. Tu le sens, Gin ? Tu sens la façon instinctive dont ton corps l’évalue ? Ses grands yeux, sa bouche sinueuse, sa silhouette vive et athlétique… Tu sens que tu le trouves à ton goût, sans pouvoir rien y faire ?

J’ai un mouvement d’impatience quand il rompt finalement le silence. Non, non, non putain, barre-toi. Je ne veux pas de tes excuses, je ne veux pas t’écouter, je ne veux pas avoir affaire à toi plus longtemps. Surtout quand je vois mon voisin du dessus, un quarantenaire qui bosse comme comptable dans des bureaux de la City, nous saluer au passage alors qu’il va faire son jogging vespéral. Si on me surprend avec lui, ça craint…

Haha… Ouais, t’as raison. Qu’est-ce que tes voisins vont penser si tu parles à ce beau mec ? À mon avis, ils t’envieront. Mais ce n’est qu’une hypothèse…

Je sursaute quand il demande timidement à entrer.

« Quoi ?! Mais non, mais… »

Sérieusement, qu’est-ce qu’il me fait ?! Je vais quant même pas accepter ! C’est déjà assez glauque qu’il soit revenu jusqu’ici pour me rendre mes affaires, j’ai clairement pas envie qu’il s’éternise ! Le stress que j’accumule depuis une semaine déborde soudain, sous la forme d’une vague d’animosité toute entière dirigée contre le blond sur mon palier. Je ne veux pas parler de ce qui s’est passé. Je ne veux pas de lien avec ce type. Je ne veux rien savoir, je ne veux plus réfléchir…

« Écoute, je sais pas ce que t’as à me dire mais moi, ma seule envie c’est d’oublier cette histoire et de ne surtout pas penser à ce qui aurait pu se passer ! Alors tu m’excuseras mais la dernière chose dont j’ai besoin maintenant, c’est d’une pédale sur le pas de ma porte qui cherche une excuse pour finir de me pomper le chibre ! »

J’ai haussé le ton sans le vouloir à la fin de la phrase, et c’est ce qui me fait revenir à moi. Le silence s’abat sur le pas de ma porte. Je me rends compte avec stupéfaction que je tremble et que j’ai le souffle plus rapide, alors que je n’avais pas l’impression d’avoir tant que ça perdu mon calme. Qu’est-ce que j’ai dit, déjà ?

T’as dit que t’en avais rien à foutre de ce qu’il voulait te dire. Tu l’as accusé de harcèlement sexuel. Tu l’as traité de pédale.

Je cligne des yeux, estomaqué par la violence de mes mots. Ça ne me ressemble pas. Je ne suis pas si virulent d’habitude sans réelle raison, je…

Ouais. D’habitude t’es calme, t’es froid, tu maîtrises. La bonne vieille cuirasse que tu te traînes depuis des années t’empêche de trop t’investir émotionnellement dans ce qui t’arrive et tu restes impassible, tu ne donnes pas de prises à l’adversaire. Ça, c’est pour les faibles et les sentimentaux. Sauf que là t’as peur, Gin. Ce mec te prend au défaut de l’armure. Parce qu’il est à la fois ce que tu crains et ce que tu désires, et qu’il est arrivé trop brutalement dans ton existence pour que tu ais le temps de lever ton bouclier…

« Désolé de te décevoir, mais si je voulais vraiment te pomper le chibre, j'aurai mis mon minishort et mes cuissardes... »
« Quo-… »


Wow.

J’en reste sans voix, bouche bée, les yeux comme des soucoupes devant son petit sourire moqueur. Et je rougis comme un ado. Tant bien que mal j’essaie de me reprendre et de trouver un truc à bafouiller mais je dois admettre que je galère. Entre mon accès de violence et sa réponse au vitriol, les bras m’en tombent. Il le voit parfaitement, et en profite pour le coup de grâce :

« Ne t'inquiète pas, je ne te toucherai pas. Même les pédales savent garder leurs mains loin des chibres, aussi sexy soient-ils. Alors s'il te plait, laisse-moi entrer. Laisse-moi une chance de m'expliquer. »

Le silence retombe à nouveau, parce que je n’ai rien à répondre. Il a raison. Sur toute la ligne. Ça fait une semaine que j’essaie de fermer les yeux sur ce qui s’est passé et que je n’y arrive pas. Mettre des mots sur ce qui s’est passé est probablement la seule façon qu’il me reste de parvenir à tourner la page et cet homme, ce Jaden, est venu exprès pour ça. Et moi, je l’ai traité de pédale. Je pousse un soupir et recule pour le laisser rentrer dans mon appart’ spartiate et froid de nouveau célibataire, me détournant pour cacher ma gêne. Je retourne dans la cuisine pendant qu’il ferme la porte, pour remplie une deuxième tasse.

« Tu veux du café ? »

C’est un peu tard pour se soucier des civilités, mais…

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Jaden Elliot
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Ven 25 Aoû - 15:02

« The day I met you »
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Tu ne t’attendais pas spécialement à ce qu’il soit très coopératif. Après tout, la situation est plus que gênante, et il semble clairement en colère après toi. En un sens, tu peux très bien le comprendre. Néanmoins, tu ne pensais pas non plus à recevoir des paroles aussi acerbes, et encore moins des insultes. Dans un monde où l’homosexualité est devenue quelque chose de banal, tu es surpris de recevoir une telle remarque, et l’air que tu affiches tire plus vers la surprise que vers la vexation. Tu n’es pas spécialement expert en ce qui concerne le décryptage des sentiments, mais tu as vraiment l’impression que ce type cherche à masquer quelque chose derrière son homophobie évidente. Ou peut-être pas. Les crétins existent aussi après tout…

Cependant, sa réflexion à deux balles à le mérite de te faire redescendre sur terre et de te faire reprendre contenance. Tu fronces les sourcils alors que ton corps se tend, plus sûr de toi. Ceux qui se cachent derrière des insultes sont, en général, loin d’être vraiment dangereux. Tu soupires et te passes la main dans les cheveux, avant de plonger ton regard dans le sien.

« Désolé de te décevoir, mais si je voulais vraiment te pomper le chibre, j'aurai mis mon minishort et mes cuissardes... »

Douce vengeance en lui rappelant les circonstances de votre rencontre. Tu souris, moqueur. Au moins ça a le mérite de lui faire perdre ses moyens, et une pointe de satisfaction point. Bien, vous allez peut-être pouvoir avoir une discussion entre adultes maintenant. Tiens, il rougit. Encore une fois, tu ne peux t’empêcher de le trouver beau, ça lui donne un côté insouciant adorable. Il semble chercher ses mots pour te répondre, et tu lâches un nouveau soupire.

« Ne t'inquiète pas, je ne te toucherai pas. Même les pédales savent garder leurs mains loin des chibres, aussi sexy soient-ils. » Tu n’as pas pu t’en empêcher, c’est cadeau. « Alors s'il te plait, laisse-moi entrer. Laisse-moi une chance de m'expliquer. »

Tu attends patiemment qu’il prenne sa décision. Soit il refuse, et dans ce cas tu partiras, soit il accepte, et tu auras peut-être une chance de t’expliquer. Finalement, ce sera cette seconde option. Il se pousse et t’invite à entrer. A l’intérieur, tu remarques un appart d’homme célibataire. Tu le sais, car le tiens ressemble à ça également. Ca ne fait pas longtemps que tu as quitté la maison de tes parents avec Daiki, et l’appartement ne s’est pas encore imprégné de votre présente.

D’un geste, tu refermes la porte pendant qu’il part dans la cuisine en te proposant un café. Tu acceptes poliment et vous allez vous installer dans le salon. Tu prends place dans un des fauteuils. Le silence revient entre vous, le temps que chacun prenne une gorgée de son breuvage. Il est bon, et ça te fait du bien. Puis tu reportes ton regard sur l’homme dont tu ne connais même pas le nom. Prenant ton courage à deux mains, tu commences ton explication.

« Il y a six mois, je vivais à Tokyo, avec mon fils et la femme que j’aime - aimais. » Ce n’est pas évident de parler de ça, et ça te fait mal. « En pleine nuit, un incendie s’est déclenché dans notre immeuble. On s’est réveillé trop tard et on s’est précipité dans la chambre du petit pour aller le chercher, mais le plafond s’est effondré, et… Je crois qu’elle est morte sur le coup... » Tu déglutis et serres le poing. Ton regard est perdu dans le vide, comme si tu revivais la scène. « … contrairement à moi… J’ai eu le temps de la regarder avant de mourir à mon tour. »

Sur ces mots, tu reportes ton regard sur lui pour voir sa réaction. Avant qu’il n’ait le temps de réagir, tu enchaines.

« Je sais, ça doit paraître complètement fou ce que je te raconte… » Tu te passes la main dans les cheveux, gêné. « … et je ne t’en voudrais pas si tu ne me crois pas, mais… Je suis mort dans cet incendie. Après ça, tout est flou je dois avouer. J’ai le souvenir d’avoir vu une silhouette encapuchonnée, avec un crâne d’animal à la place de la tête, elle m’a dit être la Mort et m’a demandé si je voulais vivre. Je t'épargnerais plus de détails, mais… Je suis revenu…  différent, et j’ai… » Tu hésites. « Depuis, je suis devenu un… un Reload, et je peux me transformer en femme… »  

Il te serait difficile de dire exactement pourquoi tu lui as raconté tout ça. Tu aurais pu l’oublier et mettre cet événement derrière toi, ne plus penser à ce type et mettre cet accident de côté. Pourtant, tu viens d’avouer à un homme rencontré une semaine plus tôt, que tu es revenu d’entre les morts...
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DeathKing
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Sam 26 Aoû - 15:14
Les fleurs fanent sur son passage. Elles s’effritent, noircissent ; elles pourrissent. Poussière retournant à la terre, rien que de la cendre qui s’envole sous le passage de son long manteau noir. Ses poulains ne se portent pas très bien dernièrement, ils ne cessent de contredire sa parole, de la bafouer. Ils la piétinent, lui crachent dessus, comme si jouer avec la vie était sans conséquences. Elle n’a jamais été mauvais berger ; mais le troupeau n’a jamais été très sage. Constamment, La Mort devait les remettre dans le droit chemin. Quotidiennement, elle devait leur apprendre la vie. C’était un risque à prendre en leur donnant pouvoir, elle le savait bien. Elle en avait longtemps discuté avec ses congénères, mais elle avait eu, en tant que Dieu, le dernier mot. Il n’y avait aucune confiance, aucune compassion pour leurs vies. Juste de l’égoïsme, l’envie de regarder des âmes se torturer un peu plus chaque jour qui passe. Les voir se rattacher au peu de raison qu’il leur reste, à leurs prières inutiles.

Et aujourd’hui était l’un de ces jours. Le jour où elle faisait grâce de sa présence, le jour où ses vieux os se déplacent chez les hommes ; le jour où sa voix punit les impudents. Ceux qui ne la craignent pas, ceux qui osent contrer sa personne, ceux qui la provoquent. Ses pas, loin d’être dansants, sont pourtant portés par le vent. Personne ne l’entend, personne ne la voit. Son regard se lève vers les toits et sans s’arrêter une seule seconde, elle qui se trouvait au rez-de-chaussée se retrouve rapidement à l’intérieur de la bâtisse. Et son chemin se fait sans aucun arrêt encore, sans aucune hésitation. L’odeur des traîtres est plus putride que celle des Enfers… Et pour une fois, oui pour une fois, elle allait se rapprocher un peu plus. Pour une fois, elle allait le voir souffrir, regretter, implorer son pardon.

