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Bestiae autem gemens

Tout autour de Niflheim, du centre ville aux alentours boiseux, des créatures étranges ont été aperçues semant la terreur et le désordre. Des couleurs vives, des comportements douteux et par-dessus tout un rapport presque logique avec La Mort pour les Reloads, elles semblent pour certaines perdues, prêtes à attaquer pour d’autres. Qui sont-elles ? Que veulent-elles ? En tout cas, il serait bon de ne pas trop les chercher… Prenez garde, faites attention ; et si vous avez un tant soit peu d’intelligence, courez.


 

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" Sans toi " (Pv Stefan)



Ne rien pouvoir c'est vivre mort

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Lindsey Hermann
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Mer 23 Aoû - 11:50
Il c’était écoulé plus d’un mois depuis leur dernière rencontre. Un mois de pure souffrance et de colère pour Lindsey qui s’était sentit trahi et humilié par Stefan, un jeune homme dont il ne connaissait finalement rien. Bouleversé, épris de lui, Lindsey c’était complètement fait avoir par le charme de l’italien. Lui qui savait habituellement garder ses distances avec ses sentiments avait faillit à ses principes pour l’italien et en payait désormais le prix. Le jeune prostitué enrageait de son propre comportement. Comment avait il put être aussi stupide ? Comment avait il put croire en des sentiments inexistants et faire confiance à cet homme qu’il ne connaissait pas ? Ils s’étaient croisés plusieurs fois, mais a chaque rencontre tout ce qu’avait pu lui montrer Stefan n’était au final qu’un plan de séduction et de drague pour l’avoir dans son lit. Et comme l’avait si bien dit Stefan, ce dernier l’avait utiliser uniquement parce que Lindsey l’avait laissé faire. Baissant sa garde avec l’italien, le jeune allemand n’avait rien vu venir et maintenant en souffrait terriblement, même un mois plus tard.

Après avoir longuement déprimé, Lindsey avait complètement changé de stratégie par la suite, refusant de souffrir pour un homme qui s’était joué de lui. Ses barrières étaient de retour autour de son petit coeur fragilisé, mettant à présent une énorme distance avec les personnes qu’il rencontrait. Il était hors de question qu’il fasse la même erreur deux fois. Alors ce fut pour lui un mois de pure débauche, de périodes de troubles intense, mêlant sexe et alcool et ne respectant pas vraiment ses engagements dans son nouveau travail de fleuriste. La dépravation était de retour dans sa vie, se prostituant plus qu’il n’en avait besoin et couchant même gratuitement avec de purs inconnus quand il décidait qu’il ne travaillait pas. Chaque soir il emmenait un nouvel homme dans son lit, préférant oublier Stefan à sa manière et oublier cette nuit qui pesait encore lourdement dans son coeur. Lindsey cachait alors sa colère et surtout sa tristesse a ses proches. Il ne se voyait pas raconter cette histoire ridicule auprès de ses amis qui sans doute lui dirait « Ce n’était pas le bon, voilà tout, ça passera ! ». Facile à dire. Car Stefan lui avait fait du mal, il lui avait pris son petit coeur et l’avait jeté par la fenêtre et aujourd’hui le jeune prostitué devait faire avec et essayer lui même de reconstruire chaque morceau. Si jamais il devait croiser Stefan…je vous garanti que ça ne sera pas une partie de plaisir pour le blond. L’italien avait éveillé en Lindsey son côté le plus sombre. Sa passion pour lui et peut être même l’amour qu’il avait eut à son égard avait été vrai et Stefan s’en était complètement moqué. On ne se moque pas d’un démon au visage d’ange.

John avait été un appui important pour Lindsey pendant cette période. Sans savoir ce qui se passait pour le jeune prostitué, son client avait bien sur compris que ce dernier avait souffert et qu’il s’engageait dans un mauvais chemin. Inquiet pour son amant, John avait sût être un vrai réconfort pour le brun, ne lui posant aucune question et répondant simplement à ses besoins, étant présent pour lui dans les moments les plus difficiles pour lui alors qu’il ignorait tout de cette histoire. Tout comme Nathaniel et de nombreuses autres connaissances du jeune prostitué, chacun avait compris que Lindsey allait mal et chacun fit ce qu’il pu pour soulager la conscience du jeune allemand et être là pour lui.
Inquiet pour son favoris, John avait alors programmer un petit week-end à la montagne. Un week-end de détente et d’échappatoire pour aider Lindsey à se sortir de sa période de dépravation et de dépression. L’idée était louable et Lindsey était bien heureux de la proposition de John de le sortir un peu de la ville et d’aller prendre un week-end à la montagne, tout frais payé par son client, afin de se libérer la tête et peut être même de tourner enfin la page sur sa colère.

C’était donc fin juillet que Tom et Lindsey partirent pour leur petit week-end qui, aux yeux de n’importe qui, pouvait bien ressembler à un week-end en amoureux.
Située à quelques heures de Niflheim, John et Lindsey prirent la voiture pour se rendre jusqu’à cette fameuse montagne et y faire de la randonnée. Prévoyant, son client avait alors réservé une chambre dans une auberge située dans la montagne pour les deux nuits à venir, du vendredi  soir jusqu’au dimanche. Equipé de leur sac à dos, de bonnes chaussures de randonnées et de bâton de marche, les deux amants parcoururent alors le chemin pédestre qui les emmenaient vers le chalet après deux heures de marches en pleine montagne.
L’air était lourd en ce mois de juillet et le soleil brûlant. La montée jusqu’au chalet ne fut pas des plus simples mais l’effort fourni permis à Lindsey de penser à autre chose et peut être même de commencer à se détendre et de profiter de la nature. John avait eut une excellente idée et il ne le remercierait sans doute jamais assez pour cela.

C’est en fin de journée qu’ils arrivèrent finalement jusqu’au chalet. Les mollets et les cuisses brûlantes par la montée, Lindsey se sentait déjà épuisé. Il n’était pas un grand sportif et n’avait absolument pas l’habitude de faire ce genre de chose. Mais les endorphines et d’autres hormones de bien être lui procurèrent une sensation de soulagement et de liberté, de bien être.
Les deux randonneurs entrèrent alors dans l’auberge, épuisés de leur journée de marche et affamés. Lindsey n’avait qu’une hâte, manger une soupe et prendre une bonne douche chaude afin de détendre ses muscles endoloris par la marche. Ils se présentèrent alors au niveau de la réception qui leur donna leur clé de chambre, leur indiquant que les repas étaient à heure fixe dans une salle commune avec d’autres randonneurs. John et Lindsey allèrent donc déposer leurs affaires dans leur chambre, prenant une douche pour ensuite se changer et prendre des habits plus confortables et propres avant le dîner.

Assis sur le lit, fin prêt pour aller prendre son repas, Lindsey leva les yeux sur John qui terminait de se sécher et de s’habiller.


« Merci beaucoup pour cette idée de week-end…je me sens déjà beaucoup mieux…plus apaisé. »

John esquissa un sourire, ravi d’entendre les mots de son amant et s’approcha de lui, venant se mettre à genou devant lui et lui caresser la joue avec tendresse.

« Je savais que ça te plairait. J’aime beaucoup venir à la montagne et je savais que ça te plairait…ici tu pourra oublier tout tes soucis. »

A condition qu’il ne croise pas Stefan.
Fin prêt, John et Lindsey se rendirent au rez de chaussé de l’auberge pour se rendre dans la salle commune et aller prendre leur repas en compagnie des autres randonneurs…sans se douter qu’un italien viendrait perturber ce séjour.

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Lun 4 Sep - 12:50


Sans toi...
Avec Lindsey Hermann (et parfois Renzo Lawrence)


I lay awake at four, staring at the wall
Counting all the cracks backwards in my best French
Reminds me of a book I skim-read in a surgery
All about palmistry, I wonder what's in store for me ♪♫♪♫


Certaines choses sont inéluctables.

« Alors ? »
« Ta gueule. »
« Tu fatigues, Renzino ? Je t’en voudrais pas, tu sais… »
« J’ai dit ta gueule. »
« Je sais que t’es du genre à trop en faire pour épater la galerie mais faudrait pas que tu perdes connaissance, non ? »
« Putain mais tu peux pas la fermer ? »


Stefan rit sans cesser de fixer Renzo face à lui à travers la vapeur qui les enveloppe. Faiblement, parce qu’il commence à ne plus avoir de souffle. Ça fait un moment qu’ils sont dans ce sauna, mine de rien. Suffisamment longtemps pour que leurs amis aient depuis longtemps déclaré forfait. Et pour que ça commence à devenir légèrement dangereux, en plus d’être stupide. Hé ho, c’est quand même pas de ma faute si cet abruti refuse d’entendre raison. Il n’a jamais eu besoin de moi pour être bouché à l’émeri… De l’autre côté de la porte en bois, Stefan entend leurs potes qui s’inquiètent, lentement mais sûrement. Son propre corps lui envoie depuis quelques minutes des signaux de plus en plus insistants pour le pousser à déclarer forfait et partir en quête d’être frais et respirable. Pour toute réponse, l’italien attrape la louche en bois pour arroser à nouveau les pierres chaudes qui sifflent et leur soufflent une nouvelle bouffée de fumée brûlante au visage. Le tout sans quitter des yeux la grande masse de Renzo en serviette de bain qui lui fait face, avec son regard de tueur et ses muscles luisants de sueur. Un sourire narquois lui monte au visage et, parlant à voix assez basse pour n’être entendu que de son vis-à-vis, il susurre en léchant ses lèvres humides :

« Si tu sors avant moi, je te taille une pipe, okay ? »
« Raaaaah, mais ferme-la, merde ! »


À nouveau, il ne peut s’empêcher de rire. En fait, il en rit encore tout seul (mais discrètement) dix minutes plus tard alors qu’il se rince à l’eau froide dans les douches du sauna tandis que Renzo est fort occupé à décéder sur un banc, entouré par leurs camarades. Lorsqu’il les rejoint, le bougre trouve le moyen de le pointer approximativement du doigt.

