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Bestiae autem gemens

Tout autour de Niflheim, du centre ville aux alentours boiseux, des créatures étranges ont été aperçues semant la terreur et le désordre. Des couleurs vives, des comportements douteux et par-dessus tout un rapport presque logique avec La Mort pour les Reloads, elles semblent pour certaines perdues, prêtes à attaquer pour d’autres. Qui sont-elles ? Que veulent-elles ? En tout cas, il serait bon de ne pas trop les chercher… Prenez garde, faites attention ; et si vous avez un tant soit peu d’intelligence, courez.


 

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[CONCOURS] There is evil in this world and I cannot protect you from it.



↑ Merci Celis ♥️ (sur une idée originale de Tyty)

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Noah Edwing
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Ven 16 Juin - 9:45
There is evil in this world and I cannot protect you from itfeat Diaval

Les rayons du soleil caressaient la brume matinale. Ils étendaient leurs bras, déliaient leurs doigts pour venir les poser sur cette surface, ils fendaient l’air, balayaient les nuages, s’étendaient, s’apprivoisaient et glissaient avec douceur jusqu’à toi. Tu ne les regardais pas, ils ne t’étaient pas amicaux, ils venaient jusqu’à tes yeux, embrasait tes pupilles, brulaient tes orbites et effaçaient de ta vue toute parcelle de vie. Tu n’aimais pas lorsque ton regard se voilait, lorsqu’il se parait d’un noir semblable à la nuit. Ta vue était beaucoup trop améliorée pour que tu la perdes ainsi en essayant de comprendre l’intérêt de plonger ton regard dans cette masse brulante. Mais ta réflexion ne dura que quelques secondes, tu n’étais pas préoccupé par ces rayons-là. Non. Tu le regardais lui.

Il était assis sur le sable, pensif et tu le sentais en paix. Il observait les rayons naissants qui caressaient cette immense étendue d’eau. Tu ne savais pas ce qu’il faisait là, ce n’était pas dans ses habitudes, tu le savais : tu le suivais tout le temps. Mais il était là, tranquillement assis sur cette terre étrange depuis un certain temps. Il était sorti de son nid alors que la lune n’avait pas atteint la fin de sa course et était venu ici. Tu ne lisais pas ses pensées mais tu l’avais senti tourmenté dans son sommeil, alors tu l’avais suivi. Tu savais qu’il te sentait, il savait que tu le suivais et il n’avait pas besoin de te voir pour cela. Tu avais avec lui un lien plus puissant que tout, tu étais lié à lui comme il était lié à toi, tu acceptais ses pensées étranges, ses sentiments que tu ne comprenais pas et lui enlaçait tes instincts primaires.  

Les rayons continuaient de grimper l’échelle du ciel lorsque tu décides finalement de t’étendre.  Tu caresses ton monde de tes ailes pour venir embrasser le vent, faire vibrer tes plumes et encrer tes serres sur son genou. Il porte sur toi son regard vert dans lequel tu sembles pouvoir lire, il ne dit pas un mot. C’est inutile, vous n’en avez pas besoin : le langage était stérile pour vous, il n’exprimait jamais l’entièreté de ce que tu ressentais en lui. Son corps s’anime et tu le vois sortir de sa poche un biscuit qu’il te tend. Ton bec s’étire, il saisit le morceau de nourriture, le casse puis l’avales. Plusieurs de tes congénères se moquaient de toi, et de ton attachement à cet homme, ils disaient que tu n’étais qu’une bête de compagnie, qu’un oiseau aux services des humains. Mais ils ne le connaissaient pas comme tu le connaissais. S’ils pouvaient le ressentir, il ne pouvait pas être liés à lui comme tu l’étais. Toi tu étais lui. Ils n’en étaient que plus jaloux, amers de ne pas comprendre ce lien.

Tu ne le comprenais pas plus, mais tu le comprenais lui. Alors tu le suivais telle une ombre toujours dans son sillage, tu le protégeais comme tu voulais le protéger de sa mélancolie. Il te sourit, il sait ce que tu penses.

Et c’est là que tu la sens. Sa curiosité. Elle est maladive, elle te contamine et rapidement tu te tournes vers ce qui l’attire. Une écaille. Jaune. Si tu avais été humain tu aurais haussé un sourcil, mais au lieu de cela, tu t’envoles en le sentant se lever. Il te surplombe mais rapidement tu viens te poser sur son épaule, tout aussi curieux. Il saisit l’écaille de cette étrange chose à cinq doigts, puis la caresse, mémorise ton contour, sa texture, son poids. Tu n’as pas tous ces éléments mais tu peux clairement entrevoir son intérêt pour cette chose. Il finit par la glisser dans une pochette lorsque son regard est à nouveau attiré. Tu t’envoles cette fois, tu prends de la hauteur, t’écartes de ces sentiments que tu ne comprends pas. Pourquoi est-il aussi intrigué par cette marque sur le sol, elle est sinueuse et de là où tu es tu peux la voir en entier, longue, elle parcourt la plage jusqu’à un rocher.

Immédiatement, tes yeux se mettent à te bruler, comme un feu qui te consume tu sens cette caresse familière de son regard dans le tien. Ce n’est pas long, quelques secondes à peine et déjà sa conscience est repartie. Tu n’as pas eu le temps de réaliser que déjà son regard vert était revenu à la vie et que ses pas l’amenaient à suivre cette marque. Perplexe, tu effectues un vol stationnaire au-dessus de lui, tu tournes en rond, tu surveilles, tu veilles, avec cette homme au centre de ta ronde.  Il est seul ici, uniquement bercé par les roulements de l’eau et par ces rayons qui quitteront bientôt cette surface pour venir embrasser la ville entière.

Mais lui semble préoccuper par cette trainée, il la suit, continue de tracer de ses pas le même parcours. Tu ne sais pas ce qu’il cherche, ni même si lui le sait, mais tu fini par retourner proche de lui. Tu sens poindre en toi ce sentiment primaire de l’inquiétude. Il n’était pas normal, pourquoi s’acharnait-il à courir après des marques dans le sable ?

Ta question n’avait pas eu le temps de l’atteindre. Un sifflement strident, aigu, traversa tes tympans, écrasa ton crâne et te força à te poser dans le sable. Il n’est pas mieux, tu le vois se couvrir les oreilles, sa grimace évoque son mal. C’est par lui que tu l’entends et tu es paralysé. Tu la sens monter en toi soudainement, il faut que vous partiez, ce n’était pas bon, ce n’était pas bon. Ton instinct te disait de partir et tu lui transmettais ton alerte avec acharnement. Mais il ne s’en préoccupait pas. Il se tourna vers toi, attrapa ton corps frêle, caressa tes ailes paralysées avant de te déposer sur son épaule et t’offrir un sourire qui ne t’apporta qu’une faible consolation.  

Une nouvelle fois son pas s’enfonça dans le sable encore humide en direction du sifflement et tes serres s’enfoncèrent dans sa peau. Tout cela ne te disait rien qui vaille.
© 2981 12289 0

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