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Bestiae autem gemens

Tout autour de Niflheim, du centre ville aux alentours boiseux, des créatures étranges ont été aperçues semant la terreur et le désordre. Des couleurs vives, des comportements douteux et par-dessus tout un rapport presque logique avec La Mort pour les Reloads, elles semblent pour certaines perdues, prêtes à attaquer pour d’autres. Qui sont-elles ? Que veulent-elles ? En tout cas, il serait bon de ne pas trop les chercher… Prenez garde, faites attention ; et si vous avez un tant soit peu d’intelligence, courez.


 

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Come with me ! [Reo Euston]



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Wilson Harkin
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Lun 10 Juil - 18:45


Come with me.

Avec Reo Euston


Jambe cassé, verdict et la radio sont sans appel. Le petit bout qui pleure toutes les larmes de son corps après la vilaine chute du trampoline va avoir le droit à un joli plâtre. Vert, bleu, violet, blanc. Voilà qu'il ne pleure plus. Le choix est compliqué, il sèche ses yeux, le regarde avec tout le sérieux du monde dans les yeux et me demande si les dessins se voient sur le plâtre bleu. Alors, dans un sourire rayonnant je le rassure, prescription ? Un feutre noir indélébile qui fera des miracles ! Ils rigolent lui et ses papas dont les traits se sont enfin détendus, alors je leur explique qu'un infirmier va arriver et s'occuper cette jambe, du dessous du genou jusqu'au milieu du pied. Je fais un clin d'œil au petit garçon, lui chuchotant un l'oreille que si ça le démange, la technique c'est de se servir d'une règle. Pour les papas, je suis plus sérieux, je leur explique pour les piqûres anti-phlébite, de surveiller qu'il se sert correctement de ses béquilles et ne pose pas trop le pied par terre. Je passe la main dans les cheveux du p'tit gars le félicitant et fini par quitter la petite salle des urgences. Cette fois-ci c'était une fracture fermée sans lésion cutanée alors rien que je ne puisse faire disparaitre d'un coup de bisou magique. Alors, voilà le cas est facile, immobilisation et nouvelle radio dans dix jours pour voir l'évolution du problème. Je regarde mon dossier et la liste des visites qu'il me reste à faire ce matin avant la pause déjeuner. Reo est avec moi pour m'assister ce matin avec mes patients alors nous devrions être rapide et efficace. Le jeune infirmier est toujours un amour au travail il a une bonne relation avec les enfants et plus généralement c'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup. Quand je le regarde j'ai parfois l'impression de me retrouver au même âge, du coup je le pouponne, il n'en a absolument pas besoin mais c'est plus fort que moi. Je me tourne vers lui en souriant continuant d'arpenter le couloir en direction du prochain enfant à voir.

« Matinée presque terminé ! Bon le prochain s'appelle Mikael, il a 12 ans. Il a été admis hier soir en urgence, il avait de fort maux de tête, perte de la parole et de la mobilité pour le bras gauche. Les urgences pédiatriques l'ont envoyé en pleine crise faire IRM mais l'enfant allait déjà mieux et les images n'ont rien montrées. Donc je ne pense pas que ce soit un AVC, même si la possibilité d'un caillot qui se serait résorbé de lui-même reste envisageable. Je table plutôt sur une migraine avec aura vu son âge. De toute façon il va avoir le droit à toute une batterie d'examen… Tu auras le temps de lui faire un bilan sanguin, un EEG et le programmer pour une nouvelle IRM ? »

Je souris à l'infirmier, je lui fais parfaitement confiance pour tout ça, particulièrement pour la prise de sang qui reste parfois un peu compliquée avec les enfants, mais avec sa bonne humeur naturelle je sais qu'il s'en sortira comme un chef ! Je consulte l'heure avant de rentrer dans la chambre, eh bien Mickael est notre dernier petit avec notre passage à la cafétéria il me semble. D'ailleurs, dans les couloirs, l'odeur des repas flottent déjà, alors que les infirmiers passent de chambre en chambre pour déposer les plateaux et une fois de plus je m'adresse à Reo. Son prénom dans ma bouche, avec ce petit accent, sonne plus comme Leo mais malgré tous mes efforts, je n'arrive pas à le corriger.

