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Only human after all ▬ Félix

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Petit membre sans rang bouhou


Messages : 6
Métier : Thanatopracteur.
Pouvoir : Zombie.
Double(s) compte(s) : Ivan Miller ; Shiro Miyazaki ; Khalel Holloway ; Randy Goldstein.
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Dim 8 Juil - 18:20





 
Félix Jørgensen


Remember : I'm a mortician. You'll have to try real hard if you want to gross me out.


 

Nom : Jørgensen.
Prénom : Félix.
Âge : 29 ans.
Plutôt :  ┐(´∀`)┌

Origine(s) : Norvégien.
Métier : Thanatopracteur.
Groupe : R:Divers.

Pouvoir et description : Zombie.

Il y a longtemps que tu ne ressens plus la chaleur que procurent tes draps. Tu ne sais même pas pourquoi tu t’entêtes à te faufiler dedans, le sommeil t’as quitté depuis bien longtemps. Tes yeux rencontrent le plafond, et ta main se pose sur ta poitrine, aussi silencieuse que le cercueil d’un mort. Tes lèvres s’entre-ouvrent pour laisser échapper un soupir qui ne vient pas, et ton bras retombe sur le matelas aussi lourdement qu’une pierre frappe le sol.

Tu es un zombie. La plupart de tes organes vitaux ont, depuis ta mort, cessés de fonctionner. Littéralement. Ton cœur ne bat plus, tes poumons n’inspirent plus et ton estomac est un lointain souvenir. Entre autre, à part ton cerveau, plus grand-chose ne te sert dans ton corps. Tu ne manges plus, ne dors plus ; pas parce-que tu n’en as pas envie, mais parce-que tu n’en ressens plus le besoin. Plus aucun sang ne coule lorsque tu te blesse, plus aucune chaleur n’émane de ta peau peu importe les efforts. A vrai dire, tu ne te considère même plus humain. Tu es tout de même bien loin de ces êtres écervelés qui marchent aussi vite qu’une tortue à la recherche de chaire à dévorer. Fort heureusement.

Malus : Comme si ton pouvoir n’était déjà pas assez horrible ; il y a des moments où ton corps reprends subitement vie, déclenché par les émotions forte que tu peux éprouver ; l'amour, la haine, la peur, et bien d'autres. Ton être reprend du service et le liquide rouge qui fait fonctionner toute cette armée d’organes circule à nouveau. Malheureusement pour toi, tu ne contrôle rien, et ta peau qui a à peine eu le temps de cicatriser de cet incendie ravageur laisse échapper du sang par les endroits les plus brulés que tu possèdes. Cela dure quelques secondes, voir quelques minutes, le temps que ton corps reprenne un rythme de fonctionnement normal. Puis, quand ton émotion s'envole, ton corps meurt à nouveau.

Position de la marque et description : Un oiseau en papier, façon origami, d'à peu près 4cm sur ses côtes gauches. Félix assimile cette marque à une ébauche de phœnix, ayant été obligé de renaître de ses cendres mais étant loin de ressembler à un oiseau de feu.

Âge de la mort : 25 ans.
Cause(s) de la mort : Mort brûlé dans un incendie qu'il a lui-même causé.

►►


Mon pseudo sur le net : aesthetic kitten.
Âge : 22 ans.

Présence sur le forum : 5 / 7 jours
Que pensez-vous du forum : Je l'aime pas.

Le personnage sur mon avatar est : Dabi ▬ My Hero Academia.
Le code est :
Caractère
Quand le tas d’os t’as donné cette deuxième chance, t’es en quelque sorte passé du garçon obéissant et sage, au type politiquement incorrect et intenable que tu es maintenant. Ca a été l’électrochoc qu’il te manquait. Le coup de massue, la chute, le déclic ; c’que tu veux. Mais t’as changé. Au début tu pensais juste à glander dans ton atelier. Entre deux coups d’aiguille, tu pensais à Celle qui t’avais donné ce cadavre ; et pendant que tu maquillais son visage, tu te disais que c’était vraiment une putin de perte de temps. Qu’est-ce que tu fou là Félix ? Est-ce que tu vas vraiment laisser la mort refermer à nouveau ses crocs sur toi ? Ce n’est pas comme si tu avais voulu mourir, même si au fond vivre n’était pas la meilleure solution quant elle t’a emporté avec Elle.

Alors t’as changé, au grand malheur de ton entourage. D’abord, t’as arrêté de te laisser marcher dessus. Et puis quoi encore ? Tu ne voulais plus être un cleps, le bon toutou qui remue la queue quand on se rend compte de ses bonnes actions. Mais bien loin de devenir manipulateur, tu as plutôt acquis une bonne dose de confiance en toi. T’es un grand brûlé ? On s’en branle, ton vocabulaire est plus charismatique que n’importe lequel de ces croque-morts, juste là pour se faire du fric sur un macchabé. Tu parles soutenu, un poil vulgaire, et t’as de l’humour. Tout pour te faire détester, en fait. Tu charries, taquines, contredit les gens même quand tu sais avoir tord, juste pour le plaisir de les voir te tenir tête et cracher quelques postillons. Et t’hésites jamais, peu importe la personne, car t’as fait des études mine de rien et tu connais tes sujets de discussion ! Ca ne t’empêche pas de foncer dans l’inconnu de temps à autres, juste histoire de voir combien de temps t’est capable de tenir.