« J’ai… j’ai gagné… »
« Ouais. Et sans moi, tu serais mort. »
« M’en fous, j’ai gagné… »
« La palme des tocards, ça c’est sûr… »


Les autres se marrent. Oui, cet abruti a gagné. Mais il a gagné parce que Stefan, lui, a eu la sagesse de sortir avant de tomber dans les pommes. Et sans l’aide de l’italien, seul à peu près capable de manœuvrer son gabarit, il aurait continué de cuire à l’étuvée comme un ravioli jusqu'à ce que mort s'ensuive. Donc il ferait mieux de ne pas trop la ramener, ce con… Mais bon, il l’a tout de même un peu mauvaise. Être le plus sage à défaut du plus endurant c’est bien, mais ça s’est joué à peu de choses. Bah, j’lui mettrai la misère la prochaine fois. Car il y aura une prochaine fois. Depuis maintenant une semaine qu’ils sont là, il n’y a que des prochaines fois. Les amis communs avec qui ils ont loué leur chambre dans ce chalet isolé (et à qui ils doivent accessoirement de se supporter toute la sainte journée) ont même arrêté de tenter de les raisonner. Ils se contentent de prendre les paris. C’est pourtant pas faute de les avoir prévenus… Ça oui.

Lorsque Florian lui a parlé de cette semaine en montagne à faire de la randonnée et observer les rapaces, Stefan était enchanté. Depuis un mois et demi qu’il s’efforçait de vivre à cent à l’heure, dans une perpétuelle fuite en avant depuis son aventure avec Lindsey, la perspective de changer d’air le réjouissait au plus haut point. Surtout qu’ils y allaient avec Peter, le colocataire du français aux cheveux roux. Un joyeux luron, animateur à la radio de la fac, qui doit avoir au bas mot la moitié des jeunes de Niflheim dans son carnet d’adresse et organise comme personne des fêtes mémorables. Bref, ça promettait. Sauf qu’il leur restait une place de libre pour diviser le prix au mieux. Et parmi tous ses contacts, tous les mecs jeunes, beaux et sympas qu’il connait par douzaines, Peter n’a rien trouvé de mieux que de proposer Renzo. Et cet imbécile de Renzo n’a rien trouvé de mieux que d’accepter. Tout pour faire chier, ce tocard… En honnête homme, l’italien les a prévenus que ça serait la foire d’empoigne entre eux deux. Ils ont dit que ça irait et que ça serait drôle. Ils n’ont pas étés déçus. Dès le deuxième soir, ils avaient arrêté de compter les points entre les deux basketteurs et se contentaient simplement de les ignorer quand ils s’envoyaient des piques ou d’arbitrer nonchalamment leurs défis débiles. La semaine n’a donc pas été de tout repos. Mais chacun semble avoir apprécié le séjour, à sa façon. Et il nous reste déjà plus que le week-end à passer ici, c’est passé vite... Presque trop. Et pourtant…

I pretend the plaster is the skin on my palms
And the cracks are representative of what is going on ♪♫♪♫


Certaines choses sont inéluctables. Stefan est à mille lieues de l'imaginer alors qu’ils remontent tous les quatre du sous-sol où se trouve le sauna, après s’être séchés et rhabillés, en s’interrogeant sur le menu de ce soir. Encore des patates ? Ou alors de la fondue. Quoique, fait un peu chaud pour manger de la fondue... Cependant, une part de lui le savait peut-être malgré tout. C’était impossible de ne pas s’en douter, pas après un mois et demi à revoir en rêve sa silhouette, son visage. Pas en ayant pendant des semaines l’impression de le voir partout dans la rue, d’entendre partout de le son de sa voix, de se surprendre parfois à rêver coupablement de refaire le trajet jusqu’à son appartement. Au fond, toute cette fuite illusoire devait fatalement se conclure ainsi. Mais ça n’empêche pas Stefan de se figer dans l’escalier, frappé par la foudre, lorsqu’il aperçoit soudain la petite silhouette installée dans la salle commune, vers laquelle son regard s’est vu aimanté sitôt qu’il est entré dans la pièce.

I lose a breath... ♪♫♪♫

Non… Il sent Florian se cogner contre son dos comme à travers un écran de gaze, comme si ça n’était pas vraiment à lui que ça arrivait. Comme si rien ne pouvait réellement l’atteindre à par Lui. Pourquoi ?! Lui dont il distingue les cheveux bruns, la courbe de la nuque comme s’il les avait déjà sous les doigts alors qu’il est à l’autre bout de la salle. Pourquoi es-tu là ?! Je ne voulais pas te revoir ! Si, il le voulait. À en hurler, à s’en sentir mourir lorsque le visage lumineux se tourne vers lui, le poignarde sur place. C’est la seule chose qu’il a vraiment voulue et qu’il a repoussée depuis un mois et demi. Et le retrouver soudain ici, attablé avec un autre homme, porte son cœur au bûcher sans qu’il ne parvienne à décider ce qu’il souhaite le plus entre s’enfuir et se laisser brûler. Je voulais t’oublier… Lindsey. Son petit ange. Pourquoi… pourquoi…

My love-line seems intertwined with death ♪♫♪♫

« Stef ? Ça va ? »
« Tu vois pas que tu bouches tout le passage, ducon ? »


Les voix de ses potes le ramènent au présent et il papillonne légèrement des paupières pendant une seconde en se retournant vers eux, comme s’il chancelait après être revenu trop brutalement dans son propre corps. Je dois me reprendre. Ils ne doivent pas savoir.

« Non, ça va. Rien d’important… »


Stefan accroche donc par réflexe un sourire sur son visage, adresse un doigt d’honneur et une insulte en italien à Renzo et il reprend sa marche jusqu’à la table qu’ils ont pris l’habitude d’occuper. Juste derrière la sienne. Putain… Stefan est un bon acteur. Passé son premier mouvement de stupeur, il parvient à donner le change et à avancer nonchalamment avec ses amis, en répondant et riant à leurs plaisanteries. Mais cette indifférence apparente ne rend que plus douloureuse l’essaim bourdonnant de ses pensées qui gravitent vers Lindsey comme des papillons de nuit vers la lumière. Pendant les quelques instants qu’il leur faut pour rejoindre leur place, tous ses nerfs se réveillent et s’agitent, piquetant sa peau d’étincelles à mesure qu’il se rapproche de lui. Et quand il s’assoit sur sa chaise, le simple fait de le savoir à moins de deux mètres derrière son dos fait crépiter sa nuque de questions lancinantes et de désirs inavoués. C’est qui, ce mec avec toi ? Il voudrait se lever pour le rejoindre. Il est quoi pour toi ? Ton frère ? Un ami ? Tu couches avec lui ? Il voudrait l’embrasser sauvagement. En fin de compte, tu t’en es bien remis. Si ça se trouve tu jouais la comédie toi aussi ? Le soulever et lui faire l’amour sur la table, ou à même le sol. Si c’est ça, alors j’ai bien fait de te jeter… Il voudrait le retrouver.

I'm thinking of you too… ♪♫♪♫

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Lindsey Hermann
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Dim 10 Sep - 18:38
Jamais personne n'avait fait souffrir à ce point Lindsey, pas même ce client qui un jour l’avait tué. Ce fut la première et sans doute la dernière fois que Lindsey tombait amoureux et il fallu que ça soit sous le charme d’un bel italien au coeur de pierre. Ce dernier n’avait pas beaucoup hésité pour lui faire du mal, le prendre puis le jeter, déchirer en milles morceaux le petit coeur d’un jeune homme dont l’âme était perdue depuis bien longtemps. Chaque jour qui passe sans Stefan intensifie alors la haine et la colère que peut ressentir Lindsey à son égard et ce dernier se promis alors de se venger de l’italien. Vu les sentiments qu’il ressentait encore pour lui, le jeune allemand savait que la tâche ne serait pas facile, mais Stefan devait payer, d’une manière ou d’une autre.

« Tiens, ils ont l’air de bien s’amuser ceux là. J’espère qu’ils ne seront pas trop bruyant tout le week-end quand même. »

« Pardon ? Tu disais ? Excuse j’étais ailleurs… »

« Ce groupe là…Ils ont l’air de bien s’éclater. »

Assis face à face dans la salle commune, attablés sur l’une des grandes tables de la salle, John et Lindsey prenaient tranquillement leur dîner bien mérité après une après midi de marche épuisante. Perdu dans ses pensées, Lindsey brassait sa soupe sans écouter John jusqu’à ce que ce dernier ne l’interpelle et désigne le groupe de jeunes qui remontaient les escaliers du sous-sol pour rejoindre la salle à manger. Intrigué, le jeune allemand se tourna alors pour mieux voir le fameux groupe désigné par son client et croisa…bien évidemment…SON regard. L’émotion fut alors si forte que Lindsey en lâcha sa cuillère à soupe si violemment dans son assiette que celle-ci éclaboussa toute la table et lui même de la dite soupe. Difficile de décrire cela autrement que comme dans un film mais pour Lin, il eut la sensation que tout autour de lui s’effaça et que le temps se mis alors subitement à ralentir ou même à se mettre sur pause. Il n’entendit pas John lui demander si ça allait, il n’entendait et ne voyait pas le brouhaha de la salle commune autour de lui et ne voyait plus rien si ce n’est que Lui. Stefan était là, se tenant en haut des marches à le fixer un bref instant…l’air tout aussi perdu que Lindsey et sans doute surpris par ses retrouvailles qui étaient une nouvelles fois inévitables.  

Il était magnifique. Comme la dernière fois qu’il l’avait vu…Et bien qu’il le détestait, bien qu’il ne rêvait que de l’étrangler depuis ce soir là…Lindsey ne put s’empêcher de se dire qu’il trouvait Stefan si beau. C’en était même trop troublant et déstabilisant.

Le souffle court, Lindsey sentait son coeur battre la chamade dans sa poitrine et même tambouriner sa cage thoracique. S’en était si douloureux qu’il eut l’instinct de poser sa main sur sa poitrine dans l’espoir de calmer les battements de son coeur. Les joues rosies par l’émotion, perdu et encore plus perturbé, le jeune prostitué ne savait plus ce qu’il faisait là ni ce qu’il était censé faire.


