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Speed of though, Speed of fright ~

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R:Physic


Speed ~ Thought ~ Fright
Messages : 98
Métier : Technicien d'Identification Criminelle
Pouvoir : Déplacement accéléré
Humeur : Inquiète

Double(s) compte(s) : Stefan Allesia ; Natsuo Wilde
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Mer 12 Juil - 23:28

Ginger Briggs

Faites gaffe où vous marchez, y en a partout…

• Nom : Briggs
• Prénom : Ginger, Philip
• Surnom : Gin', Ginny (ou Flipper, mais c'est rare)
• Âge : 33 ans
• Plutôt : Seke

• Origine(s) : Canadien
• Métier : Technicien d’identification criminelle au sein du Département d’Investigation Criminelle de la MDP*. C’est lui qui vient faire les relevés d’empreintes et d'indices sur les scènes de crime et gérer la partie scientifique de l’enquête, en collaboration avec les légistes et les inspecteurs. Il a pendant longtemps fait partie des troupes d’intervention de la MDP, mais sa récente blessure à l’œil a mis fin à sa carrière sur le terrain.
*Military Defense Police
• Groupe : Reload - Physic

• Pouvoir : Déplacement accéléré
Après treize ans passés en tant que Reload, Ginger est plus vif que la moyenne. C’est le héros du quotidien capable de rattraper la tartine beurrée avant qu’elle ne tombe ou d’écraser un moustique dans la tente sans rallumer la lampe-torche. Mais pas que.
Lorsqu’il active son pouvoir, Ginger peut, pendant au maximum trente secondes, courir et bouger si vite que l’œil humain peine à le suivre. Seuls une forme floue, un bruit vibrant et un violent appel d’air vous informeraient de son passage.

• Malus : Mais ce genre de prouesse se fait à ses risques et périls car son corps n’est pas capable de supporter bien longtemps les effets d’une telle vitesse. Il en résulte invariablement de grosses douleurs musculaires et osseuses, des palpitations et une fatigue qui mettent du temps à s’estomper. Sans compter que ça ruine ses chaussures…  Quand il n’est pas raisonnable et outrepasse les trente secondes, l’importante pression qu’il subit en un laps de temps aussi court commence à altérer sa circulation sanguine, lui cause d’importants troubles visuels et auditifs, des pertes d’énergie et autres joyeusetés de ce style. S’il poussait son corps au-delà de ses limites, ces troubles deviendraient irréversibles mais il n’aurait pas le temps de s’en désoler. Son cœur lâcherait avant…
• Marque : Le symbole de Mercure sur la cheville gauche, juste derrière la malléole.
• Âge de la mort : 20 ans
• Cause(s) de la mort : Noyade

• Mon pseudo sur le net : Cooniz. Ou Raton, parfois.
• Âge : 25 ans !
• Présence sur le forum : Souvent. Très souvent J'tassure !
• Que pensez-vous du forum : Omagad, so much beauty, so much handsome people yes yes yes
• Comment l'avez-vous connu ? Je sais déjà plus. Dans ma tête, j'ai toujours été dessus, maintenant Ah bon ?

• Le personnage sur mon avatar est : Worick Archangelo, de GANGSTA
• Le code est :
Caractère du personnage
Lorsque je pousse la porte d’entrée, je suis accueillie par une alléchante odeur de tomates et de viande rôtie qui m’arrache un sourire. Je ne sais pas ce qu’il prépare, mais ça s’annonce délicieux. Ginger est un bon cuisinier mais, plus que la perspective d’un repas, c’est surtout le fait qu’il ait pris l’initiative qui me remplit de gratitude à son égard. Je le rejoins dans la cuisine après avoir retiré mes chaussures et il m’accueille gentiment, en m’informant que des bières fraîches sont au frigo. Mm. Un amour. D’aussi loin que je m’en souvienne, il a toujours été ainsi : plein de ces petites attentions qui font chaud au cœur, quand bien même ce n’est pas facile à remarquer. Cette facette de lui-même que je vois alors qu’il s’affaire aux fourneaux, un sourire malicieux aux lèvres et un éclat tendre dans la prunelle, n’est visible que d’un nombre très restreint de personnes. Des gens avec qui il se sent en confiance, avec qui il ne craint pas de se montrer tel qu’il est. Au total, nous sommes trois ou quatre, je crois.

