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Adal Ingvarson ~ Ce n'est pas l'homme qui prend la mer, mais la mer qui prend l'homme.

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R:Element



Messages : 71
Localisation : Entre Terre et Mer
Métier : Skipper/Prof de Voile/Blogueur
Pouvoir : Cryokynésie
Humeur : Who cares ?

Double(s) compte(s) : Lennart Campbell
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Dim 4 Mar - 12:15

     

       

         
Adal Ingvarson

         
       

       
     Nom : Ingvarson
     Prénom : Adal, Izxi, Erik
     Surnom : Ad’, Ada’(celui qu’il préfère), ‘Dal. Il vaut mieux éviter Jack Frost et Mister Freeze.
     Âge : 35 ans (né le 16/12/1982)
     Plutôt : Information classifiée.

     Origine(s) : Moitié Islandais, moitié Touareg d’Algérie pour les origines. Sinon Franco-Islandais pour la nationalité.
     Métier : Moniteur de voile et skipper -sert de cobaye sur les Pogo créés par sa sœur et son père-; chroniqueur web  (actualités économiques et politiques, relations internationales, mais aussi Culture, Art, Philosophie...). Ancien tireur d’élite dans l’Armée Française (engagé 10 ans).
     Groupe : R :Element

     Pouvoir et description : Kryokynésie
     Il peut geler tout ce qu’il touche, effleure, ce sur quoi il souffle ou même simplement créer de la glace sans qu’elle ne pré-existe, avec un maximum de 3m3 en une seule fois. Il peut également givrer, geler ou congeler un objet (pratique quand on oublie le sac congel’ pour les courses) ou le contraire. La température minimale que sa glace peut atteindre est -25°C, le givre est à 0°C.
Il contrôle toute glace (ou matière glacée à travers l’eau gelée contenue dans cette matière) entre 0 et -25°C.  Pour la glace qu'il crée depuis rien : il peut la modeler à sa guise et tant que son pouvoir est actif, ladite glace ne fond pas. Pour de la glace qu'il ne crée pas, il a un contrôle plus relatif sur celle-ci : plus il y en a, moins son contrôle est fin et plus il lui coûte. Autant dire qu'il ne risque pas de dévier la course d'un Iceberg d'un claquement de doigts (du moins pas sans filouter et modifier sa forme pour jouer sur sa trajectoire).
     Malus : - Sa température corporelle normale est désormais de 36°C environ... résultat il est plutôt frileux.
     - Il supporte très mal la chaleur (au-dessus de 30°C ressenti ça commence à être difficile pour lui)
     - Sa température corporelle chute de 0,5°C/mn/0,5m3 de glace produite ou de 1°C/mn/5m3 de glace qu'il contrôle. Étant donné qu’il est normalement à une température basse, il se retrouve rapidement en hypothermie légère voire modérée. Sa température remonte cinq fois plus lentement que le temps pendant lequel son pouvoir a été utilisé (1 mn de pouvoir = 5mn de récupération minimum)
     - S’il utilise le toucher ou son souffle pour geler/givrer quelque chose, le coût en température corporelle est moindre mais ses mains ou ses lèvres sont givrées le temps qu’il utilise la Kryokynésie.
     Position de la marque et description : Un motif réaliste de flocons de givre qui remonte de son aine sur sa hanche gauche sur 15cm (6-7 cm de large).
     Âge de la mort : 31 ans
     Cause(s) de la mort : Snippera bien qui snippera le dernier. Et c'était pas lui. Tir de précision en plein cœur.