« Lindsey, ça va ? »

« Hein ? Oui…oh…excuse moi j’ai…je me suis brûlé avec la soupe…ça va. »

« Tu est sur ? Tu est bizarre depuis tout a l’heure. »

« Tout va bien, t’en fais pas. »

John ignorait toute l’histoire avec Stefan et Lindsey ne voulait pas lui en parler, ne voulant pas l’importuner avec ce genre d’histoires à dormir debout…Il allait se ressaisir, tout allait bien se passer. Le jeune prostitué tourna de nouveau son attention vers son client et esquissa un beau sourire qui se voulait rassurant alors que Stefan venait justement de prendre place dans son dos, a quelques mètres seulement de lui.

Tous deux étaient à présent si proche…ils n’avaient pas été aussi proches depuis un mois et demi et les voilà dans la même auberge, à manger dans la même pièce et à s’ignorer royalement comme si rien ne s’était passé. Comme pour toute leurs autres rencontres, ils se retrouvaient dans un endroit improbable pile au moment où l’autre s’y retrouve. Une fois encore le destin semblait vouloir les rassembler…les mener l’un à l’autre alors que chacun essayais tant bien que de mal d’avancer sans l’autre.

C’était déstabilisant et très perturbant. Pendant quelques minutes le jeune allemand essaya de se concentrer sur autre chose, essayer de rire aux paroles de John et d’oublier tout simplement Stefan qui était a quelques pas de lui…mais c’était tout simplement impossible. Ailleurs, l’estomac noué, Lin avait besoin de réfléchir et surtout de se reprendre. Les jambes tremblantes, il s’excusa auprès de John et se leva de table alors qu’ils n’avaient pas encore terminer leur diner.


« Excuse moi John mais…j’ai besoin d’aller prendre l’air et me dégourdir les jambes. »

« Euh…ok Lin pas de soucis. Ne t’éloignes pas trop, il fait déjà nuit noire dehors. »

« Je te rejoins dans la chambre, t’inquiètes je serais prudent. »

Il lui adressa un beau sourire et se pencha alors au dessus de la table pour venir embrasser tendrement son amant. Ce baiser était à double sens et au fond, Lin espérait ainsi que Stefan allait le voir et en être jaloux mais également il espérait ne pas avoir trop inquiété John et préféra l’embrasser pour se laisser en bon terme. Enfin Lindsey sortit de la salle commune et pris la direction du hall d’entrée de l’auberge sans prendre la peine de se tourner une dernière fois vers Stefan, espérant que ce dernier l’avait vu partir et espérant peut être qu’il le rejoindrait aussi. Mais pour faire quoi ? Pour dire quoi ? Le jeune ange ne savait absolument pas comment aborder la situation et était réellement perdu dans cette histoire. Enfilant son anorak, il sortit alors du chalet pour marcher a quelques pas seulement de ce dernier, sous l’air frais de l’été et dans l’obscurité des sapins.

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Jeu 14 Sep - 22:43


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I lay awake at three, staring at the ceiling
It's a kind of off-white, maybe it's a cream
There's oily residue seeping from the kitchen… ♪♫♪♫


La salle commune tout entière lui fait l’effet d’être en plastique. Le bois des tables, des murs, des poutres au-dessus d’eux, le verre des fenêtres et même le paysage montagneux au dehors. Peter et Florian parlent du programme du week-end il lui semble, et Renzo s’enfile méthodiquement la corbeille de pain pour se mettre en appétit en attendant leurs assiettes. Stefan participe par automatisme mais tout, tout lui semble creux. Rien de ce qui se trouve sous ses yeux ne peut avoir de relief alors que Lindsey est derrière lui. Je n’aurais qu’à me retourner et tendre la main… L’espace d’un instant, il en rêve tellement fort qu’il n’entend rien de ce qui se dit à sa table. Et il se voit comme dans un film faire volte face pour saisir son visage, le retourner vers lui et l’embrasser avec fougue. Il le pourrait, il en est sûr. Le petit ange aussi l’a reconnu. Le petit ange aussi s’est figé en le voyant, a rougi comme une fleur en contemplant son visage, a oublié le reste du monde au point de s’éclabousser de soupe sans s’en rendre compte. Et même lorsqu’il s’est détourné pour rassurer son partenaire, il n’avait d’yeux, d’oreilles, de sensations que pour lui alors qu’il rejoignait sa place. L’italien en est sûr. Il était dans le même état. Putain, c’est pas vrai… C’était pas censé se passer comme ça, je n’étais pas censé te revoir après ça…

Non. Même s’il en a rêvé coupablement, Stefan n’a jamais eu l’intention de revoir Lindsey après l’avoir abandonné plus d’un mois plus tôt dans son appartement. C’est pour ça qu’il s’est montré aussi cruel, aussi impitoyable. Jamais cette relation n’aurait du se poursuivre après qu’il ait soigneusement veillé à ne plus en laisser que des cendres. Aussi est-il dépité, enragé, désespéré de sentir à quel point les braises se réveillent sous les ruines, à quel point l’incendie menace de reprendre alors qu’il sait très bien que le résultat sera tout aussi stérile. Il sait tout cela. Il se le répète jusqu’à la nausée en essayant d’ignorer les flamboiements fébriles sur sa nuque à la pensée que le petit ange se trouve à moins d’une longueur de bras. Et pourtant… Une dernière fois. La phrase résonne avec force dans tout son corps lorsqu’il l’entend soudain se lever, qu’il le devine avec une acuité surhumaine en train de se pencher pour embrasser cet homme, ce John qu’il rêverait d’évincer. Il ne le suit pas du regard lorsqu’il se lève et s’éloigne. Il n’en a pas besoin. Il perçoit chacun de ses gestes comme s’il les dansait contre sa peau. Une dernière fois… Sentir son regard, ses lèvres, son corps contre lui. Le serrer dans ses bras, le dévorer tout entier, le prendre et le faire sien. Imprégner tout son être de son essence. Laisser libre cours au désir implacable qui le saisit à sa vue, aux battements de son cœur qui s’envolent dès qu’il perçoit l’éclat de ses yeux. Juste une dernière fois…

It's art-deco necromantic chic
All the dinner plates are kitsch with
Irish Wolf Hounds, French baguettes
Wrapped loose around their necks… ♪♫♪♫


Et comme si le Hasard entendait de nouveau sa prière, alors qu’il ne cherchait qu’un moyen de quitter la table sans éveiller les soupçons de ses camarades, une alarme qu’il a oublié de désactiver sonne sur son portable. Stefan sursaute, tire l’objet de sa poche, coupe la sonnerie par réflexe, puis saisit l’occasion au vol.

« Ah, s'cusez les gars, j’en ai pour un moment. Commencez sans moi, je vous rejoins ! »

Attends-moi… Il sourit et se lève tranquillement de table en plaisantant avec Peter sur sa part de soupe, mais son cœur bat la chamade. Il doit se faire violence pour ne pas courir hors de la salle commune, triturant au hasard les applis sur son portable pour donner le change alors qu’il élabore un mensonge express à leur servir à son retour (il est très bon pour ça). Malgré la fraîcheur du soir, il sort du chalet sans même enfiler de manteau, clignant des yeux partout alentours pour repérer la silhouette du jeune homme. Au final, c’est à une intuition qu’il obéit en se dirigeant vers le bosquet de sapins non loin. Il retient son souffle alors que ses baskets crissent sur le tapis d’aiguilles sèches. Sa poitrine s’embrasse quand il l’aperçoit, enfin, qui marche lentement entre les troncs collants de résine. Ne pars pas…

I think I'm hungry… ♪♫♪♫

« Tu as tâché ton t-shirt. »

Il ne sait pas comment il arrive à parler d’un ton aussi neutre. Ça lui semble impossible tandis qu’il a négligemment glissé ses mains dans les poches de son jean pour tenter de dissimuler ses tremblements. Mais il ne peut pas faire autrement. Pas après la façon dont ils se sont quittés, dont il l’a quitté. Je suis un salopard maintenant, hein ? Sans l’ombre d’un doute. Et la route sera longue s’il veut changer cet état de fait. Ça lui est égal. Je relève le défi. Si c’est le prix à payer pour pouvoir l’approcher de nouveau, il l’accepte. Même si ça contredit tout ce qu’il s’était promis. Même si la terre brûlée ne sera peut-être plus jamais fertile. Je veux t’embrasser une dernière fois… Innocemment, il esquisse un sourire en se rapprochant de lui.

« Nerveux ? »

I'm thinking of you too… ♪♫♪♫

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Lindsey Hermann
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Sam 16 Sep - 17:59
Le bouleversement dans son âme était aussi grand et profond que l’abîme qui s’était formé dans son coeur. Cette sensation était si étrange et si déstabilisante. Lindsey ne se reconnaissait plus lui même, ne reconnaissant pas cette sensation étrange qui traversait tout son être. C’était un mélange de colère et de tristesse, une haine profonde qui lui rongeait si fort les entrailles jusqu’à traverser sa peau. Quelle douleur. Exactement la même douleur que lorsque Stefan avait quitté son appartement aussi nonchalant, détaché, laissant derrière lui un jeune homme meurtrit par des sentiments incompris et laissé totalement à l’abandon. Alors revoir l’italien ce soir là sans qu’il ne s’y prépare, sans qu’il ne s’y attende…le brun n’avait rien vu venir et ses sentiments avaient repris le dessus. Lui qui avait fait tant d’effort pour l’oublier, en vain, depuis plus d’un mois…Lui qui avait essayé de passer à autre chose et de faire en sorte que cette histoire n’appartienne plus qu’au passé. Tout ses efforts furent effacés en un instant par la présence de Stefan ce soir. Il n’aurait pas pu faire semblant longtemps face à John et avait donc préféré s’éclipser, prendre l’air et essayer de se reprendre.

