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Thanatonaute ~ Ulysse Tabarly

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R:Mortem
Messages : 20
Métier : Journaliste au Guardian
Pouvoir : Lucifer
Humeur : Concentrée

Double(s) compte(s) : Stefan Allesia, Ginger Briggs, Natsuo Wilde
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 2 Oct - 23:54

 

   
Ulysse Tabarly

   
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage...

 

 
Nom : Tabarly. Oui, comme le skipper. C'est un lointain cousin.
Prénom : Ulysse, François, Enguerrand. Certains partent avec des handicaps dès le bureau d'état civil
Surnom : 31, évidemment. On lui demande régulièrement des nouvelles de Nono, le petit robot, au travail.
Âge : 33 ans
Plutôt : Seke à préférence Uke.

Origine(s) : Le bon France
Métier : Il aurait aimé être artiste mais le sort en a voulu autrement. Il travaille comme rédacteur dans l'antenne local du Guardian. Il s'occupe principalement des pages régionales mais comme c'est une petite rédaction, il lui arrive aussi de faire de la mise en page les soirs où le bouclage est serré. Il est également membre de la secte Viventem
Groupe : Reload Mortem

Pouvoir et description : Lucifer. Ce n'est pas raisonnable, mais j'ai tellement envie de cette voiture... Je voudrais bien lui lancer son café à la figure, rien qu'une fois... Si seulement je pouvais coller une gifle à ce gamin qui hurle... Je sais qu'il est marié mais qu'est-ce que je donnerais pour coucher avec lui... Tout le monde a ce genre de pensées coupables, à plus ou moins grande échelle. Oubliées, repoussées avec horreur ou cultivées comme un petit plaisir, elles font partie de notre quotidien mais dépassent très rarement le stade d'idées et restent souvent totalement inconscientes. Du moins, jusqu'à ce que vous croisiez la route d'Ulysse. Lorsqu'il active son pouvoir et vous touche, vos plus petites tentations tout comme vos désirs inavouables se font irrésistibles. Au fil des secondes, vous perdez de vue les barrières qui vous empêchent en temps normal d'y laisser libre court et une exposition trop longue vous fait invariablement passer à l'acte, bien que le temps nécessaire dépende de votre force mentale. Vous y serez plus sensible si vous êtes triste, frustré ou déjà rongé par un sentiment négatif. Lorsqu'Ulysse désactive son pouvoir, vous retrouvez votre empire sur vous-même... partiellement. Tout dépend de votre self-control et de votre réactivité mais les pulsions qui vous ont saisi peuvent vous rester en tête, vous faire forte impression, virer à l'obsession parfois. Mais cela ne dépend que de vous et de votre capacité à vous mentir à vous-même...
Malus : Physiquement, son don l'épuise au quotidien. Révéler aux autres leurs vices cachés ne se fait pas sans écoper d'une partie de ces énergies négatives et son corps s'en ressent. Sans même parler des cloques et des brûlures qui apparaissent peu à peu sur sa peau après chaque contact, chaque usage lui épuise les nerfs et les organes internes, causant au petit bonheur de la chance violentes courbatures, ulcères foudroyants, convulsions et migraines ophtalmiques dévastatrices qui le transforment en loque humaine s'il outrepasse ses limites. De façon générale, son corps tout entier se dégrade plus vite que la moyenne sous l'effet de multiples lésions qui nécessitent des temps de repos de plus en plus long pour se résorber et le rendent particulièrement sensibles aux maladies. Mais s'il n'y avait que ça... Lorsque son pouvoir est actif, Ulysse capte comme une éponge vos désirs inavouables et plus il y est exposé, plus les frontières de sa raison se brouillent. Il confond vos pulsions et les siennes, le passé et le présent, le réel et ses propres fantasmes. Ces moments de déréalisation sont extrêmement stressants et peuvent rapidement donner lieu à de longues crises de panique ou d'épilepsie s'ils se poursuivent trop longtemps.  
Position de la marque et description : Un simple cercle noir autour de son majeur droit, semblable à une bague
Âge de la mort : 32 ans, en janvier 2018
Cause(s) de la mort : Soufflé par une explosion suite à une suite de gaz dans son appartement.

►►


Mon pseudo sur le net : Raton
Âge : 26 ans !

Présence sur le forum : 7 / 7 jours
Que pensez-vous du forum :

Le personnage sur mon avatar est : Harry Potter en version Auror, par blvnk
Le code est :


Sinful Nature
Si l’habit ne fait pas souvent le moine, Ulysse se permet de déroger légèrement à la règle. En dedans comme en dehors, il se présente comme une inquiétante alchimie entre la grâce et l’étrangeté. Aimable et cultivé, discret et mesuré, il a le genre de conversation plaisante qui vous fait vous sentir intéressant. Très à l’écoute, il n’a pas son pareil pour parler avec tout le monde, mettre à l’aise et, l’air de rien, vous amener à vous confier. Car sous l’attention dont il fait preuve se cache un sens de l’observation des plus aiguisés qu’il met sans cesse à profit. Depuis qu’il sait n’être pas le seul humain à être revenu à la vie, il enquête et épie les foules à la recherches de ses semblables. Son métier lui permet d’avoir facilement connaissance des bizarreries qui se produisent à l’échelle locale et d’enquêter dessus. Depuis quelques mois, il s’est même constitué un fichier personnel où il répertorie les personnes qu’il soupçonne d’être comme lui pour pouvoir les étudier, s’en rapprocher et pourquoi pas les convaincre. Car Ulysse fait partie de la secte Viventem et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y est impliqué même s’il est de plus en plus en désaccord avec ses principes. Pour lui qui a vécu sa mort comme une épiphanie, qui considère son pouvoir comme un don révélant la vraie nature des hommes, rester caché de la sorte n’a pas de sens. Pourquoi se terrer comme des criminels alors qu’ils pourraient changer la face du monde ? Même si la Mort le défend, Ulysse est tellement persuadé du bien-fondé de sa pensée qu’il serait prêt à passer outre les interdits pour lui donner corps.