     
►►


     Mon pseudo sur le net : Eva
     Âge : Toujours majeure

     Présence sur le forum : 7 / 7 jours
     Que pensez-vous du forum : Je fais un DC, ça parle tout seul, nan ? ♥️

     Le personnage sur mon avatar est : Loki Laufeyson, incarné par Tom Hiddleston dans les films Thor et Avengers
     Le code est :
     
Caractère

Exigent ~ Cultivé ~ Introverti ~ Discret ~ Cynique ~ Pragmatique
       Mais aussi…
   Idéaliste ~ Patient ~ Calme ~ Entier ~ Indépendant ~ Sensible

     Adal apparaît comme un être analytique, calme, structuré, passionné dans ses convictions et aux actions franches mais souvent exprimées avec retenue. Il n’hésite pourtant pas à agir, mais ne demande quasiment jamais d’aide dans ses projets : difficile de suivre son rythme et ses exigences, à dire vrai. Lui-même a l’impression qu’il est incapable de cesser de réfléchir, toujours une idée, un projet, un petit rien tourne dans sa tête. Il travaille ainsi mieux seul qu’en groupe, peu tolérant avec ceux qu’il va considérer comme creux, peu ou pas assez curieux, éduqués ou cultivés au point d’en devenir acide, arrogant. Dans le doute, il tend à fuir ce genre de compagnie. Extrêmement patient pourtant, c’est aussi un très bon pédagogue qui aime partager son savoir, son point de vue, ses passions... du moment que son 'élève' fait preuve d'intérêt et d'engagement. Il laisse le droit d'être 'ignare' du moment que la volonté de quitter cet état est présente.

 Très ouvert d’esprit et curieux, il n’est pas prompt à juger et à classer les gens en ‘bons/gentils’ et ‘mauvais/méchants’, son sens moral n’étant pas absolu : comprendre est pour lui bien plus important qu’accepter les yeux fermés un savoir-vivre, une règle. Tout peut être remis en cause, repensé, réfléchi. Ainsi, s’il ne va pas nécessairement déroger aux règles de la société, au formalisme de la bienséance, ce n’est que parce qu’il a compris la nécessité de ces-dernières. Ses manières peuvent être impeccables, il sait se montrer élégant, courtois en société, bien qu’il n’apprécie que moyennement d’être le centre de l’attention, préférant se concentrer sur quelques individus que sur une assemblée entière.

     Discret sur ses convictions et sentiments, Adal est un idéaliste né. Tout est toujours améliorable pour peu qu’on y mette un peu de bonne volonté et de travail. C’est un homme qui préfère regarder vers l’avenir, vers ce qui peut être fait et non ce qui aurait dû être fait. Pourtant, c’est aussi un cynique amer, blasé, très dur dans sa vision du monde. Son humour peut souvent être pince sans rire, piquant, parfois même blessant… il en fait peu usage sachant qu’il n’est pas toujours bien pris.

     Créatif, il aime s’exprimer à travers la photographie ou la peinture d’aquarelles dans ses moments les plus calmes. C’est que l’expression verbale de ses émotions, comme leur gestion, n’est pas son fort. Sans nier leur potentiel ou leur existence (c'est un idéaliste né, donc, et a un réel potentiel 'romantique'), il ne sait jamais trop comment aborder ce pan-là de sa propre personnalité et préfère quand il le peut le mettre de côté, paraissant facilement froid et détaché quand il n’en est rien, au contraire. Très honnête et entier aussi bien sur ce qu’il pense que dans l’expression de ses sentiments, Adal ne supporte pas la duperie ou les demies-teintes. Les concessions… il ne connaît pas, ou peu, et gère mal le fait de devoir en faire.

     Et quand le tumulte interne est trop grand, qu’il passe trop de temps à y réfléchir, rien de tel qu’une bonne séance de sport pour se vider la tête : marathon, natation, vélo, entraînement au triathlon (Iron Man) mais surtout la voile. La liberté sereine qu’il ressent sur l’eau n’a pour lui aucune égale.

 Langues parlées : Français, Tamasheq (touareg) par son père Immeghar, Islandais par son père Ingvar. Anglais (C2), Arabe (C1), Hébreu (B2), Espagnol (B2), Portugais (B2), Allemand (B1).
     