Pour le reste du monde, je sais que Ginger est essentiellement un type calme et posé. Un peu bourru, un peu blasé, un peu cynique à cause de son travail. Il pourrait presque passer pour désagréable s’il ne faisait pas attention à rester correct et courtois, et aussi à se montrer un peu plus sympathique quand l’occasion le réclame. Je l’ai déjà vu prendre un coup avec les anciens membres de son équipe quand il était encore à Londres. Il avait l’air à l’aise, parlait et plaisantait avec eux sans problème. Seul quelqu’un de très attentif pourrait deviner qu’il joue le rôle qu’on attend de lui dans ces moments-là, que ce soit celui du bon collègue, de l’homme viril ou du flic désabusé. Il a tellement l’habitude de les endosser qu’il peine parfois à redevenir celui qu’il est vraiment et que je connais si bien. Le Ginger doux et sensible, affectueux et attentif, toujours soucieux des autres et de leur bien-être, à qui je souris en cet instant. Parfois j’aimerais qu’il cesse de cacher ce tempérament si attachant mais je ne sais que trop bien à quel point c’est difficile. Son bon cœur n’a d’égal que sa réserve et sa peur du jugement. Même s’il a changé par rapport à l’époque où il refoulait totalement son homosexualité, il craint encore de faire trop étalage de ses sentiments, de dévier de la norme, d’assumer ce qu’il est. Je le regrette souvent, mais je sais également que c’est parfois pour le mieux.  

Si Ginger craint autant de se dévoiler aux autres, c’est parce qu’il a peur de s’attacher. C’est le genre de preux chevalier si généreux qu’il en devient trop dévoué. Il fait tellement passer le bien-être des autres avant le sien qu’il pourrait très bien s’engager trop loin avant de se rendre compte qu’on s’est joué de lui. Et même pour les personnes qui méritent cette abnégation, elle est si intense qu’elle peut devenir un fardeau. Ginger aime les autres comme s’il ne pouvait pas respirer sans eux alors qu’il devrait le faire comme s’ils étaient son égal. Le poids de cet amour démesuré n’en est que trop lourd à porter quand on ne peut pas y répondre. C’est pour ça que nous avons divorcé, c’est pour ça que Jaden l’a quitté. Nous n’avions plus les épaules de le voir se sacrifier pour nous. Je songe un moment à ces choses avec tristesse avant de revenir à la réalité lorsqu’il me tend la cuillère en bois pour goûter son plat. Aussitôt, j’oublie mes pensées moroses. Ginger est bienveillant et sincère. Il ne serait pas ici avec moi si notre relation le faisait encore souffrir. Dans ces conditions, mieux vaut profiter sereinement des moments que nous partageons quand il vient nous rendre visite à Londres, à Garrett et moi. Je goûte la sauce du bout du doigt. Délicieuse…
Physique du personnage
La lumière du jour m’a réveillé depuis un moment, filtrant doucement à travers les volets, mais je n’ai pas envie de bouger. Il faut dire que la nuit a été courte. Et torride… J’y repense avec délice en apercevant du coin de l’œil nos vêtements éparpillés sur le sol de la chambre. Enfin, surtout les siens. Moi, j’avais déjà presque tout laissé dans le salon. Cette chemise sobre et élégante, ce pantalon de toile et ce veston froissé, ce sont ceux de Ginger. Il ne manque que sa veste et ses chaussures impeccablement cirées. Avec le cache-œil noir qu’il arbore en public, ça lui donne un petit côté mystérieux qui ajoute à son charme. Je ne sais pas comment il fait, mais il porte ce style old school avec une certaine classe alors que ça pourrait facilement faire démodé ou prétentieux sur qui que ce soit d’autre. Enfin, à sa décharge, il a la bonne carrure pour se le permettre. Je me redresse d’ailleurs sur un coude pour l’admirer.

J'ai toujours trouvé que Ginger était un homme magnifique et, alors que je l'observe endormi à mes côtés, cette affirmation continue de prendre tout son sens. Il aime dormir sur le dos, un bras derrière la tête, et l'autre posé en travers du corps. Ça me convient très bien. J’ai toute la latitude pour le contempler alors que son souffle soulève régulièrement son torse massif. Du haut de ses 1m92, il a toujours été un beau spécimen mais son ancien métier a contribué à faire de lui un homme solide.  Lentement, je m'amuse à suivre du bout des doigts le tracé de ses abdominaux, de ses larges épaules, de ses pectoraux vigoureux parsemés d’un fin duvet blond, qui court aussi sur ses avant-bras. Mes caresses finissent par le réveiller et, avec un grognement, il se retourne vers moi, encore engourdi de sommeil. Je ne peux pas m’empêcher de sourire lorsqu’il s’étire paresseusement. L’une de ses grandes mains aux longs doigts de pianiste vient frotter son visage carré chiffonné par la nuit, repousser le désordre de ses longues mèches blondes et lisses. Je le regarde, mes doigts flirtant toujours avec la peau de son épaule. J’aurais aimé le faire moi-même.