Mais, à parler du militant, on en oublie l’homme. Ulysse n’a pas mauvais fond. Il ne l’a plus particulièrement bon non plus à présent mais il n’est pas toujours aisé de se rendre compte de l’un ou de l’autre. Quand on est ambitieux, il faut savoir plaire et se faire des alliés, de toutes les manières. Il faut donc s’adapter, sourire, cingler au bon moment et de la bonne façon pour retenir l’attention, la sympathie, même avec des gens qui ne nous plaisent pas forcément. Parfois, on doit aussi se montrer perfide et mesquin, cruel, retors et prêt à tout, y compris à se salir les mains. Cela ne le dérange pas. Après tout, la fin justifie les moyens et celle que poursuit Ulysse mérite tous les sacrifices, même si la conséquences de toutes ses contorsions est sans conteste qu’il se perd un peu de vue lui-même. Depuis sa mort et sa renaissance, il est d’une toute autre trempe que celui qu’il était avant mais il a toujours autant de mal à songer à lui et dès que quelqu’un le fait à sa place, il est pris au défaut de l’armure. Ulysse a tant l’habitude de louvoyer dans le monde qu’il a oublié comment naviguer en lui-même. On peut alors le découvrir sensible, anxieux, avide d’affection et effrayé d’en donner après tant d’années passées à la gaspiller sans rien obtenir en retour. Il n’aime pas qu’on voit cette facette de sa personnalité et répugne à s’y laisser aller car il se laisse souvent emporter par les émotions dont il n’a plus l’habitude, en bien ou en mal, et regrette ensuite. C’est pour ça qu’il préfère se consacrer à son objectif, cette certitude en laquelle il a bien plus confiance qu’en lui-même.

Uncanny Valley
C’est difficile à quantifier mais Ulysse a le genre de physique qui reste dans les esprits alors même qu’il semble ne rien avoir d’exceptionnel. Pas vraiment grand du haut de ses 1m75, sa carrure ne l’aurait jamais destiné à devenir un grand culturiste mais même aujourd’hui, sa maigreur a tendance à sauter aux yeux. 58 kilos, ça n’est pas bien lourd. Ça explique pourquoi ses muscles longs et secs semblent parfois à la limite de la rupture, pourquoi ses mains osseuses font un peu froid dans le dos, pourquoi ses côtes ressortent sur son torse. Malgré tout, ses gestes étonnamment gracieux lui confèrent une délicatesse étrange, aérienne et fragile qui donne l’impression qu’il pourrait se casser si on se montrait trop brutal, ce qui serait bien dommage. Une légère claudication de la jambe droite attire le regard quand il marche, vestige de son accident. Son genou ne s’est jamais entièrement remis de son séjour sous la maçonnerie mais, à moins d’efforts physiques trop violents ou trop prolongés, ça ne l’handicape pas au quotidien.

Sa peau très pâle et transparente marque facilement, c’est d’ailleurs pour ça qu’il évite de s’exposer trop longtemps au soleil ou que l’on ne peut pas manquer la cicatrice qui zèbre son visage. Zigzaguant sur son front, elle barre son œil jusqu’au coin de la lèvre et, curieusement, il l’aime bien. Elle est impressionnante mais elle n’enlève rien à l’harmonie de ses traits. Au contraire, elle arrive à la souligner. La ligne droite de son nez, les angles aigus de ses pommettes ou de sa mâchoire, l’ourlet pulpeux de sa bouche sinueuse ou le boisseaux de longs cils sombrent autour de ses grands yeux vert-de-gris sont bien plus marquants avec cette imperfection qui rappellent à tous le jeune homme au visage lisse qu’il a été. Aujourd’hui, il prend plaisir à donner un peu plus de caractère à sa beauté en portant long ses cheveux noir corbeau qui accroche la lumière, en arborant une courte barbe qui lui confère un peu de virilité.

Dans son style, Ulysse est un partisan de l’élégante sobriété. Vous le verrez souvent avec des chemises et des t-shirt unis, souvent noirs ou de couleur sombre, avec des jeans et des baskets tout ce qu’il y a de plus ordinaire chez un trentenaire actif. Il ne porte pas de bijoux mais une paire de lunettes rondes à monture d’argent coiffe son nez en permanence. Il ne supporte pas bien les lentilles et a trop l’habitude jouer avec les branches quand il écrit ses articles.
Histoire

16 juillet 1985.


« Il est beau, non ? »
« Encore plus que je ne l’imaginais. »
« On n’est toujours pas d’accord sur le prénom ? »
« Si. Ulysse, c’est très bien. »
« Pourquoi ? »
« Parce qu’il te ressemble. »



18 mars 1989.


« C’est ça, dégage avec tes raclures de fils ! Enfoiré ! J’espère bien que vous allez tous crever la gueule ouverte ! »

Papa marche trop vite. Ulysse a beau se cramponner de son mieux aux épaules de son blouson de cuir, rien à faire. Les longues jambes de Papa avalent le bitume à grandes foulées alors qu’ils s’éloignent de la maison et il est ballotté contre lui comme une pierre qui dévale une pente. Ça fait mal, ça fait peur. Michel a moins de mal à suivre parce qu’il est plus grand et il fixe, très pâle, la voiture qu’ils essaient d’atteindre. Derrière eux, devant lui, Nana continue de crier, son visage déformé par la colère. Il ressemble à un monstre ou à une sorcière avec ses longs cheveux emmêlés.