Cet humain avait une mort plutôt triste. Il allait de soit que le torturer à l’aide de feu sa compagne était l’une de ses meilleures idées, et il avait su l’amuser. Oh, dernièrement, il l’avait amusé plus qu’aucun autre Reload. Mais ce n’est pas ça qui allait le sauver, non. Rien ne le pouvait. Et alors que sa marche arrive à sa fin, la créature de la mort ne recule pas une seconde devant cette porte qu’elle traverse comme si elle n’avait jamais été là. Puis elle s’arrête, brusquement.

L’air devient sale, humide. Nauséabond. Irrespirable. Mais l’homme n’a que le temps de se rendre compte de ce qui se passe, ou même de la soudaine odeur répugnante qui se dégage, car sa respiration se coupe soudainement. Elle le regarde. Seul lui peut La voir.


« Il est de ton droit d’écarter tes pauvres cuisses aux hommes. Tout comme il est du mien de t’apprendre qui t’as ramené à la vie et t’as permis de les exhiber de la sorte. »


Ses dents claquent, produisant un son s’apparentant à un rire. Sa main vide de chair, paume vers le ciel, se lève ; et le cœur de l’humain se stoppe. C’est ainsi qu’il perd tout contrôle sur son pouvoir. Et pendant que ses doigts masculins se font soudainement plus fins et qu’il abandonne sa tignasse blonde pour une longue chevelure noire de jais, son corps est lancé de sursauts alors que les vertiges l’empêchent même de se tenir assis.


« Qu’en pense donc ta tendre Sae ? »


Son autre main se lève, lasse. Et tout s’arrête. Sa respiration reprend difficilement.


« Peut-être aimerais-tu lui demander de vive voix. »


Et ainsi apparaît donc cette femme, Sae, fantomatique. Etait-ce la vrai ? Etait-ce un mirage ? Seule La Mort le savait. Ses longs doigts blancs effleurent sa crinière noire, alors que les yeux de la pauvre fille implorent de comprendre. La pitié, la peur, la honte. Que ressentait-il ? Elle se réjouissait de le voir perdu, de le voir ébranlé par la vague d’émotion qu’il devait combattre avec toute la conviction qui pouvait lui être donné. La morte, faite de fumée, a à peine le temps de murmurer quelques mots qu’elle s’éteint, La Mort feignant de l’étrangler. Et elle s’échappe, disparaît, aussi rapidement qu’elle.


« Je t’ai donné ta chance, je peux à tout moment la reprendre et te faire revivre ta mort. »


L’appartement, désormais vide de sa présence, reprend peu à peu une atmosphère saine. Elle ne lui avait pas laissé le temps de répondre à ses derniers mots, elle se fichait bien de ce qu’il pouvait lui dire, ou de ce qu’il pouvait penser. Elle voulait juste s’amuser. Et il n’y a rien de plus drôle que de se faire craindre.


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Jaden Elliot
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Sam 26 Aoû - 19:04

« The day I met you »
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Tu aurais dû le savoir pourtant qu’il était interdit de parler de ce qu’il t’est arrivé. Tu le savais, et tu as enfreint les règles. Toutefois, au moment où les mots sont sortis de ta bouche, au moment où tu as raconté ton expérience à cet homme que tu ne connais pas, tu as senti un poids se retirer de ton cœur. Depuis des mois que tu es revenu, garder ce secret aussi lourd t’a pesé, et tu ne t’étais pas rendu à quel point. Te cacher de tes parents et de ton fils quand tu changes d’apparence, mentir aux hommes que tu as pu rencontrer… Te mentir à toi-même en disant que tout va bien… L’espace d’un instant tu te sens mieux, beaucoup mieux, et on pourrait même apercevoir l’ombre d’un sourire sur tes lèvres.

Et puis l’air autour de vous change.

Le temps semble s’arrêter. Cette odeur, tu la connais, elle hante tes nuits depuis des mois. Elle t’enveloppe tel un linceul répugnant. Cependant, tu as à peine le temps d’en sentir les effluves que ta respiration se coupe. Par réflexe, tu portes tes mains à ton cou et tu ouvres la bouche, suffocant. Tes yeux s’écarquillent et tu tournes lentement la tête, avant de blêmir en voyant cette silhouette familière qui te fait face. Tu te lèves du fauteuil et recules d’un pas, mais le manque d’air te fait trébucher et tu tombes à genoux sur le sol. Tu cherches l’air, te griffes la gorge à la recherche d’une parcelle d’oxygène. Ton cœur s’affole, paniqué de ne plus recevoir ce dont il a besoin pour continuer de battre. Ton regard reste posé sur la Mort, suppliant, désolé…

« Il est de ton droit d’écarter tes pauvres cuisses aux hommes. Tout comme il est du mien de t’apprendre qui t’as ramené à la vie et t’as permis de les exhiber de la sorte. »

Ta poitrine se contracte alors que tu cherches l’air qu’il te manque. Cette voix sortie d’outre-tombe, tu pensais l’avoir rayée de ta mémoire, mais les souvenirs de cette fameuse nuit te reviennent, sombres, douloureux. Est-ce que ton heure est finalement venue ? Est-ce que la Mort va t’emporter avec elle pour de bon pour lui avoir désobéi ? Ne serait-ce pas plus mal après tout ? Mais qui s’occuperait de ton enfant si tu n’es plus là ? Effaré, tu regardes la main osseuse se lever.

Et ton cœur s’arrête.

La sensation horrible de se sentir partir, tout en étant conscient de son environnement. Ton visage perd toute émotion, se fige dans une impassibilité presque effrayante. Cela ne dure que quelques secondes, à peine, avant que tu ne perdes tout contrôle sur ton corps. La douleur de la transformation se fait ressentir, plus violente que jamais. Le poids des cheveux longs qui te tombent sur les épaules, ta poitrine qui grossit… Tout se fait si lentement que tu as l’impression que l’on te déchire les os et les muscles pour en façonner de nouveaux. Les convulsions t’empêchent de garder l’esprit clair et tu tombes sur le sol, tirant sur ta chemise pour te griffer la poitrine, cherchant désespérément de l’air qui ne vient pas. Cherchant à faire repartir ton cœur qui s’est arrêté de battre alors que tu souffres.

« Qu’en pense donc ta tendre Sae ? »

Tu remarques à peine que la Mort lève son autre main, au moment où la douleur s’arrête. Ton corps se fige dans un dernier soubresaut avant que l’air ne rentre dans tes poumons après une grande inspiration. Un peu trop brusque, car tu es pris d’une quinte de toux. Difficilement, tu te remets à genoux, et lèves les yeux vers ton bourreau.

« Peut-être aimerais-tu lui demander de vive voix. »

Et elle apparaît. Dans un nuage de fumée, fantomatique, aussi belle que le jour où tu l’as rencontré. Ses cheveux noirs tombent en cascade sur ses épaules nues, la douceur de son visage te parvient sans que tu n’aies besoin de la toucher, mais c’est son regard qui attire le tiens. De ce bleu si intense qui te faisait vibrer à chaque fois que tu la regardais, de cet amour si fort qu’elle te transmettait si facilement. Mais aujourd’hui, à cet instant, ce n’est que de la peur et de l’incompréhension que tu peux voir dans ses prunelles.

« Sae… »

Elle te regarde, avant de tourner la tête vers la Mort quand celle-ci vient poser sa main squelettique sur ses cheveux. La jeune femme reporte son attention vers toi, toujours à genoux sur le sol, face à elle. La vague d’émotions qui te submerge est douloureuse. Tu as envie de te lever, de courir vers elle, et de la prendre dans tes bras, mais ton corps semble refuser de bouger. Te reconnait-elle dans ce corps à son image ? Sait-elle que c’est toi qui l’observe ? Tu ne saurais dire pourquoi, mais tu as la conviction qu’elle le sait. Silencieusement, tu as l’impression qu’elle te demande ce qu’elle fait là, et pourquoi. Pourquoi est-elle morte ? Pourquoi es-tu revenu et pas elle ? Pourquoi l’as-tu laissé mourir dans cet incendie ? Pourquoi doit-elle être séparée de son fils ? Pourquoi peux-tu vivre et profiter de la vie ? Pourquoi doit-elle souffrir loin de toi ? Loin de Daiki ? Pourquoi ? Pourquoi fais-tu ce que tu fais ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Pourquoi ?

« Sae, je… Je suis désolé… »

Mais tu ne vois aucun pardon dans ses yeux, et c’est encore plus douloureux que ce que tu viens de vivre à l’instant. Encore plus douloureux que la Mort elle-même. A travers les volutes qui l’entourent, la main squelettique s’approche de son cou. Un cri s’étrangle dans ta gorge.

« Non… »

Tu ne veux pas qu’elle parte. Tu veux qu’elle reste à tes côtés. Des larmes se mettent à couler sur les joues de la jeune femme quand elle semble comprendre ce qu’il se passe.

« Jaden… J’ai mal… Je ne veux pas mour- »

Les doigts se referment autour de son cou, alors qu’un cri meurt dans ta gorge avant même de naître, et qu’elle disparaît dans un nuage de fumée, aussi vite qu’elle est apparue. Ton visage est déformé par l’horreur de la scène et par les paroles qu’elle a prononcées.

« Je t’ai donné ta chance, je peux à tout moment la reprendre et te faire revivre ta mort. »

Tu as tout juste le temps de croiser le regard de la Mort avant que celle-ci ne disparaisse à son tour, comme si elle n’était jamais venue, te laissant au milieu du salon, perdu et effaré. Ton regard reste fixé sur un point invisible devant toi, et des larmes se mettent à couler sur tes joues. Tu baisses les yeux vers tes mains avant d’y enfouir ton visage en pleurs. Ta poitrine se serre et tu as mal. La douleur de savoir que ta bien-aimée souffre elle aussi te donne l’impression d’avoir un poids énorme qui vient de se poser là où se trouve ton cœur. Tu portes tes mains là où tu as mal alors que tu as la sensation irréelle de manquer de nouveau d’air.

Puis l’obscurité t’enveloppe et tu sombres.
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Ginger Briggs
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Dim 27 Aoû - 0:12


The day I met you

« Fear »

Tu as eu tort, Gin.

Je sais. Je le savais, dès que j’ai entendu sa voix dans l’interphone. Enfin, je crois. Avec le recul, j’aimerais me dire que j’en ai eu le pressentiment dès le départ. Ça ne pouvait pas marcher, ça ne pouvait pas bien se finir. Pourtant j’ai choisi de l’écouter, de le laisser entrer et de le regarder courir à sa perte. À quel moment ça a dérapé ? Impossible de le savoir réellement. Dès que nous nous sommes assis dans les fauteuils du salon, il me semble. Dès que le silence nous a enveloppés, pesant comme un manteau de plomb, et que j’ai soudain réalisé que cet homme que je ne connaissais pas se trouvait chez moi, que ses cheveux blonds brillaient sous la lumière du plafonnier, j’ai senti à quel point la situation était anormale. Mais je n’ai pas réussi à en stopper le cours avant qu’il ne se mette à parler.