Car tout t’intéresse, t’es curieux, une vraie fouine. Bon t’es pas non plus Brigitte la concierge du quartier, espionne à ses heures perdues et détentrice de la recette parfaite de la quiche aux poireaux. Mais t’es pas mal dans ton genre non plus… Disons simplement que tu as les oreilles qui trainent ; et qu’elles t’ont rapportés bien sagement que le voisin du cinquième aller acheter son pain à neuf heure trente pile, tout ça pour aller tchatcher avec l’apprenti boulanger pendant la pause clope de son chef et que, s’il est de bonne humeur, il achète même trois croissants et une meringue en forme de caniche. Un altruiste, ce voisin ! Tu ne répètes pas, tu n’inventes rien, t’es pas là pour lancer des rumeurs, quand bien mêmes elles sont vraies ; tu t’intéresses juste à absolument tout ce qui t’entoure. Ca vient du fait que tu n’aimes pas entendre parler de toi, et c’est dire si les discussions à ton sujet fusent… Car tu n’aimes pas raconter ton passé, tu n’aimes pas parler de ton corps –du moins, pas sur un ton sérieux- mais les gens s’interrogent. Car ils sont humains. Et parler du branleur du quatrième étage est tellement plus facile que de se remettre en question. Le mois dernier il parait que, preux chevalier au secours de la veuve et de l’orphelin, tu as secouru une mère et son enfant bloqué dans un immeuble en feu mais que tu avais gardé bien des séquelles. Une autre fois, tu avais ouïe dire que c’était entièrement ta faute, toi jeune camé un peu trop accroc au sucre ; et qu’une soirée en montage autour d’un feu de camp avait mal tourné. Les deux sont toujours agréables que la réalité cela dit.

Ton humour, que tu utilises au quotidien, est sarcastique. Il est profond, noir, morbide. Une blague de Toto est au même niveau qu’une blague sur les juifs, ce qui en choque souvent plus d’un. Enfin en général, une fois qu’ils connaissent ton métier –qui te passionnes- plus rien n’est choquant. Tu évites d’ailleurs de t’étaler sur celui-ci… Par habitude tu dis simplement que tu travailles dans les pompes funèbres, thanatopracteur n’étant pas le premier boulot auquel on pense quand on parle de funérailles. C’est peut-être de là que vient ton humour ? C’est en tout cas ton excuse. Après une centaine de points de bouche sur des muscles refroidis, des dizaines de coup de pinceau sur une peau blême et quelques perruques cousues à même le crâne, plus rien n’a de tabou. Même pas le sens du papier toilette sur le dérouleur ou l’ordre du lait et des céréales.

Et si tes blagues sont d’un humour douteux et que ton comportement en général est celui d’un gamin un peu trop mature pour sortir des métaphores loin d’être catholiques, tu restes quelqu’un d’assez secret. Comme énoncé avant, tu n’aimes pas t’étaler sur ton métier. Mais tu es comme ça sur à peu près tout ce qui te concerne. Bon… T’aime bien rire sur tes performances rocambolesques au pieu quand bien même du papier de verre est plus agréable au toucher que ta peau, te descendre et rigoler sur ton malheur fait aussi parti de ton quotidien ; mais tu ne veux pas rentrer trop en détails sur ta vie privée. Tu restes évasif, tu contourne la conversation, au pire tu renvoies la question, mais jamais ne répond obéissant. Assez ironique, quand on sait que tu es un vrai fouineur.

Si tu es un vrai connard, tu sais quand même te montrer aidant. Pas trop non plus… Disons que t’es le genre de mec qui, quand ton pote nettoie le sol avec sa face après avoir glissé, se tape une bonne barre en se moquant avant de tendre la main. Un vrai ami, quoi. T’es à l’écoute quant il le faut, plutôt oreille attentive qu’en manque d’attention, et tu sais donner les bons conseils au bon moment, que ce soit à ton entourage ou a des parfaits inconnus dans le besoin. Personne n’est plus haut qu’une autre, plus respectable ou plus imposante ; tout le monde est à la même marche du podium, à égalité dans ta petite tête. Et c’est ta philosophie, la façon de laquelle tu vois ce qui t’entoure. Oui, Jean-Michel le clochard de la boulangerie qui fait l’angle est au même rang que le président des Etats-Unis, Donald Trump –même avec son bronzage pourrir et sa couleur canari-, tout comme l’horloger un peu cinglé au bout de la rue est égal à ces adultes qui regardent des séries pour gosses avec des poneys multicolores. Comment ça s’appelle déjà ? Des bronies ?

Et cette vision du monde a fait celui que tu es. Tu n’aimes pas les étiquettes, tu n’aimes pas en donner et tu refuses catégoriquement qu’on t’en donne une… Tu as mis longtemps à te trouver une identité que tu acceptes et comprends. Du coup, au quotidien comme en amour c’est un peu MacDonald, venez comme vous êtes. N’importe quelle personne saine dans un corps sain est capable de s’investir et de profiter d’une relation amoureuse, qu’elle soit blanche ou noire, homme ou femme, maigre ou obèse ; qu’elle ne sache pas qui elle est vraiment ou qu’elle soit en pleine remise en question. Tu n’as pas de goûts particulier, vraiment pas, tu prends les gens comme ils viennent, et tout se fait au feeling.

Au fond est-ce que ça compte vraiment qui tu es ? Puisqu’au fond, tu n’es plus totalement humain.