Ginger a le genre de visage qui plait aux hommes dans la fleur de l’âge. Des traits francs, volontaires et virils, séduisants malgré les cernes et la barbe mal rasée qui lui mange souvent les joues. Ce sont des détails qu’on oublie dès qu’il nous regarde et nous sourit. Par habitude sans doute, il laisse sa main posée sur son œil gauche, dont la paupière est barrée d’une courte et profonde cicatrice. Il m’assure qu’il n’a plus mal mais je sais que ce n’est pas vrai et que parfois son orbite vide le lance. Lentement, il ouvre son œil valide et je frissonne en le contemplant. Son iris est de ce bleu si clair et si vif qu’il rappelle celui des glaciers. Il rend son regard si perçant qu’on a du mal à s’en détacher. Ça peut avoir quelque chose d’intimidant mais comme je le lui dis souvent, il suffit qu’il se laisse aller à sourire pour faire fondre la banquise. Le sourire de Ginger débarque tout droit d’une nuit d’été. Une nuit chaleureuse et réconfortante, avec parfois une ou deux étoiles filantes qui s’y égarent. C’est lui qui me donne parfois envie de renouer avec son corps, quand bien même nous ne sommes plus que des amis depuis qu’il m’a rejoint à Niflheim…
Histoire du personnage
L’homme du bout du monde.

Namu, c’est un tout petit port de pêche perdu sur la côte ouest du Canada, en Colombie-Britannique,  là où le littoral se morcelle en une multitude d’îles et de lacs. Quand on se tient au bout de la rade, on peut apercevoir le long dos bosselé d’Hunter Island qui mange l’horizon, mais le bout de terre le plus proche s’appelle Bella Alba. La mer, une île, et un port à l’écart du monde. Alan Briggs est né dans cette ville, dans le ranch familial où il est devenu tout de cuir et d’embruns, entre les chevaux et les vagues. Il en est parti plein de rage à dix-sept ans lorsque sa mère est morte, emportée par l’Enfinite. Et il y est revenu des années plus tard, sombre et amer, avec deux bébés de quelques semaines parfaitement identiques. Quand son père l’a interrogé, il a refusé de dire quoi que ce soit, si ce n’est le nom des enfants. Pepper et Ginger, comme le voulait leur mère. Le vieux Briggs est resté silencieux, puis a haussé les épaules. Après tout.

La face et le revers.

L’une des prairies attenantes au ranch, doucement fouettée par la brise printanière et le galop du cheval. Dans une partie séparée de l’enclos, un garçon d’une douzaine d’années fait trotter un jeune hongre. De l’autre côté de la barrière, un autre garçon en tout point semblable le regarde en silence, attentif. Et à distance, dans l’ombre de la grange, Alan Briggs observe ses fils. Les années n’ont pas adouci la rudesse de son caractère ou l’âpreté de ses blessures et l’éducation de ses enfants en a fait les frais. Il en est conscient alors qu’il les compare une fois de plus, amer. Le maintien en selle de Pepper est parfait. Malgré son jeune âge, on le sent assuré comme s’il était né à cheval. C’est un garçon solide, expansif et viril qui lui tient tête de plus en plus férocement, dans lequel il retrouve tout son emportement ou presque. Ça le contrarie bien entendu, mais il préfère encore ça à l’attitude de son frère. Ginger, lui, est plus calme, plus réservé, plus sensible. Il n’est pas très à l’aise au contact des bêtes, préfère les activités d’intérieur, se contente le plus souvent de suivre son cadet dans ses imprudences. Pas vraiment l’idée qu’Alan Briggs se fait d’un homme en devenir et il rudoie souvent son fils aîné pour le pousser à s’endurcir. Ça n’a rien changé jusqu’ici, à part lui attirer les remontrances de son vieux père, qui finit toujours par prendre le gamin sous son aile pour l’emmener faire un tour en bateau. Au grand soulagement de Ginger qui, pour sa part, n’est jamais aussi à l’aise qu’au contact de l’eau. Souvent, Pepper les accompagne. Il a beau préférer la terre ferme, il lâche rarement son frère d’une semelle. Au bout de quelques minutes, Alan Briggs finit par rentrer dans la grange, irrité que la promesse qu’il a faite à la mère de ses enfants avant qu’elle ne meurt de cette infâme maladie soit si difficile à tenir. Surtout dans un monde où les femmes sont si rares et la dépravation omniprésente…

Comptine du mirador.