La mention de sa femme me fait hausser le sourcil. S’il aime les femmes, pourquoi il m’a sauté dessus la semaine dernière ? Mais c’est l’évocation de l’incendie qui déclenche toutes mes alarmes. Je déglutis en crispant mes doigts sur le mug de café. Je ne veux pas entendre ça.

Non, tu ne veux pas. Tu as raison. Pas uniquement parce que c’est le genre de drame trop gigantesque, trop monstrueux pour être appréhendé avec les mots et leur pouvoir limité, mais parce que ça t’évoque trop de souvenirs. Oui, Gin. Même si le feu remplace l’eau et la femme le frère, cette histoire a trop de similitudes avec ce que tu as vécu toi. Et si elle s’est terminée comme tu le penses, comme tu le sais, Jaden ne doit pas continuer.

Il ne me laisse pas le temps de l’interrompre. Il est mort. Cette révélation me laisse sans voix, sans souffle, sans parole aucune, perdu dans mon coin de fauteuil. Je m’en doutais. Je le savais peut-être déjà. Mais l’entendre de sa bouche, savoir que je ne suis pas le seul… Je commence à trembler alors qu’il continue, incapable de détacher de lui mon regard. La silhouette sombre au crâne de loup, la question piège dont elle avait déjà choisi la réponse… Je m’y revois, je les revis, et je suis déchiré entre l’angoisse, la tristesse, la compassion, la reconnaissance à l’idée qu’il soit comme moi, qu’il sache tout cela lui aussi. Mais ça ne dure pas. Bientôt, le rythme de mon cœur qui s’emballe ne fait plus courir qu’une seule émotion dans mes veines : la peur.

Tais-toi.
Tais-toi.
Ne dis rien de plus.
Ne dis rien de plus.
Si tu continues, tu vas enfreindre les règles.
Et il ne faut pas tricher avec la Mort.
Sinon…

L’étreinte glacée de la détresse me rend ma voix, sèche et pressée alors que je pose ma tasse de café pour me relever. Si je l’arrête maintenant, si je fais mine de ne pas y croire, si je parviens à oublier ce que j’ai entendu, peut-être que ça suffira…

« Arrête, ça n’a aucun sens, ton histoire. Je ne te crois pas… »

Je m’immobilise, les mots s’étranglant dans ma gorge. Je ne peux plus respirer. L’atmosphère du salon s’est d’un seul coup chargée d’une odeur de pourriture tellement épaisse qu’elle m’alourdit les poumons. Je sens son humidité qui rampe sur ma peau, son froid répugnant qui me dévore la poitrine, étouffe l’oxygène. Et un horrible frisson me parcourt, chasse la chaleur de mon corps en me ramenant soudain treize ans en arrière, durant une autre nuit glaciale et pleine de terreurs.

Tu as eu tort, Gin. Tu sais bien que ça n’était pas suffisant.

« Jaden ? »

Là sous mes yeux, il porte soudainement les mains à sa gorge, hoquetant et ouvrant désespérément la bouche à la recherche d’air, les yeux fixés sur un point invisible à côté de moi. Je n’y vois rien quand je tourne la tête mais en apercevant le masque horrifié de son visage, un instinct fait de terreur me souffle que je suis heureux que ça soit le cas. De toute manière, je n’ai pas le temps de m’en soucier. J’ai beau être soudain prisonnier du passé, piégé à nouveau dans les mâchoires liquides de l’océan en furie, Jaden quant à lui s’étouffe ici et maintenant, dans mon salon, asphyxié par la puanteur mortifère qui y règne. Lorsqu’il se relève, titube et tombe à genoux, la panique me fouette au lieu de me figer. Je le rejoins précipitamment même si je sais que je ne peux rien faire.

« Hey ! Qu’est-ce qui t’arrive ?! »

Question idiote. Je ne sais que trop bien ce qui lui arrive.

Il a désobéi.

En le voyant suffoquer à genoux devant moi, je pensais que nous ne pourrions pas nous enfoncer plus profondément dans l’horreur. Je me trompais. Sous mon regard effaré, le visage de Jaden se statufie soudain dans une gangue de pierre, vide et sans âme, pendant une poignée de secondes qui devient l’enfer tant elle n’a pas de fin. Je me tétanise également, incapable de réagir devant ce faciès à peine humain avant qu’il ne s’écroule sur le sol, secoué de convulsions. L’air putride de la pièce s’incruste dans mes pores, me glaçant jusqu’aux os, jusqu’à l’âme tandis que je ne peux rien faire d’autre que le fixer, hébété, effrayé par les soubresauts qui l’agitent, le tordent sur le parquet alors qu’il se transforme à nouveau, lutte contre sa chemise, contre sa peau, contre tout son corps qui lui échappe. Je suis tellement apeuré que je ne peux pas tenter de le secourir. Je ne peux pas lui parler. Je ne peux pas bouger. Il n’y a plus qu’une chose de vivant en moi, cette petite voix qui me chuchote en boucle…

Il a désobéi, alors il est puni.

Finalement, c’est lui, c'est elle, qui me tire de la frayeur où je me noie. Ce mot qu’il prononce à genoux avec sa voix féminine brisée par l’asphyxie, les yeux toujours fixés sur l’invisible. J’ignore ce que c’est, ce que ça veut dire, mais il y a soudain une telle tristesse, un tel désespoir dans les paroles qui lui échappent alors qu’il contemple ce que je ne peux pas voir que je trouve enfin la force d’aller auprès de lui, de le soutenir. Mes mains tremblent sur ses épaules fluettes, perdues dans sa chemise trop grande et ses longs cheveux noirs.

« Hey ! Reste avec moi ! Tu m’entends ?! Reste avec moi ! »

Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça. Je ne sais même plus ce que je cherchais à faire en prononçant ces mots. Peut-être avais-je réellement peur de le voir mourir ici pour avoir enfreint les règles de la Mort, peut-être craignais-je qu’il ne bascule pour de bon dans ce qui n’était visible que de lui… Ça me parait bien futile à présent, mais je n’ai pas trouvé autre chose. Et, ce n’est sans doute qu’une coïncidence, mais je me rends soudain compte en cherchant le regard bleu de Jaden dans ce pâle visage de femme que l’air est soudain respirable. Je l’avale à petits coups, soudain essoufflé comme si j’avais couru, hébété tandis que la puanteur morbide ne poisse plus que mes souvenirs. Mes yeux hagards se posent sur cette frêle créature, cette femme sans vraiment l’être que je tiens dans mes bras, qui ne me voit pas, qui s’effondre en pleurs en crispant ses mains sur sa poitrine. Je serre les lèvres devant ce spectacle, tremblant sous l’effet d’une profonde, brûlante, insondable tristesse. Il n’y a que maintenant que la peur n’embrume plus mon esprit que je prends la mesure de ce qui vient de se passer.

Jaden a perdu il y a quelques mois la femme qu’il aimait et la Mort l’a ramené à la vie en lui donnant le pouvoir de revêtir son apparence. Chaque miroir peut, s’il le décide, lui montrer son visage, ses expressions et ses gestes, et lui rappeler sans fin son absence par ce fragment de présence. C’est inhumain. C’est trop cruel à porter pour un seul homme. C’est ce que je vis chaque jour moi aussi depuis treize ans, chaque fois que je vois Pepper vieillir avec moi quand je regarde mon reflet. La pitié qui m’envahit me donne à moi aussi envie de pleurer. Je serre contre moi le corps tremblant de ce malheureux, ce jouet brisé de la Fortune qui endure des souffrances si semblables aux miennes.

Que ça te serve de leçon.

« Ça va aller… C’est terminé… »

C’est comme ça. Je sais que tu y as pensé. Je sais que tu trouves ça injuste et trop lourd à porter. Mais tu as compris maintenant, Gin ? Tu ne dois pas en parler. À personne.

Je ne l’éloigne de moi que lorsque je réalise qu’il a perdu connaissance. Inquiet, je décide de l’emporter dans ma chambre pour qu’il soit allongé sur autre chose que des lattes de parquet. Son corps de femme me semble si frêle, perdu dans ses vêtements, que j’en détourne le regard. Même maintenant que l’air est redevenu respirable, j’ai l’affreuse impression de transporter un cadavre…

Tu ne dois jamais
Jamais
Jamais
Jamais tricher avec la Mort…


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Jaden Elliot
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Mar 29 Aoû - 22:41

« The day I met you »
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Combien de temps restes-tu perdu  dans cette insondable obscurité qui t’emportes peu à peu ? Tu flottes dans ce néant qui t’enveloppe, sans rien autour de toi pour t’aider à retrouver ton chemin. Pour t’aider à sortir de cet océan de noirceur qui te tire vers le fond sans que tu n’y puisses rien. Et même si c’était le cas, en aurais-tu seulement envie ? Qu’est-ce qui pourrait bien te donner le désir de te sortir de tout ça ? Pourquoi devrais-tu te battre encore et encore pour pouvoir survivre à cette douleur qui te compresse la poitrine à chaque seconde de ta vie ? Après tout, la souffrance que tu ressens quotidiennement n’est-elle pas seulement pour t’empêcher d’avancer ? Le poids sur ton cœur n’est-il pas là pour te faire couler sans aucun moyen de t’en sortir ? L’eau comprime tes poumons alors que la surface s’éloigne, sans que tu ne tendes la main pour tenter de la rattraper.

Il y a cette voix, pourtant, qui t’appelle. Cette voix grave et chaude qui te dit que tout ira bien. Tu parviens à l’entendre, elle résonne autour de toi dans cette pénombre intense qui t’enveloppe, te compresse, et t’aspire au plus loin. Tu ignores à qui elle appartient mais elle est belle, envoûtante, attirante… Tu as la sensation qu’elle te tire vers le haut, alors que tu aimerais plutôt continuer de couler, pour tout oublier et fuir cette réalité qui te fait peur. Mais quelque chose ne semble pas vouloir t’accorder cela, et bientôt la surface s’approche de nouveau.

Lorsque tu refais surface, il y a une chaleur tendre qui te berce. Il te faut quelques secondes pour te rendre compte que tu te trouves dans les bras de quelqu’un. Tu ouvres brièvement les yeux. Ta vision est floue, incertaine, mais tu aperçois un t-shirt bleu avant de refermer les yeux. Tu n’as plus de force. Quand tu les ouvres de nouveau, tu es allongé sur quelque chose de plus confortable que le sol où tu te souviens avoir perdu connaissance. Quelque chose de frais est posé sur ton front, et quand tu tournes la tête au prix d’un effort qui te semble insurmontable, tu constates qu’un homme est assis à tes cotés. Qui est-ce ? Il est beau, avec ses cheveux blonds qui lui tombent devant les yeux. Il a l’air inquiet, mais il a un regard si beau. Un fin sourire étire tes lèvres.

Et tu te souviens.