« J’ai pas besoin de toi ! J’ai pas besoin de vous, vous avez ruiné ma vie ! Je te déteste ! Je vous déteste ! »

Ulysse sent les larmes lui monter aux yeux. Il ne comprend pas. Pourquoi Nana crie ? Pourquoi est-ce qu’il leur court après avec des mots méchants ? Il doit être fâché. Il fait souvent ça quand il est fâché ou quand il a bu, depuis que Marie est partie à cause de la vilaine maladie. Il crie, il casse des choses et il dit des mots méchants. C’est pour ça que Papa est parti avec Michel, et c’est pour ça que Nana a commencé à boire. Lui, il ne voit Papa que certains week-ends, pas tout le temps. Ça faisait longtemps qu’il n’était pas allé chez lui avant aujourd’hui, avant que Papa ne vienne, ne mette ses vêtements et Doudou dans une valise, avant de le prendre dans ses bras pour marcher trop vite vers la voiture. Ulysse n’a que quatre ans. Il ne comprend pas bien que sa sœur est morte, que ses parents se sont séparés, que le père dont il porte le nom n’a pris que son fils aîné, son demi-frère, pour vivre avec lui. Il ne comprend pas que ce n’est pas normal de ne manger que des céréales ou des gâteaux quand le père auquel il ressemble oublie de le nourrir après avoir trop bu, de n’aller à l’école qu’un jour sur deux ou trois, de vivre dans une maison sale et en désordre.  Accroché à l’épaule de Papa, il ne voit que son Nana qui les poursuit, qui trébuche et tombe, ses longs cheveux noirs se tachant de boue parce que la pluie a trempé le jardin. La moitié du visage maculé de terre humide, les yeux soudain plissés par un horrible chagrin, Nana tend les mains vers lui en sanglotant :

« Ulysse ! Ulysse ! Mon bébé ! »

Dans les bras de Papa, le petit garçon se met à pleurer.

« Nanaaaa ! »


14 août 1998.


« Qu’est-ce que tu fais ? »

Son crayon s’arrête un instant sur son cahier. La surprise est sincère dans la voix de P’pa, comme toujours. Pendant une micro-seconde, Ulysse envisage la possibilité de mentir en fixant le reflet orangé de son verre de jus de fruits sur la page. La vérité l’emporte à contrecœur :

« Mes devoirs. »
« Tes devoirs ? Par ce temps radieux ? »
« Comme ça, ils seront faits. »
« Tu dois bien être le seul collégien à faire ses devoirs pendant l’été. »


Ulysse ne répond pas, gomme nerveusement la fin de sa phrase pour la réécrire.Il sait que dans la bouche de P’pa, ce n’est pas vraiment un compliment. Rien qu’à la texture de son silence, il devine les mots qui vont suivre et ses épaules se crispent par avance.

« Michel serait déjà dehors en train de jouer au foot avec ses copains... »
« Michel est quelque part sous l’Atlantique et je suis bien ici à faire mes devoirs, c’est tout. »
« Change de ton, s’il te plaît. »


Ulysse soupire. Il aurait du mentir, au moins il aurait eu la paix. Peut-être qu’il aurait pu atteindre le repas du soir sans entendre parler de son frère, sans devoir écouter une nouvelle fois à quel point le fils aîné est sportif, viril, ambitieux, parfait en tout point. C’est à croire que P’pa est incapable de voir qu’il ne donne quasiment plus de nouvelles depuis qu’il s’est engagé dans la Marine, qu’il se soucie à peine d’eux quand il vient leur rendre visite. Peu importe à quel point il s’éloigne d’eux, Michel reste l’enfant béni auquel Ulysse devrait s’efforcer de ressembler au lieu de passer son temps à lire des livres...

« Allez. Range-moi ça et va faire un tour dehors, tu veux ? Ça te changera les idées. »

Avec un soupir, il range ses affaires, finit d’une traite son jus de fruits et passe devant P’pa sans un regard pour aller enfiler ses chaussures. Heureusement, la bibliothèque est ouverte pendant les vacances.


21 novembre 2012.


« Celle-là ? »
« Bof… Il regarde pas l’objectif et il y a une espèce de contre-jour foireux, on dirait qu’il est malade. »
« C’est dommage, la composition était bien. C’est pour un quatre coll’, je ne veux pas d’un trop gros plan. »
« Je vais aller voir sur le fil d’actu de Reuters, ils doivent avoir couvert l’événement. Je t’en fais une petite sélection et je te les envoie dans le tampon mise en scène, okay ? »
« Super, ça serait chouette. »
« De rien, mon poulet. »


Ulysse sourit en regardant encore un instant défiler les photos du Premier Ministre sur l’écran de James. Il aime bien l’iconographe. Il a parfois un humour un peu étrange mais il est prévenant et appliqué dans son travail. De manière générale, il aime travailler ici et il est conscient que c’est une véritable chance. Être embauché dans un journal aussi prestigieux que le Guardian après avoir été été longtemps pigiste, puis correspondant étranger pour le Monde, en CDD perpétuellement renouvelé, c’est un Graal inespéré pour la plupart des travailleurs de la presse. Niflheim est une ville très agréable, bien plus calme que Londres ou Paris, ses collègues du service culture sont sympathiques dans l’ensemble, Lysander est depuis quelques temps agréablement entreprenant à son encontre et il aime son travail. Il a tout pour être heureux, vraiment… James se tourne vers lui, semblant se souvenir de quelque chose et demande soudain :

« Au fait, comment ça va, ton père ? »

Le sourire d’Ulysse se fige, glisse de ses lèvres et disparaît alors qu’il se redresse avec un soupir, remontant ses lunettes sur son nez.

« Pour l’instant, ça va. On a rendez-vous avec le médecin la semaine prochaine pour discuter d’un éventuel traitement et d’une adaptation du domicile, je me renseigne pour embaucher une aide quand ça sera nécessaire et il s’est mis à la peinture. Ça devrait retarder l’évolution de la maladie, au moins pour l’instant. »
« À même pas soixante ans, c’est quand même moche… Tu as du cran de vouloir le garder à domicile. »


Ulysse sent son ventre se nouer. Tout le monde le lui dit, quelques collègues le lui ont même déconseillés en affirmant que certains établissements spécialisés s’en occuperaient très bien. Il les a tous écoutés en souriant et en hochant la tête alors que chacune de leurs suggestions, de leurs anecdotes le mettaient au supplice. Évidemment qu’il a pensé à le mettre en institut. L’idée n’a même pas complètement déserté son esprit. Mais chaque fois qu’il envisage cette option, il se souvient des bras de son père à l’époque où il était encore immense, ce jour où il a été le récupérer chez Nana qui ne pouvait plus s’occuper de lui, et il sent le courage lui manquer. Le laisser dans une maison de retraite au milieu d’autres vieillards séniles et d’aide-soignants en blouse vert pâle, lui rendre visite deux heures le week-end, est-ce que ça ne serait pas l’abandonner ? Comment être sûr que P’pa ne lui en voudrait pas ? Il pardonne tout à Michel, il continue d’en parler à tout le monde comme d’un fils exemplaire alors qu’il a donné signe de vie pour la dernière fois au Noël d’il y a trois ans, qu’il n’a même pas daigné répondre au message de son cadet pour l’informer de la maladie de leur père. Mais Ulysse n’est pas Michel et P’pa n’a de cesse de le lui faire remarquer… Il sourit gentiment à James avant de retourner à son poste dans l’open space.