« Reo, Je t'offre un repas après ? »



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Reo Euston
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Sam 15 Juil - 0:51

Le soleil filtrait entre les lames des stores principaux. Situé au bon emplacement, l'astre solaire se levant à l'Est, dardait de ses rayons d'argents pour se déposer dans un mouvement frêle sur les joues de l'hôte des lieux. Assis, le dos contre le dossier d'une des chaises en bois beige, Reo sirotait une tasse de cappuccino, glissant un œil scrupuleux au cadran allégorique du temps. Huit heures. Les jambes délicatement croisées, le jeune homme vêtu d'une blouse blanche tirée à quatre épingles, réajusta l'étiquette qui bordait la poche du haut. D'instinct, il glissa son pouce le long des lettres qui gravaient son prénom. Huit heures quinze. Le chevelu déroula sa longue ossature puis, déposa sa verrerie dans le lave vaisselle. Lorsqu'il épongea sa table avec dextérité, la mousse coula sur son poignet et il dut rapidement s'emparer d'un torchon propre pour essayer son meuble ainsi que son membre. Adoptant une position peu confortable, le garçon termina son ménage hystérique et piocha ses chaussures de travail au vol.

Fermant doucement la porte, il tourna les talons après avoir ôté les clés de la serrure. Après quelques pas hésitant, Reo pivota et abattit la poignée qui résista à sa demande. Soulagé, il quitta l'immeuble, le casque sur les oreilles. La démarche éthéré, le jeune homme sillonna un sentier de randonneur, les cailloux crissant sous ses baskets nacrées. À l'ombre sous les peupliers qui jalonnaient l'allée étroite, Léo se laissa bercer par le doux zéphyr qui picota sa peau telle la douce caresse d'une plume d'oiseau. Chérissant ses petites habitudes, il emprunta une direction plus prolixe, mais dont le cheminement emplissait sa vision des plus beaux atouts de la nature. Dans une pelouse entretenue poussait un parterre de fleur dont les couleurs vives ajoutaient une note de douceur dans un paysage verdoyant. Entouré d'une clôture, les plantations se mettaient à l'abri d'éventuelles dégradations par les animaux sauvages. Serpentant ensuite en direction de son lieu de travail, Reo coula un regard en direction des bancs municipaux qui venaient terminer l'ensemble du parc. Il y a un an, il avait gravé une inscription à l'aide d'un cutter sur le flanc du banc. Elle était encore présente et, chaque jour avant d'embaucher, il se complaisait à la vérifier, la nostalgie berçant son âme.

Bientôt, un bâtiment dont les façades grises s'harmonisant avec un ciel de poussière, se dressa derrière la cime de chênes colossaux. Quelques gouttes de pluie perlèrent le long de l'arête de son nez et le garçon dû accélérer le pas pour se mettre à l'abri. Les cheveux en désordre après une course effrénée, Reo pris le temps de se pomponner avant de se faufiler dans les couloirs stoïques. Les sabots aux pieds, le jeune homme se déposa près du planning, battant des cils lorsqu'un prénom s'afficha en face du sien. Wilson. Un charmant sourire orna ses lèvres tandis qu'il rejoignit le Service Pédiatrie, battant des ailes.