Le sourire disparaît, aussi vite qu’il est apparu. Tu te souviens de ce qu’il s’est passé. Tu te souviens être arrivé pour expliquer à cet homme ce qu’il avait vu. Tu te souviens de la puanteur qui a conclu ton explication. Tu te souviens de cette silhouette grande et squelettique qui s’est amusé à te torturer, encore une fois, en utilisant ta propre femme comme instrument de ta souffrance. Qu’as-tu fait pour mériter de devenir le jouet de cette créature sortie des Enfers ? Il t’est déjà arrivé de te poser la question. As-tu fait quelque chose, dans ta vie, qui aurait pu inciter la Mort à jouer avec toi ? Tu n’en as pas le souvenir, mais peut-être que tu n’en as pas eu conscience lorsque c’est arrivé…

« Je suis désolé… Je ne voulais pas que ça se passe comme ça… »

Ta voix te parvient différente qu’à l’accoutumée. Tu baisses les yeux vers ton propre corps, portes la main à ton torse, et tu constates que contrairement à ce que tu pensais, il n’est pas plat. Tu ne te souviens pas t’être transformé. Alors tu lances le processus inverse pour retrouver ton apparence normale.

Tu lances… le processus… inverse…
Tu lances…

Tes yeux s’écarquillent sous la panique. Pourquoi rien ne se passe ? D’un bond tu te redresses sur le lit et écarte les pans de ta chemise déjà bien abîmée. Sur ta peau, tu constates de nombreuses traces de griffures ensanglantées, mais ce n’est pas ça qui te perturbe le plus. Pourquoi ? Pourquoi tu n’arrives pas à reprendre ton apparence ?

« Non… Non… Ça… Pourquoi ? Ça ne marche pas… »

Tu déglutis, te concentres, fais appel aux dernières forces qu’il te reste, tu t’attaques à ta poitrine comme si tu pouvais la faire disparaître.

« Ça ne marche pas… Ça ne marche pas… »

La panique se fait clairement entendre dans ta voix et dans tes gestes.
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Ginger Briggs
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Mar 5 Sep - 20:24


The day I met you

« Silence and care »

Il… Elle est restée inconsciente cinq minutes, peut-être un peu moins. Moi, je suis resté à côté du lit, les yeux perdus dans le vide quelque part entre son visage et les éraflures sanglantes sur sa poitrine. À un moment, je me suis levé comme par automatisme pour aller chercher des bricoles dans la salle de bain. J’ai ouvert sa chemise et nettoyé les blessures sur ses seins sans même y penser, avant d’essuyer son front emperlé de sueur et d’y laisser une compresse humide. Et le reste du temps, toute la scène qui vient d’avoir lieu tourne sans fin dans ma tête, comme un carrousel dément…

Ça, tu vas avoir de quoi carburer pour tes prochaines nuits blanches, c’est une certitude. Tu sais même pas par quoi commencer, comment classer toutes les pièces du puzzle, ce qui est le plus important. Je vais t’aider, si tu veux. T’es pas seul, Gin. T’es pas le seul à avoir trébuché dans la mort avant de revenir dans la course, avec des pompes toutes neuves. Jaden aussi a vécu tout ça, en différent, et tu sais ce que ça veut dire, hein ? Ça veut dire qu’il n’y a pas de raison pour que vous ne soyez que deux. Que, si ça se trouve, y en a des dizaines comme vous, chacun avec pouvoir étrange et pas le droit de le dire sous peine de se retrouver à se tortiller sur le sol dans une odeur de cimetière. Ça te flanque le vertige, mais accroche-toi, je passe à la suite : y avait la Mort dans ton salon. Tu ne l’as ni vue ni entendue, mais ce relent de caveau qui rampait jusque dans ta chair comme un serpent monstrueux ou une vague de pétrole, pas moyen de s’y tromper. Elle aurait pu, si elle l’avait voulu, « s’amuser » avec toi aussi dans la foulée. Elle n’est plus à ça près, en matière de jeux sadiques. Ça aussi, ça te colle des sueurs froides en pensant à ce à quoi tu as pu échapper… Mais c’est pas ça le plus important à tes yeux, pas vrai ? Nan, même la Mort passe après ce qui te reste maintenant à l’esprit…

Sa tête pivote lourdement sur l’oreiller et je tressaille en apercevant ce mouvement. Je ne sais combien de temps elle est restée inconsciente mais c’est sans doute bien plus court que ce que je m’imagine en réalité et il me faut quelques secondes pour revenir dans le présent maintenant qu’elle se réveille enfin et m’adresse un sourire, pour je ne sais quelle raison. Ce sourire incongru, ce sourire fugace qui ne dure que le temps que le souvenir de son face-à-face mortuaire revienne dans ses yeux m’arrache un frisson lorsque je le vois disparaître. Elle s’excuse d’une voix faible.

« Je sais… »

C’est vrai. Évidemment qu’il ne voulait pas que les choses virent autant au cauchemar. Personne n’a voulu ça, surtout pas toi. Sauf que c’est trop tard, maintenant. Tu en as bien conscience et c’est cette réalité qui prend le plus de place dans ta tête : tu connais son secret. Tu sais qu’il est mort et qu’il est revenu en ayant le pouvoir de devenir sa femme, morte avec lui. Tu sens ce que ça te fait, Gin ? Ce poids sur tes épaules, cette espèce de tiraillement dans ta poitrine comme si on avait accroché ton cœur à un fil et qu’on tirait dessus, tout doucement pour le moment… Tu sais ce que c’est, n’est-ce pas ? Bien sûr que tu le sais. Tu reconnais cette brûlure entre tes côtes quand tu le vois soudain paniquer devant toi et griffer sa poitrine de femme.

Avec un sursaut empressé, je me dépêche de saisir ses poignets pour l’empêcher de se mutiler plus avant.

« Hey ! Hey !!! Arrête ça, enfin ! Calme-toi, tu vas te blesser ! »

La panique lui donne une sacrée force pour son gabarit et je dois y mettre du mien pour qu’elle finisse par se calmer assez pour me regarder. Mais lorsque que c’est le cas, ses yeux bleus et terrifiés agrippent les miens avec tant de force que je ne sais soudain plus quoi dire…

La pitié, Gin. C’est la pitié qui ressert son étau autour de ton cœur, qui te force à l’ouvrir pour y accueillir cet homme, oui, cet homme que tu as vu souffrir à tes pieds. Cet homme qui a pleuré dans tes bras et que tu as serré contre toi en lui promettant que les choses s’arrangeraient. Cet homme que je voudrais te forcer à voir comme tel, alors que tu te laisses piéger à son visage féminin…

Mon manque de mots pour la rassurer me plonge dans une seconde de complet dénuement avant que je ne parvienne à me ressaisir, faire taire la petite voix et lui saisir doucement les épaules :

« Écoute… Ça va aller, d’accord ? Tu… Tu viens de faire un malaise. Tu n’arrivais plus à respirer et tu t’es, euh… transformé sans le vouloir. Il te faut peut-être du temps avant de pouvoir recommencer ? Si tu te reposes, ça s’arrangera. Ça va aller… »

Ma main est venue caresser sa joue doucement, dans un geste rassurant, jusqu’à ce qu’elle retrouve son calme et ne risque plus de se faire du mal. C’est triste à dire mais ça va mieux maintenant que je suis de nouveau en terrain connu. Maintenant que je connais sa véritable nature et que la Mort est partie, je peux gérer la situation. Avec un soupir, je la relâche et me lève pour tirer un sous-pull et un gilet de laine de mon placard. Je les pose près d’elle sur le lit.

« Tiens, enfile ça. Tu peux rester ici le temps que ça aille mieux. Est-ce que tu veux… boire ou manger quelque chose ? »

Je doute sérieusement qu’elle soit en état, en toute honnêteté. Elle doit avoir le bide noué comme pas possible. Mais une boisson chaude lui ferait sans doute du bien, peut-être une soupe ou un bouillon, juste de quoi reprendre un peu de force. Ouais, je vais faire ça. Ça nous fera du bien à nous deux… Après qu’elle m’ait donné sa réponse, je m’apprête à quitter la chambre pour la cuisine, passant vite fait en revue l’intérieur de mon frigo pas aussi plein que je le voudrais. Mais sur le seuil, je m’immobilise soudain, la main sur le montant de la porte et une pensée aux bords des lèvres. Je les mordille un instant, indécis, retenu par la pudeur. Je ne devrais pas, elle… il n’a sans doute pas besoin de ça. Ça ne servirait à rien que je le lui dise. Mais…

Dis-le, Gin.

« Je suis désolé pour ta femme. Sincèrement désolé. »

Je lui tourne toujours le dos. Peut-être parce que je n’ose pas voir de quelle façon ces mots vont l’atteindre, ou que la corde dans ma poitrine se resserre encore…

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Jaden Elliot
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Jeu 14 Sep - 15:57

« The day I met you »
ft. Ginger Briggs
Il y a cette panique qui a pris possession de ton corps, de ton esprit, de tout ce que tu peux être. Cette panique implacable, insondable, impitoyable. Cette peur intense de ne plus jamais pouvoir retrouver ton apparence, de vivre éternellement dans le corps de cette femme que tu as tant aimé et qui t’a été arrachée sans aucune autre forme de procès. De devoir voir son visage jour après jour, à jamais. De ne plus jamais pouvoir aller voir ton fils parce que tu aurais le visage de sa défunte mère. Tu ne peux pas rester ainsi. Tu ne peux pas. Tu ne pourras pas vivre ainsi, tu le sais, tu le sens. Tu ne pourras pas supporter davantage de souffrance. Alors la panique est bien là, réelle et violente.

Tu n’entends pas la voix qui te dit de te calmer. Tu sens à peine les mains qui se referment sur tes poignets pour t’empêcher de te mutiler encore et encore. Tu ne penses qu’à t’arracher la peau, faire disparaître cette poitrine, ce corps qui n’est pas à toi. Remplacer une souffrance morale par une souffrance physique, plus réelle, plus tangible. Une douleur que tu peux contrôler, accentuer, refluer. Une douleur qui tu t’infliges volontairement pour faire reculer l’autre, plus intense. Tu cries, tu te débats, tu veux la faire fuir, mais on t’en empêche. On te refuse ce droit.

L’autre est plus grand, plus fort, plus calme, et ses mains t’empêchent de continuer. Il parvient à bloquer tes bras et tu lèves les yeux vers lui, te plongeant dans le froid glacial de son regard inquiet. Mais ce n’est pas un froid qui te donne envie de fuir ou de chercher de la chaleur ailleurs. Non, c’est le genre de froid agréable, doux, qui apaise la douleur, qui l’endort et la berce.  

« Écoute… Ça va aller, d’accord ? Tu… Tu viens de faire un malaise. Tu n’arrivais plus à respirer et tu t’es, euh… transformé sans le vouloir. Il te faut peut-être du temps avant de pouvoir recommencer ? Si tu te reposes, ça s’arrangera. Ça va aller… »

Hébété, tu l’observes pendant que sa main, bien trop grande pour ton visage, vient caresser ta joue. Tu te perds dans ses iris aussi sûrement qu’un lapin dans la contemplation des phares qui avancent vers lui à toute vitesse. Ils t’absorbent, t’emportent, t’enveloppent dans un sentiment de calme. La panique semble refluer sous le contact chaleureux de sa paume et les battements de ton coeur affolé ralentissent doucement, alors que ta respiration s’apaise.

Lorsqu’il se lève et que sa main quitte ta peau, tu as l’impression furtive d’avoir froid. Tu baisses les yeux vers tes mains et vers ta poitrine nue. Tes traînées rosâtres parsèment ta peau, laissant même apercevoir un peu de sang à certaines endroits. La peau est beaucoup trop sensible à cet endroit et tu te rends compte que tu as mal. Mais n’est-ce pas ce que tu cherchais ?