« Ça va aller. Je te fais confiance pour les photos. »

Ulysse retourne peaufiner son articule, même si ses pensées sont ailleurs. Il n’a pas le choix. Il doit s’occuper de son père, comme un bon fils.


13 janvier 2014.


« C’est moi ! »
« Bonsoir, Ulysse ! »


Frigorifié par la pluie, Ulysse se dépêche de refermer la porte de l’appartement et soupire d’aise en sentant la bonne odeur de nourriture qui lui parvient de la cuisine. Posant ses affaires sur le porte-manteau, il commence par aller embrasser son père dans le salon qui le remarque à peine, concentré sur son tableau. Une nature morte, l’étagère face à lui. Ulysse ne s’attarde pas pour ne pas le déranger et rejoint Hamza dans la cuisine, le sourire aux lèvres. Son cœur prend le trot quand il voit le jeune homme le lui rendre avec chaleur.

« Ça s’est bien passé aujourd’hui ? »
« Oui, sans soucis. Il a confondu fourchette et couteau mais rien de bien grave. La promenade d’aujourd’hui l’a inspiré pour son tableau. »
« Tant mieux. Merci, Hamza. »
« Je vous ai fait du poulet korma pour ce soir. »
« Vous vous êtes embêté à faire la cuisine ? Ce n’était vraiment pas la peine, je vais être gêné. »
« Il n’y a pas de quoi, voyons. Vous n’avez jamais le temps de cuisiner le soir et ça me fait plaisir. »


Le regard qu’il lui adresse en prononçant ces mots de sa voix douce le fait rougir. Il n’arrive pas à détourner le visage tout de suite.

« Merci beaucoup. »
« Je vous en prie. »


Hamza vérifie la cuisson du riz, satisfait, et Ulysse reste pendant quelques secondes incapable de quitter l’arc de sa nuque brune des yeux. Ça fait maintenant six mois que le jeune aide à domicile vient chez eux tous les jours pour aider son père à se lever, s’habiller, faire les courses, tenir la maison et l’emmener se promener de temps en temps, depuis que le traitement s’est avéré inefficace et que la maladie progresse. C’est un jeune homme attentif, doux et aimable. En six mois, il était impossible qu’il ne remarque pas l’effet qu’il fait au français et c’est d’ailleurs pour ça qu’il a pris l’habitude de cuisiner pour lui certains soirs, de rester discuter un peu quand il rentre tard. Ulysse en est heureux, anxieux, troublé. Il a l’impression d’avoir de nouveau seize ans et de découvrir l’amour. Il ne sait pas comment faire pour concrétiser ces étincelles qui crépitent entre eux, il a peur de faire le premier pas, de ne pas le faire, de ne pas envoyer les bons signaux. Et puis, sans qu’il ne le veuille, même alors qu’il aide Hamza à ranger la cuisine et à faire la vaisselle, même lorsque leurs mains se frôlent et qu’il en perd le souffle, l’ombre de son père de plus en plus dépendant continue de peser entre ses deux épaules. Les paumes chaleureuses du pakistanais sur ses hanches quand il l’embrasse au lieu de partir ne parviennent pas à totalement l’effacer.


25 septembre 2017.


« J’ai dit non. »
« Mais comment fais-tu pour être aussi obstiné ?! »


Ulysse quitte la pièce à grands pas, cherchant un peu de fraîcheur sur le balcon. Évidemment, Hamza le suit. Hamza n’en a pas fini avec lui. Ulysse jette un coup d’œil nerveux dans le salon alors que son compagnon poursuit sa diatribe.

« Ça ne peut plus durer, Ulysse. Je sais que c’est triste mais c’est comme ça. Il arrive à peine à se nourrir tout seul, il panique parce qu’il ne sait plus où il est ni avec qui et il te prend sans cesse pour ton frère. On ne peut plus le garder ici, il faut le placer en maison de retraite ! »
« C’est mon père, nom de Dieu ! Je ne vais pas l’abandonner ! »
« On ne peut plus s’en occuper ! »
« C’est ton métier ! »


Ulysse s’en veut de ses paroles avant même d’avoir fini de les prononcer. Il ne peut que retourner son regard choqué à son compagnon qui rit nerveusement, incapable de croire ce qu’il vient d’entendre.

« Est-ce que tu es sérieux ? C’est mon métier de torcher les vieux qui perdent la boule donc je devrais en reprendre une part à la maison quand j’ai terminé ma journée ? C’est ça que tu veux dire ? »
« Ce n’est pas ce que j’ai… »
« J’espère bien ! Parce qu’il est hors de question que j’aille plus loin avec toi si tu me demandes de continuer de m’occuper de ton père quand je viens ici ! »
« Mais bon sang Hamza, quel genre de fils je serais si je le laissais moisir en maison de retraite au milieu de tout un tas d’autres gens qui attendent la mort en ne reconnaissant même pas leur famille ?! »
« Le genre de fils qui pense aussi un peu à lui au lieu de se sacrifier ! Il prend trop de place dans notre vie ! »
« Je sais !!! »


Hamza sursaute et se rétracte, blessé par ce brusque éclat de voix dont il n’est pas coutumier. la douleur dans son regard incise le coeur d’Ulysse qui se détourne pour repousser ses cheveux en arrière, à bout de nerfs. Il ne veut pas admettre que son compagnon a raison, qu’il est en train de gâcher sa vie en s’entêtant à garder P’pa chez lui alors qu’il réclame de plus en plus de soins, qu’il peut de moins en moins faire de choses tout seul. Le reconnaître et baisser les bras, ça serait fuir. Ça serait s’abaisser au niveau de Michel, ça serait être un mauvais fils, une mauvaise personne… non ? L’espace d’un instant, Ulysse doute. Ses paupières s’ouvrent sur le choix qu’il est en train de faire, la voie vaine où il s’engage à reculons alors qu’Hamza lui demande d’aller de l’avant. Son regard revient croiser le sien. Pendant une seconde, Ulysse vacille…

« Michel ? Michel, où es-tu mon grand ? Il faut aller chercher le petit à l’école ! »

… et la voix de son père lui met un coup au coeur. La mort dans l’âme, il secoue lentement la tête et Hamza comprend. Il se détourne avec un soupir amer, le visage fermé.