La matinée se déroula sans encombre et le brun estimait de plus en plus la compagnie de son interlocuteur qui incarnait davantage un protecteur divin qu'un simple collègue de travail. Le haut perché glissa un regard doux lorsque le duo chemina placidement les couloirs en direction du prochain petit patient. Wilson était un garçon tout simplement délicieux. Ses attentions, son optimiste, sa gentillesse et tous les traits de caractère qui incarnaient son être, faisait de lui un humain extraordinaire. Ainsi, Léo se laissait parfois emporter dans son courant de bienveillance façonné par son aura de confiance. Toutefois, le jeune adulte culpabilisait à se faire pouponné comme une poupée de chiffon sans rendre service à son tour. Les maigres actions qu'il effectuait ne suffisait pas à remercier cette magnifique connaissance. Soudain, l'homme aux cheveux blancs tourna la tête dans sa direction. Perdu dans ses pensées, les joues de Reo s'empourpra de peur qu'il n'ai prononcé de déclarations affectueuses à voix haute. Mais, lorsque son interlocuteur énuméra l'accueil du prochain enfant, son inquiétude s'estompa :

« Matinée presque terminé ! Bon le prochain s'appelle Mikael, il a 12 ans. Il a été admis hier soir en urgence, il avait de fort maux de tête, perte de la parole et de la mobilité pour le bras gauche. Les urgences pédiatriques l'ont envoyé en pleine crise faire IRM mais l'enfant allait déjà mieux et les images n'ont rien montrées. Donc je ne pense pas que ce soit un AVC, même si la possibilité d'un caillot qui se serait résorbé de lui-même reste envisageable. Je table plutôt sur une migraine avec aura vu son âge. De toute façon il va avoir le droit à toute une batterie d'examen… Tu auras le temps de lui faire un bilan sanguin, un EEG et le programmer pour une nouvelle IRM ? »

Assimilant les informations à mesure que son protecteur les déroula, Reo hocha imperceptiblement la tête. Il appréciait les explications, Wilson se montraient si délicat lorsqu'il s'adressait à lui qu'il ne pouvait pas envisager de répondre par la négative.

- Bien-sûr. Gazouilla t-il. Je m'en occupe, compte sur moi Willou.

Lui rendant son sourire, l'infirmier salua les autres en uniforme qu'il croisa et se mit à réfléchir quant au problème de Mikael. S'il avait des pertes de paroles, il allait devoir laisser s'exprimer son côté maternel. Une action aussi commode que de simples formalités de politesse.

« Reo, Je t'offre un repas après ? »

S'enquit son interlocuteur, gardant un timbre sempiternellement doux. L’intéressé pépia doucettement lorsque la première lettre de son prénom fut peu inspiré et se transforma en un "L". Déposant une main sur son épaule, Reo se pencha pour chuchoter son accord, les yeux pétillants. Lorsqu'il se redressa il déroula ses doigts des cheveux de son protecteur, puis se glissa dans la chambre du petit garçon quand celle-ci se dessina dans son champ de vision.

Saluant Mikael d'une voix chanteuse, l'infirmier se pencha vers lui, saisissant docilement sa main pour l'encadrer de ses doigts. Ainsi, il lui exposa les différents examens qui l'attendait sans dériver son jargon de termes médicaux. Balayant les mèches de cheveux du petit malade, le chevelu releva la tête en direction du pédiatre.

- Est-ce que le petit est à jeun ?

Demanda t-il, soucieux. Si Wilson lui avait confié une liste d'évaluation, Léo ne voulait pas dépraver sa confiance en agissant sans réfléchir. Poser la question permettrait de démontrer son intérêt.

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Né le 23 septembre 1996 ▲ Étudiant en littérature classique ▲ Infirmier à mi-temps ▲ Incarne le Yaksha



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Wilson Harkin
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Ven 21 Juil - 11:37


Come with me.

Avec Reo Euston


Reo fidèle à lui-même est adorable. « Willou » personne ne m'appelle comme ça, en tout cas personne à part Reo, pas même mes parents en fait. Et même si le surnom me fait sourire et lever un peu les yeux au ciel, il ne me dérange pas le moins du monde. Willlou après tout est affectueux n'est-ce pas ? Et s'il y avait bien une chose en ce monde qui me parle vraiment, c'est l'affection et la gentillesse, deux adjectifs facilement utilisables pour parler de Reo.