Physique
Tu n’es pas du genre à prendre soin de toi, Félix. Même avant ta mort, tu ne faisais pas bien attention à ton apparence ; et c’est encore moins le cas maintenant. Les gens te décrivent avec une allure dite de bad boy que tu ne cherches pas a avoir… Tu peux comprendre cependant qu’avec tes un mètre quatre vingt-deux tu puisses donner l’impression de marcher sur le monde entier. Mais tu ne vois pas où ils peuvent trouver les éléments restant à ta soi-disante apparence de mauvais garçon. Peut-être tes cheveux noirs, mi-longs, constamment en bataille. Tu n’allais pas te coiffer pour les morts… A quoi bon.

D’autres te qualifient de cas social, même s’ils ne le disent que quand tu leur tourne le dos. Tu sais, par-contre, qu’il s’agit là de ta peau pâle et ta maigreur. Difficile de prendre du poids quand on ne mange, ou des couleurs quand l’épiderme est mort, tout comme toutes les autres cellules de ton corps. Peut-être ton regard froid aussi, ajouté à cela leur couleur bleu-gris extrêmement claire, dû à la dépigmentation de tes iris. Et les poches de cernes. Oui, ça compte beaucoup.

Certains t’évitent, la plupart même, et tu sais également ici que tout vient de tes brûlures et cicatrices parfaitement visibles que tu n’essayes pas de cacher. A quoi bon ? Ton corps en est recouvert à presque soixante pourcent. Des plaques de peau à vif –ou pizzas, comme tu les appelles- rouges, mais sèches au toucher, arborant ton visage, tes avant-bras, une partie de ton bas-ventre et dos, et l’une de tes jambes notamment la cuisse. Les seules fois ou personne ne peut les voir, c’est quand ton pouvoir fais des siennes et que tu dois les couvrir de bandages, ou quand il fait trop froid pour porter des t-shirt. Celles sur ton visage ? Elles sont visibles au quotidien. Ça empêche certaines personnes de venir te parler et c’est pas plus mal.

Pour empêcher cependant les regards insistant, tu as tendance à t’habiller en noir et blanc. Pas de couleur vives, pas de logos qui attirent l’œil, que des fringues simples, basiques, passe-partout. Tu affectionnes particulièrement tout ce qui est déchiré, délavé, et les vestes en cuir.
Histoire
OOOOO« On a probablement tort de penser qu'il peut y avoir une limite à l'horreur que peut éprouver l'esprit humain. Au contraire, il semble qu'à mesure que l'on s'enfonce plus profondément dans les ténèbres de l'épouvante, une espèce d'effet exponentiel entre en jeu. Pour aussi déplaisant qu'il soit de le constater, l'expérience humaine tendrait plutôt à valider l'idée suivant laquelle l'horreur suscite l'horreur, une calamité accidentelle engendrant d'autres calamités - parfois voulues celles-là - jusqu'à ce que les ténèbres finissent par tout recouvrir à la façon d'une tache d'encre qui s'étale progressivement sur un buvard. »

Stephen KingSimetierre




Ça ressemblait à une danse, chaleureuse, t’accueillant dans ses bras de velours. Par amitié ? Par pitié ? Un sourire tire ton visage humide, et tes lèvres goûtent une nouvelle fois le liquide contenu dans ton verre. Tu pourrais également comparer ça à la lumière au bout du tunnel ; une expression que tu as souvent entendue, jamais tu ne l’as utilisée cependant. Peut-être que c’était la meilleure solution ; tu n’en doutais pas, mais tu ne l’avais pas vraiment souhaitée. Malheureusement, la meilleure comparaison que tu puisses utiliser actuellement serait plutôt celle qui t’incite à te jeter dans la gueule du loup et laisser les flammes continuer de faire crier ton parquet, brûler tes rideaux, fondre ta literie, jusqu’à te prendre dans ses mâchoires infernales pour t’avaler, lentement.

Ce sera la dernière fois Félix, la première et dernière fois que tu sauras définir avec autant de détails le mot « chaleur ».

- - -

La neige avait posé son manteau blanc sur la terre sale ; purifiant les lieux d’une épaisse couche de froid. À Harstard, en Norvège, tu es né en début d’hiver dans une température avoisinant les moins dix degrés. Deux pères, un grand-frère, une banalité. Un foyer, une porte en bois, des escaliers qui grincent, un feu qui crépite et un toit aussi vieux que le monde ; à croire qu’il allait s’effondrer à tout moment sous le poids des flocons. Un foyer aimant, jovial. Vraiment tu n’avais pas à te plaindre de quoi que ce soit. Tes parents étaient tous deux gardes forestiers ; ainsi ils travaillaient ensemble et ton grand-frère, Nikolai, s’occupait le plus souvent de toi en leur absence. Ils étaient présents le week-end et le soir et vous profitiez du mieux que vous pouviez du temps que vous ayez pu avoir ensemble… Mais il est vrai que ton grand-frère et toi aviez une relation plus que fusionnelle, ce qui n’était pas attendu étant donné votre différence d’âge de six ans. Oui, ils avaient attendu pour se décider d’avoir un dernier enfant, mais tu étais là en chair et en os, en pleine forme ; et à vous deux vous faisiez le bonheur de vos pères.

Tu avais cinq ans alors, ton frère onze, quand elle est arrivée. Une petite tête à peine blonde, des yeux bleus déjà profonds pour ses quelques heures de vie ; et elle lui souriait déjà, cette vie. Ce n’était pas un miracle pour la médecine moderne, même avec la disparition presque totale de la gente féminine sur terre ; mais c’en était un pour vous, pour votre petite famille modeste qui ne sortait pas du lot. Un petit brin de paradis dans un quotidien parfois trop compliqué à gérer. Tes parents l’appelèrent Mona, fruit d’amour et de cohésion entre vos parents et vous. C’est ce que tu pensais à l’époque, mais maintenant tu sais qu’il s’agissait de beaucoup de manipulations génétiques. Eh.