« Je suis désolé, Hamza. Mon père n’ira pas en maison de retraite. La discussion est close. »
« Très bien. Nous aussi, dans ce cas. »


Ulysse reste un instant sans comprendre, cherche une explication sur les traits verrouillés de l’homme qu’il aime. Ce dernier n’a qu’un regard lourd de douleur à lui offrir avant de rentrer dans l’appartement.

« Je veux vivre avec toi, pas faire des heures sup’ sous ton toit. Désolé… »
« Hamza… »
« Tu as fait ton choix, Ulysse. Respecte le mien, s’il te plaît. »


Le pakistanais s’en va sans un mot de plus. Ulysse reste un long moment sur le balcon sans sentir le froid, dévoré par le néant glacé qui le consume soudain de l’intérieur. Il n’y a que lorsque son père apparaît dans son champ de vision, luttant pour mettre son manteau dans le mauvais sens que les sanglots gonflent et crèvent hors de sa gorge, débordant sur son visage en larmes amères.


5 novembre 2017.


Ulysse sort à grands pas dans la cour intérieure de l’immeuble, jetant un coup d’oeil nerveux à la pluie qui menace, puis à son père qui bataille avec ses tubes de peinture face à son chevalet. Il est sur la même toile depuis toute une semaine. Les couches de couleurs informes et mélangées forment une grosse croûte boursouflée, pleine de craquelures.

« Papa, je t’ai déjà dit de me prévenir quand tu sors. Tu ne peux pas rester dehors, il va pleuvoir. »
« Ah, vous voilà, vous. Il est un peu tard pour les médicaments. Si mon fils était là, il vous demanderait d’être un peu plus ponctuel. »


Ulysse ferme les yeux pour contenir l’élan de colère qui grimpe soudain dans sa poitrine. Il est presque 20h, il n’a rien mangé depuis ce matin par manque de temps, le nouvel aide à domicile ne fait pas la moitié de son boulot, il est plus malheureux que jamais depuis qu’Hamza l’a quitté et il n’a ni le temps ni l’envie de reprendre son père qui le reconnaît de moins en moins. Il commence à rassembler les tubes de peinture et les pinceaux.

« Hé ! Ne touchez pas à ça, c’est à moi ! »
« Papa, il va pleuvoir. Il faut rentrer, tu pourras continuer à l’intérieur. »
« Je n’ai pas besoin de toi pour m’occuper de mes affaires, Ulysse ! Je t’ai donc si mal élevé ? Jamais Michel ne se comporterait aussi grossièrement ! »


Cette fois, c’est la goutte d’eau. Furieux, Ulysse se tourne d’un bloc vers lui, tremblant sous l’effet de sa voix qui jaillit soudain de sa gorge comme le vomi hors d’un corps malade :

« Michel s’est barré et il s’en fout de nous, y a que moi qui accepte de m’occuper de toi alors si tu pouvais au moins une fois dans ta vie m’accorder un peu de reconnaissance, j’apprécierai ! »
« Vous n’avez pas le droit de me parler sur ce ton ! Mon fils va venir et vous… Michel ! Michel ! »


Abasourdi, Ulysse recule alors que les premières gouttes tombent. Ce n’est pas possible. Ca ne peut pas être pour ça qu’il a refusé d’abandonner son père, qu’il met peu à peu sa vie professionnelle de côté, qu’il a gâché sa relation avec Hamza. C’est ce que font les fils dignes, non ? Ils prennent soin de leurs parents… Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce toujours le même prénom qui revient comme une maladie ? À bout de nerfs, il se détourne de son père qui continue de s’énerver sous la pluie avec ses tube de peinture. Il ne veut plus le voir. La poitrine compressée, il rentre dans l’appartement, referme la porte et n’en peut soudain plus de tout ce qu’il a sous les yeux. Les murs ternes, les médicaments, les tâches de café sur la table, l’humidité le long de la fenêtre, le panier de linge sale qui déborde, le silence, les vieux livres, les photos d’enfance et la poussière sur les meubles, tout se fond en une même marée de médiocrité crasse qui se rue sur lui pour l’ensevelir. La gorge, le coeur, le ventre écrasés par ce trop plein écoeurant de rage, Ulysse frappe du poing sur le mur. Une fois, deux fois, trois fois, de plus en plus fort.

« Merde… Merde ! Merde merde merde MERDE MERDE MERDE MERDE !!! »

Un voisin frappe de l’autre côté de la cloison. Ulysse tombe sans forces sur le parquet et prend sa tête dans ses mains pour pleurer. Dehors, la pluie fait dégouliner la peinture le long de la toile, tachant l’herbe de couleurs hideuses.


18 janvier 2018.


Ulysse met du temps à se lever ce matin. Depuis quelques temps, il en a de moins en moins envie. En fait, il a du mal à avoir envie de quoi que ce soit. Il mange de moins en moins, devient famélique, s’épuise au travail et reste de longues heures allongé en silence sur son lit, sans bouger ni penser jusque tard dans la nuit. Ses collègues l’ont remarqué, beaucoup s’inquiètent de sa santé. James l’a invité au restaurant chinois de la rue d’à côté pour lui parler d’un établissement spécialisé dans la prise en charge des malades d’Alzheimer. Ulysse s’est contenté de sourire faiblement en hochant la tête, a pris les papiers et les a jeté en arrivant à la maison. À quoi bon ? Il est bien trop tard pour prendre cette décision. Ca ne changerait plus rien du tout… Avec un soupir, Ulysse finit par se lever, s’habiller et prendre les sous pour acheter le pain. Il jette un coup d’oeil dans la cuisine, aperçoit son père à côté de la gazinière et continue son chemin vers la porte.