Celui-ci me ressemble sur bien des points, sa façon d'être, ce côté tactile entre autres. Peu de gens s'aventure à tant de contact, d'ailleurs certains n'aiment pas ça, rejette le contact de façon étonnante à mes yeux. Cela ne me choque pas, en même temps, cela serai était malvenu de ma part, avec mes mains en constante recherche de contact de peaux. Alors, je souris à Reo sans me formaliser de sa façon d'accepter. Avant de le rencontrer je ne pensais pas que quelqu'un de plus tactile que moi existait, je me trompais. En tout cas, il accepte joyeusement mon invitation, renforçant mon sourire à l'idée de partager mon repas en sa compagnie.

Il entre dans la chambre juste avant moi, prenant les devants avec le petit garçon encore un peu secoué de son aventure. Même si tous les symptômes ont disparu à cette heure, la fatigue reste facilement lisible sur les traits du petit bout à la mine plutôt triste. Et comme quoi que même si je suis complètement non-objectif quant au jeune infirmier, il est vraiment bon dans son boulot, peu à peu le visage de Mikael s'illumine d'un sourire.

Mon regard s'adoucie encore, enfin si cela est possible… Mais c'est un des beaux moments de mon travail, voir un enfant passé de la tristesse à un sourire, les voir reprendre un peu confiance, prendre le dessus. On néglige souvent la force des enfants, les réduisant bien trop souvent à de petites choses braillardes, chouineuses et incapables de se débrouiller seules. Pourtant, ce garçon au regard sans faille hoche doucement la tête dans un sourire timide, ses yeux grands ouverts montrent tout l'intérêt qu'il porte à ce que Reo lui explique et c'est tout de même formidable !

Je sors de ma rêverie en entendant la question de Reo, à jeun ? Je ne pense pas, au vu de l'heure d'admission en chambre, le garçon a pris son petit déjeuner ici et après la crise d'y hier soir, ils ont dû lui faire reprendre des forces et il devait en avoir bien besoin.

-Eh bien, je pense qu'il a pris un petit déjeuner, n'est-ce pas ?

Je m'adresse à Mikael à la fin de ma phrase et il me répond d'un petit « oui » souriant, accentué d'un hochement de tête je me tourne donc complètement vers Reo.

-Donc il n'est pas à jeun, mais ça ne pose pas de problème ici, vu que je n'ai pas besoin de sa glycémie ou d'un BAL*. Hum par contre, je marque une pause hum, non c'est bon. Tu peux le faire maintenant si tu as le temps, je regarde ma montre aussi rapidement que discrètement, plutôt cette après-midi pour que Mikael puisse manger tranquillement.

Je réfléchis rapidement, est-il nécessaire de faire la prise de sang à jeun pour pouvoir prendre en compte la vitesse de sédimentation qui pourrait être liée à un éventuel caillot de sang... Non, d'un le pire des cas, nous en referons une demain, avec le cathéter cela ne posera aucun problème. J'efface l'air un peu plus sérieux qui a pu s'installer sur mon visage pour me retourner vers le petit gars allongé dans le grand lit d'hôpital au drap blanc.

-Bon alors, à ton tour de me parler un peu, je te laisse tranquille avec tes parents après c'est promis ! Raconte-moi ce qu'il s'est passé hier soir et surtout comment tu te sens aujourd'hui !

Je m'assois au bord du lui pour l'écouter me raconter la façon dont lui l'a ressenti pas le récit plus technique que les parents ont déjà fait hier. Je m'amuse de le voir se redresser au fur et à mesure me parlant de faisant des grands gestes avec ses bras, illustrant son récits. La façon dont il me parle me rassure, je ne note pas de difficulté d'élocution encore présente, ni de mouvement d'ailleurs et puis il semble un peu fier d'avoir, comment dire, résisté à ça, pas traumatisé ou sous le choc pour un sou. Ce garçon est du genre solide !