Et vous commenciez à grandir ensemble. Nikolaï veillait sur toi, et toi tu veillais sur Mona, ta petite princesse. Vos parents n’avaient aucun souci à se faire… Ils avaient la chance d’avoir trois enfants s’entendant à merveille même avec les années qui passent. Ton grand-frère réussissait haut la main l’école, ayant le rêve de devenir médecin, et ta petit-sœur encore trop jeune pour penser à l’avenir s'épanouit entre ses poupées et son maquillage pour enfant. Inquiet, tu passais ton temps avec elle… Dans l’inquiétude, elle avait passé une batterie de tests pour s’assurer que la maladie ne laissera aucune séquelle au genre féminin, qu’elle ne pourra plus désormais toucher ta sœur quoi qu’il arrive et que surtout, elle pourra grandir loin de toute la misère que cette maladie a engendré. Mona allait faire partie de ces nouvelles femmes fortes, elle allait pouvoir devenir belle, elle sera prisée de tous les hommes ; puis elle finira par trouver l’amour, elle fondera une famille. Tu pourrais même devenir tonton, qui sait. Son mari devra lui aussi passer des tests, mais auprès de toi, pour voir s’il la mérite vraiment. Personne ne toucherait à ta princesse sans que tu ne l’autorises… Jamais.

Et toi dans tout ça, Félix ? Tu te laisses un peu trop te faire effacer par ta famille… Bien trop obnubiler à aider ton frère dans ses révisions, et bien trop occupé à veiller sur Mona dès que tu le pouvais, ton cœur n’était pas à l’école. Il ne te venait pas à l’esprit de penser au futur, à l’avenir que tu pourrais avoir et à ce que tu voudrais faire plus tard quand ta fratrie sera partie de la maison. Ta famille était plus importante, le reste était secondaire. Tu n’étais pas mauvais, loin de là ; tu étais très bon en anglais, tu appréciais les mathématiques et le sport, mais le reste n’était pas ta tasse de thé. Et par-dessus tout, tu n’aimais pas les autres élèves. Tu avais bien essayé de te faire des amis, et tu avais bien cru y arriver, mais ils étaient trop différents de toi… Un peu trop perturbateurs, trop bavards. Un peu trop tout en fait. Tu ne les aimais pas, ils ne t’aimaient pas. Ainsi l’école n’était pas ton lieu de prédilection suprême et tu préférais de loin être chez toi avec ta famille, la seule qui te comprenait, plutôt que de potasser sur des fonctions vectorielles ou de savoir comment acheter du pain en anglais. C’est donc bloqué dans cette optique qu’à tes quinze ans tu rates ton premier diplôme, celui du collège. Rien de bien important, tes parents ne s’inquiètent pas, ce n’est pas une évaluation bien importante et les lycées ne refusent pas l’inscription à ceux qui ne l’ont pas. Mais tu rates également le second, qui lui te vaut plusieurs remontrances.

Alors, pour remonter dans l’estime de tes parents, tu décides de chercher un vrai métier. Peu attiré par les beaux avenirs comme chef d’entreprise, architecte et tout ce qui s’en suit, tu optes pour la facilité, la liberté et la découverte : ambulancier. Un parcours d’études simple que tu commences à tes dix-huit ans dans l’optique de peut-être pouvoir travailler avec ton grand-frère plus tard. Et c’est dans ces études, plus courtes et plus intéressantes que tu parviens finalement à te faire quelques amis et à t’écarter du cocon familial qui commençait après quelques années à légèrement t’étouffer. Ton permis en poche tu pouvais les rejoindre les week-ends dès que l’envie te prenait, les écraser à Call of Duty, boire une vodka-coca et fumer un joint dans une bonne ambiance. Tu te socialisais enfin, au bonheur de tes pères qui ne savaient pas ce que tu faisais en cachette. Ça te paraissait bien innocent, et ils n’en sauraient toujours rien que tu aurais déjà stoppé tes bêtises. Juste le temps des études, c’est ce que tu te disais ; toi adolescent ni trop rebelle, ni trop sage. Juste ce qu’il faut.

Et c’est à l’une de ces soirées imprévues, organisées en quatre textos et deux appels, que tu fais la connaissance de l’homme qui allait ouvrir la porte des enfers. Quelques mots échangés, une dizaine de verres vides en face de vous, quelques lattes sur un joint commun ; et tu avais bien voulu emprunter la porte, descendant simplement sur la première marche des escaliers, prêt à rencontrer Satan. Le lendemain de cette fameuse soirée, tu ne savais pas où tu étais. Ces murs n’étaient pas ceux de ton ami, mais tu reconnaissais bien le visage de l’homme en face du tien. Tu essayes donc de te souvenir, et quelques bribes te reviennent difficilement alors que les restes de vodka tambourinent ton crâne. Allan, c’est son prénom. Un aspirant comptable avec beaucoup d’ambitions, comme celle de devenir chef, directeur. Dix-neuf ans ? Oui, c’est bien ça. Tu te remémores tout petit à petit, et deux bras viennent encercler ton torse pendant qu’il te sourit, lèvres fermées. Des yeux d’un bleu pur, doux, aimant, s’offrent à toi. Et tu sais alors, tu sais que tu n’allais jamais pouvoir résister à cet homme. Et tu ne le savais pas encore, Félix, mais cet homme était Satan.