« Ginger. »
« Oui, p’pa ? »
« Ton ami, là… »
« Mickaël ? »
« Oui, voilà. Je ne veux plus le voir à la maison. »
« Mais pourquoi ? »
« Parce qu’il a une mauvaise influence sur toi. Tu crois que je ne vous ai pas vus aujourd’hui, à vous tenir la main dans le champ ? Ce sera quoi la prochaine fois, hein ? À partir de maintenant, je ne veux plus que tu le fréquentes. »
« Mais… Mais p’pa, on ne faisait rien de mal, on… »
« Ne discute pas ! Tu ne m’as pas entendu ? C’est peut-être à la mode de nos jours mais je ne veux pas de ça sous mon toit ! Tu es un homme, Ginger. Comporte-toi comme tel et pas comme je ne sais quelle tapette comme il en pullule partout... »


Les nouveaux horizons.

La crique étroite au bas du sentier à flanc de falaise, aux premières heures de la nuit. Au bout d’une minuscule bande de sable gris, une petite barque patiente le long d’une jetée de planches vermoulues. À pas vifs, les deux frères avalent la distance qui les sépare de l’embarcation, dénouent la corde avec l’efficacité de l’habitude et prennent place sur les bancs de bois, l’un aux rames et l’autre à la barre, avant de cingler vers le large. La nuit est claire et Pepper souque sans relâche, les muscles tendus par une détermination inébranlable. Dos à la mer, pas une seule fois il ne se retourne pour voir où ils se trouvent. Sa confiance en son frère n’a pas de failles et Ginger connait la baie comme s’il l’avait façonnée. Il sait que même sans lumière, il les amènera à bon port, sur l’île de Bella Alba qui dort à un mille nautique de là. L’île et son trésor, qui sera à eux cette nuit. Cela fait des mois qu’ils y pensent. La plupart des garçons en rêvent mais eux vont le faire, malgré la nuit, le danger et le fait que personne n’en saura jamais rien. En parler à quelqu’un, c’est risquer que Caleb Watson l’apprenne et si c’est le cas un jour, ils sont morts. Caleb Watson est le gardien de la réserve d’oiseaux de Bella Alba. C’est un homme sauvage, agressif et paranoïaque, qui ne vient à Namu qu’une fois la semaine pour acheter ses provisions. Il n’y est pas obligé mais il vit sur son île toute l’année, avec sa fille. L’unique femme à des kilomètres à la ronde, que personne n’a vue depuis des années car elle a interdiction de mettre pied à terre. Tous les garçons du village en parlent mais ils finissent invariablement par laisser tomber et s’embrasser entre eux. Pepper, lui, ne veut pas de ça. Pepper n’est pas attiré par les hommes et il veut conquérir la princesse recluse dans son donjon. Il a tout ce qu’il faut pour ça : le courage, la volonté et l’aide de son frère jumeau. Il n’a besoin de rien d’autre. Il pourrait triompher de tout de la sorte…

La fin de l’enfance.

Un promontoire rocheux à la pointe nord de Bella Alba, masqué par la masse compacte des conifères avant que la pierre ne plonge dans les vagues. C’est une belle nuit d’été. Blottie entre les bras de Pepper, Honey Watson contemple le ciel en souriant. Jusqu’à il y a peu, son monde se résumait aux limites de son île, à ses livres, au village qu’elle contemplait à la longue-vue et à la présence sombre, étouffante, écrasante de son père. Une existence morne et triste qu’elle se voyait déjà supporter avec désespoir jusqu’au jour où elle sauterait dans les flots. Mais depuis six mois, sa vie a pris des tournures de conte de fées grâce aux preux chevaliers qui lui rendent visite à leurs risques et périls, traversant le bras de mer à la rame dès que la nuit le permet. Deux fois par semaine, trois lorsque le temps est clément. Ils amènent des jeux, des livres, des films sur un pc portable, des gâteaux et du soda. Ils passent la nuit avec elle, s’endorment avec elle dans la cabane construite sur le promontoire et l’embrassent chacun leur tour avant de partir, aux premières lueurs de l’aube. Pepper prend sa bouche en conquérant, avec la passion qui les unit pendant les moments d’intimité que leur offrent Ginger. Ce dernier se contente de déposer un tendre baiser au coin de ses lèvres, qu’elle lui rend sur le bord de la mâchoire. Parfois, elle se sent coupable de ne pas l’aimer comme elle aime son frère mais ça ne dure jamais longtemps. Ginger n’éprouve pas d’attirance à son égard. Honey le sait bien qu’il n’en dise rien et devine pourquoi il se tait. Même dans un monde dépourvu de femmes, Alan Briggs ne tolèrerait pas qu’un de ses fils soit une « fiotte » et Pepper… elle se figure parfaitement combien il craint de décevoir Pepper. Aussi, elle accepte sans réserve l’affection platonique qu’il lui offre. Souriant aux étoiles, elle jette un regard sur les deux hommes de sa vie, en pensant naïvement qu’elle ne pourrait pas être plus heureuse…

La fin de tout.