     
Physique

182 cm ~ 78 kg ~ Sec et sportif ~ Cheveux noirs, longs ~ Yeux bleu-vert
       Visage anguleux ~ Marque dans l’aine gauche ~ Droitier ambidextre ~ Adroit

     La longue silhouette d’Adal ne dépareille pas vraiment dans la rue quand il l’arpente de sa démarche souple et rapide. La tête haute, le port altier de ces gens apparemment sûrs d’eux, les cheveux noirs, longs et souples, sensiblement ondulés sur les longueurs retenues en arrière d’une queue de cheval ou d’une demie-queue, plus rarement lâchés, il n’est pourtant pas de ces hommes sur lesquels on se retourne immédiatement. Seul son regard polaire, d’un bleu-vert changeant selon la luminosité entre la teinte des glaciers sous le ciel bleu et d’un lagon des caraïbes capte aisément l’attention. Car son visage est assez quelconque : anguleux, le visage fin de forme plutôt triangulaire avec un grand front aux tempes un peu dégarnies, les pommettes hautes, le nez droit quoiqu’un peu proéminent, les lèvres fines et bien dessinées mais qui ne semblent pas promptes au sourire… Son physique est dur, presque froid, fermé s’il est dénué d’expression.

     Et pourtant, Adal ne manque pas de charme. Ses sourires éclairent son visage d’une myriade d’expressions allant de l’ironie à la joie franche, son regard si particulier est souvent un peu moqueur, de petites pattes d’oie venant souligner ses micro-expressions. Ses dents blanches sont bien alignées, son teint délicatement doré est lumineux. Ses mains sont fines, les veines un peu apparentes, son corps est musclé avec peu de gras : le type même du coureur de fond, du spécialiste de l’endurance. Il est en excellente forme physique du fait de son addiction au sport.

     Pour les vêtements, Adal reste... pragmatique et esthète. Pragmatique pour le sport ou toute activité salissante : vêtements techniques adaptés à l'activité, de qualité généralement pour les vêtements techniques. Chez lui les jeans laissent souvent place à des pantalons amples en lin, soie ou coton, confortables mais esthétiques avec leurs couleurs chatoyantes et leurs motifs peints ou brodés. Les pulls se disputent aux tuniques ajustées pour les compléter. En public, il est très classique mais toujours à la mode : sobre, son style est plutôt ‘chic et trendy’. Des jeans, chinos, pantalons pince, chemises avec pulls et/ou vestes assortis, manteau 3/4 cintré ou veste en cuir, foulard ou écharpe ainsi que des boots ou mocassins en cuir parfont sa tenue classique ‘de ville’.

Trivia : il a une cicatrice de perforation par balle de l'abdomen au niveau du cœur, la balle l'a traversé donc devant et derrière.
     
Histoire

Immaghar Temajäq-Erikson : père. Algérien d'origine touareg, naturalité français. Dirigeant de Pogo-sloops & sails. 63 ans.
Ingvar Erikson-Temajäq : père. Diplomate Islandais, disparu en mer en février 1997 à l'âge de 42 ans.
Nouria Erikson : Sœur aînée, morte en 1984.
Soraya Erikson : Sœur cadette, ingénieur naval chez Pogo-sloops & sails, 31 ans.

- Rencontre -

La probabilité qu’un diplomate islandais rencontre un ingénieur en construction navale est mince. Pourtant, c’est bel et bien arrivé. Mes deux pères se connurent autour de la passion qui les reliait, les bateaux. Pas la voile, non. Immaghar, l’ingénieur, a une peur panique de l’eau et de la mer depuis que ses parents, réfugiés, lui ont fait traverser tout jeune la méditerranée pour la France, fuyant les troubles de la guerre d’Algérie. Pour lui, la voile, oui, à condition de rester les deux pieds sur la terre ferme. Pour Ingvar la voile était dans son sang. Il naviguait depuis l’enfance. Bref, ils se trouvèrent, se plurent, et ne se lâchèrent plus. En aurait-il été autrement sans l’Enfinité et la disparition progressive des femmes ? A mon avis, oui. La seule différence est qu’ils eurent des enfants bien à eux.