Et vous continuez de vous voir ; habitant seul tu dors même souvent chez lui. Tu ne perds cependant pas ton but, celui de devenir ambulancier ; mais tu profites d’Allan autant que tu le pouvais. C’était ta première relation. Tu n’en avais pas vraiment cherché une, elle s’était présentée à toi et tu l’avais acceptée sans broncher, heureux de pouvoir partager quelque chose de puissant avec une autre personne qu’un membre de ta famille. Un sentiment d’amour et d’appartenance. Et, un peu égoïstement, tu ne le présentes pas à ta famille. Tu le voulais pour toi seul, tu voulais qu’il soit ton petit paradis, ton îlot de paix où te reposer, une épaule sur laquelle dormir. Lui non plus ne souhaites pas te présenter ses congénères, ce qui est normal puisque tu ne le désirais pas non plus. Le monde autour de vous était futile quand vos peaux se touchaient, plus rien n’avait d’importance quand vos lèvres se dévoraient mutuellement. Tout était parfait. Vous ne vous voyiez que chez lui, parfois en soirée et rarement en ville. Tu y vois l’envie de rester cachés, car personne autour de vous ne sait que vous êtes ensemble. Et c’est mieux comme ça, te dit-il. Ce que tu comprends, et tu adhères également à l’idée. Vos seuls moments ensemble étaient donc cloitrés dans un appartement en centre-ville, généralement nus sous les draps avec pour seule discussion vos souffles saccadés, parfois coupés, et vos gémissements à l’unisson.

C’est à tes vingt ans, à l’obtention de ton diplôme, que tu trouves ton premier travail. Non pas avec ton frère, mais tu travailles bel et bien ! Tu rends ta famille fière, Mona te félicite et tu la prends dans tes bras comme le grand-frère parfait que tu es pour elle. Ce travail te réussissait bien, tu étais heureux, et tu obtiens rapidement les économies qu’il te faut pour te prendre un petit appartement toi aussi, Allan ne préférant pas s’installer tout de suite avec toi. Ce que tu comprends aussi. Vous continuez toujours de vous voir, cette fois chez toi également. Tout se passait pour le mieux ; ta vie était un conte de fée, ce que tu aurais voulu avoir si on t’avait demandé plus petit.

Et c’est là évidemment, que tu as commencé lentement ta descente. Ton appartement était devenu le seul endroit où Allan voulait bien te voir. Tu lui avais bien proposé de sortir en ville, d’aller voir un film, mais ça n’allait jamais. Et alors que tu voulais passer aux choses sérieuses avec lui, avoir une relation officielle et que tout le monde sache qu’il t’appartient, tu décides de faire le premier pas. C’est un soir d’hiver après des ébats mouvementés que tu lui demandes de rencontrer ta famille le plus simplement du monde, en omettant le tact que vous aviez détruit il y a bien longtemps. Et alors qu’il commençait doucement à reprendre sa respiration celle-ci fut coupée, stoppée net dans son nouveau rythme. Il te regarde, avec cet air étonné, collé sur son visage. Avant de se mettre à rire doucement, te faisant sourire. Après quelques secondes, il replonge son regard dans le tien, avec un très honnête « pourquoi ? » qui sort de ses lèvres. Alors tu lui expliques tes intentions, celle de vivre avec lui, de continuer de partager ces sentiments, d’officialiser cette relation que vous aviez depuis maintenant deux ans et demi.


« Je n’en vois pas l’utilité. »


Ta poitrine se creuse, se faisant presque aspirée par ton matelas acheté d’occasion, et il était difficile de réaliser avec les ressorts. Tu ne sens presque plus tes organes, passant du chaud au froid, jusqu’à ne sentir que ton cœur battre violemment contre ton torse. Ce n’était que quelques millièmes de seconde, mais elles avaient été sèchement décisives pour votre avenir ; ou plutôt le tien. Dans l’incompréhension totale, et dans une douleur que tu voulais rapidement arracher de ton corps, tu essayes de t’exprimer. Tes mots s’emmêlent, tu bégayes. Tu prononces tes sentiments comme s’il s’agissait d’un vœu de fidélité prononcé à l’église, ne te voyant pas du tout porter le costume de cérémonie propre à ces occasions.


« Je n’en veux pas Félix, juste comme on est c’est très bien. »


Mais tu ne comprends toujours pas à vrai dire. Tu retournes ses paroles dans tous les sens, tu examines son visage avant de regarder le plafond qui pourtant ne t’attire pas plus que ça, avant que ton regard ne fuie vers le mur derrière Allan, puis de nouveau son visage. Tes pieds ne touchent plus sol, tu n’arrives plus à sentir tes mains, et tu ressens le besoin irrépressible de dire tout ce que tu as sur le cœur. Ce qu’il t’empêchera de faire ; car il n’avait aucunement envie de faire face à un drame amoureux alors que de toute évidence, pour lui, il n’y avait rien depuis le tout début.


« Juste du sexe, rien de plus. »


Alors, pendant que tu combattais l’envie affreuse d’hurler dans un oreiller, ton cerveau eu cette brillante idée de retenir les idées importantes de cette brève et grave conversation. « Juste comme on est, c’est très bien. »


- - -


Il n’y avait donc que ce que vous étiez à l’époque. Des rideaux fermés, de la baise, et des sentiments à sens unique que tu n’arrivais pas à étouffer. Le sentiment de solitude rejoignait désormais celui de plénitude dans la course ; une course dont l’arrivée te semblait bien trop loin pour réussir à survivre avant de l’atteindre. Ce que tu ne savais pas, c’est que tu allais finir par y arriver, plus vite que tu ne le pensais.