L’Enfer. Un enfer liquide qui le happe, le boit, le broie sans fin entre ses crocs aqueux. De toutes ses forces, Ginger se débat contre l’obscurité glaciale qui l’aspire dans ses profondeurs, cherchant désespérément quelque chose qui ne soit pas l’eau, du sel, de la douleur. Il faut qu’il rejoigne la surface. Il faut qu’il rejoigne la barque. Mais d’abord, il faut qu’il retrouve son frère. Malgré ses poumons à deux doigts d’exploser, il se force à retenir son souffle et cherche, brasse la mer immense sans plus savoir où est le haut et où est le bas. C’est de sa faute, ce qui arrive. Il savait que c’était une mauvaise idée et pourtant il a accepté. Quand ils ont découvert la grossesse d’Honey, quand Caleb Watson l’a battue comme plâtre avec la ferme intention de la faire avorter dans les plus brefs délais, quand Pepper a décidé de l’emmener avec eux le soir même où il a vu son visage tuméfié pour s’enfuir très loin tous les trois, Ginger savait que quelque chose irait mal. Que la météo serait à l’orage, la marée contre eux, les récifs traîtres. Pourtant, il a accepté le plan. Il n’a pas supporté de voir la détresse et la rage sur le visage de son petit frère et, malgré l’orage qui menaçait, il a mis tous ses talents de barreur à son service en espérant qu’ils soient suffisants. Ils ne l’ont pas étés. Et maintenant il est en train de se noyer après qu’un choc sur un écueil ait envoyé Pepper à la mer et qu’il ait plongé à sa suite pour tenter de le sauver. Une vague plus violente que les autres le projette soudain sur une roche qui lui déchire la peau. La douleur explose dans son épaule, avivée par le sel. Sa bouche s’ouvre en grand alors qu’il hurle et l’eau entre bientôt à flots dans ses poumons, empoisonnant tout son corps. Aussitôt, il sait qu’il va mourir. Il sait que son frère va mourir également. Et il ne sait pas si Honey est toujours dans la barque…

Comptine du néant.

« Veux-tu revenir à la vie ? »
« Non… Non ! Pas moi ! Pepper ! Ramenez Pepper, ramenez mon frère ! »
« C’est réellement ce que tu souhaites ? »
« Oui ! Oui, je vous en supplie ! Sauvez-le-lui ! »
« Hélas… si seulement tes souhaits avaient une quelconque importance… »
« Quoi ? Non ! Non, ne faites pas ça ! Attendez ! NON !!! »
« Divertis-moi, petit Reload… »


L’armure et le serment.

Une petite chapelle presque vide à Vancouver, un samedi pluvieux. John Briggs frissonne dans son costume, mais pas de froid. Après une vie entière passée sur la côte, même son grand âge ne lui fait pas redouter le froid. D’ailleurs il ne frissonne pas. Il tremble. Il tremble parce qu’il est triste. Triste d’avoir du enterrer un de ses petits-fils il y a deux mois à peine. Du silence obstiné et douloureux de son fils. De ce qui se passe sous ses yeux : ces deux jeunes gens face à l’autel qui se passent les alliances aux doigts sans que leurs visages ne reflètent rien d’autre qu’une profonde douleur. Sous la robe blanche, le ventre de la jeune femme n’est pas encore visible mais ses larmes le sont, elles. John Briggs est désolé. C’est stupide et vain, mais il aurait voulu que les choses soient différentes. Que Caleb Watson ne soit pas un abruti fini. Qu’Honey ait pu grandir parmi des jeunes gens de son âge et être libre de choisir l’homme qu’elle aimait. Peut-être qu’alors Pepper serait toujours de ce monde. Peut-être que ce mariage ne se ferait pas à la sauvette dans cette grande ville hostile mais chez eux, dans la joie et la fête, au milieu de leurs proches et de leurs amis. Et peut-être… peut-être que Ginger, son garçon si sensible et bien trop dévoué, son pauvre petit Ginger n’aurait pas été obligé de prendre tant de fardeaux sur ses seules épaules. Car John Briggs sait ce qui s’est passé. C’est lui qui a ouvert la porte aux deux jeunes gens au lendemain de la tempête, alors qu’ils étaient glacés jusqu’aux os, glacés jusqu’au cœur de ce qui venait de leur arriver. C’est lui qui les a aidés à s’enfuir en leur donnant de l’argent, sa vieille voiture et l’adresse d’un ami à Vancouver. Il regrette aujourd’hui. Il aurait du trouver une autre solution. Tout plutôt que de voir Ginger endosser le rôle de son frère disparu, se sacrifier pour devenir ainsi le mari de la femme qu’il aimait et le père de son futur enfant. Alors John Briggs tremble dans cette petite chapelle. Il tremble et prie comme il ne l’a pas fait depuis des années pour le bonheur de ces deux âmes en peine.