Ma sœur aînée, Nouria, avait trois ans de plus que moi. Je la connus à peine, car elle mourut à l’âge de cinq ans de cette terrible maladie, mais nombre de photos montrent que nous passions du temps ensemble. Ma cadette, Soraya, est née à l’été 86. Et elle vit toujours, le vaccin a très bien fonctionné sur elle.

Nous vivions à Paris, dans le logement de fonction de Pabbi (Ingvar). Papa (Immaghar)comme lui étaient souvent absents, leurs emplois respectifs leur prenant énormément de temps, je grandis d’abord en nounou, puis avec l’arrivée de ma sœur, ils prirent une gouvernante.

- La Voile -


Rien à dire ou à redire sur ma scolarité. J’avais suffisamment de facilités pour sauter une classe en primaire et m’ennuyais en cours comme un rat mort. Peu d’amis, le lot classique des premiers de la classe plus intéressés par leurs livres que par leurs camarades. Malgré les tensions croissantes avec Sora, je supervisais ses devoirs le soir.

L’été de mes sept ans, nous partîmes un mois en Bretagne et Pabbi loua pour lui et moi, Sora étant encore trop jeune, un gros dériveur. J’étais déjà plus proche de lui, de son tempérament calme, franc et chaleureux que de papa, mais cela renforça notre lien. Aujourd’hui encore, il n’y a pas vraiment de mots pour décrire la sérénité que je ressens quand je suis sur l’eau. Nous ne parlions pas beaucoup, Pabbi et moi, nous profitions : du vent, des embruns, du défi -minime- offert par le monocoque, de l’immensité de la mer face à nous.

Je n’ai plus jamais cessé de naviguer. Tous les ans, avec mon père, comme stagiaire aux Glénans, j’attendais les vacances pour me retrouver en mer. L’idée même de pouvoir naviguer me permettait de supporter les moqueries de mes camarades de classe, les crises de colère de Sora ou de Papa qui pour une raison étrange préfère me hurler dessus quand je refuse de parler plutôt que de me mettre à l’aise… étrange relation que nous avons, Immaghar et moi.


- La Mer -


Mais la mer est immense et face à elle, nous sommes peu de chose. Pabbi et moi avions décidé de pousser les limites du nouveau bateau de course créé par l’équipe de papa : une transatlantique du Cap Vert à la Martinique au mois de février. Pour cela, nous partions avec un équipage réduit, lui, moi, et deux amis navigants à lui. J’avais 15 ans, j’étais terriblement excité à l’idée de ce que nous allions faire. Certes, d’autres l’avaient fait avant nous, certes, certains faisaient ça en solitaire. Qu’importe de battre des records ou que les journalistes nous attendent à l’arrivée ? Le défi est avant tout personnel.

Sauf que cette année là, les alizés avaient décidé de ne pas se calmer en février. La mer était forte, nous naviguâmes parfois avec du vent et de la houle jusqu’à 8 Beaufort, voire plus. Le bateau tenait remarquablement bien la mer, pourtant. Heureusement, puisque le pilote automatique nous a lâché au bout de trois jours. Obligés de barrer en permanence, nous n’avions pas de quoi le réparer dans l’immédiat.

C’était le soir du 24ème jour de navigation. Nous avions du retard, mais le pilote était réparé et pouvait prendre le relais de la barre par temps calme. Ce dont nous ne jouissions pas. J’étais de quart avec Pabbi, moi à la barre, fermement attaché au navire, lui aux manœuvres. Un énorme grain nous arrivait dans le dos alors que la mer était déjà forte, il est monté en proue de navire pour affaler la trinquette et renvoyer le tourmentin. De la barre, difficile de le suivre des yeux sous la pluie qui commençait à s’abattre drue sur nous, gérer les énormes vagues qui m’arrivaient quasiment dans le dos, noyant le cockpit par moments -et moi au passage… Et soudain, je ne vis plus l’éclat jaune fluo de sa veste de quart. Sous la tourmente, ma voix ne portait pas. Inquiet car le tourmentin envoyé, il aurait dû revenir, je branchais l’autopilote et montait à l’avant.