C’est après une après-midi à faire vos petites affaires habituelles que tu lui annonces qu’il doit partir, car tu as des choses à faire et un endroit où aller. Ce que tu avais oublié c’est que tu étais allé le chercher chez lui, et que tu devais donc également le ramener. C’est donc ce que tu fais, en profitant pour aller faire ce que tu devais faire avant, c'est-à-dire aller chercher ta petite-sœur à la bibliothèque pour la ramener chez tes parents. Inutile de préciser à Allan qu’il devait faire comme s’il était un ami, puisque c’est ce qu’il était, à ton plus grand malheur. Il n’y avait pas de mal à ce qu’il rencontre Mona quelques minutes, ce ne sont pas des présentations en bonnes et dues formes, donc tu respectais bien les closes d’un contrat que tu n’avais pas signé. Elle t’embrasse sur la joue, prononce un bref bonjour à ton ami, et tu la ramènes en première, avant de déposer Allan qui te salue de la main, pour ensuite repartir chez toi, morose.

Las, ta vie prenait un tournant ennuyeux, et les envies de rester enfermé chez toi et de ne sortir seulement pour aller travailler ou voir Allan étaient attirantes. Il te fallait mettre quelque chose de plus dans ton quotidien avant de tomber dans une déprime infernale. Tu profitais d’Allan autant que tu le pouvais, quitte à souffrir, mais tu voyais bien que tu ne pourrais jamais l’avoir et qu’il fallait revoir tes plans. Trouver un objectif, peut-être une passion, quelque chose qui te donne envie de poser tes pieds sur le sol de ta chambre le matin, après être sorti de tes draps. Et c’est lors d’une intervention fortuite que ça te parle. Le malheur des uns peut faire le bonheur des autres ; et alors que le patient de l’infirmier que tu conduisais vers l’hôpital rend son dernier souffle après maintes tentatives pour refaire battre son cœur, et après que le-même infirmier t’ait demandé d’aller directement devant les portes arrières de la morgue de l’hôpital, ça te frappe. C’est ça ta vocation Félix, tu le comprends immédiatement. Et aussi étrange cela puisse être, la décision était toute prise. Tu allais t’occuper des morts. Ceux qui ont besoin d’aide, sans la demander, et surtout ceux qui ne te feront pas chier, quoi qu’il advienne.

Il te fallut deux années de plus, ayant déjà les bases, pour devenir Thanatopracteur. Deux années pendant lesquelles Allan n’était plus ton centre d’attention, deux ans où vous vous voyiez à peine, jusqu’à plus du tout malgré d’encore de très forts sentiments pour lui. Un nouveau diplôme en mains, et un nouveau job aussi, engagé par les pompes funèbres de ta ville natale, que démarre ta nouvelle vie. Travailler avec les morts, leur offrir un bref deuxième souffle, et aider les familles à faire leurs deuils plutôt que d’essayer de les sauver en violant tous les codes de la route tel un ivrogne en fuite. Et oh, comme ce travail est passionnant… Tous les jours sont différents, rien ne se ressemble ! Tes parents avaient étés un peu surpris de ton choix, mais ils finirent par être heureux de te voir faire ce qui te plait, tout comme ton frère et ta sœur.

Et tu avais enfin plus de temps pour Allan.
Allan qui, étrangement, n’en avait plus beaucoup pour toi.

- - -

Elle avait fait les choses bien, ce jour là. La vieille table du salon de vos parents connaissait une nouvelle fraîcheur sous cette nappe parfaitement fleurie. Les serviettes étaient en papier, mais elles étaient finement pliées dans une forme étoilée pour feinter un tissu. Bien joué. Bien joué Mona. Le ménage avait été fait par votre père avec son aide, le jardin nettoyé de toute feuille morte, la cheminée dénoircie ; le paquet. Car aujourd’hui était un jour pas comme les autres, un grand jour. Et toute la famille était conviée. Ton frère, tes parents et toi.

C’est après quelques remarques, quelques questions posées au bon moment, que Mona avait fini par avouer fréquenter quelqu’un. Un garçon qu’elle a décrit comme étant gentil, attentionné, propre et bien dans ses baskets. Voulant dire par là bien entendu qu’il avait les pieds sur Terre et savait ce qu’il voulait faire de son avenir, tout comme de son présent qu’il tenait fermement entre ses mains. Forcément, tes deux pères étaient aux anges. Bien loin de ton frère et toi, aux aguets, prêt à défendre votre petite-sœur si le jeune homme ne vous plaisait pas.

C’est donc le regard terne que vous vous tournez vers la porte d’entrée, prêt à le fusiller du regard sans vrai raison, quand la petite blonde de dix-sept ans ouvre cette même entrée, prête à faire entrer l’homme qu’elle voulait vous présenter. Et c’est à ce moment précis, Félix ; c’est à ce moment précis que les escaliers que tu avais réussi à remonter petit à petit, en deux ans, ces hauts escaliers, lugubres, cette descente aux enfers affreuse que tu avais vécu, repris le dessus sur ton être.