« Tiens, enfile ça. » Tu regardes les vêtements posés près de toi avant de lever les yeux vers lui.  « Tu peux rester ici le temps que ça aille mieux. Est-ce que tu veux… boire ou manger quelque chose ? »

Manger ? Boire ? Est-ce que tu as faim? Tu réfléchis. Non pas vraiment… Ton estomac semble trop noué, trop contracté, pour pouvoir accueillir la moindre nourriture. Mais tu as froid et cette sensation ne semble pas vouloir partir. Tu finis par acquiescer brièvement en guise de réponse tout en attrapant les vêtements qu’il vient de te sortir. C’est vrai que tu es à moitié nu… Ca ne te dérange pas, mais peut-être que lui, si. Tu entreprends de retirer les derniers boutons de ta chemise, les mains tremblantes, quand...

« Je suis désolé pour ta femme. Sincèrement désolé. »

Il s’en va, te laissant seul dans la chambre, le regard rivé vers l’endroit où il se trouvait quelques secondes plus tôt. Tes mains se sont figées sur les boutons et quand tu reprends tes esprits, tes doigts se crispent sur le tissu. Les larmes te remontent aux yeux et s’écoulent doucement sur tes joues, en silence. Oui, toi aussi tu es désolé pour elle. Désolé qu’elle soit morte dans cet incendie à ta place. Désolé qu’elle doive souffrir par ta faute où qu’elle se trouve. Désolé de tout… Tu pleures en silence tout en retirant ta chemise, frôlant ta poitrine au passage, et tu pleures davantage car ce corps n’est pas à toi. Pas entièrement.

Au bout d’un temps indéterminé, tu enfiles le sous pull, bien trop grand pour toi à cet instant, et fais de même avec le gilet. Le tissu te réchauffe, un peu, mais tu as toujours cette sensation de froid qui refuse de partir. Comme si la Mort évoluait encore à tes côtés, te soufflant son haleine mortuaire au visage. Tu frissonnes en venant de frotter les bras, avant de te lever. Tu n’as plus tes chaussures, elles ont dû tomber, et ton jean glisse sur tes hanches. Tu le retiens et regarde autour de toi pour essayer de trouver quelque chose capable de le retenir. Il y a bien une ceinture qui traîne, mais elle sera sûrement aussi efficace que celle que tu portes déjà. Tu t’apprêtes à abandonner quand tu avises une cravate posée sur une chaise. Parfait. Tu retires ta ceinture pour passer les pans de la cravate à la place et tu fais un noeud pour que ton pantalon tienne au mieux. Tu t’apprêtes à quitter la chambre quand tu te figes. Du coin de l’oeil, tu sais qu’il y a un miroir à côté de toi. Tu pourras relever la tête pour te regarder. Pour la regarder. Mais tu sens que tu vas le regretter.
Pourquoi ?
Tu sursautes et fais volte-face. C’était quoi ça ? La chambre est vide en dehors de ta présence. Tu as dû halluciner.
Regarde-moi.
Et tu lèves les yeux vers le miroir. Son reflet te donne la sensation de recevoir un coup en plein coeur. Habituellement, tu parviens à faire abstraction de ce que ce reflet représente pour toi. Mais pas aujourd’hui. Ce soir ça te fait mal. Son regard bleu qui t’observe, te transperce et semble te juger… Encore une fois, tu tentes de reprendre ton apparence, mais ça ne marche pas. Une grimace étire tes lèvres et tu quittes la chambre.

Dans le salon, il n’y a personne et du bruit te parvient de la cuisine. Tu t’y rends et fais halte dans l’encadrement de la porte pour observer l’homme qui s’y active. Tu ne sais pas quoi dire. Tu ne sais pas quoi faire. Quel être pitoyable tu fais après ce spectacle que tu lui as offert… Que peut-on dire dans ce genre de circonstances?

« Ça sent bon. »

Quelle entrée en matière. Un frisson parcourt ton dos quand il te regarde, se mêlant à tes légers tremblements dus au froid. Tu ne sais pas quoi dire… Ce type a dû te prendre pour un fou… Et probablement qu’il n’aurait pas tort. Un homme débarque chez lui, prétend pouvoir se transformer en femme avant de manquer de mourir sur son parquet et s’évanouit après avoir réellement changer de sexe. Tu ne comprends d’ailleurs pas qu’il ne t’ait pas déjà jeté à la porte.

« Merci… Pour… Les vêtements, et… Le reste… »

Surtout le reste à vrai dire...
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Ginger Briggs
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Mer 20 Sep - 22:58


The day I met you

« Silence and care »

Je n’aurais pas du dire ça. Rien qu’en entendant son silence figé, je regrette d’avoir prononcé ces mots que je pensais pourtant sincèrement. Je quitte la pièce pour rejoindre la cuisine et la laisser tranquille. J’aurais du me taire. Je ne l’ai pas fait parce que je voulais vraiment lui transmettre ma compassion, même si je sais bien que certains sentiments, certaines situations sont de véritables gouffres sombres et insondables dont on ne peut distinguer les bords et qu’ils échappent à tous les mots du monde. Est-ce que ça change quelque chose de savoir que quelqu’un souffre avec nous ? La douleur ne s’en va pas pour autant. Le poids qui nous écrase la poitrine et le cœur ne s’allège pas même quand un autre nous dit partager notre peine. Je ne pouvais pas faire grand-chose de plus, je ne suis pas assez proche d’elle pour me permettre de la prendre dans mes bras et d’offrir mon épaules à ses larmes alors que c’est ce que je fais de mieux. Il ne me restait que les mots les plus sincères que j’avais et au final, je suis quasiment sûr de lui avoir fait plus de mal que de bien. Je soupire en sortant une casserole, des vermicelles, des carottes et du bouillon tout prêt. Je n’aurais pas du dire ça. Pas alors que je sentais à quel point mes paroles seraient impuissantes. Sa voix me parvient tandis que j’épluche les carottes en tagliatelles au-dessus de la casserole fumante et je me retourne. Un frisson me secoue les entrailles.

C’est rien de le dire. Tout dans cette vision te perturbe à mort. Tu ne sais même plus à quelle réalité renvoie l’image que tu as sous les yeux. Qui est cette femme sur le seuil de ta cuisine ? La voir comme ça, toute pâle et perdue dans tes vêtements, les yeux encore rouges, te fait l’effet d’avoir recueilli une mineure en fugue. C’est ce que pourrait penser un observateur extérieur. C’est ce dont tu te tentes de te convaincre avec ta popote et ta générosité. Tu te dis que tu l’aides à reprendre pied et que tu dois prendre soin d’elle le temps qu’elle soit apte à reprendre sa route, comme tu le ferais d’un petit animal blessé. Sauf que c’est un mirage, même s’il y a du vrai là-dedans. Une part de toi, moi en l’occurrence, se souvient de ce qu’est vraiment cette femme. Et par ma faute, tu ne peux pas t’empêcher d’imaginer coupablement la scène telle qu’elle l’est vraiment. De voir ce bel homme blond à deux pas de toi, de te dire que c’est pour lui que tu prépares à manger, que plus tard tes fringues porteront son odeur. Cet homme qui a perdu sa femme. Cette femme qui se tient devant toi. Tu sens à quel point c’est improbable ? Tu sens à quel point ça te fait peur ? Oui, bien sûr que oui. Et tu t’en veux de penser à tout ça. Tu préfères essayer de te concentrer pour pas brûler ta soupe…

Je hausse vaguement les épaules en récupérant deux assiettes creuses dans un placard.

« Ce n’est pas grand-chose. C’est juste histoire de se remplir un peu l’estomac. »

À défaut de remplir le silence épais et opaque qui rend l’atmosphère presque solide. Je me détourne à demi, incapable de trouver quoi ajouter en regardant bouillonner tranquillement la mangeaille. J’aimerais vraiment être capable de dire les mots pour dénouer la situation, il y en a qui sont capables de faire ça sans même y penser. Mais, grand scoop, ça n’a jamais été mon cas. Et finalement, c’est de nouveau sa voix, timide et hachée comme si elle n’avait plus l’habitude de s’en servir, qui me fait relever les yeux vers elle. Les sentiments douloureux que je lis sur son visage me vrillent le cœur.

« Ce n’est rien… »

J’ai répondu dans un souffle, sans même y penser, en m’abîmant dans son visage. Son visage si fin, si triste, si effrayé que je ne parviens pas à imaginer qu’il appartient à une morte. Comment peut-on être mort quand on a si mal que ça se lit sur tous nos traits ? Je me surprends soudain à me demander ce que pouvait bien penser Honey en me regardant et je sens ma poitrine se serrer. Comment puis-je être si semblable à cette personne si différente de moi ?

La corde se resserre encore…

Avec un soupir, je remplis les assiettes de bouillon aux vermicelles et dresse vite fait deux couverts sur la table de la cuisine. Ça risque d’être un peu exigu mais d’habitude, je mange dans mon canapé avec un film ou un bouquin et j’ai perdu l’habitude de recevoir du monde. Je réalise soudain, assez stupidement, que ça va être la première fois depuis mon divorce que je mange en tête-à-tête avec quelqu’un (Garrett ne compte pas). Ben mon vieux, si j’avais su que ça serait dans de telles conditions… Nous nous asseyons un peu gauchement à nos places et je contemple mon assiette comme si c’était le Mont Everest. J’aurais pas du les remplir, je ne me sens même pas capable d’en avaler la moitié. Ça fera un reste pour demain au pire mais je sais par expérience que c’est la première cuillerée la plus dure, après ça descend plus facilement. Je trempe donc ma cuillère dans le bouillon, attrape mécaniquement quelques vermicelles… et puis je me décide à rompre le silence, un peu brusquement :

« Pourquoi tu… »

Les mots se figent dans ma bouche. Je m’apprêtais à lui demander pourquoi il m’a avoué tout ça alors que la Mort le lui avait interdit. Sauf que je ne suis pas censé savoir ça.

Attention…

Me raclant la gorge une seconde, je corrige le tir en catastrophe :

« Pourquoi tu t’es effondré d’un seul coup pendant qu’on parlait ? Tu as des problèmes de santé ? Enfin, je veux dire… En dehors de… »

De la main, j’esquisse un vague geste en direction de sa silhouette, me rend compte de mon manque de tact et rougis jusqu’aux oreilles avant de retourner touiller ma soupe. Je me suis rarement senti aussi con.