Personne. A part une ligne de vie avec un mousqueton cassé.

« Homme à la Mer ! »

Nous manœuvrâmes à trois pendant deux heures, dérivant de notre cap avec le courant, mais jamais je ne revis mon père. Nous ne sommes rien face à la mer. Quand j’atterris en France, seul, je sus au regard de Papa que rien ne serait jamais plus pareil à la maison. Nous déménageâmes avant la fin de l’année à Nantes, là où la société dont il était désormais d’un des principaux associés avait son siège social. J’eus interdiction formelle de remettre le pied sur un bateau.

- Tensions -

Je ne me suis jamais trop entendu avec papa. Pas que je ne l’aime pas, mais, aussi cruel cela puisse-t-il paraître, je l’aime moins, bien moins que je n’étais attaché à Pabbi. Peut-être parce que son tempérament taciturne et froid, empreint de crises de violence de plus en plus fréquentes depuis le décès de mon père ne nous ont jamais permis de nous rapprocher. Immaghar est un homme d’affaires et un père de famille autoritaire, mais j’ai peur que ce qui réussit bien dans le développement d’une entreprise ne soit pas spécialement adapté à une cellule familiale. Mon grand-père (cela faisait bien longtemps que ma grand-mère était décédée) vint habiter avec nous, pour le soulager… mais au final, cela ne fit qu’empirer les choses. Deux gros mâles alpha dans la même maison, ça passe mal.

Je passais alors toutes mes vacances chez mes grands-parents islandais. C’est alors que je me rendis compte que j’avais peur de la mer, moi aussi. Je me mis à la marche, puis à la course pour évacuer cette frustration. Toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus vite. Mon corps se musclait en cette fin d’adolescence, je devins vite accro et courrais mon premier marathon l’année de mes 18 ans, à Berlin où j’étudiais alors le commerce international avec quelques cours de langues en plus. Je n’avais pas eu voix au chapitre. L’apprentissage des langues m’était facile, j’avais de grandes facilités de manière générale pour les études que je menais plus par curiosité que pour me trouver un métier.

C’était intéressant. Mais je n’avais pas (et n’ai toujours pas) la moindre envie d’entrer corps et âme dans ce système que je juge injuste et immoral. Cela aboutit, l’année de mon Master, à une dispute plus violente que les autres avec mon père, soutenu, pour une fois, non seulement par ma sœur mais aussi par mon grand-père. Je fis mes valises et claquais la porte. La semaine suivante, je poussais la porte du bureau de recrutement de l’armée de terre.

- Soldat -

Ironique comme, finalement, je me retrouvais à faire ce que je ne voulais surtout pas faire : m’engager dans cette gangrène politique et économique truquée, pleine de mensonges, de non-dits, de jeux de dupes. Et ce comme simple troufion. Autant dire que j’appris à prendre sur moi et à tenir ma langue. Mais ce n’était pas si mal que ça. Au début. L’instruction fut… longue. Pas assez pointue en théorie, mais physiquement, je finissais épuisé tous les soirs. Cela, au moins, était un bon défi.

Je m’aperçus que j’étais bon tireur. Très bon, même, et fis tout pour être intégré comme tireur de précision. La concurrence était rude mais je pense que mes années de voile, cette désastreuse transat’, les tensions familiales m’avaient plus ou moins blindé psychologiquement. Je savais attendre des heures et agir rapidement, prendre des décisions dans l’urgence tout en gardant la tête froide, et cela fonctionna. Je fus intégré et déployé la même année comme tireur de précision dans une troupe de commandement au Liban, puis en Afghanistan.