Se tenait à l’entrée un être à la fois adorable et méprisable. Des mains que tu avais trop souvent touchées, des cheveux que tu avais bien des fois humés, et des lèvres que tu avais milles fois embrassées. C’était bel et bien Allan dont tu n’avais plus de nouvelles depuis deux ans qui tenait ta petite-sœur par les hanches, signe d’appartenance, devant tes yeux ébahis. Tu n’y avais même pas pensé, tu n’aurais même pas pu l’imaginer ou le rêver, car c’était tout bonnement inconcevable qu’il partage quelque chose avec Mona. Et comme quand il t’avait annoncé vouloir simplement rester ami avec toi, les sentiments s’entremêlent une nouvelle fois. L’amour, la haine, l’incompréhension et la jalousie. Car ta sœur avait réussi à obtenir ce que toi tu avais cru avoir… Et la confiance en toi que tu avais réussi à construire s’écroule sans que tu puisses faire quoi que ce soit, impuissant, devant un spectacle sans mots.

Bien sûr, ton premier réflexe est de te lever pour te diriger vers la salle de bain. Tu aurais aimé courir, mais tu ne voulais pas éveiller des soupçons ou l’inquiétude auprès des tiens. C’est avec douceur que tu ouvres la porte, et la referme, avant de te ruer vers les toilettes pour positionner ta tête au dessus de la cuvette. Tu la remplis douloureusement avant de poser ton menton sur le plastique blanc que tu espères propre. Au fond tu t’en foutais un peu, mais quand même. Quitte à vomir, autant que ce soit sur une cuvette désinfecté.

Tu ne savais pas vraiment ce qui était le plus malsain dans cette situation.

Qu’il touche ta sœur avec les mêmes doigts qui t’ont touché ?
Qu’il puisse n’avoir aucun remord à arracher ton cœur, puis te prendre Mona ?
Ou qu’il agisse comme si de rien était.

Comme si tu n’avais jamais existé, en fait.

- - -

Une année s’est écoulée. Une année où tu avais évité de t’approcher de trop près de la relation amoureuse de Mona. Le qualificatif amoureux était bien utilisé puisqu’ils étaient encore ensemble, donc de toute évidence, amoureux ils l’étaient et le sont. Ton travail prenait alors toute ton attention, seul moment où tu arrivais à penser à autre chose qu'à ta vie amoureuse foireuse, refusant de t’avouer qu’elle était tout bonnement inexistante. Et pourtant, la souffrance était bien omniprésente.

Et comme tu cherchais à t’éloigner de ta famille, tu cherchais également à éviter du mieux possible Allan. De ce fait, tes amis n’avaient plus d’importance pour toi. Dans un premier temps car tu t’étais bel et bien assagi contrairement à eux. Même si tu n’avais pas dit adieu à l’alcool, la drogue était devenue futile, ce qui n’était pas de leur avis. Plus dans le même univers, tu n’avais pas l’envie ni ne trouvais aucun intérêt à partager du temps avec eux. Tu aurais pu dire que tu avais changé de relations en te trouvant des collègues de travail sympathiques ; mais la seule compagnie vraiment intéressante là-bas, c’est les morts, et pourtant Dieu sait qu’ils n’ont pas grand-chose à dire.

C’est dans cette spirale de solitude que tu te renfermes sur toi-même, ne connaissant alors que les allers-retours entre ton sous-sol des pompes funèbres et ton appartement aux rideaux fermés. Le monde extérieur, inintéressant, était à éviter désormais.

Où sont tes ambitions, Félix ?

- - -

Tes doigts avaient froissé le papier sans que tu puisses t’en rendre compte. Intentionnellement. Tes clefs accrochées rapidement à ton petit doigt par l’un des anneaux qui les maintenaient ensemble, tintaient entres elles à cause de tes tremblements incessants. Puis, cette fois-ci dans la plus grande des consciences, tu déchires le carton. Tu l’émiettes, le roules en boule, en perds des morceaux, avant de le jeter à terre. Tu refermes violemment ta boite aux lettres, brisant presque la petite porte en fer, et t’enfuis vers ta voiture pour aller travailler.

Est-il plus blessant d’avoir le cœur détruit par le fiancé de sa petite-sœur, ou d’être prévenu par courrier de leur prochain mariage ?

- - -

Tu as eu vingt-cinq ans Félix. Une nouvelle année est passée. Une année à ruminer, à tourner en rond dans ton petit deux pièces. Tu t’étais finalement résigné, aujourd’hui, à aller au mariage de ta petite-sœur. Ils font encore la fête à ce moment-même alors que tu as préféré rentrer, prétextant avoir une urgence au travail et que tu devais t’y rendre au plus vite. En réalité, tu étais bêtement assis dans l’un des fauteuils de ton salon, entrain de fumer l’intégralité de ton paquet comme si quelqu’un avait prévu de te le voler. Tu avais bien entendu pris la peine de piquer une bouteille de champagne au banquet, histoire de rendre cette journée un poil plus sympathique.

C’est les rideaux fermés, une bouteille à moitié vide, et un paquet de cigarette à moitié plein –ou à moitié vide- que tes yeux fixent le plafond de la pièce. Tes yeux piquent un peu, tu as du mal à les garder grands ouverts à cause de la fatigue, physique et morale, et des larmes qui avaient séché tes paupières. Tu n’as plus aucune notion du temps, ni de la douleur. Tu n’as plus de motivation, plus d’envie, plus d’ambition. Plus grand-chose, en fait.

Tu as du champagne. Le pied !

Le mal-être a définitivement pris le dessus sur toi. Tu as longtemps lutté, mais la bataille était apparemment perdue d’avance, et tu t’en rends enfin compte grâce à ce super plafond blanc, aussi vide et dénué de sens que ta vie.