L’air frais de la nuit lui lacérait les poumons. Son corps était si chaud que sa respiration en était douloureuse, poignante. Alors qu’il venait de s’appuyer contre le tronc d’un sapin, le bras appuyé sur ce dernier et le visage tourné vers le sol, fixant ses pieds et essayant de maitrisé au mieux se bouleversement, cette tempête qui le foutait de l’intérieur. Les larmes aux yeux, seul, Lin avait cruellement envie de pleurer et surtout d’hurler de colère. Pourquoi ? Pourquoi devait il être là ce soir ? Pourquoi devait il se montrer devant lui ? avec ce si beau sourire et ce magnifique visage…ce regard de braise…Ce corps…Pourquoi ?
Lindsey fit alors tous les efforts du monde pour fermer les yeux et essayer de ne plus penser à Stefan et surtout de ne plus voir son visage qui le tourmentait. Impossible. Plus il tentait en vain de ne plus penser à lui, plus les images de ce fameux soir dans son appartement venaient une nouvelle fois le hanté et prendre possession de son coeur.

Lindsey se laissa alors prendre par surprise en entendant les pas venir vers lui puis cette voix s’adresser à lui. Sa voix. Finalement Stefan l’avait rejoint et avait choisi de venir le voir.
Les larmes aux yeux, le jeune homme fut perturbé par cette initiative. Il avait eut cruellement envie que Stefan vienne le rejoindre et maintenant que c’était fait il n’avait plus du tout envie de le voir. Ecoeuré, nauséeux, Lindsey se sentait extrêmement mal. Tremblant de colère et de froid, il se tourna tout de même vers l’italien qui venait de souligner qu’il s’était tâché avec sa soupe.
Quoi ? C’était tout ce qu’il trouvait à lui dire ? Ils ne s’étaient pas vu depuis plus d’un mois et il lui parlait de la tâche sur son t-shirt ? Encore une fois Stefan montrait à quel point il pouvait être blessant et surtout détaché à son égard.

Se tournant et se redressant, a quelques pas seulement de Stefan qui venait de s’approcher de lui, Lindsey se mis à rougir en le voyant venir si proche de lui. C’était incontrôlé et involontaire bien évidemment…ce gars là, malgré tout le mal qu’il lui avait fait, continuait à lui faire un incroyable effet qui était bien difficile à contenir. Heureusement qu’ils étaient dans la pénombre, Stefan ne verrait sans doute pas ni les joues rosies de Lindsey ni même les larmes qui brillaient encore dans son regard. Son coeur battait toujours aussi fort dans sa poitrine et même un peu plus fort maintenant que l’italien l’avait rejoint dehors. Ne devrait il pas le détester en cet instant ? Pourquoi son coeur ne cessait il de tambouriner ainsi ? C’était totalement injuste de tomber amoureux comme ça d’un connard pareil.
Bien évidemment il remarqua le sourire de Stefan, sa façon de se tenir face à lui, l’air détaché, comme si la nuit qu’ils avaient passées ensemble n’avait pas exister, comme si il ne se souvenait même pas de lui avoir fait cruellement mal. Ce sourire était simplement une forme de provocation aux yeux de Lindsey qui n’acceptait tout simplement cette nonchalance qu’il avait avec lui. Il venait sans doute pour se moquer de lui, quoi d’autre ?

« Qu’est ce que tu me veux ? Evidemment que je suis nerveux…Dois je te rappeler ce que tu m’a fait ce soir là ? »

Son ton était agressif, froid et sec. Rien a voir avec un Lindsey heureux et bienveillant, rien avoir avec le jeune homme qu’avait pu rencontrer Stefan quelques mois plus tôt. Lindsey était clairement en colère contre lui et avait changé depuis cette expérience avec lui. Depuis leur séparation il  avait rêvé mille fois de se venger de l’italien et celui-ci était à présent face à lui, aussi simplement que cela. Pourtant quelque chose retenait encore Lindsey de se jeter sur Stefan pour le tuer. Quelque chose le retenait encore et l’empêchait de lui hurler toute la peine et la colère qu’il ressentait à cause de lui.

Reculant de quelques pas, Lindsey n’accepterait aucune excuse de la part de Stefan. Le mal était fait depuis trop longtemps et sa rage contre lui avait pris beaucoup trop de place pour lui laisser un peu de pardon. C’était finit et définitivement bien trop tard, du moins c’est ce qu’il essayait de se faire croire.
Lindsey posa son dos contre le tronc du sapin derrière lui, essayant de mettre une certaine distance entre eux. Pourtant la fuite serait plus simple…il pourrait ignorer Stefan et rentrer à l’auberge pour rejoindre John mais…ses jambes refusaient de lui obéir, clouées au sol.


« Si tu est venu pour t’excuser, te donnes pas cette peine, c’est trop tard. »

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Dim 17 Sep - 13:46


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Wondering what you're doing, what you're listening to
Which quarter of the moon you're viewing from your bedroom
Watching all the movies, drinking all the smoothies
Swimming at the pool, I'm thinking of you too... ♪♫♪♫


Il fait froid maintenant que la nuit tombe mais la chaleur de la journée remonte encore du sol, soulevant avec elle l’odeur entêtante de la résine et des aiguilles de pin. Depuis sa prime enfance, ce parfum est associé à ses étés en Sicile et depuis que sa mère est sortie de sa vie, ce ne sont pas des souvenirs agréables. Quelque chose lui dit que cette rencontre nocturne à deux pas du châlet n’est pas prête d’arranger cet état de fait alors qu’il contemple la fine silhouette de Lindsey. Tu n’as pas changé… Pas du tout. C’est à croire que tout le temps qui s’est écoulé depuis qu’il a quitté son appartement n’est qu’une illusion. Ce sont les mêmes larmes qui brillent dans ses yeux, la même douleur, la même rancœur qui jettent leurs tumultes orageux sur son visage. Et Stefan se rend brutalement compte qu’il n’a pas changé lui non plus. Il en est toujours au même point. Malgré ce long mois et demi de fuite en avant, lui aussi est resté exactement au même endroit, sous l’ampoule fatiguée de ce salon miteux à regarder sans bouger le mal qu’il lui faisait. Tu es toujours aussi pathétique… Tout comme lui. Lui qui rêve d’attraper son visage et de mordre ses joues rougies. Mais au lieu de cela, il reste immobile, accusant sans broncher les paroles agressives du petit ange malgré la peine qu’elles lui causent. Je n’ai pas oublié. Soupirant brièvement, il repousse ses cheveux en arrière comme pour éloigner les émotions contradictoires qui le déchirent de l’intérieur :

« Ce soir-là, comme tu dis, je n’ai fait que prendre ce que tu m’as donné. Et vu les pelles que tu roulais à ce type, tu m’as l’air d’un naturel généreux alors ne me regarde pas avec tes yeux fâchés… »

Non, ne me regarde pas comme ça… Jamais se montrer aussi détaché ne l’a fait tant souffrir. Ses paroles lui en coûtent tellement qu’il se mord férocement la langue pour oublier la douleur. Qu’est-ce que je fais ? À quoi je joue ? Il n’en sait rien. Pourquoi je suis venu te rejoindre ? Il ne sait plus. Qu’est-ce que je veux de toi ? Tout. Tout ce à quoi il a renoncé. Il ne peut pas l’avoir rejoint pour autre chose. Le temps d’un battement de cils, Stefan est à deux doigts de laisser tomber les masques. Il est prêt à se jeter à son cou et à supplier pour son pardon, pour une chance, pour le droit de l’embrasser à nouveau. Tout ce qu’il voudra bien lui donner. Il esquisse même un geste dans ce sens, ses yeux dorés luisant d’un éclat fiévreux… et puis Lindsey reprend la parole. Ses mots le figent sur place. C’est trop tard… Stefan recule imperceptiblement, scrutant son visage angélique d'un regard aussi perçant que le coup de poignard qu’il vient de recevoir entre les côtes. C’est trop tard. Lindsey ne veut plus de lui. Vraiment ? Non. C’est un mensonge, c’est évident. Il lui suffit de le regarder pour en être certain et ses mâchoires se crispent tandis que ses prunelles se font métalliques. Si tu ne voulais vraiment plus de moi, ma présence ne te ferait ni chaud ni froid. Tu n’aurais pas besoin de venir t’isoler dans la forêt parce que je suis à deux mètres de toi. Tu ne me parlerais pas avec autant de rancune, en me rappelant la dernière fois qu’on s’est vus. Tu ne te piègerais pas toi-même en te collant à ce tronc d’arbre. La lumière du soir donne à son œil rempli de larme l’éclat d’un morceau d’étoile sous ses mèches sombres. Ce chatoiement le fait bouillir de désir et de frustration. Et tu ne me regarderais pas comme ça…

« Ah… Ça ne sert plus à rien que je sois là, alors. Donc je n’ai plus qu’à repartir, te laisser seul avec ton sapin, retourner avec mes potes et te laisser rejoindre ton mec comme si de rien n’était alors que tu es à deux doigts de fondre en larmes sous mon nez. C’est ça que tu veux ? »

Stefan s’avance lentement vers lui, en lui laissant soigneusement le temps de le voir venir, de s’échapper s’il le souhaite. Jusqu’à arriver suffisamment près pour poser le poing sur le tronc collant de résine, juste au-dessus de sa tête. Retenant son souffle, il se penche vers lui, le dévorant de son regard doré. Le froid de la nuit, les aiguilles de pin, et son parfum qui lèche sa peau… Ce n’est pas trop tard.

« C’est vraiment ce que tu veux, Lindsey ? »

I'm thinking of you too
I'm thinking of you too…
♪♫♪♫

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Lindsey Hermann
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Mar 19 Sep - 10:56
Une fois encore Stefan n’avait aucun scrupule a accuser Lindsey d’être responsable de sa peine, qu’il n’avait fait que donner ce qu’avait espérer l’italien. Etait ce vrai ? Le jeune homme ne savait plus vraiment quoi croire en cet instant tant ses sentiments se mêlaient avec des souvenirs tout aussi douloureux. Avait il rêvé cette complicité dans la bibliothèque, dans le bus et surtout dans son lit ? Avait il crut quelque chose qui n’existait pas ? Au fond Stefan ne ressentait vraiment rien pour lui…alors pourquoi prenait il autant de plaisir à lui briser le coeur ? Pourquoi l’avait il rejoint dehors si il ne s’intéressait vraiment pas à lui ? Cela n’avait aucun sens. Stefan jouait à un jeu dangereux avec lui et cela ne rendait pas les choses faciles. Lindsey essayait de se détacher, il essayait de toute ses forces de ne rien ressentir pour lui mais c’était plus fort que lui. Le rejet de Stefan à son égard n’était pas sincère…il le sentait. Il savait au fond de lui que l’italien ressentait plus de choses qu’il ne voulait bien l’admettre et c’était surement ce qui frustrait d’autant plus le jeune allemand. Pourquoi ce rejet ? Pourquoi cette souffrance et pourquoi autant de haine ? Les choses pourraient être tellement plus facile, mais au lieu de cela, Stefan choisissait de nier tout sentiment à son égard.