C’est là que parler couramment Arabe fut utile… mais ce qui se passa là-bas est classé secret défense. Et aucun soldat n’aime vraiment, à ma connaissance, parler de la guerre. Un peu comme la Mer… il faut le vivre, pas en entendre parler, pour savoir ce que c’est.

J’ai repris la voile pendant mes permissions, où je ne rentrais pas en France, d’ailleurs. Je communiquais, parfois, par lettres, avec la famille, c’était bien suffisant. Le premier défi fut une petite traversée : Saidaigne-Sicile. Puis le tour de l’Italie, de la Grèce, Malte, la Crète, la Turquie… Depuis l’Islande, alors que je venais d’être promu tireur d’élite, nous avons traversé jusqu’aux Orcades puis redescendu toute la côte jusqu’à Londres avec les cousins Islandais. Peu m’importe d’avoir l’assentiment des miens : je navigue. Et avec des collègues motivés, on s’est entraînés au triathlon dit ‘Iron Man’. Notre premier fut en Irlande. Je ne compte pas arrêter.

- Mauvais endroit, mauvais moment -

Trois heures de montée en plein désert, sur un terrain difficile avant de s’installer. Mais il nous fallait le plus haut point de tir possible. Nous ne savions même pas si nos informations étaient fiables. Mon binôme et moi nous installâmes pour l’attente. Près de 20 heures sans bouger d’une oreille, et la fenêtre de tir tant attendue s’ouvre à plus de 2000 mètres. Un coup, le vent s’est calmé, les informations que me donnent mon partenaire sont précises et fiables. La cible principale est neutralisée. Il ne veut pas tenter sa chance sur notre mission secondaire, moi si. Je tire. C’est fini. Le soupir de soulagement ne vient pas encore. Deux tirs en provenance de la même direction, c’est dangereux en territoire ennemi. Nous soufflerons quand nous serons rentrés.

Mon souffle pourtant, comme nous traversions les ruines de ce qui fut un hameau de berger, quitta soudain brutalement ma poitrine. Je ne savais pas que cela faisait si mal, une balle en plein cœur. Rira bien qui rira le dernier, et bien, j'ai perdu. Le poids de mon corps qui chute dans la terre sableuse est assourdissant, le sang pulse à mes tempes en même temps qu'il s'échappe de mon corps traîné à l'abri par mon camarade. Il est seul pour nous sortir de là, pour se sauver et ramener ce qui sera ma dépouille. Un pare-balle est inutile face aux munitions que nous utilisons.

J’étais encore en train de chercher le tireur embusqué quand je me retrouvais, incrédule face à… ce truc.

- Tu veux y retourner ? -

Oh oui, je voulais. Je ne savais pas ce qui m'attendait, mais je voulais, et me retrouvais à l'abri, mon binôme mort d'une balle dans la tête à mes côtés. J'aurais peut-être dû y réfléchir à deux fois.

Deux tirs, l'homme avait changé de place. C'était donc une traque sans merci qui aurait lieu, mon seul avantage : j'étais censé être mort. La patience paya : malgré le tir en contre-plongée, malgré le vent et la nuit qui tombait, je distinguais soudainement son ombre. Leurs ombres. Un tir, un mort. Deux tirs... un blessé. Se déplacer. Trouver un nouvel angle, achever l'ennemi pour ramener la dépouille de mon camarade qui, lui, n'a pas eu droit à une seconde chance. Je n'ai jamais été un grand amateur de corps à corps, ce fut pourtant nécessaire. La sensation du sang coulant sur mes mains comme le retirais la lame de sa gorge me poursuit encore. C'est lâche mais je l'assume : on ne sent pas la mort de sa victime quand on tire de loin. Elle est plus irréelle, plus immatérielle. Là, c'est les yeux dans les yeux que l'on voit la vie d'un autre être humain partir vers l'au-delà.

Ou vers la chose.