« Boulangerie. »

Un bruit de chute et de vaisselle cassée lui répond alors qu’il ouvre la porte. Ulysse s’interrompt, la main sur la poignée, se retourne. Que se passe-t-il ? Son regard tombe sur le grand miroir qui traîne dans le couloir et qu’il n’a jamais pris le temps de descendre à la cave. Il y voit son père vautré dans le café sur le carrelage de la cuisine, agité de soubresauts, la main crispée sur la poitrine. Une chape de plomb glacée lui gèle tout le corps, l’immobilise sur le seuil, incapable de réagir.  Un million de pensées passent à toute vitesse dans sa tête, en arrière plan. Ulysse les entend comme à travers un long champ de neige. Il doit appeler les secours, non ? Quel numéro déjà ? A-t-il pris son portable ? Le téléphone fixe est peut-être plus prêt. Combien de temps mettront-il à venir ? Combien de temps faudrait-il pour que… Un grand voile blanc et silencieux tombe sur son esprit, ne laissant entendre que les battements de son cœur. Ulysse ne perçoit rien d’autre que sa pulsation lourde, effrénée, assourdissante alors qu’il pousse la porte et sort sur le palier. Il ne sait pas ce qui lui arrive alors qu’il descend les escaliers, pourquoi il sort dans la rue et marche vers la boulangerie alors que son père est en train de faire une crise cardiaque dans la cuisine. C’est mal ce qu’il fait, non ? Ce n’est pas ce que doit faire un bon fils… Mais il est bon fils depuis tellement d’années sans jamais être payé en retour. On ne peut pas lui en vouloir, n’est-ce pas ? D’ailleurs, il n’est pas vraiment en faute, son père est tombé juste quand il passait la porte. Il aurait très bien pu ne pas le voir, être allé à la boulangerie et revenir trop tard… Et quand il rentrerait, son père serait… Ulysse s’interrompt au beau milieu du passage clouté qu’il a traversé, soudain très pâle et tremblant.

« Mais qu’est-ce que je fais… Papa... »

Il fait demi-tour, la panique s’abattant sur lui à rebours. Il se met à courir vers l’immeuble qu’il vient de quitter, gravit les escaliers la peur au ventre.

« Papa !!! »

Il se jette sur la poignée, l’ouvre à la volée et le monde explose. Un souffle de feu surgit de nulle part le projette soudain en arrière, avec une partie des murs. Une brique l’atteint à la tête, brisant ses lunettes et plongeant le monde dans la nuit…

« Veux-tu y retourner ? »
« Quoi ? »
« Veux-tu revenir à la vie ? »
« Non… Pas à ma vie d’avant... »


29 janvier 2018.


Assis dans le bureau du notaire, Ulysse se retient de toucher son visage. Les points de suture le démangent et il a été obligé de remettre ses lentilles de contact car la branche de ses lunettes s’accrochait à son pansement. Il n’a plus l’habitude d’avoir une vision périphérique, s’étonne encore de voir nettement sur les côtés. Le cuir du fauteuil, le cadre sur le bureau, un peu abîmé sur le coin droit, les pelures de gomme à côté du stylo… Il s’étonne de beaucoup de choses, beaucoup de détails lui sautent aux yeux depuis son accident. Peut-être parce qu’il n’aurait pas du survivre, que les pompiers se demandent encore comment ils ont pu le retrouver vivant sous les décombres. Peut-être parce qu’il a fait un rêve très étrange… Le notaire s’adresse à lui pour lui parler du testament de son père et Ulysse fait un effort pour se concentrer. Maintenant que l’appartement a été détruit par l’explosion de la fuite de gaz, Antoine Tabarly n’a pas grand-chose à léguer à part la somme de son assurance vie et une petite maison de campagne dans le Morbihan où Ulysse n’a pas mis les pieds depuis des années. Ça et quelques menues possessions qui remplisse l’orphelin d’une mélancolie étrange, très détaché. Il devrait être triste que son père soit mort. Par moment, il lui semble que c’est le cas mais le sentiment est tellement diffus, tellement enfoui sous une profonde couche de lassitude qu’il arrive à peine à en discerner les contours. Rien à voir avec le torrent de fureur qui l’enflamme quand il voit soudain entrer dans le bureau la silhouette solidement découplée, le sourire et les pattes d’oie de son frère.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? »
« Voyons, Ulysse. C’était aussi mon père, c’est normal que... »
« Parce que tu te rappelles que tu as un père, maintenant ? Comment peux-tu débouler aussi vite après qu’il soit mort alors que tu n’es pas venu le voir une seule fois pendant qu’il était malade ? »


Il n’en revient pas. Ça fait longtemps qu’il a cessé d’idéaliser Michel, qu’il a compris que le fils prodigue ne reviendrait pas et que leur père ne faisait que s’abuser avec des chimères, se construire un rêve où son enfant chéri était trop occupé à être un grand homme pour leur accorder du temps. Mais ça, c’est au-delà de tout ce qu’il aurait pu imaginer. Ça, c’est la pire des bassesses.

« Ulysse s’il te plaît, je comprends que tu sois fâché. C’est l’émotion, c’est normal. Mais on vient de perdre Papa et il faut... »
« Tais-toi ! Je t’interdis de me parler comme si j’étais un enfant ou un hystérique ! Ça fait vingt ans que tu nous as abandonnés ! J’ai du m’occuper de lui tout seul, je l’ai laissé gâché ma vie  pendant presque dix ans alors je t’interdis de parler de mes émotions ! »


Ulysse s’est levé de son siège sous le coup de la colère pour planter son doigt dans le torse de son frère. Le notaire les regarde avec anxiété et tente de ramener le calme.

« Messieurs, je vous en prie, essayez de vous... »
« Pourquoi tu es revenu, Michel ? Qu’est-ce que tu fais ici »
« Ulysse... »


L’aîné pose ses mains sur les épaules de son frère pour essayer de l’apaiser mais Ulysse lui saisit vivement le poignet pour l’en empêcher. Sous le bracelet de sa montre, il sent battre son pouls sous ses doigts. Cette palpitation fulgurante au bout de son index lui fait un effet étrange. Une porte sombre s’ouvre dans sa tête…

« Pourquoi tu es là ?! Je veux te l’entendre dire ! »

Le regard de Michel change. Il perd son sourire, ses traits se durcissent. Ulysse sent soudain une avidité au goût bilieux lui poisser la langue alors qu’il contemple le visage de son frère.