Tu finis alors ton verre de champagne.
Tu tires sur ta cigarette et recrache la fumée.
Tu te remémores les petits-fours au goût d’éponge.

Et tu jettes ta cigarette d’un geste nonchalant contre tes rideaux.

Et c’est seul, assis sur ton fauteuil, que tu meurs Félix. Brûlé vif, pour ressentir une dernière fois un vrai sentiment. De la chaleur, des brûlures, de la souffrance, une vraie souffrance. Les flammes te happent rapidement. Et tu fermes les yeux, prononçant un au-revoir magistral à ta vie dont tu ne voulais plus, pour rien au monde.


Et tu les rouvres brusquement. Tu relèves ton torse dans un spasme, arrachant ce qui semblait être une perfusion au passage. Et tu t’étouffes. Un homme en blouse blanche arrive rapidement pour t’enlever le tube dans ta gorge qui t’empêche de respirer. Et tu craches. Du sang recouvre les draps dans lesquels tu te trouves, ta vue est obstruée par ce même-sang, des gouttes coulent le long de tes tempes. Rapidement d’autres hommes s’approchent de toi. Tu ne comprends pas. Ta peau te brûle Félix, ta chair à vif, tes muscles enroulés dans tes bandages ; tu as à peine le temps de voir autour de toi que tu te rendors.

- - -

C’était il y a trois ans. Deux ans où tu es resté en Norvège. Et une année à t’habituer à ta nouvelle vie, ton nouveau pays, ton nouveau corps. Comme Allan, la mort n’avait pas voulu de toi ; c’est redondant à force. Alors, si tu ne pouvais pas mourir, tu allais partir. Loin de cet enfer, loin de ton ancienne vie, loin de ta famille.

Tu avais rapidement compris que quelque chose ne clochait pas chez toi tout d’abord, avant de partir. Tu avais compris que tu étais mort, mais revenu à la vie ; avec de belles cicatrices de guerre. Et un pouvoir qui n’en était pas vraiment un.

En sortant de l’hôpital, où tu n’es pas resté bien longtemps au vu de ton bilan médical où n’y figurait que des brûlures au deuxième degré profond –ce qui pour un incendie est vraiment peu-, tu t’es peu à peu senti étrange. Au fil des jours, ton appétit s’était envolé tout comme ta soif… La nourriture ne te faisait même pas envie, ou alors vraiment par pure gourmandise. Tu as également remarqué que, outre tes zones de brûlures où la chair est à vif et rouge, ta peau s’était éclaircie et ne cicatrisait pas aussi bien qu’avant. Tu finis également par ne te sentir plus respirer ; et après quelques tests où tu bloquais ta respiration pendant de longues minutes tu compris que tes poumons ne fonctionnaient plus. Et c’est après avoir posé une main sur ton cœur qui s’avérera être aussi silencieux et agité qu’une pierre que tu compris quel était ton fameux cadeau.

Tu n’étais rien d’autre qu’un mort-vivant. Un zombie. Un qualificatif qui t’allait à merveille avec ta peau de grand brûlé… Au début, tu t’es inquiété… Avant de te rendre compte qu’au final, ça ne changeait pas beaucoup ta vie de tous les jours, à peu de choses près. Mais dans la finalité de ne pas faire peur à ta famille, et aussi pour t’éloigner définitivement des jeunes mariés, tu décides de partir définitivement de ton pays natal pour t’installer en Angleterre. Quelques mois ont suffi pour que tu apprennes ce qu’il te restait à apprendre sur la langue et, après ces mêmes mois de galère, tu obtins un travail aux pompes funèbres de la ville de Niflheim.

Plus rien ne s’était manifesté concernant ton corps, tu compris que tu étais bel et bien mort physiquement parlant, et qu’il fallait que tu fasses attention à ne pas te blesser. Impossible d’aller chez un médecin, encore moins de débuter une relation amoureuse, tu te plais dans ta nouvelle solitude, prêt à en découdre avec les autres morts pour vivre uniquement de ton métier.


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Dim 8 Juil - 19:40
Bonjour et re-bienvenue sur le forum ! SQUEE

Oh. Mon. Dieu. omg

J'aime tellement ta plume et ton personnage ! L'histoire est prenante, ta marque originale, ton métier atypique, franchement, j'aime. Vraiment. ♥️

Bon courage pour ta validation, et à bientôt sur le forum ! Sneaky


(PS : Peut-être qu'un rp ensemble serait fort intéressant, notamment avec le pouvoir de mon personnage et sa personnalité. Bref, je te laisse t'installer, et à bientôt peut-être ! Sweet dance)

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(Merci, pa-parrain ♥️)

Matthew te parle anglais en darkviolet
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Ptdr t'es ki

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Ya pas le bon code je propose qu'on refuse cette validation J'tassure ! Sneaky

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Lun 9 Juil - 14:22
Enfin - WTC Putain depuis le temps que je l'attendais cette fiche, tu me vends du rêve J'tassure !!!!! Jotem, j'adore ta plume et j'espère avoir un rp avec toi un jour ou l'autre, entre cramés (Eze) on pourrait s'entendre *wink wink*

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Lun 9 Juil - 14:41
Bonjour à toi! merci pour cette fiche magnifique d'une belle composition et au pouvoir... effrayant. bonne continuation via la validation !!

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Merci Oliver et le staff d'Avril !
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Lun 9 Juil - 16:22
J'adore ton personnage de A à Z, il est génial omg *^*
Re-bienvenue chez nous en tout cas o//

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