À mon tour je lui explique que je repasserais ce soir, quand quelques-uns des examens auront été faits. Je lui dis qu'il s'est comporté comme un petit chef, faisant un high five en riant puis, je lui précise de Reo est un garçon exceptionnel qui va bien prendre soin de lui. Après un ou deux mots avec ses parents, quelqu'un frappe à la porte et entre, accompagné d'une bonne odeur de nourriture, qui a pour effet de faire gargouiller mon ventre. Je crois que je n'ai pas mangé ce matin et cela se ressent… L'infirmier dépose le plateau à Mikael et repart alors qu'il examine déjà le festin.

Festin relatif, parce que cela reste de la nourriture d'hôpital et j'ai bien conscience que ce n'est pas la nourriture rêvée d'un petit garçon. Nous finissons de le saluer, après encore un ou deux mots à ses parents et sortons de la chambre.

-Tu te débrouille vraiment très bien avec les enfants c'est génial !

Je souris moi-même comme un gamin, je suis vraiment fière de lui en même temps. Je me demande un instant si Reo veux rester infirmier, ou faire un réel internat pour ensuite se spécialiser… Je pourrais rester devant cette chambre à disserter de ses qualités un moment mais mon ventre gargouille encore à l'odeur du poulet. Je pose une main sur mon ventre en rougissant un peu même si j'en rigole. J’aurais tout le loisir de lui poser mes questions durant le repas de toute façon.

-Je pense que nous devrions aller manger aussi ! Ma phrase et ponctué d'un éclat de rire puis, je reprends. Tu veux manger à la cafet ou dehors ?

J'ai posé une main sur son épaule en parlant machinalement et j'attends sa réponse comme ça. Parce que, même si c'est moi qui invite, je ne vais pas lui imposer notre lieu de repas et j'ai clairement une tare sur ce sujet. Ou mange-t-il d'habitude ? Personnellement, j'ai l'habitude de mes gamelles faites maison ou de la cafétéria quand je mange, parce qu'il m'arrive aussi de simplement sauter le repas si mon estomac ne me rappelle pas à l'ordre et que je n'oublie pas de manger le matin bien évidemment.

*BAL : Bilan d'une Anomalie Lipidique (BAL) : Cholestérol, Triglycérides



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Reo Euston
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Mer 26 Juil - 2:36

Tandis que ses doigts effilés se perdaient dans les fibres capillaires de son petit patient, Wilson se mit à réfléchir. Ses traits doux semblèrent se ternir et ses petites fossettes s'accentuèrent. Un peu tendu, Reo garda toutefois un sourire décontracté, même quand son interlocuteur répondit par la négative. Vexé de ne pas avoir pu anticiper les réels besoins du pédiatre, il senti ses joues s'empourprer à mesure qu'il assimilait l'information. Se dissimulant derrière ses cheveux mi-longs, l'infirmier se dressa en laissant place à Wilson près du petit garçon, pendant qu'il se dirigea au pied du lit. Quand les deux garçons se croisèrent, l'infirmier glissa une main sur son épaule durant son cheminement et la garda dans sa posture, jusqu'à ce son bras ne soit pas assez long pour maintenir son accrochage.