Le requiem.

Le salon d’un petit appartement à Londres, réchauffé par le soleil estival qui assiège les rideaux. Une tasse de thé à la main, Honey Briggs profite du calme du week-end pour réfléchir en silence alors que son fils est au judo. Elle ira le chercher d’ici peu et ils barreront un jour de plus sur le calendrier en attendant le retour de son mari. Les cendres des émeutes de début août n’ont pas encore fini de refroidir, le MDP a déployé de nombreux agents en soutien aux forces de polices et, en tant qu’agent de l’OSU*, Ginger ne rentrera pas de Wethersfield avant la fin de la semaine. Le petit garçon trépigne d’impatience et elle d’inquiétude. Un soupir lui échappe. Il faut qu’elle lui parle du divorce. Ses mains tremblent à cette pensée mais elle y fait face. Cela fait sept ans depuis la mort de Pepper et leur mariage, six depuis leur emménagement à Londres, après avoir pris la nationalité anglaise. Ça peut sembler extrême, mais ils avaient besoin d’un nouveau départ et Honey sait qu’elle n’aurait pas pu y arriver seule. C’était nécessaire pour elle, pour lui, pour Garrett qu’ils ont élevé ensemble, même si son métier l’a gardé loin d’eux plus d’une fois. Elle n’aurait pas réussi à se relever, à remplir ses devoirs de mère s’il n’avait pas été là pour la soutenir et l’aimer à sa façon. Elle lui en est reconnaissante, elle le sera à jamais. Mais les choses doivent changer à présent. Pour leur bien à tous. Car Ginger ne sera jamais comme son frère. Même s’il est un père admirable, elle sait qu’il souffre auprès d’elle. Elle sait qu’il refuse de s’avouer la vérité. Parce qu’il a peur, qu’il a honte d’aimer les hommes alors que Pepper n’aimait qu’elle. Honey se lève. Ginger est l’homme le plus cher à son cœur aujourd’hui, avec son fils. Ils forment une famille tous les trois et elle ne souhaite que son bonheur, y compris s’il ne se trouve pas auprès d’elle. Alors elle lui parlera de tout ça. Elle finit sa tasse et va la poser dans la cuisine. Oui, elle lui en parlera dès son retour...

*Operational Support Unit

Comptine de la sirène.

« Non, attends… Il ne faut pas… Je dois m’en aller… »
« Pourquoi ? »
« Parce que je ne dois pas… ce n’est pas… »
« Ce n’est pas bien ? Ce n’est pas naturel ? Ça fait du tort à quelqu’un… »
« Je t’en prie… je t’assure, il ne faut pas… »
« Juste un baiser, alors… »
« Non… non… n… »


Les temps paisibles.