Ouais, j’avoue. C’est pas tous les jours que t’es aussi subtil. Enfin, c’est une façon comme une autre d’aborder le sujet qui fâche. Les choses devraient être plus simples après ça. Du moins je l’espère pour toi, ça serait con d’avoir fait une telle boulette pour rien…

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Jaden Elliot
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Dim 8 Oct - 1:30

« The day I met you »
ft. Ginger Briggs
Tu ne te sens pas bien. Tu te frottes le bras d’un air distrait. Tu as bien conscience de ne pas être dans ton corps. Il te suffit de regarder Ginger d’une hauteur différente, ou de sentir tes cheveux bruns caresser tes joues, ou même tout simplement de voir le regard que l’homme te lance par intermittence. Quelque chose ne va pas, et tu le sais. Habituellement, cela ne te dérange pas de porter cette apparence, que tu arbores avec fierté. Sae a toujours été une belle femme, et pouvoir la faire revivre, même partiellement, te fait du bien et te donne la sensation qu’elle ne t’a pas vraiment quitté. Néanmoins, là, à cet instant, ce n’est pas ton choix. Tu n’as pas décidé de changer. L’idée que tu puisses être bloqué pour toujours te donne la nausée. Si jamais tu ne pouvais pas redevenir toi, comment ferais-tu pour vivre ? Comment pourrais-tu te présenter face à Daiki sans que le petit garçon ne soit perdu ? Comment tu…

« Ce n’est rien… »

La voix de Ginger te sort de tes pensées et il te faut quelques secondes pour revenir à l’instant présent. Tu relèves la tête vers lui. Ses yeux t’observent et l’expression sur son visage te met mal à l’aise. Tu détournes les yeux, ne parvenant pas à soutenir les siens. Finalement, tu ne réponds rien et tu viens t’assoir quand il sert deux assiettes de bouillon. Tu as le ventre noué et la simple vue des vermicelles flottant te donne mal au cœur, mais tu ne veux pas paraître impoli. Alors tu viens attraper une cuillérée que tu portes à ta bouche. Mmh… C’est bon. La chaleur du bouillon se répand dans ta bouche et ta gorge, te réchauffant au passage. Finalement, tu vas sûrement le finir.

« Pourquoi tu… »

Tu sursautes légèrement quand il brise le silence alors que tu ne t’y attends pas, concentré sur tes gestes encore un peu tremblant. Tes yeux se posent sur lui, attendant la fin de sa question.

« Pourquoi tu t’es effondré d’un seul coup pendant qu’on parlait ? Tu as des problèmes de santé ? Enfin, je veux dire… En dehors de… »

Tu papillonnes des yeux plusieurs fois, hébété. Tu ne t’attendais pas à une telle question, même si elle paraît logique dans le fond. Comment pourrait-il se douter de la raison pour laquelle tu t’es écroulé de cette façon ? Même si tu  n’as plus de raison de penser qu’il peut douter de tes explications sur ce qu’il s’est passé lors de votre première rencontre, il n’est pas censé savoir que la Mort est venue te voir. Tu reposes ta cuillère contre le bord de ton assiette en baissant les yeux.

« Disons que… J’aurai mieux fait de me taire. »

Oui, en effet, c’est ce que tu te répètes en boucle depuis ton réveil dans ce lit. Tu aurais mieux fait de te taire. Tu as voulu donner une explication à cet homme qui t’a vu te transformer de femme à homme alors que vous vous apprêtiez à coucher ensemble, tu as juste voulu être honnête, et cette honnêteté s’est entièrement retournée contre toi. Un sourire sans joie étire tes lèvres alors que tu relèves la tête vers lui.

« On ne doit pas jouer avec des forces qui nous dépassent. »

Et ça, c’est une affirmation qui est bien entrée dans ta tête pour s’y faire graver au fer rouge. Hors de question de réitérer cette expérience. Quelque chose te dit que la Mort pourrait être encore moins indulgente si ça devait se reproduire. Ta main se serre sur la cuillère avant que tu ne reprennes de la soupe. Finalement, ton estomac se tord et tu reposes l’ustensile.

« Je suis désolé, je n’ai pas très faim… Est-ce que ça te dérange si je vais me reposer un peu sur le canapé ? Je serai bien rentré, mais… »

Pas besoin d’être devin pour comprendre la fin de ta phrase. Même si tu te trouves à Londres, où les femmes se font plus nombreuses que l’on peut le croire, tu ne peux pas sortir ainsi. De plus, tu ne te sens pas spécialement en forme. Tu prends alors congé pour aller t’allonger sur le divan. Dans un premier temps, ton regard se pose à l’endroit où tu es tombé un peu plus tôt, puis tu finis par te retourner pour montrer ton dos à la pièce. Tu te recroquevilles sur toi-même, serrant tes bras autour de toi.

Tu dois t’assoupir une vingtaine de minutes, tout au plus, avant d’être réveillé par des bouffées de chaleur insupportables. Tu te redresses sur le canapé en passant une main sur ton front. Tu commences à avoir un peu mal à la tête. Tu avises Ginger.

« Excuse-moi, mais… Est-ce que c’est possible de baisser un peu le chauffage s’il te plait ? Ou ouvrir une fenêtre… J’ai un peu chaud… »
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Ginger Briggs
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Mar 10 Oct - 19:50


The day I met you

« Silence and care »

« D’accord… »

Je n’insiste pas et replonge le nez dans ma soupe. Non, effectivement. On ne doit pas tenter de tricher avec plus fort que nous, ça finit rarement de façon joyeuse. Et je sens dans la qualité du silence qui nous relie, où palpite encore une bonne dose de peur, que Jaden est bien décidé à ne plus jamais s’y risquer. Ni moi non plus, me dis-je en frissonnant. Finalement, la jeune femme en face de moi repose sa cuillère sur la table avec un tintement, déclarant forfait pour demander à aller se reposer, et je hoche la tête.

« Oui bien sûr. Va t’allonger, je vais débarrasser… »

Évidemment que je ne vais pas la jeter dehors dans son état, je ne suis pas encore un monstre. Déjà parce qu’elle n’aurait peut-être pas la force de regagner son hôtel et ensuite que s’il lui arrivait de nouveau un pépin de transformation dans la rue, ce serait la catastrophe. Et puis une jeune et jolie femme à l’air hagard qui traverse la ville à pied de nuit, ça ne sonne pas comme la meilleure idée du siècle... Comme moi non plus je ne suis pas sûr de terminer mon assiette après ce qui vient de se passer. Je récupère la vaisselle, remets le bouillon dans la casserole, dépose le tout dans l’évier et m’interromps un instant pour regarder la fragile silhouette féminine qui s’éloigne vers mon salon. Quel con, j’aurais du lui proposer ma chambre…

Ah, t’entends ? Ça, c’est ton côté papa poule qui ressort. Quand je pense qu’une heure plutôt tu voulais pas qu’il rentre et que tu le traitais de pédale, ça me fait bien marrer. Maintenant c’est presque mignon la façon dont tu t’inquiètes pour lui. Pour lui, Gin. Je te vois bien tomber dans le piège. Ce n’est parce qu’il est présentement plus petit, moins musclé, pourvu de nibards et vraisemblablement d’un vagin qu’il a cessé d’être un homme. Je veux bien admettre que c’est plus simple pour toi, que c’est plus facile de savoir comment te comporter face à une apparence qui n’éveille pas ta vieille culpabilité inutile et merdique en même temps que ton désir, mais tu ferais mieux de pas te bercer trop loin dans tes illusions. Tu vas te prendre un sacré retour de bâton, après…

Elle dort une vingtaine de minutes, pendant lesquelles j’ai le temps de faire la menue vaisselle puis de fumer un certain nombre de cigarettes dans la cuisine en repensant à tout ce qui vient de se passer. Tressaillant en l’entendant se lever, je me tourne aussitôt vers l’encadrement de la porte lorsqu’elle vient me trouver, prêt à l’aider si elle me le demande. Et sa demande, en effet, me laisse un peu sans voix.  

« Baisser le… Oui, d’accord… »

C’est vrai qu’elle a les joues rouges et les yeux un peu fiévreux. S’il suffit de ça pour qu’elle se sente mieux… me dis-je innocemment en ouvrant les fenêtres.
Grave erreur.

L’heure et demie qui suit ressemble à un épisode de sitcom. Si je n’avais eu que les bouffées de chaleur à gérer, je me serais estimé heureux. Mais j’ai rapidement l’impression qu’une nouvelle affliction se déclare toutes les cinq minutes. À peine en a-t-elle fini avec les maux de tête que je dois lui faire couler un bain chaud en urgence pour soulager ses courbatures. La baignoire n’a pas fini de se remplir que je me fais engueuler sans raison en m’enquérant de son état, avant d’être appelé au secours pour l’aider à atteindre la salle de bain parce que d’affreuses crampes à l’utérus (???) et des douleurs aux reins la plient en deux.

Et bordel, c’est à se demander comment tu gardes ton calme dans des conditions. Avoue, t’aurais pas un petit peu envie de l’envoyer chier ou de l’assommer un bon coup, par hasard ?

Non ça va. Pour ma part, même si j’en suis par moment le premier surpris, je reste assez stoïque tout en lui caressant le dos alors qu’elle sanglote sur le canapé, vidant par cuillerées entières mon dernier pot de glace vanille-oréo. Après tout, ça me parait assez normal. Si je suis incapable de bouger un muscle sans pleurer ma mère après avoir couru trop longtemps, quelqu’un capable de changer de sexe en moins d’une minute doit avoir son lot de souffrance après ce genre d’exploit, surtout quand il est déclenché de force par la Mort en personne. Je peux bien faire preuve d’un peu de patience envers Jaden à ce tarif, même si j’ai l’impression d’être revenu treize ans en arrière, pendant la grossesse d’Honey. Et puis je ne peux pas lui en vouloir. Non, pas après ce que j’ai vu, ce que j’ai appris ce soir. Finalement, c’est peu de temps après qu’elle soit partie vomir dans les toilettes que le changement survient.

« Ginger ? »

Je déposais sur la table basse l’infusion qu’elle m’avait demandée lorsque je la vois soudain sur le seuil de la pièce, une main tremblante sur l’encadrement de la porte et les yeux égarés dans les miens. Je me fige. L’espace d’une fraction de seconde, je m’attends tellement à ce que la Mort revienne que je respire le souvenir de l’ignoble odeur de caveau qui régnait ici tout à l’heure. Mais au lieu de cela, je vois soudain la jeune femme s’appuyer contre le chambranle de la porte avec un petit couinement de douleur, tremblant de tous ses membres. La scène ne m’est pas inconnue, de façon assez désagréable, mais c’est en voyant ses cheveux s’éclaircir que je comprends. Aussitôt, je me relève et la rejoins, pile au moment où ses jambes cèdent sous elle. Je parviens à la rattraper et ses ongles me griffent la peau lorsqu’elle crispe les doigts sur mon t-shirt. Sur le visage levé vers moi, je peux lire la peur et la douleur sur les traits en train de changer, beaucoup plus lentement que dans la chambre d’hôtel éclairée de néons. Moi-même je fronce les sourcils, craignant de comprendre…

Ça va être long, Gin.

Je pince les lèvres, le ventre noué par avance. La soulevant dans mes bras, je l’emmène vers le canapé pour l’y installer, la maintenant contre moi, lui tenant la main même si je sais que ça ne servira pas à grand-chose.

Long et douloureux…

« Ça va passer. Ne t’inquiète pas, reste avec moi. Ça va aller, Jaden. Ça sera bientôt terminé, je te le promets… »

C’est ce que je répète d’une voix étrangement calme pendant une minute qui me semble durer des siècles. Une minute de souffrance pendant laquelle je sens son corps trembler, saillir et s’arquer brusquement contre moi alors que ses os et ses muscles retrouvent leur taille normale, que ses seins disparaissent, que ses hanches s’étrécissent. Une minute de plaintes de douleur entrecoupées de brefs cris, poussés par une voix qui devient de plus en plus grave. Moi, je ne bouge pas. Pourtant j’ai peur de ce qui se passe, moi aussi. Mais mon cœur a beau battre la chamade, mon visage se crisper à chaque sursaut, chaque main désespérée s’agrippant à mes épaules, je reste aussi immobile que possible dans la tempête, pour continuer à lui parler. C’est la seule chose que je peux faire. Il n’y a que lorsqu’enfin ses tremblements et ses soubresauts s’apaisent, le laissant épuisé contre moi, que je m’autorise un soupir de soulagement.