Vérifiant les restrictions éventuelles sur la fiche au pied du lit de son petit patient, sa capacité de lecture latérale lui permit de faire survoler rapidement les renseignements concernant Mikael, sans qu'il ne remarque de détail capital. Pivotant après avoir recadré avec perfectionnisme la feuille dans son support et avoir pris en compte tous les documents administratifs, Léo s'avança vers un meuble nacré, sur la pointe des pieds, la démarche éthérée. Ouvrant l'un des tiroirs principaux, le garçon prépara son matériel. Seringue. Garrot. Gant stérile, tubes et flacons d'hémoculture. En équilibre au bout de ses doigts, le jeune homme jeta un œil consciencieux sur leur date de péremption. Choisissant une aiguille adéquate dans la même foulée, le garçon déposa tous ses trophées, alignés, rangés par thème et par tailles au centre de la table avant de se désinfecter les mains. Pendant qu'il effectuait les gestes réglementaires, il agita l'oreille comme une parabole et afficha un sourire lorsqu'il entendit les deux complices pouffer comme deux garnements après une bêtise anodine. Au fond, Reo avait toujours vu Wilson comme un grand gamin. Si les yeux étaient le reflet de l'âme, ceux de son protecteur incarnait le miroir de l'enfance.

Gants stériles au bout des doigts, le Haut-perché désamorça un accoudoir qui bordait les barreaux du lit, prenant garde à ne pas s'assommer avec le reste de l'équipement. Gentiment, il demanda à Mikael de déposer son bras droit. Plongeant un coussin sous son membre pour un meilleur maintien, l'infirmier se servi de la diversion de Wilson pour manipuler le jeune garçon. En réalité, même s'il avait très envie, lui aussi, de se plonger dans la conversation, son esprit tirait les ficelles de son cœur pour le ramener à la réalité. Le travail. Doucettement, Reo attacha le garrot autour de son bras après avoir trouvé une belle veine. Le petit garçon était très réceptif. Son courage l'impressionna également, car même si l'infirmier lui demandait divers mouvements avant de le piquer, l'intéressé ne se braquait pas face à la longueur de l'aiguille dont la lame scintillait sous les assauts du soleil, perçant à travers les stores stoïques. Il n'était même pas tendu. Wilson jouait très bien son rôle de petite nounou.

Tapotant la veine du bout de ses doigts gantées pour la dilaté, il ne perdit pas une bride de la conversation des deux garçons, vraiment trop curieux. La commissure de ses lèvres s'élargit timidement lorsqu'il entendit les compliments que le pédiatre lançait à son égard. Mais il devait se concentrer sur ses gestes. Conformément, Léo glissa une linguette alcoolisée sur le pourtour, ainsi que le centre de sa zone de pénétration en une seule fois.

- Ca ne te brûle pas mon chou ?

S'enquit-il en posant ses yeux doux dans ses deux billes bleues azurs. Quand le garçon secoua vivement la tête, ses petits cheveux suivirent le mouvement, dans une cadence svelte. Aiguille en main, Reo l'inséra dans son support, avant de la diriger vers le store, à la lumière. Aucune anomalie. Un pouce sur la peau du patient, il l'étendit légèrement tout en poussant le bras pour qu'il adopte une posture penchée. Ce fut enfin le moment. La plupart des enfants hurlaient avant qu'il n'approche l'aiguille, mais Mikael était différent, il ne remua pas quand l'infirmier fit glisser la lame d'argent avec dextérité dans sa peau juvénile.

- Et voilààà, c'est fini ! Roucoula t-il, le tube de sang en main. Dis donc, tu as été très valeureux.

Massant placidement la région piquée, le chevelu le débarrassa agilement du garrot, tandis que Wilson glissait quelques mots à ses parents. Appliquant ensuite un joli pansement bleu affichant des voitures carmins et des bateaux voiliers sur sa surface, Léo étiqueta les tubes et rangea son matériel. Bientôt, ses autres collègues apportèrent un plateau repas. Très vite, l'infirmier ouvrit un petit placard blanc et en sorti une friandise qu'il tendit immédiatement à Mikael.

- Tiens mon garçon, c'est ta récompense pour avoir été si fort. Mais mange là après le repas, je compte sur toi et lave-toi bien les dents ensuite.