Malgré ses paroles, malgré son envie de fuir, Lindsey se sentit incapable de partir en cet instant. Pourtant il souffrait. Il avait bien du mal à reconnaître le Stefan qu’il avait rencontré et apprécié ces quelques fois, si brièvement. Il n’était plus le même…il était encore ce salaud qui l’avait laissé tomber lâchement en emportant avec lui son coeur brisé. Alors oui, Lin était incapable de lui pardonner en cet instant mais malgré lui il refusait de tout laisser tomber. Il savait que Stefan se mentait à lui même, du moins il espérait que ce soit cela et il devait tout faire pour le réveiller et le récupérer. Mais d’abord…il devait se venger. Enfin l’allemand compris a quel jeu jouait Stefan et enfin il sut ce qu’il devait faire pour se venger de lui…entrer dans son jeu et l’avoir à son propre jeu. Lin sut alors qu’il ne devait plus être la victime de cette machination, il doit jouer à ce jeu et en devenir le maître pour avoir Stefan.

Allez savoir quelle force venait de s’éveiller en lui. Malgré la souffrance et la peine, malgré des mots difficiles, Lindsey se sentait prêt à ne plus être la proie mais bien le chasseur.

Le dos appuyé contre le tronc de l’arbre, il laissa s’approcher Stefan petit à petit, l’observant le coeur battant alors qu’il s’approchait un peu plus de lui avant de se tenir au dessus de lui, le surplombant, son poing posé au dessus de sa tête contre le tronc de l’arbre.
Lindsey ne bougea pas d’un cil, le regard plongé dans celui de Stefan, le souffle court par cette proximité qui bien évidemment le perturbait et faisait battre si fort son coeur dans sa poitrine.


« Ce que je veux n’a aucune importance. Et toi, qu’est ce que tu veux Stefan ? Je sais que tu brûles d’envie de m’embrasser et de me prendre comme ce soir là. C’est ce que tu veux de moi ? Qu’est ce que tu veux Stefan ? »

Lindsey faisait un effort insurmontable pour ne plus s’énerver et ne pas pleurer. Pourtant il avait cruellement envie de le frapper et de l’embrasser tant il lui en voulait et tant la colère le rongeait. Mais la vengeance serait bien meilleur sans larmes et sans cris.

Le jeu de la séduction revenait et Lindsey savait exactement quoi faire pour faire tomber Stefan sous son charme, bien que ça soit déjà fait…il devait se montrer encore plus provoquant et plus calculateur avec lui. Posant ses doigts sur le torse de Stefan, caressant doucement son torse a travers son t-shirt et remontant doucement jusqu’à la joue du jeune homme avec délicatesse, lui volant une première caresse qui lui brulait presque les doigts sans lâcher un seul instant son regard, plongeant son regard sombre dans celui doré du jeune basketteur. Il devait l’avoir, par tout les moyens, Lindsey n’avait plus qu’une idée en tête…que Stefan devienne fou de lui pour enfin pouvoir à son tour lui briser le coeur.

Effleurant les lèvres de Stefan, sans l’embrasser, il murmura alors contre sa bouche avec chaleur et désir alors que sa main venait de glisser dans la nuque du jeune homme, l’approchant un peu plus de lui et l’invitant à venir sentir son souffle contre sa bouche.


« Embrasses moi. »

Aimes moi, supplies moi.

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Ven 22 Sep - 22:48


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Sittin' on the counter in your kitchen
Can you hear my heartbeat fucking kickin'?
Your eyes light up 'cause you best believe
That I got something on my sleeve… ♪♫♪♫


À quoi penses-tu ? Peut-être est-ce la lumière mourante du ciel, peut-être est-ce l’ombre croissante des sapins autour d’eux. Mais quelque chose change dans l’œil brun de Lindsey. Un détail insignifiant sur lequel il ne parvient pas à mettre de mots mais qui fait frémir en son cœur un pressentiment funeste et exalté à la fois. Qu’est-ce que tu caches ? Stefan ne peut détacher son regard du visage délicat, encore troublé mais étrangement résolu. Cette expression alarme tous ses instincts mais il en a à peine conscience, captivé qu’il est par l’éclat si vif de sa prunelle tremblante, par le son frémissant de sa voix qui lui retourne sa question. Qu’est-ce qui t’arrive ? L’italien ne peut le savoir. Tout juste peut-il deviner le danger qui le guette lorsque ses doigts fins se posent sur son torse pour l’effleurer avec une lenteur insoutenable. Sans le vouloir, Stefan retient son souffle et frissonne de bas en haut en sentant le sillon enflammé que creuse cette caresse le long de sa poitrine, son cou, son visage.

C’est un piège… Cette phrase résonne de façon étrange dans sa tête, comme s’il entendait tinter une clochette à travers le brouillard. Un son cristallin, aigrelet, tellement étouffé, déformé par la brume qu’il cesse d’en être inquiétant. C’est ainsi que l’italien ressent cette mise en garde alors qu’il demeure immobile sous les mains, la bouche du petit ange qui resserre doucement ses filets autour de lui. Jamais il ne ferait ça s’il n’avait pas une sale idée derrière la tête. Refuse. Va-t-en. Ne l’écoute pas… Peine perdue. Il ne prête pas la moindre attention à ces mots. Sa main frôle la hanche fine avant de se poser sur la taille souple, cherchant sa chaleur à travers l’épaisseur des vêtements.

« Ce que je veux… »

Sa voix est tellement inaudible qu’il n’est pas sûr d’avoir prononcé ces paroles. Stefan ferme à demi les paupières, le souffle court contre les lèvres qui l’appellent, l’ensorcellent du souffle parfumé qu’elles entrelacent au sien. Ne fais pas ça… Il ne faut pas…

« Embrasse-moi. »

Et Stefan obéit. Comme autrefois sur le parvis de cet immeuble sordide dans un quartier délabré de Niflheim, malgré toutes les mises en garde irréelles qui résonnent déjà trop loin pour l’atteindre, il se laisse entraîner docilement dans la gueule du loup par la main gracile du petit ange et bascule, paupières closes, dans le vide chatoyant qui s’ouvre sous ses lèvres enchanteresses. Mon dieu… Sa bouche retrouve la sienne, en sculpte l’ourlet moelleux comme s’ils n’avaient jamais cessé de s’embrasser depuis ce jour et l’italien sent tout son corps s’illuminer, entrer en fusion, revivre douloureusement dans ce bosquet de sapin à l’écart du monde. Tu m’as manqué… Cette pensée-là résonne distinctement dans chaque fibre de sa chair. Jusqu’à ce que finalement, ce soit Lindsey lui-même qui le libère de son emprise sans le savoir. Alors que Stefan se perdait sans retour dans ce baiser, il rouvre soudainement les yeux, s’écarte, recule. L’or ruisselant de ses iris jette un très bref instant son éclat avec une surprise douloureuse sur le visage du petit ange, puis se ternit alors que l’italien achève de se redresser, de s’éloigner de quelques pas avec un sourire amer.

« Je veux t’embrasser sans sentir le goût d’un autre homme sur tes lèvres… »

Et Stefan se détourne pour commencer à revenir vers le chalet, l’œil sombre et le cœur douloureux. C’était moins une… Oui. Il a failli se perdre pour de bon. Il ne saurait même pas dire si c’est une bonne ou une mauvaise chose alors qu’il toise Lindsey de toute sa hauteur, le corps encore brûlant de cette trop brève, trop intense étreinte. Ce piège où toute une partie de lui ne demande qu'à tomber...

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Lindsey Hermann
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Lun 2 Oct - 22:50
A l’instant même où la bouche de Stefan vint se fondre à la sienne, Lindsey eut l’impression que deux bras invisibles venaient de lui pousser dans le dos pour venir saisir férocement le corps de Stefan, le serrant contre le siens, l’emprisonnant, le capturant et faisant de lui sa propriété. « Tu est à moi ». Il sentit en son coeur et son âme une étrange sensation de victoire et de bonheur. La sensation d’avoir réussit son piège et l’étrange impression de retrouver cette délicieuse bouche contre la sienne et surtout de savourer ce moment qu’il aima bien plus qu’il ne l’aurai crut. Lui qui détestait à présent l’italien, toute sensation de haine et de colère envers lui sembla s’envoler à l’instant même où ils échangèrent ce baiser. Comme une évidence, le coeur léger et battant fort dans sa poitrine, le jeune prostitué ne pu s’empêcher de fermer les yeux à son tour pour apprécier ce court baiser, sa main glissant naturellement dans les cheveux du blond. Lindsey se retrouva bercer par cette tendresse et cette chaleur qu’il avait connut ce fameux soir dans sa chambre avant que tout ne chavire. Pourquoi aimait il tant ses baisers ? Pourquoi avait il soudainement la sensation que son corps se réchauffait d’un coup et que la nuit sombre disparaissait pour laisser place à une lumière douce et apaisante. Etait-ce encore l’amour ?