Une petite crique chaude et ensoleillée, non loin de Portsmouth. Le temps est beau, le vent léger et les vagues clapotent avec bienveillance contre la coque du voilier amarré non loin. Sa planche en polystyrène à la main, Garrett Briggs se jette à l’assaut des flots avec un cri victorieux du haut de ses dix ans. L’eau est froide mais joueuse, comme sait l’être la Manche en été, et le garçon se retourne en sautillant vers la plage. Daiki est sur ses talons, intrépide, et le suit avec toute l’assurance que lui donnent ses brassards Pokémon. Juste derrière, deux hommes les rejoignent tranquillement sans les perdre du regard, en souriant. Garrett leur fait signe et revient aussitôt vers Daiki pour l’éclabousser, chevauchant sa planche. Il adore les vacances d’été. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, la belle saison est mise à profit pour partir au bord de la mer, d’un côté ou l’autre de la Manche. Il n’a jamais osé le dire, mais l’une de ses plus grandes peurs lors du divorce de ses parents était que son père ne veuille plus l’emmener à la plage ou sur le voilier acheté quand il avait cinq ans. Ça n’a jamais été le cas. Même s’il a été très triste au début, son père n’a pas changé. Ou alors uniquement en bien. Il s’entend encore mieux qu’avant avec sa mère depuis qu’il vit tout seul et il a l’air plus heureux. Mais ça, c’est sans doute grâce à Jaden. Essoufflé par la bataille, Garrett finit par se décaler pour laisser Daiki grimper avec lui sur la planche et les deux gamins appellent aussitôt leurs pères à qui mieux-mieux pour jouer avec eux. Ces derniers s’exécutent sans rechigner, riant de concert. Ginger a rencontré Jaden quelques mois après le divorce et au début, Garrett en a voulu à cet homme sorti de nulle part. Mais ça n’a pas duré. C’est quelqu’un de gentil et avoir Daiki comme petit frère les fois où il vient à Londres lui aussi est plutôt amusant. Et puis son père a beau être amoureux fou, il n’a pas cessé de prendre soin de sa mère et lui, de leur rendre visite souvent. Garrett est un garçon sage et lucide. Sa famille est un peu différente d’avant, mais au final les choses lui conviennent ainsi.

Comptine du feu.


« La cible se trouve dans au troisième étage, appartement de gauche. L’homme est seul, mais il est sans doute armé et dangereux alors on règle ça vite et bien. Allez ! Go go go ! »
« MDP !!! Gardez les mains ouvertes au-dessus de la tête et ne faites plus un geste ! »
« Dépêchez-vous, fouillez toutes les pièces ! »
« J’ai dit les mains en l’air et plus un geste ! »
« Sergent ! Grenades !!! »
« Oh bon D-… »
« Pour vos meurtres en Syrie !!! »


Les cendres et les braises.

Sa main bouscule la tasse et Ginger ne peut s’empêcher de sursauter en entendant le bruit de la céramique qui se brise sur le plancher. Il se reprend avec un juron et porte par réflexe la main aux bandages qui recouvrent le côté gauche de son visage. Ça fait trop peu de temps. Il n’arrive plus à apprécier les distances et les bruits violents réveillent les cicatrices fraîches dans sa mémoire. Il se laisse aller sur son lit d’hôpital avec un soupir, observant sans le voir le ciel grisâtre et le rideau de pluie orageuse par la fenêtre de sa chambre. Il ne devrait pas, mais il ne peut pas s’empêcher de s’en souvenir, de se repasser encore et encore la scène pour essayer de comprendre où a été son erreur. Ce n’était pas la première de ses interventions de ce genre. Avec les attentats qui se succèdent en Grande-Bretagne, le MDP et la Royal Miitary Police sont sur les dents. Depuis 2013, ils ont déjoué par moins de treize autres tentatives sur tout le territoire. Un chiffre qui lui parait parfois dérisoire en regard de ceux qu’ils ne parviennent pas à empêcher, comme celui de décembre 2015 il y a six mois à peine, mais auquel il songeait avec honneur. Jusqu’à ce qu’arrive cette mission semblable à toutes les autres, où il s’agit d’appréhender un suspect suite à des écoutes téléphoniques et un décryptage de mail. Un suspect qui dégoupille deux grenades pendant l’intervention. Et voilà qu’il n’est pas assez rapide. Lui, Ginger Briggs, pas assez rapide… quelle mauvaise blague. Enfin. Au fond, il sait pourquoi. S’il s’était servi de son pouvoir sous les yeux de ses collègues, il aurait pu faire en sorte que l’explosion ne blesse personne et aurait été le seul à en payer le prix, pour avoir désobéi à la Mort. Au lieu de ça, il a choisi de ne pas être assez rapide. Et il a perdu son œil gauche, sans doute sa place dans l’OSU et un camarade de longue date. Si avec ça la Faucheuse ne s’est pas divertie… Ginger aurait pu ruminer ces sombres pensées encore longtemps si une visite imprévue n’était pas venue l’en détourner radicalement. Il se redresse d’un coup dans son lit quand il voit Jaden entrer dans sa chambre. Jaden, qui l’a pourtant quitté il y a bientôt un an…

Comptine des choses qui flétrissent.