« Là… Tu vois ? Tout rentre dans l’ordre… »

Dis-je en baissant les yeux vers lui, souriant doucement jusqu’à ce que mon regard croise le sien. Bordel.

Je te l’avais dit…

Je n’y avais pas songé consciemment, même pendant sa transformation. Mais c’est un homme que je tiens contre moi à présent. Épuisé, sans souffle, Jaden me regarde comme s’il se réveillait d’un long cauchemar fiévreux, ses prunelles bleues accrochant chaque détail de mon visage comme pour leur faire jurer à tous que je suis bien réel. Moi de mon côté, je ne peux pas en douter une seule seconde. Je sens le poids de son corps appuyé contre moi, la chaleur de sa peau à travers ses vêtements, son souffle qui effleure mon cou. C’est la première fois que je suis aussi près d’un autre homme.

Et ça t’excite…

Tressaillant soudainement, je me relève avec plus de brusquerie que je le voudrais pour l’entraîner avec moi.

« Tu as besoin de te reposer maintenant. Viens, tu seras mieux dans un vrai lit. Moi, le canapé m’ira très bien… »

Il est visiblement épuisé. J’ai l’impression de me voir après avoir accéléré trop longtemps, aussi je me dépêche de le traîner/porter jusqu’à ma chambre. Une bonne nuit de sommeil fera le plus grand bien à tout le monde et moi j’ai grandement besoin de me retrouver seul au calme pour réfléchir dans les plus brefs délais.

Ha ! Réfléchir… Tu te fous de ta propre gueule, là. Réfléchir à quoi, hein ? En ce moment même t’es pas capable de penser plus loin que sa hanche qui frôle la tienne alors que tu marches en pilote automatique vers ta piaule. Tu crois vraiment que ça sera le cas après ? Que tu pourras empêcher ton cœur de battre aussi vite, aussi fort, tes tempes de bouillonner de la sorte dès qu’il ne sera plus contre toi ?

Mon souffle est plus tendu que je ne le voudrais lorsque je le rassois sur le lit que je n’ai pas pris le temps de refaire entre temps. Ah merde, il faut que je le déshabille maintenant. Je ne peux pas le laisser se coucher en jean. Un frisson me serre la gorge alors que j’évite son regard. Ce n’est pas l’idéal c’est vrai, mais je n’ai pas à m’en faire, il n’y a rien d’ambigu là-dedans après tout. Je me rends compte que je tremble un peu, mais je m’efforce de ne pas y faire attention. Ça doit être le stress et l’adrénaline qui s’échappe après ce dernier coup de théâtre…

Ouais, c’est ça. Et moi j’existe pas. Ça ne te déplairait pas cette option, pas vrai ? Que je ne sois pas là pour te faire remarquer à quel point sa peau est chaude quand tu l’effleures en lui enlevant le pull. À quel point ses muscles ont l’air ferme. À quel point tu retiens ton souffle quand tu l’aides à retirer son jean…

Voilà. En boxer, il devrait être à l’aise pour bien dormir. Je vais pouvoir le laisser, maintenant. Je n’ai pas la moindre envie de rester dans la même pièce qu’un autre mec presque à poil.

Ah ouais ?

« Merci… »

Mon regard croise le sien par accident alors que je m’apprêtais à me redresser pour partir. Pour une raison inconnue, j’oublie soudain comment respirer. Derrière ses longs cils qui papillonnent, ses yeux bleus luisent dans la faible lueur du couloir, comme deux flammèches issues d’un autre monde où l’ordre des choses serait inversé. Leur fraîcheur fait lever un frisson sur ma nuque…

Et là, t’as envie de rien, peut-être ? Regarde-le. Regarde-toi, Gin. Tu ne sens pas ? La façon dont tout ton corps est en suspens d’un coup, là, juste à la frontière du sien ? Bien sûr que si. Tu aurais si peu de gestes à faire pour le toucher que c’en est irréel. Ses lèvres sont si proches de toi… Bon sang, tu pourrais l’embrasser sans même un mouvement, juste en te laissant aller un peu en avant. Et ce murmure en toi, cette pression soudaine qui vibre sur ta colonne juste entre les omoplates… Tu sens comme elle te pousse en avant ?

« Ce n’est rien… »

Ma voix n’est qu’un murmure à peine audible alors que je me redresse et me détourne en tremblant, quittant la chambre comme on fuirait une maison hantée, la tanière du loup ou l’étreinte d’une sirène : en gardant imprimé sur tous les sens le danger auquel on vient d’échapper…

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Jaden Elliot
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Dim 22 Oct - 2:02


« The day I met you »
ft. Ginger Briggs
Tu es certain que si l’Enfer existe vraiment, il ressemblerait à l’heure et demi qui suit ta demande de baisser le chauffage. Les bouffées de chaleur qui commencent à te prendre ne sont que le début de ton malheur. Tu as tellement chaud que tu manques de retirer le pull que Ginger t’a prêté, mais il t’en empêche avant que tu ne te retrouves complètement nu devant lui. Pas que ça te dérange vraiment, même si tu es pourvu d’une poitrine plus que féminine, tu as gardé le même niveau de pudeur que tu as lorsque tu es dans ton corps. C'est-à-dire que montrer ton torse ne te dérange pas. Mais là… Finalement, ce sont les maux de crâne qui ont raison de toi et qui te font te blottir sur le canapé en gémissement de douleur, la tête enfouie entre tes mains. Chaque bruit te donne la sensation de faire entrer une aiguille chauffée à blanc entre tes yeux et tu as beau les fermer pour empêcher la luminosité de t’éblouir, cela ne change rien. Finalement, à force de rester allongé sur le sofa, tu te mets à avoir mal partout et c’est les larmes aux yeux que tu demandes à Ginger de quoi te soulager.

Tu te souviens l’époque où tu vivais avec Sae. Les douleurs qu’elle avait chaque mois la clouaient au lit pendant deux jours avant qu’elle ne puisse enfin se lever sans se plier en deux au moindre pas. Tu ne t’es jamais moqué d’elle évidemment, mais tu ne pensais pas un jour comprendre ce qu’elle pouvait ressentir à ce moment-là. SI encore il n’y avait que les crampes à l’utérus qui te faisaient souffrir, mais non, il y a aussi cette douleur insupportable dans le creux des reins qui te donne envie de pleurer toutes les larmes de ton corps et de t’enfiler un pot de glace à toi tout seul. Ce que tu ne te fais d’ailleurs pas prier. Après avoir enchaîné les crises de douleur, la frustration face à tout ça et la colère face à tes propres énervements face à Ginger qui fait tout pour t’aider, tu engloutis les cuillérées de glace en sanglotant face à tout ce qui t’arrive. Tu n’es pas con. Tu sais pourquoi ton corps fait des siennes. Tout cela t’est arrivé une seule fois, le jour où tu as tenté de dépasser pour la première fois les limites de ta transformation. C’est exactement ce qui arrive à cet instant. Tu sais bien que c’est trop long et que tu devrais reprendre ton apparence, mais tu as beau essayer, tu n’y parviens pas et cela contribue à augmenter les sanglots et les cuillères de glace  à la vanille.

Glace à la vanille qui finit par rencontrer le fond de la cuvette des toilettes quand des nausées te prennent violemment. Accroupi face sur le carrelage froid de la salle de bain, des larmes coulant sur tes joues alors que tu termines de rendre le contenu de ton estomac, tu te demandes vaguement si toute cette souffrance se terminera un jour ou si tu es condamné à vivre cet Enfer éternellement ? La Mort compte peut-être te faire mourir de douleur sur le sol, te regardant souffrir le martyr dans un corps de femme qui n’est pas le tiens. Tu te relèves, fébrile, et tires la chasse d’eau avant de te diriger vers le lavabo pour te rincer la bouche et les mains. Tu croises alors ton reflet dans le miroir et tu te figes. Ce sont les yeux de la femme que tu aimes qui te regardent pleins de souffrance et tu repenses à son visage dans le salon lorsqu’elle est apparue aux côtés de la Mort. Tu détournes les yeux en sentant ta poitrine se serrer…

… et ton souffle se couper. La douleur vive que tu ressens manque de te faire tomber sur le sol. Tu te retiens de justesse au mur et t’y tiens pour te diriger vers le salon. Tu as l’impression d’avoir les muscles en feu. Tes poings se serrent alors que tu arrives au salon en vacillant.

« Ginger ? »

Il est là, près de la table, en train de déposer la tasse que tu lui as demandée. Tu cherches son regard, son aide, même si tu sais d’avance qu’il ne pourra rien faire face à ce qui t’arrive. Tu ne comprends pas tout de suite la nature de cette douleur soudaine. L’impression que tu vas mourir sur place prend possession de ton esprit. Tes doigts se crispent sur le chambranle de la porte et un gémissement de douleur t’échappe alors que la sensation familière de la transformation se fait sentir. C’était donc ça… Mais pourquoi est-ce si douloureux ? Tes jambes tremblent et tu t’écroules dans les bras de ton hôte qui t’a rejoint juste à temps. Tes ongles s’enfoncent dans la peau de ses bras alors que ton corps entame véritablement le processus inverse. Tu lèves les yeux vers Ginger, cherchant un quelconque réconfort dans les siens. Tu refermes les yeux alors que ta vue change légèrement. Tu te sens soulevé du sol et déposé quelques secondes après sur le canapé. Ta main ne lâche pas l’homme.

C’est long. Trop long.

Il y a la voix rassurance de Ginger qui te parvient. Tu n’entends pas ce qu’il dit à cause du bourdonnement dans tes oreilles, mais le ton de sa voix t’apaise suffisamment pour que tu parviennes à oublier légèrement la douleur. Juste un instant. Tu as la sensation que ça dure une éternité. Tes jambes s’allongent, tes bras aussi, ta poitrine disparaît, tes muscles grossissent et durcissent, tu sens les cheveux longs glisser sur tes joues pour retrouver leur longueur normale. Tes ongles s’enfoncent dans les épaules de ta bouée de sauvetage dans cette dure épreuve.

Et puis tout s’arrête. Tu te retrouves essoufflé, fébrile et fatigué sur le canapé. La gorge sèche, comme si tu avais couru un marathon.

« Là… Tu vois ? Tout rentre dans l’ordre… »

Tu lèves les yeux vers lui, croises son regard et tu as l’impression de le voir changer d’expression. Mais tu ne t’en formalises pas, tu as l’esprit trop ailleurs pour ça. Tous tes membres tremblent alors que tu as le souffle court. Tu as besoin de rester accroché à lui, tu as besoin de le garder comme ancrage à la réalité pour te prouver que tout va bien. Tout est rentré dans l’ordre. Oui, tu as retrouvé ton corps, et cette simple pensée suffit à te faire esquisser un sourire malgré les courbatures horribles que tu ressens.