Prenant congé de la petite famille, Reo se mit sur les talons de son protecteur, hors de la chambre. Les effluves des repas de l'hôpital lui donnait la nausée et la proposition récente de Wilson lui revient en mémoire. En stationnant près de lui, devant la porte de la chambre, il espérait secrètement qu'il n'ait pas oublié ou changé d'avis. Toutefois, ses traits ne s'accordaient pas avec sa personnalité optimiste, bienveillant et sincère.

- M-Merci... !

Rougit-il lorsqu'il reçut ce compliment chaleureux. D'instinct, ses orbes vertes coulèrent en direction de son ami. Celui-ci afficha un sourire enfantin qui le fit fondre. Il ne résista pas à encadrer sa tête de ses mains et déposer un petit baiser sur son crâne. Suivant la courbe de ses cheveux argentés, le jeune garçon balaya les mèches rebelles pour venir les tisser derrière ses oreilles chaudes. Régulièrement, le Haut-perché associait les garçons plus petits à des êtres fragiles. Il ne doutait pas que ce serait l'un d'eux qui le protégerait comme un fils. Reo relâcha son étreinte lorsque les épaules de Wilson roulèrent pour déposer ses mains sur son ventre vide. Même sans ce geste, l'infirmier aurait deviné l'état d'esprit de son protecteur. Ses yeux écarlates réverbéraient la moindre de ses émotions. Si on pouvait lire en ce dernier comme dans un livre ouvert, Léo était un excellent lecteur. Amoureux des oeuvres comme il l'était, les deux étaient décidément fait pour s'entendre.

- Je préfère manger à l'extérieur. Je déteste les endroits bruyants.

Répondit-il lorsque son Willou aborda enfin la question sur la nourriture. La main qu'il déposa sur son épaule le fit frémir. Qu'il aimait cette charmante délicatesse. Ce garçon était une crème. Saisissant ses doigts entre les siens, Reo pria pour qu'on lui propose un snack. S'il ouvrit son petit bec pour déployer ses désirs, il se rétracta. Se montrer capricieux en choisissant de façon égoïste un lieu alors qu'il se faisait gentiment invité, serait discourtois.

Fouillant dans ses poches pendant que le duo progressait dans les couloirs, en direction du vestiaire, le garçon roula en boule un tas de papier pour n'en former qu'un seul et le balança dans une poubelle à proximité, en utilisant le shoot spécial dont il usait durant ses entraînements de basket. Lorsque le ballon de papier roula autour de l'arceau métallique pour atterrir ensuite dans le panier, il poussa un petit cri de triomphe.

Empruntant une dernière galerie, l'infirmier se dirigea vers son casier. Clé en main, il fit pivoter le mécanisme et enfila ses vêtements. Un simple pull noir, ouvert, pour y laisser passer le col d'une élégante chemise. Bagues aux doigts, bracelets encerclant ses poignets, le Haut-perché dévissa le bouchon d'un flacon de parfum de secours et s'en déposa deux lichettes sur le cou. Les fragrances, épicés, tout en se montrant suaves, concordaient parfaitement aux couleurs vives de son habillage. Dans son dressement quotidien, Reo s'ornait lui-même de sa propre personnalité. Cependant, à l'instar des autres qui faisaient transparaître leur véritable caractère sur leurs vêtements, le garçon, lui, ajoutait des parts de mystères, avec des morceaux de tissus qui ne lui plaisaient que très peu. Une façon de dire : Personne ne me connaît mieux que moi-même. Coulissant ensuite près de Wilson lorsqu'il fut prêt, il lui tendit une sucette qu'il gardait dans ses effets personnels.

- Tiens, toi aussi tu as le droit à la tienne.

Pause.

Trop curieux, pour la contenir de nouveau, il gazouilla, un sourire en coin, se dandinant d'une jambe à l'autre :

- Alooors, où est-ce que tu m’emmènes ?

Les poignées se touchant, et les doigts dessinant un cœur, tous ensembles, il pencha la tête sur le côté, se laissant gagner par la béatitude. Reo aimait tellement sortir !

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