« Jaden ? Ça ne va pas ? »
« Hm ? Pourquoi tu dis ça ? »
« Tes vêtements… Tu comptes te transformer ? Mais pourquoi ? »
« Hm… Elle me l’a demandé. »
« … Elle ? »
« Bah... Sae. Qui veux-tu que ce soit d'autre ? »
« Comment Sae pourrait te demander quoi que ce soit ? »
« Et toi, comment tu fais pour lui demander quelque chose ? »
« ..... Quoi ? Mais... De qui tu parles ?.... Jaden ? »
« Arrête de m'appeler Jaden. C'est vexant. »
« ... Qui es-tu ? »
« Tu as déjà oublié qui je suis ? »
« Je ne sais pas. Je... »


L’autre homme du bout du monde.

Niflheim, c’est une ville d’un peu plus de 250 000 habitants dans le comté de Norfolk, en Angleterre. Comme la plupart des agglomérations de la région, ses rues sont dépourvues de femmes et la vie y suit malgré tout son cours comme partout ailleurs. Ginger Briggs n’est pas originaire de la région. En fait, il ne s’y est installé qu’en début d’année, après la fin de sa convalescence et de ses neuf semaines de formation pour intégrer le Département d’Investigation Criminel de la MDP. Ça a quelque peu surpris sa hiérarchie qu’il demande à être détaché d’un coup au commissariat de Niflheim d’un coup mais son transfert a finalement été accepté après que son dossier ait été examiné en commission. Ginger s’en réjouit, même s’il ne peut s’empêcher d’être inquiet en songeant à ce qui l’a poussé à déménager ici, loin de son fils et de son ex-femme. Il sait qu’il commet peut-être une erreur, qu’il a tort de s’en mêler. Mais c’est comme ça. Après avoir renoué contact avec lui, après que les souvenirs de l’amour qu’il lui a porté se soient mués en profonde amitié, il n’a pas pu se résoudre à rester loin de Jaden après l’avoir vu si vulnérable. Après plusieurs nuits blanches de réflexion, il a fait le choix de le rejoindre dans sa ville natale pour être près de lui et le protéger en cas de besoin. Parce qu’il est le seul à savoir que c’est un Reload et qu’il commence à perdre le contrôle de son pouvoir. Il ne peut pas fermer les yeux en se disant qu’il n’est pas responsable. C’est son plus grand défaut depuis toujours, celui qui l’a conduit sur la voie où il se trouve, celui qui le mènera sans doute à nouveau à sa perte. Mais de toute façon, c’est à ça que ressemble le monde. La Vie, la Mort, et des hommes au milieu.

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R:Physic
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R:Physic
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Mer 12 Juil - 23:28
FIRST !  

IL EST LAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!  








Tu sais déjà tout ce que je pense de ta fiche  
Love sur toi ! Amour et bonheur  

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Jaden parle en #ED7F10 et Sae parle en #CF0A1D

Merci Maître pour le kit ♥

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Je s'appelle Groot.



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Je s'appelle Groot.
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Jeu 13 Juil - 0:40
Jpp breathing intensifie Un métier comme ça dans la criminelle, ça me Ooh yeaaah ~

Je suis déjà ton fanboy, c'est mort. Rebienvenue parmi nous omfg (Bon j'avoue, je lis demain mon cerveau c'est de la purée, mais rien que voir ça a suffi à me vendre la bête Yawn )

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Jeu 13 Juil - 7:28
SAVE ME INTENSIFIES


Tu sais déjà tout alors je ne vais pas me répéter. :D
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Jeu 13 Juil - 10:34
SAVE ME INTENSIFIES breathing intensifie huehuehue yes yes yes Mabel Pines
Bienvenue dans le gang des flics ♥️
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Jeu 13 Juil - 14:06


Tu es validé ! Bravo !

Bon alors tout d'abord rebienvenue à toi sur le fofo ! Je vois que tu nous sors du lourd cette fois, parce que Worick (omg je bave humhum). En tout cas j'ai vraiment apprécié de lire ta fiche, ton pouvoir est bien pensé et les malus sont assez conséquent. Ton histoire... Omg ce que c'était triste! Très bien écrit.
Alors j'ai le bonheur de t'annoncer que tu rejoins la TeamHaine dès à présent 8D

• Tu peux dans un premier temps recenser ton avatar (et ton pouvoir si tu en as un), c'est très important ;
• Tu peux faire une demande d'habitation et/ou de lieu spécial si tu souhaites que ton personnage possède un endroit bien à lui;
• Et tu peux maintenant t'occuper de tes Rps, liens et autres carnets de bord dans cette section du forum !

Et surtout n'oublie pas de venir passer un coucou sur la ChatBox !
Amuses-toi bien parmi nous, au plaisir de te voir sur le forum ! ♥

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