Un petit cri de surprise t’échappe quand il se lève brusquement, t’emportant avec lui. Oui, du repos, dormir… D’un long sommeil. Ne plus se réveiller. Tu ne protestes pas, tu te laisses guider jusqu’à la chambre où tu tombes presque sur le lit. Tes yeux se ferment déjà, cherchant le repos. Tu ne fais pas attention aux gestes de Ginger, même si ton regard cherche le sien. Tu ne sais pas ce qu’il pense, même si tu aimerais le savoir. Ton esprit est trop ailleurs, trop épuisé par les événements des dernières heures. Avant que tu ne t’en rendes compte, tu te retrouves en boxer, allongé sous la couverture. Tu lèves les yeux vers lui.

« Merci… »

C’est tout ce que tu parviens à dire avant que tes yeux ne se ferment pour de bon après avoir croisé son regard. Tu entends à peine  sa réponse et tu sombres.

Tu ignores combien de temps tu dors, mais lorsque tu te réveilles, le jour est levé. La lumière de l’extérieur entre dans la chambre berçant la pièce d’une atmosphère agréable. Tu regardes autour de toi avant de te redresser dans ce lit qui n’est pas le tiens. Les souvenirs de la veille te reviennent te laissant honteux. Tu as encore des courbatures un peu partout, mais tu te sens mieux. Tu as dormi d’un sommeil de plomb. Il n’y a aucun bruit dans l’appartement, t’indiquant que ton hôte doit probablement encore dormir. Tu t’avances discrètement jusqu’à la porte pour aller vérifier et confirmer ta pensée. Tu ne peux pas rester ici. Tu avises tes vêtements posés dans un coin et les enfiles rapidement. Même ta chemise abîmée, par-dessus laquelle tu remettras ta veste restée dans le salon, tout comme tes chaussures. C’est discrètement que tu passes dans la pièce principale, récupérant tes affaires avant de t’arrêter face à l’occupant du canapé. Pendant un instant tu te laisses aller dans la contemplation de ce visage endormi, te faisant la remarque qu’il est beau en plus d’avoir été extrêmement gentil avec toi. Tu ne peux décemment pas affronter son regard une fois de plus après ce que tu lui as fait endurer hier.

Sur un meuble, tu remarques des post-it. Tu griffonnes trois mots dessus : « Pardon, et merci. » et tu quittes l’appartement.


Samedi 24 novembre 2012

La voix masculine de la compagnie ferroviaire annonce l’arrivée en gare de ton train. Encore une fois, te voici arrivé à Londres pour un nouveau boulot. Tu ne pensais pas y revenir aussi tôt, ton agent t’ayant assuré que les contrats de doublage n’étaient pas si nombreux que ça. Pourtant c’est avec plaisir que tu as reçu un appel de sa part quelques jours plus tôt, t’annonçant la bonne nouvelle. Tu es ravi d’avoir obtenu ce nouveau contrat et c’est avec un large sourire que tu descends du train pour rejoindre ton hôtel.

Arrivé dans le hall principal de la gare, le vibreur de ton portable attire ton attention et tu le sors de ta poche pour constater la réception d’un mail provenant justement de l’hôtel où tu as réservé. Intrigué, tu l’ouvres et un juron t’échappe. Apparemment, il y a eu un souci et l’établissement ne peut plus t’accueillir. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Tu cherches le numéro de ton agent et appelles.

« Jaden ! Bien arrivé ? »
« Oui, mais je viens de recevoir un mail comme quoi ma réservation d’hôtel était annulée ! Je croyais que tu devais t’en occuper ?!
« Comment ça se fait ? Attends, je regarde… Bah si pourtant, j’ai bien réservé… »
« Bah ça a été annulé, je fais quoi moi maintenant ? Un samedi à Londres pour trouver un hôtel au dernier moment, je risque de galérer là ! »
« Je vais voir ce que je peux faire, on va bien trouver une solution. Je te rappelle. »

Sur ces mots, il raccroche, te laissant comme un idiot au milieu du hall, ta valise à la main. Un soupir t’échappe. Putain, y’a qu’à toi que ça arrive ce genre de choses. Des rires d’enfants attirent alors ton attention et tu tournes la tête pour voir un groupe d’enfants se diriger vers les quais, accompagnés de quelques adultes. Tu détournes les yeux et te diriges vers la petite boulangerie pas loin pour t’acheter de quoi grignoter avant l’appel de ton agent, avec une solution, tu l’espères. Tu prends un café et un donut nature avant d’aller essayer de trouver une place sur les sièges. Evidemment, tout est pris, alors tu t’assois sur ta valise pour patienter.
©️ Adrenalean pour Epicode


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Jaden parle en #ED7F10 et Sae parle en #CF0A1D

Merci Maître pour le kit ♥



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Ginger Briggs
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Mer 8 Nov - 22:21


The day I met you

« Secrets and fate »
« Tout est bien là, hein ? »
« Oui. »
« T’es sûr ? »
« Oui. »
« Mon appareil photo, mon livre et le dictaphone aussi ? »
« Oui, oui, oui Garrett, c’est bon, fais confiance à ta mère. »
« Mais la dernière fois, elle a oublié le dictaphone… »
« Et bien à partir de maintenant, tu oublieras d’être tête-en-l’air et tu penseras à prendre ton sac dès le départ, au lieu de faire lever ton oncle en catastrophe pour te l’apporter. »
« Merci de m’avoir amené mon sac, tonton. »


Conclue-t-il avec un grand sourire, aussi attendrissant que partiellement édenté. J’y réponds avec tendresse en frottant l’épaisse touffe de cheveux noirs en bataille qui coiffe le sommet de son crâne, mais pas longtemps parce que nous ne sommes pas seuls et que je n’aimerais pas lui coller la honte devant tous ses petits camarades. Heureusement pour moi, il est tellement excité alors que nous progressons sur les quais qu’il ne s’en rend même pas compte et se retourne vers ses copains pour reprendre leur bavardage. Il faut dire qu’il y a de quoi sauter partout pour des gosses de cet âge : ce n’est pas tous les jours qu’une école primaire organise une sortie scolaire comprenant un voyage en train et une nuitée dans un château médiéval du Suffolk. Toute la classe ou presque est déjà montée sur pile, au grand dam des professeurs et des accompagnants qui s’efforcent de garder le troupeau à peu près sous contrôle dans la gare, mais c’est peu de chose comparée à l’excitation de Garrett Briggs, grand amateur d’histoires de fantômes et de bicoques hantées devant l’éternel qui compte bien mener la chasse à toutes les manifestations paranormales de leur destination. Quand bien même aurait-il auparavant oublié son sac de voyage avant de partir, de sorte qu’Honey m’ait appelé à la rescousse pour le lui apporter lorsqu’elle s’en est rendue compte. Tant qu’à faire d’être là, je suis resté pour aider tout ce petit monde à atteindre le train sain et sauf, et au complet.

Mais, copain ou pas, Garrett vient quand même me faire un bisou avant de monter dans son wagon, en me souhaitant à bientôt et en promettant de me montrer ses plus belles photos. Je lui fais signe de la main à travers la vitre alors que le train démarre et quitte le quai, savourant la chance que j’ai. Il est plus calme et plus fantasque que les enfants de son âge et on prend souvent pour de la bizarrerie son caractère affirmé qui lui permet d’assumer sans honte ses passions peu communes, mais le fils de mon frère est un gentil garçon. Il ne m’a jamais appelé papa, je m’y suis opposé. Dès il a été en âge de comprendre les choses, Honey et moi lui avons expliqué simplement et aussi sereinement que possible que je n’étais pas son père biologique. Il nous a posé plusieurs questions depuis, avant de finir par décider que ça n’avait aucune espèce d’importance et qu’un tonton, c’était aussi bien qu’un papa (peut-être même mieux, selon ses propres mots). Plus que de l’amour à son égard, je ne saurais dire le bonheur que j’éprouve à l’idée que Garrett soit tel qu’il est.

Ouais, c’est vrai. Pas plus que tu ne saurais dire la culpabilité qui te ronge parfois quand tu le regardes et que tu réalises qu’il a tes yeux et ton nez, sans que ça ne soit réellement les tiens. Quand tu penses avec amertume que c’est Pepper qui devrait se tenir à ta place…

Avec un soupir, je me détourne du train qui s’éloigne en tirant mon paquet de clopes de ma poche. Bon bah, j’ai plus qu’à rentrer chez moi et tenter de faire des trucs, semble-t-il… C’était un bon plan jusqu’à ce je percute un mec assis sur sa valise en retournant dans le hall de la gare, masqué par mes mains alors que j’allumais ma cigarette. Trébuchant avant de retrouver l’équilibre, je fais volte-face pour m’excuser…

« Oh ! Désolé, je ne faisais pas atten… »

… Et me fige, lâchant ma cigarette sous l’effet de la stupeur. Oh putain. C’est lui, à nouveau. Pendant cinq secondes, j’oublie totalement où je me trouve et pourquoi j’étais là. Ma mâchoire reste ballante, mes yeux s’écarquillent et ce n’est que par un heureux hasard que je ne laisse pas également tomber mon briquet. Je suis incapable de penser à autre chose, en contemplant la vivacité de son regard bleu, que ce qui s’est passé un mois plus tôt lors de ce soir où Jaden est venu chez moi. Je le revois distinctement sur mon palier, ses yeux me fixant exactement comme maintenant, alors qu’il était venu me rendre mes affaires. Je revois tout ce qui s’en est suivi…

Tout, oui. Son aveu inconscient, ta panique, l’ombre de la Mort sous ton toit et puis sa détresse alors qu’il était piégé dans un corps étranger. Mais avoue-le Gin : tu te rappelles surtout la fin. Tu te rappelles la façon dont son regard t’a piégé alors que tu le tenais contre toi et qu’il était redevenu homme. Tu te rappelles de ses lèvres, et du désir qui ne voulait pas te lâcher après avoir quitté la chambre pendant que tu t’efforçais de ranger la piaule pour ne pas y penser. Tu te rappelles la longue insomnie qui a suivi alors que ton esprit n’arrêtait pas de revenir, le rejoindre entre les draps pour l’embrasser, le toucher, plus encore. Il dormait, oui. Et alors ? Dans tes fantasmes, il était consentant. Et tu t’effrayais toi-même en t’imaginant lui faire des choses que tu n’as jamais fait à quiconque, en laissant sauvagement libre cours à tes pensées les plus secrètes, en rêvant de son corps sous le tien, de ses yeux mi-clos sur toi et de sa voix tremblante de plaisir…

Je rougis violemment, incapable de savoir comment réagir à ces retrouvailles que je n’attendais absolument pas. Je veux dire, c’est quoi ce scénario de mauvais film ? Ça fait un mois qu’il a quitté mon appart’ en catimini, un mot d’excuse d’une ligne comme seul témoin de son passage. Qu’est-ce qu’il fait là, maintenant ? Une part de moi-même me souffle que ça n’est peut-être pas un hasard…

Ou alors un hasard tellement bien foutu que c’est vachement suspect…

…Mais je repousse cette pensée. Je ne crois pas au destin et à toutes ces conneries. Je préfère penser que je suis libre de ma vie et de mes choix.

Ce qui est, de ta part, d’une hypocrisie absolument sans nom.

Le fait est que je le revois alors que je n’y suis absolument pas préparé. Que je ne sais ni quoi dire, ni quoi penser, encore moins comment me comporter. Le plus simple serait peut-être que je me tire sans demander mon reste, en faisant comme si je ne l’avais pas reconnu. J’y songe très sérieusement pendant une seconde, et puis…

« Salut… »

Putain mais c’est pas vrai…



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