« Je suis revenu pour l’héritage. »

Michel le repousse brutalement dans le fauteuil en cuir dont il s’était levé. Ulysse entend le notaire protester vivement mais il en a à peine conscience. La voix de son aîné résonne dans sa tête, dans ses os, se démultiplie en un écho rampant qui lui glace le sang, presse ses griffes contre sa peau.

« Tout est à moi. Je ne partagerai pas. J’étais son fils préféré, pourquoi je te laisserais quelque chose ? On n’a jamais eu besoin de toi, P’pa ne se souciait même pas de ce que tu pouvais bien devenir. Il n’en avait tellement rien à faire que si les services sociaux ne l’avaient pas prévenu de l’état lamentable dans lequel vous étiez rendus avec cette pauvre merde d’Arnaud, il n’aurait rien remarqué. Et ça aurait été très bien ! »

Ulysse saisit son frère par le col pour le secouer avec hargne, avant de se rendre compte qu’il n’a pas bougé. C’est Michel qui le brutalise, fait claquer les portes et les volets dans sa tête avec une haine qui lui coule sur la peau. Il en respire l’odeur, il en sent la matière au bout de ses doigts, la pulsation de sa jugulaire sous ses paumes alors qu’il serre de plus en plus. C’est ça. Il le hait, il l’a toujours haï. Il se hait...

« Il n’aurait jamais du faire un gosse avec ce minable, il aurait du vous laisser crever tous les deux dans votre crasse ! Et je vais réparer cette erreur, je vais faire ce que j’aurais du faire il y a longtemps !!! »

Des inconnus finissent par attraper Michel et le tirer en arrière avant qu’il ne l’étrangle. Ulysse reste prostré sans force au fond du fauteuil, regardant le visage déformé de son frère qui tente de revenir le tuer.

« Tout est à moi ! Papa et tout le reste ! À moi !!! »
« Il n’y a plus rien, Michel… Pour toi, il n’y a plus rien... »


Ses mains tremblantes viennent enserrer ses épaules alors qu’il se recroqueville sur lui-même. Il y a trop de bruit, sa tête est pleine. C’est vrai qu’il aurait du mourir. Il est déjà mort, après tout… La voix de Nana lui revient soudain en mémoire et il ferme les yeux car son visage est plein de terre.

« Ulysse… Ulysse… Mon bébé... »


16 juillet 2018.


Ulysse s’étire et fait jouer ses épaules avant de reporter le regard sur l’écran de son pc avec un soupir. Un pli contrarié barre son front alors qu’il relit lentement l’article sur le site de la secte. Ça ne va pas, il faut modifier ça. Tourner la phrase différemment, aller droit au but et moins se perdre en détours lyriques, très superflus de son point de vue. Un sourire ironique lui barre le visage quand il se rend compte que cette pensée résume bien son problème avec la secte.

Elle a changé sa vie pourtant. Après la tentative de meurtre de son frère, après qu’il ait soudain perdu la raison et fait voler en éclat le masque de perfection qu’il avait toujours arboré pour avouer sa haine viscérale à son égard, il lui a fallu longtemps pour comprendre ce qui s'était passé. Pour prendre conscience de la porte apparue dans sa tête, se rendre compte que toucher des collègues, des amis, des inconnus tout en l’ouvrant libérait des forces sombres et irrépressibles en chacun d’eux. Il a mis encore plus longtemps à réaliser qu’il n’était pas le seul à pouvoir influer sur les choses et le monde, et il l’a découvert par l’intermédiaire de cette secte étrange sur internet. Sur ce site où fleurissait à mots couverts les indices sous-entendant que l’homme à tête de loup qui lui a rendu la vie n’avait pas fait ce cadeau à lui seul, il a trouvé les réponses aux questions qu’il se posait depuis le début de l’année. Pourquoi est-il mort ? Pourquoi est-il revenu ? Pourquoi a-il désormais le don de faire jaillir la plus obscure vérité du cœur de ses semblables. C’est évident. Pour changer le monde comme il a changé radicalement d’existence en cessant de se perdre dans son propre mensonge. C’est pourquoi il a été puni en revenant sur ses pas, c’est pourquoi on lui a laisser une seconde chance, et c’est pourquoi il se sent de plus en plus à l’étroit dans les limites imposées par Viventem.

« Tu as tort, Bolton. Tu te trompes... »

C’est pourquoi il lui revient à lui, Lucifer, le porteur de lumière, de lui montrer la vérité. De montrer à tout le monde ce que l’univers pourrait être si chacun pouvait admirer la création de la Mort.



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Mer 3 Oct - 0:03
Wow je suis fan du personnage du début à la fin !
Rien que l'avatar ! Omg !!
Et le pouvoir est génial !

Bienvenue et bonne change pour ta fiche !

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Mer 3 Oct - 0:07
Merci Darren tu es trop cute

Je vais me dépêcher de finir ! gotta go fast

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+ Faudra que tu croises Darren, comme ça il sautera sur Orfeo <3

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Mer 3 Oct - 8:06
OMG Ce pouvoir, je suis dans la merde WAZAA
Mais Ratoooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon jotem WAZAA
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Mer 3 Oct - 9:25
Bonjour, et bienvenue sur le forum ! Une belle fiche en préparation, rien que de lire l'introduction et ton pouvoir... Et que de références... Yawn Bonne continuation !