Les joues rosies par ce baiser qui fut bien plus agréable qu’il ne pourrait l’admettre, Lindsey mis fin, malgré lui, à ce baiser si délicieux. Rouvrant l’oeil sur le visage de Stefan encore proche de lui, il sentit encore cette fameuse connexion entre eux, sans avoir besoin de parler il sentait ce lien qui inexorablement le rapprochait une fois encore de lui. Le souffle court, silencieux, il avait bien du mal à croire qu’encore il puisse ressentir la moindre chose a l’égard du basketteur.
Et comme prévu, Stefan s’écarta de lui. Il avait sans doute lui aussi sentit ce lien, cette connexion si difficile à contenir et préféra chercher encore une fois une excuse, un prétexte pour fuir ce qui pourtant était évident. Avait il compris le piège qui s’était refermé sur lui ?
Lindsey pu voir pendant un court instant dans le regard de l’italien qu’il était à deux doigts de  lui succomber encore une fois et qu’il ne le voulait pas. Cette fois-ci Lin eut le temps de le voir et de le comprendre dans les yeux de Stefan: Il rejetait l’amour qu’il ressentait pour lui. Pour l’allemand ce rejet était bien difficile à comprendre et avait bien évidemment en tête de découvrir ce secret et surtout de mettre fin à tout cela, de faire plier Stefan et de le faire accepter cet amour. C’était son souhait et il ne s’arrêtera pas tant qu’il n’aura eut sa vengeance.

Stefan pris la fuite, se détournant de lui après avoir eut bien du mal à se redresser. Il lui tourna le dos en lui lançant une dernière phrase, un dernier coup de poignard comme il savait si bien y faire avec lui…Mais cette fois-ci ses mots ne l’atteignirent pas.
Se redressant quelque peu, le dos toujours contre le tronc du sapin, Lindsey esquissa un sourire et répondit aux mots de l’italien qui s’éloignait déjà, s’adressant haut et fort à son égard pour être sur que cette fois-ci il serait entendu.


« Alors arrête de me pousser dans les bras d’un autre ! Arrête de fuir ! »

Il savait que l’italien serait trop fier pour s’arrêter et faire demi tour. La partie n’était pas encore gagnée et les choses ne faisaient que commencer.
Alors que Stefan rejoignait le chalet et le laissant seul, une fois de plus, Lindsey ne se sentit pas aussi triste ni aussi décontenancé que la dernière fois où Stefan lui avait tourné le dos. Non, cette fois ci il se sentit victorieux et il savait qu’à force, l’italien finirait par céder et répondre à cet amour qu’il refusait de voir. C’était une question de temps et il savait exactement quoi faire pour avoir ce qu’il voulait.

Apaisé par ce jeu du chat et de la souris, Lin se sentait bien mieux…étrangement.
Il attendit encore une bonne dizaine de minutes avant de rentrer à son tour dans le chalet. La salle commune était encore très mouvementée et bruyante et il eut le temps de voir que Stefan avait rejoint, mine de rien, ses amis alors que John était monté dans leur chambre. Ne perdant pas plus de temps, Lindsey alla retrouver son amant, un léger sourire sur les lèvres, apaisé et heureux de la situation et surtout ayant hâte de passer à la suite au plus vite.


« Ta promenade au clair de lune semble t’avoir fait du bien. »

Venant chercher les bras de John, tendrement, Lindsey l’embrassa avec plaisir et lui répondit, le sourire aux lèvres.

« Tu n’imagines pas à quel point. »

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Lun 9 Oct - 18:42


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I walk my talk, no time for wishful thinking
I push up on my toes, you call me "sweet thing"
And breathin' down your neck, your body screaming… ♪♫♪♫


Si Stefan est effectivement trop fier pour faire demi-tour, la dernière pique lancée par Lindsey lui raidit tout le corps, fichée comme une flèche dans sa colonne vertébrale. La ferme, tais-toi, j’ai pas de leçons à recevoir de ta part, c’est toi qui t’es jeté dans les bras de ce type. Ça valait bien la peine de chialer en me virant de ton appart’… L’italien rumine ces reproches furieux durant sa remontée vers le chalet pour oublier sa mauvaise foi car qu’il le veuille ou non, il ne peut rien reprocher à Lindsey. Ce dernier a raison. S’il ne l’a pas poussé dans le lit d’un autre, il l’a chassé violemment de sa vie. Lui-même s’est oublié dans d’autres bras, d’autres draps pour tenter d’effacer son souvenir. Il n’était pas censé le revoir, il n’était pas censé le retrouver ici… Je n’aurais jamais du le rejoindre dans ce putain de bosquet. Pourtant il sait que s’il pouvait remonter le temps, il ne changerait rien. Il se lèverait à nouveau pour le suivre et retomberait à nouveau dans son piège, juste pour pouvoir l’embrasser. Et si le petit ange lui en faisait une nouvelle fois la demande, il obéirait. Toutes ces certitudes fatalistes bouillonnent sous sa peau alors qu’il rejoint ses amis à leur table pour finir son repas, sans parvenir totalement à retrouver tous ses esprits restés auprès du corps palpitante et des lèvres brûlantes. Contre toute attente, c’est Renzo qui s’en rend compte le premier et l’aide à reprendre pied d’une remarque cinglante :

« Qu'est-ce que t'as ? T'es encore allé pleurer sur ta défaite pitoyable ? »
« Si je devais pleurer, ce serait sur le fait de pas t’avoir laissé crever comme une merde dans ce sauna. Ta gueule et passe-moi le sel. »
« Va chier, tocard. »
« Tiens, Stef. »
« Grazie, Flo. »


Fait-il avec un sourire et un clin d’œil en direction du français. Voilà pour ta gueule, amerloque de mes deux… Après ça, il arrive à rester suffisamment maître de lui pour donner le change. Même s’il ne peut s’empêcher de guetter la silhouette de Lindsey dans l’entrée, et de frémir quand il le voit rentrer pour de bon pour rejoindre sa chambre, il fait comme si de rien n’était. Après le repas, ils restent tous les quatre dans la salle commune pour jouer à l’un des jeux de société mis à disposition pour les résidents du chalet et enchaînent quelques parties dans la joie et la bonne humeur, du moins autant que possible avec Stef et Renzo à une même table. Les deux garçons n’arrêtent pas de se chercher des poux, pour changer, l’instinct de compétition tourné plein pot chez l’un comme chez l’autre. L’italien est peut-être encore plus agressif tandis qu’il ne peut empêcher ses pensées de dériver ailleurs à intervalles réguliers, vers l’étage et les chambres au-dessus d’eux. Il doit être en train de sucer ce type dans leur grand lit, en ce moment… Cette pensée le fait bouillir en secret, nourrit ses pulsions guerrières alors qu’il remporte la plupart des parties, pour faire rager Renzo et oublier sa propre frustration.

« Désolé, Renzino. Ça s’appelle le talent… »
« Le talent mon cul. On verra si t'as autant de talent quand tu te videras de tes tripes à la rando de demain… »
« Pfouh, des promesses, toujours des promesses… »


Fait-il, en remettant négligemment sa boucle d’oreille en place sur son lobe gauche. L’américain surprend son geste, cille un instant, visiblement surpris, puis finit par claquer la langue en se détournant pour aider à ranger le plateau. Sa main effleure la chaîne à son cou au passage. Stefan s’est déjà mis à aider les autres, mais il n’a rien perdu de ce mouvement furtif. Il sait ce qu’il signifie. Parfait… Quand les autres montent se coucher, lui reste lire un peu dans les fauteuils moelleux de la salle commune. Il en a pris l’habitude au fil de la semaine parce que les lampes de chevet de leur chambre sont vraiment de médiocre qualité et parce qu’il se doutait que ça pourrait servir pour les situations comme celle-ci, où la discrétion est de mise.

Il attend que l’écho de leurs pas ait disparu dans l’escalier. Il attend encore, tournant une puis deux pages de son livre, que Renzo ait trouvé une excuse pour s’éclipser de la chambre. Puis il monte à son tour, le souffle un peu crispé, le ventre un peu tendu. Il essaie de ne pas penser à la chambre que pourrait occuper Lindsey lorsqu’il arpente le couloir en haut des escaliers, rejoignant d’un pas raide et pressé les sanitaires de l’étage. Cette porte-là, juste à droite de la nôtre peut-être ? Ou alors celle-ci, tout au fond, dont les fenêtres doivent donner en plein sur la montagne. Ce serait bien le genre de l’espèce de bellâtre qui l’accompagnait de réserver une chambre comme ça… Lorsqu’il repère la porte entrouverte parmi celles des douches alignées, qu’il s’y glisse et pousse le verrou derrière lui, son regard dur et avide rencontre les pupilles fauves de Renzo qui l’attendait là. L’américain le fixe avec une ombre de jugement acéré dans le regard qui ne lui plaît pas, lui donne envie de le frapper. Au lieu de cela, il ouvre d’un coup sec l’un des robinets pour que le bruit de l’eau masque le reste et le saisit à la nuque pour l’embrasser voracement sans un mot. Il sent ses bras vigoureux se refermer autour de son dos avec la même âpreté, et il ne lui faut pas plus que le temps nécessaire pour le plaquer contre le mur carrelé pour deviner qu’il est déjà en érection, tout comme lui. Je ne fuis pas… Je ne fuis pas…

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Lindsey Hermann
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Mar 10 Oct - 23:35
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« Tu est à moi Lindsey…à moi pour tout le week-end tu te souviens ? »

« Bien sûr que je me souviens. »

« Alors arrête de penser, arrête d’être ailleurs et reste avec moi, tu veux? »

« Ou…oui John..pardon. »

Bam.



Au fond, n’était ce pas tout ce qu’il méritait ?

Ce n’était pas toujours comme ça avec John. Mais ce soir là était particulier. Ce soir, le policier avait vu le changement de comportement de son protégé et sentit que sa façon d’agir n’avait rien avoir avec ce qu’il connaissait de lui habituellement. Quelque chose n’allait pas chez Lindsey et ce dernier refusait d’en parler…ce qui agaçait d’autant plus John.

Dans la tête de Lindsey tout était confus et compliqué. Lui qui comptait passer un week-end paisible, sans prise de tête avec John, se retrouvait a avoir un tumulte de sentiments qui se brassaient et remuaient tout dans son coeur et son esprit. Ce baiser avec Stefan n’avait pas été si anodin et le touchait énormément. Il ne pouvait se le cacher plus longtemps, Lindsey était encore éperdument amoureux de ce gars. Au plus profond de son être il l’aimait et n’arrivait pas à l’avoir pour lui! Cet imbécile d’italien ne faisait rien…absolument rien pour mettre un terme à tout cela. Cette ridicule histoire pesait dans le coeur et l’esprit du prostitué qui décidément n’arrivait pas à mettre les choses de côté pendant son « travail », comment le pouvait il ? Son esprit fusait et essayait de trouver une solution pour avoir Stefan une bonne fois pour toute. Il savait que ce dernier cachait malgré lui ses sentiments, qu’il se refusait à lui et cette idée était insupportable.