J'abandonnais ce que je ne pouvais porter et qui ne m'était pas vital, enclenchais la radio et appelais le commandement. Demande d'extraction, zone théoriquement dégagée, un mort. J'attendis, je songeais à cet être qui m'avait ramené. La Mort en personne ? Je n'étais pourtant pas croyant. Une deuxième chance.... Et pour le cadeau, on verrait plus tard. J'étais mort, je suis vivant, en l’instant, rien d’autre ne pouvait avoir d’importance.

C’était ma dernière mission avant une longue permission de deux mois. Ma dernière mission avant de décider si je me réengageais ou non. J’avais toujours été volontaire pour être déployé, n’ayant ni amant(e), ni famille dont je ne voulais me séparer. Alors, signer pour de nouveau 10 ans de ce calvaire, et la promesse de passer officier supérieur ? Non merci.

Je fis mes valises. Plus jamais ça. Je n’y retournerai pas.

Je rentrais en France, proposais un ‘deal’ à mon père : ils avaient besoin de skippers pour tester leurs prototypes de voile habitable. Je voulais naviguer. Pour le reste, je vivoterai bien d’une manière ou d’une autre. J’avais toujours ma part d’héritage de Pabbi pour m’aider à m’installer. Je restais trois mois à Nantes, le temps d’assister au mariage de ma sœur, de trouver un emploi de professeur de voile en Grande-Bretagne. Nilfheim ? On y avait peut-être mouillé trois ans auparavant avec les cousins. Et sinon… le monde est vaste.

Au final, enseigner la voile a du bon. Cela ne me prend pas tant de temps que cela, je me suis aussi mis à la planche à voile et au Kitesurf. Vers les beaux jours, les régates reprennent et de riches clients parfois louent mes services de skipper pour les emmener naviguer pour leurs vacances. Il me reste toujours du temps libre à remplir intelligemment. Je peux à loisir lire, lire, lire, faire de la photo ou peindre des aquarelles, courir, nager, et surtout : profiter de la vie. Mine de rien, elle est courte. Accessoirement, je me suis lancé dans la rédaction d’un blog de décryptage d’actualité où je mets aussi quelques posts sur des événements culturels, artistiques, sportifs… ou simplement des photos. Il suffit de le vouloir pour bien remplir sa journée.

   

     
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R:Mortem
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Dim 4 Mar - 16:14
BON DC Elmo

Love ♥️

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Dim 4 Mar - 20:02
Welcome Reine des glaces 8D

On fera de la patinoire ensemble, toi et moi ? ~
Ou de la voile, au choix Ah bon ?



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Dim 4 Mar - 21:41
Merci ♥️ et quand tu veux pour la voile

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salt squad, salt squad, watcha gonna do when they come for you ?
Merci Elliot ♥

TC • Administratrice

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Dim 4 Mar - 22:49


 
Tu es validé ! Bravo !

 
« Rebienvenue sur le forum ! Yaaas Déjà, je tiens à dire que c'est un très bon choix d'avatar, j'aime beaucoup. ♥️ Ton personnage est plutôt cool et très intéressant, j'ai beaucoup aimé en apprendre plus sur lui tout au long de la fiche, la relation qu'il a avec la mer est toute douce. J'tassure ! Fais cependant attention aux dix minutes après, j'espère que tu retiendras ce fait très important pour le contexte. Yawn Sinon, je serais ton parrain, bienvenue chez les olives ! Je lirais tous tes rps pour vérifier que tout est en ordre mais tu connais déjà la chanson. Tout pouvoir est ok aussi, c'est cool d'avoir un nouveau vert parmi nous ! »

 
• Tu peux dans un premier temps recenser ton avatar (et ton pouvoir si tu en as un), c'est très important ;
 • Tu peux faire une demande d'habitation et/ou de lieu spécial si tu souhaites que ton personnage possède un endroit bien à lui;
 • Et tu peux maintenant t'occuper de tes Rps, liens et autres carnets de bord dans cette section du forum !

 Et surtout n'oublie pas de venir passer un coucou sur la ChatBox !
 Amuses-toi bien parmi nous, au plaisir de te voir sur le forum ! ♥️
 

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