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Mer 3 Oct - 10:49
Salutations à toi, jeune homme ! Chapeau !
Bienvenue sur le forum ! **

Je plussoie ! Ton personnage est un bel homme !
Je suis sûr et certain que Joshua le prendrait pour un aventurier se rapprochant plus d'Indiana Jones que d'un rédacteur du Guardian. Désolé pour toé !
Je le vois même imaginer quand fait, c'est Superman parce qu'il a des lunettes comme Clark Kent ! Même si ce n'est pas les mêmes lunettes et qu'ils n'ont pas la même tête !
En fait, je suis sûr que Joshua, rien qu'en croisant Ulysse, il sera capable d'avoir pleins de théories sur lui sans qu'Ulysse n'ouvre la bouche ! xDDD
Toi, je t'aime déjà d'avance ! **
Et très sympa, en effet, le pouvoir ! Il est super cool !
Enfin... du moment que tu ne l'utilise pas contre moi. xDDD

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Mer 3 Oct - 14:58
Ah mais je vais tous vous transformer en hooligan, c'est mort. Reload va devenir un forum post apo par ma faute (même si je pense sincèrement que je casserais ma pipe avant)

Keigo > Merci beaucoup Love you ♥ je suis content que tu les aies remarqués, ça me flatte !

Josh > tu me fais beaucoup rire parce que j'ai failli m'appelle Ulysse Jones avant que Tabarly ne s'impose comme une évidence xD il faudra qu'on rp pour que tu puisses espionner la double vie cachée derrière mes lunettes J'tassure !

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Jeu 4 Oct - 22:50
Ulysse Tabarly a écrit:
Keigo > Merci beaucoup Love you ♥ je suis content que tu les aies remarqués, ça me flatte !

Du Bellay ou Brassens ?

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J'ai lu. J'aime. C'est beau et triste. Michel il pue, je veux qu'il paye. Ulysse il me fait un peu peur des fois, mais je l'aime bien et je veux lui faire des câlins.

Love sur toi Love you ♥

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Lun 22 Oct - 13:20
Moooow, mais love sur toi-même ! Tu fais fondre mon coeur comme un chamallow dans un chocolat

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Moi c'est Gaufrette, trempez-moi dans du lait
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Mar 23 Oct - 22:44


Pré-validation de modérateur

« Et Ulysse arrive sur son cheval de boiiiis ! Pardon j’étais obligée ! D’abord on va souligner ce choix d’avatar super intéressant, je n’avais pas reconnu tout de suite! Ca lui donne un petit côté historien conteur Yawn On a un personnage assez complexe mais tu nous y as habitué n’est-ce pas ? J’ai vraiment hâte de le voir à l’oeuvre au sein de la secte j’espère que tu auras l’occasion de l’exploiter J'tassure ! J’aime toujours autant ton écriture, notamment le physique qui est vraiment fluide dans la façon dont tu le décris :3

Mais parlons de l’histoire, et quelle histoire ! Le début écrit du point de vue de Ulysse à à peine 4 ans est très poignant et vraiment bien écrit gaah je vais écrire ça dix fois ! =w= J’aime le déroulement de l’histoire où on voit comme sa vie se dégrade au fil du temps qui passe, avec un père qui ne le reconnaît à aucun moment alors qu’il est là pour lui, contrairement à l’autre connard de Michel J’ai eu envie de le frapper >< Leur altercation, franchement je m’y attendais pas à ce niveau d’égoïsme! Bref j’ai adoré ta fiche tu arrives à rendre les personnages vraiment humains, avec du relief, j’ai juste hâte de voir la suite, entre Viventem et le grand frère Sneaky »

Pouvoir ► Un pouvoir qui fait froid dans le dos, Vade retro satanas ! Tu vas nous rendre tarés WAZAA Pour moi les malus sont à la hauteur (le pauvre quand même i cri everitim )

Cohérence contexte ► Le petit oubli corrigé, tout vas bien J'tassure !

Orthographe ► Très peu de fautes, plutôt d’inattention rien de grave

Autre ? ► Bienvenue dans la Team Gaufrette Chaton! Yawn

Le staff est à ta disposition pour toutes questions ou informations complémentaires. Modérateurs ou administrateurs, n'hésites surtout pas. ♥️


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Mes jolis cadeaux !:
 

Merci Fanfan <3:
 
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R:Mortem
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Mar 23 Oct - 22:57
Ooooooooh, merci pour tous ces compliments, c'est vraiment gentil Vu l'heure honteuse à laquelle cette fiche a été finie, je suis très contente que ça passe ! Et quel honneur d'être dans une team aussi croustillante ! Je te ferai honneur, mon parrain au sucre

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Mer 24 Oct - 8:46


Tu es validé ! Bravo !

« Re-bienvenue sur le forum ! Ça fait plaisir de voir ton engouement pour le forum en faisant un nouveau DC qui traite bien du contexte actuel ! Sneaky C'est à l'unanimité je pense mais j'adore énormément ton personnage. Déjà pour l'avatar, ces lunettes rondes ne peuvent pas me tromper et j'approuve ! i kno ow 2 sing Le pouvoir est hyper cool et les malus aussi comme dit Gareth, ils sont à la hauteur mais je ne plains pas Ulysse. Yawn

Ulysse est hyper intéressant, le fait qu'il soit dans Viventem me plaît beaucoup beaucoup ! Le caractère et le physique sont biens écrits et on est déjà plongé dans "l'univers" d'Ulysse. L'histoire est encore plus plongeante, je n'ai pas du tout ressenti les 5000 mots comme tu disais, ça se lit facilement et sans difficulté, on s'attache aux personnages (sauf Michel lol) et ces histoires de papa avec alzheimer et d'héritage m'ont beaucoup touchée personnellement. i cri everitim On ressent tellement bien les émotions et les sentiments d'Ulysse, bravo. J'tassure ! Tu écris beaucoup trop bien, je t'envie ! WAZAA

Je vais donc sûrement te stalk un peu trop fort en lisant tes prochains rps, j'ai hâte d'en savoir plus sur Ulysse ! :3 »

• Tu peux dans un premier temps recenser ton avatar (et ton pouvoir si tu en as un), c'est très important ;
• Tu peux faire une demande d'habitation et/ou de lieu spécial si tu souhaites que ton personnage possède un endroit bien à lui;
• Et tu peux maintenant t'occuper de tes Rps, liens et autres carnets de bord dans cette section du forum !

Et surtout n'oublie pas de venir passer un coucou sur la ChatBox !
Amuses-toi bien parmi nous, au plaisir de te voir sur le forum ! ♥️

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