« Lèves toi. »

Sans broncher, ravi de ne plus avoir a supporter cette position inconfortable, Lindsey se releva et leva les yeux sur son client qui ne semblait pas vraiment satisfait par ses performances. Le pauvre…il est vrai qu’habituellement Lindsey était plus en forme pour ce genre d’exercice.

« J’ai compris, on laisse tomber la cravache et ont fait l’amour de manière classique c’est ça ? »

« Je…excuse moi John oui..je vais me réveiller ! »

« J’espère bien. »

Lindsey s’approcha alors de l’homme pour venir d’abord lui voler un tendre baiser, caressant sa joue avant de murmurer contre sa bouche.

« Fait moi l’amour…»

Ce simple baiser sembla suffisant aux yeux du policier qui compris que pour ce soir, il valait mieux laisser tomber ces petits jeux pervers et laisser place à plus de tendresse. Lindsey n’était pas dans son assiette et il ne pouvait lui en vouloir. Ce qui l’agaçait réellement était de ne pas savoir pourquoi le jeune prostitué était si mal.

Lumières éteintes, Lindsey se laissa porter jusqu’au lit, couché sur le dos alors que John se plaçait au dessus de lui, le surplombant et ne le quittant plus des yeux. Il esquissa un sourire en le voyant se déshabiller, caressant son corps, sa peau alors que la pénombre ne laissait simplement deviner que des formes et des ombres…difficile de bien voir le visage de son partenaire dans si peu de luminosité.




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Lindsey Hermann
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« Le mec au cache-œil tu le connais ? »

Stefan se fige alors qu’il remontait son pantalon. Une fois passé l’orgasme, il est resté en Renzo encore une quinzaine de secondes, le temps de le finir en quelques coups de poignets. Et cet abruti lui pose une question pareille juste après avoir taché le carrelage mural. Si j’avais su, je l’aurais laissé se palucher tout seul… Au lieu de ça, l’italien serre les dents tandis que le visage de Lindsey revient flotter devant lui, comme une réminiscence de son plaisir frustré. Il lui semble un moment que ses doigts lui effleurent délicatement la nuque mais ce n’est qu’une goutte de sueur qui roule sur sa peau. Il reboucle sèchement sa ceinture…

« Nan. Et c’est pas tes oignons. »

Avant de serrer sa langue contre son palais, retenant le juron qui lui monte à la bouche. Non mais quel con ! Même un complet demeuré comprendrait que Lindsey est loin d‘être un inconnu à ses yeux. Et pour son malheur, Renzo n’est pas aussi débile qu’il veut bien le dire. Stefan en est encore à lui jeter un regard mauvais en se demandant comment il a pu faire le lien entre un banal hôte du chalet et son comportement étrange quand celui-ci se retourne vers lui, l’œil acéré.

« T’es aussi crédible que quand tu dis que j’suis un mauvais coup. »
« T’es un mauvais coup, Renzino. Même pas foutu de m’attendre dans une pose sexy quand je viens te baiser. »


L’italien espérait que la pique moqueuse détournerait son attention. Raté. Renzo se détourne avec un sifflement méprisant pour couper l’eau de la douche, puis vient lui faire face pour saisir le col de son t-shirt. Stefan se raidit, mais ne baisse pas les yeux, habitué à ses démonstrations de force.

« J’ai pas eu le temps de protester parce que t’as pas été bien long mais la prochaine fois que tu cherches juste à te vider les couilles, tu te démerderas tout seul. J’suis pas ta boniche, le rital. »

Il le repousse sur ces mots pour sortir et quitter les sanitaires. L’italien le laisse faire en le fusillant du regard avant de rester seul, les mâchoires serrées, amer. Putain d’enfoiré, la prochaine fois que tu voudras te faire ramoner par quelqu’un de compétent, toi aussi tu pourras aller voir ailleurs. De toute façon, c’est même pas toi que je voulais baiser…  Il ferme les yeux et laisse aller sa tête en arrière, jusqu’à ce qu’elle vienne taper contre le mur carrelé auquel il est adossé. Malgré lui, il ne parvient pas à interrompre le cheminement de sa pensée. C’était toi que je voulais… Juste pour cette fois, quelques secondes avant de quitter l’endroit à son tour, il s’autorise cet instant de faiblesse. C’est avec toi que je veux faire l’amour… Avec lui. Son petit ange à l’œil flamboyant dont les doigts et les lèvres lui ouvrent le paradis, lui serrent tendrement le cœur. Lindsey…

Le lendemain.

« Ah bah tiens ! Tu vois ? Finalement t’as bien fait d’être malade ! »
« Merci, Stef. Si tu savais comme ça me réconforte… »


L’italien rit en raffermissant sa prise sur les cuisses de Peter, vautré sur son dos, et il termine au petit trot les quelques deux cents mètres qui les séparent du chalet sous les grosses gouttes de pluie qui commencent à les pourchasser. Heureusement qu’il pèse aussi lourd qu’un grillon au régime… Les deux jeunes hommes arrivent ainsi à peine humides à l’abri et Stefan va déposer son malheureux fardeau dans leur chambre pour qu’il finisse de décéder dans son lit. Après s’être assuré qu’il n’a besoin de rien d’autre qu’une bassine de secours et un peu de calme, il quitte la pièce pour retourner au rez-de-chaussée. D’aucuns trouveraient que ce n’est pas de chance de devoir abandonner la dernière randonnée du week-end au tiers du parcours pour raccompagner un Peter subitement pris de migraines et de nausées. Il y a deux jours encore, il aurait été beaucoup moins enthousiaste en se portant volontaire. Mais c’était avant que Lindsey arrive.

À présent ce retour imprévu au chalet, sans aucun de ses potes dans les pattes, est une aubaine. Il n’a aucune idée de ce qu’il pourrait tenter, si ça servirait réellement à quelque chose, mais tant pis. Il faut qu’il essaie. Je veux te revoir… Sans même savoir si Lindsey est là aujourd’hui, et pas parti se promener ou se prélasser dans sa chambre avec son bellâtre, il arpente les couloirs, la salle commune, pointe le nez dehors, puis finit par trottiner sous la pluie jusqu’au hangar non loin, où les propriétaires du chalet garde entreposé un vieux 4x4 et des bricoles diverses. Stefan a même la surprise de trouver une vieille guitare sous une bâche poussiéreuse. L’instrument est complètement désaccordé et il y remédie par pur réflexe après s’être assis sur une caisse à outils, avant de commencer à jouer. Sans trop oser encore mettre de mots sur ce qu’il espère. Qu’il vienne, ou qu’il ne vienne pas. Même s’il n’aurait à priori aucune raison de traverser la pelouse sous la pluie battante pour le rejoindre dans ce hangar humide.

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Lindsey Hermann
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Dim 15 Oct - 21:37
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La brutalité de John ne le dérangeait pas d’habitude, d’habitude il aimait ça même. Mais ce soir était différent, cette nuit était différente et toutes les précédentes étaient devenus si étranges depuis ce fameux soir où Stefan l’avait abandonné à son triste sort. Chaque nouvel amant ne suffisait toujours pas, chaque moment de tendresse ou de brutalité ne le comblait plus. Ce n’était plus suffisant, c’était même devenu inexistant et limpide à ses yeux. Lui qui cherchait à tout prix de combler le vide qui régnait dans son coeur depuis tant d’années. Seule une personne aurait put combler ce vide et il ne pourrait sans doute ne jamais l’avoir.

Alors que John s’était endormi profondément et rapidement au creux de ses bras, Lindsey regardait le plafond au dessus de sa tête, pensif. Il n’arrivait pas à se calmer et à s’endormir. Ses pensées fusaient dans son esprit, le tourmentaient et l’empêchaient de se reposer. Le retour de l’italien dans sa vie le perturbait beaucoup trop. Il souffrait en silence devant John et ne voulait pas lui montrer a quel point sa situation était difficile, a quel point Stefan pouvait le blesser à lui montrer des signes d’affections forts mais à le rejeter toujours avec brutalité. Il se sentait le cul entre deux chaises, désiré et rejeté à la fois. Comment était ce possible ?
Il savait que Stefan ressentait quelque chose pour lui. Comme pour lui, dès le premier instant où leurs regard s’étaient croisés, quelque chose s’était produit entre eux. Comme des aimants ils s’attiraient et leur fusion était quasi parfaite. Pourtant, tout ceci ne suffisait toujours pas au blond pour accepter ses sentiments et se laisser tenter par l’aventure. Chose très frustrante pour Lindsey qui était prêt à se lancer dans le vide pour lui.
« Pourquoi lui ? Pourquoi moi ? ».
Des questions sans réponses qui continuèrent à le hanter jusqu’au petit matin.

« Tu est sur que ça ne te déranges pas ? »

« Mais puisque je te le dit ! C’est trop bête que ton boulot t’ai appelé mais c’est comme ça, je comprends t’inquiète ! Et ça serait trop bête de ne pas encore profiter de la nuit qu’il reste…tu a payé la chambre et ce n’est pas remboursable ! »

« Oui mais bon…l’idée ce n’était pas de te planter là tout seul en pleine montagne Lin.. »

« Je sais, mais vraiment ça ne me dérange pas. J’ai envie de rester et de profiter encore un peu de la nature, ça me fait du bien, je t’assures. »

« Ok ok…je vois que ça te fait plaisir alors…moi aussi. Je te récupère demain soir à la gare et je me rattraperais cette semaine, promis. »

« Ca marche. Bon courage pour ton boulot. »

N’était ce pas encore un signe du destin ? John et lui avaient prévus de passer le week-end à la montagne, du vendredi soir au dimanche et voilà que le deuxième jour, John devait repartir pour son travail ? Une aubaine pour Lindsey qui bien évidemment n’avait pas réussi à dormir de la nuit et surtout qui avait encore moins réussi à se sortir de la tête l’italien. « Pauvre John, si il savait ce que je compte faire… »
Mais il ne lui devait rien. Lindsey n’eut plus aucun scrupules lorsqu’il se rappela que John était avant tout son client et surtout lorsque celui-ci lui donna son argent avant de partir. Ce n’était pas une vrai relation entre eux. Lindsey n’était pas amoureux de John et il était libre de faire ce qu’il voulait et surtout de ressentir de l’amour pour qui il voulait.

Alors évidemment, après le départ de John pour la ville Lindsey n’eut alors plus qu’une idée en tête: retrouver Stefan. Au risque que ce dernier ne le rejette encore et encore, le brun ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il avait encore ses chances et qu’il devait encore essayer. Si il ne le faisait pas il le regretterait sans doute toute sa vie. Quitte à prendre le risque de se prendre encore un râteau, quelque part ça en valait réellement la peine.

Une fois seul, il se promena un peu au sein même de l’auberge, espérant tomber par chance sur Stefan. Jusqu’à présent cela lui avait toujours bien réussit. Mais malheureusement pour lui, après une bonne demi-heure de recherche, il ne tomba ni sur l’italien, ni même sur sa bande de potes et dût se rendre à l’évidence qu’ils étaient sortit. Difficile de savoir quel chemin ils avaient pris et pour combien de temps ils en avaient. Le plus simple pour lui était d’attendre le soir même, d’être sur de croiser Stefan à l’auberge.
Ayant donc la journée devant lui, le jeune homme préféra quand même s’équiper de sa tenue de randonnée pour aller faire un petit sentier facile, munit de sa carte et de sa boussole et de profiter des paysages du coin. N’étant pas un grand marcheur ni un expert en randonnée, Lindsey ne s’aventura pas bien loin de l’auberge, suivant un chemin pédestre assez simple avant de se voir arrêter par la pluie qui se mis à tomber subitement.
« C’est bien ma veine tiens. »

Arrêté par la pluie qui le pris par surprise, notre jeune randonneur n’eut pas d’autre choix que de rebrousser chemin, n’ayant pas le temps de terminer le sentier et étant encore assez proche des alentours de l’auberge. Complètement trempé, il vit au loin le hangar, plus proche de l’auberge et qui lui assurerait un abris temporaire contre la pluie battante. Trempé jusqu’aux os, Lindsey se mis à courir dans sa direction, manquant à plusieurs reprises de trébucher par manque de visibilité, sur des rochers ou des branches, pour finalement arrivé complètement essoufflé à l’entrée du hangar.
Le visage et les cheveux ruisselant d’eau, Lin releva finalement le visage vers l’intérieur du hangar lorsqu’il compris qu’une autre personne y avait trouvé abris: Stefan. Ce dernier était assis plus loin et ne semblait pas l’avoir entendu son arrivée, l’entrée du hangar étant plus éloignée, le son de la guitare et de la pluie battante couvrant sans nul doute ses pas.
Lin ne put s’empêcher d’avoir un sourire lorsqu’il le vit, assis là, jouant tranquillement de sa guitare en toute simplicité, avec douceur et presque romantisme. Pas un de ses amis n’étaient là, il était seul… et c’était une parfaite aubaine pour Lindsey.


Abandonnant son sac à l’entrée du hangar, Lindsey préféra rester silencieux quelques minutes, profitant du fait que Stefan ne l’ai pas vu pour l’observer et l’écouter jouer de la guitare. Sensible par ce genre de choses, il trouva bien évidemment que l’italien brillait par son talent et par sa beauté. Comment ne pas craquer en le voyant ainsi ?
Il profita de quelques minutes de musique avant de venir finalement signaler sa présence. S’approchant doucement de lui, Lindsey s’arrêta finalement à quelques pas de Stefan, un léger sourire aux lèvres malgré lui, ne pouvant s’empêcher d’être heureux de tomber encore sur lui.


« Très joli son. Tes copains ne sont pas là pour profiter du spectacle ? »



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Elle est pas terrible cette guitare… Il ne sait pas si c’est à cause de son âge ou de l’humidité, mais il a l’impression qu’elle se désaccorde à vue d’oreille. Malgré tout, il décide de ne pas en tenir compte pour le moment. Ça fait longtemps qu’il n’a pas pu jouer un peu, ça lui fait du bien. La musique l’a toujours détendu. Pour lui qui exprime si rarement ce qu’il ressent, c’est salvateur. Il n’y a souvent qu’avec une guitare à la main qu’il se laisse aller à un peu de sincérité. C’est sans doute pour ça que beaucoup de gens le trouvent encore plus séduisant lorsqu’il fait montre de ses talents de musiciens. Alors cette guitare a beau ne pas être idéalement accordée, ne pas avoir un son aussi plein et altier que celle qui dort dans sa chambre, ça ne l’empêche pas de vite se laisser aller après quelques arpégés tranquilles pour s’échauffer. Les notes s’égrènent d’abord doucement de façon esseulée, comme un appel un peu triste. Les cordes résonnent dans l’air humide du hangar avant que le rythme ne progresse, que la mélodie se déroule avec des accents hispaniques, mélancoliques malgré leur entrain. Lentement, sûrement, il la laisse l’envahir, guider ses mouvements sans plus vraiment y réfléchir consciemment, les yeux fixés sur le manche et les cases où dansent ses doigts, jusqu’à ce que la violence qui palpite en sourdine dans ses paumes ne jaillisse. Frappant par intermittence du plat de la main sur la caisse pour battre la pulsation, sa tête commence à marquer le rythme et tout son corps se laisse finalement emporter.

Même si ses doigts lui font mal, même s’il rate une note de temps en temps, Stefan ne s’arrête pas, porté par le flot d’émotion bouillonnant qui gonfle et décroit dans son cœur comme une mer en furie. Il ne sait pas combien de temps ça dure. Ça lui fait un bien fou. Pendant quelques minutes, tous les sentiments contraires qui bouillonnent dans sa poitrine depuis que Lindsey est réapparu s’échappent et fusent, emplissant le hangar, balayant les souffrances et les questions sans réponse qui le taraudent comme si la pluie du dehors tombait à flot à l’intérieur de lui. Lorsque le dernier accord résonne avec brutalité avant de laisser place au silence et au son de l’averse, Stefan est un peu essoufflé, un peu perdu, ses mains frissonnent contre le bois et les cordes. Il lui faut toujours un moment pour reprendre pied dans la réalité après une session comme celle-ci. Et c’est précisément cet instant que choisit Lindsey pour apparaître à nouveau. L’italien sent son cœur s’embrasser comme jamais et se retourne aussitôt au son de sa voix, les pommettes rougies et les yeux fulgurant d’étoiles. Tu étais là ? Le sourire sur ses lèvres est comme un coup de poignard. Encore étourdi, vulnérable après avoir joué avec tant de passion, Stefan ne peut faire autrement que d’en subir la blessure. Tu étais vraiment là… Oui, il l’était. Tout près, à portée de main. Il n’aurait que si peu de gestes à faire pour être auprès de lui et le prendre dans ses bras que c’en est douloureux. Douloureux de devoir se retenir alors qu’il ne désire que cela.

« Partis faire les cons sous la pluie. »

L’Italien lui tourne à nouveau le dos pour réaccorder la guitare de ses doigts tremblants. En vérité, il ne souhaitait pas autre chose. Même s’il y avait peu de chances, même si c’était idiot, il ne pouvait s’empêcher d’espérer que Lindsey le rejoigne par un curieux coup du sort comme ils y ont eu droit si souvent. Et maintenant qu’il est là, maintenant que la chance a parlé de nouveau, il sent sa nuque crépiter à la pensée qu’il est derrière lui, qu’il pourrait avancer et le toucher. S’il le fait, s’il le fait vraiment, je… Il ne se défendra pas. Il ne le pourra pas. Malgré toutes ses résolutions, malgré les ultimes remparts de sa volonté de plus en plus vacillants, il sait qu’il ne tiendra pas longtemps s’il l’approche à nouveau. Un frisson d’appréhension, d’excitation lui contracte le ventre à cette pensée. Je voulais juste t’embrasser une dernière fois… Il savait bien qu’il n’aurait pas du.

« Et toi ? T’es pas avec ton mec ? »

Stefan a mobilisé tous ses efforts pour se composer une voix égale et indifférente. Il n’est pas sûr que ça ait marché. Le simple fait de penser à ce type que Lindsey embrassait par-dessus la table en fermant son œil de velours lui inspire des envies de violence. Envie de se balancer cette guitare, de rejoindre le petit ange et de le retourner pour le prendre sur le capot du 4x4. Je ne dois pas… songe-t-il en reposant doucement l’instrument contre une caisse pour se lever et le regarder par-dessus son épaule. Je ne dois pas… Non, il ne devrait pas. Mais il ne peut s’en empêcher. La seule pensée que Lindsey puisse appartenir à un autre lui donne envie de marquer passionnément son territoire, de reprendre possession de ce corps angélique dont il distingue les lignes sous ce t-shirt mouillé.

« Tu vas attraper froid comme ça… »

Sa voix est plus rauque qu’elle ne le devrait. Il espère que ça ne s’entendra pas… 

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Lindsey Hermann
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Mer 18 Oct - 22:49
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Les quelques minutes de musique que Stefan lui offre sans le savoir furent réellement un plaisir. Etait-ce l’amour qu’il ressentait pour lui ou un réel talent ? Lindsey ne saurait le dire mais il apprécia sincèrement la délicatesse du son joué par l’italien. Bien qu’en ayant un style hispanique, la chanson jouée par Stefan était pleine de mélancolie. Etrangement, le jeune allemand crut pendant un court instant mieux comprendre et reconnaître Stefan à travers la mélodie qu’il lui jouait qu’a travers les mots qu’ils avaient put échanger jusque là. Comme si l’italien ne savait pas dire les mots qu’il ressentait et qu’il s’exprimait plus facilement en musique. C’était tellement beau et touchant que Lindsey interpréta cette musique jouée malgré tout pour lui, comme un texte qui lui était dit, comme un poème qui exprimait le ressentit du blond. Pour la première fois, Lindsey crut enfin réussir à comprendre Stefan, et cette partie de lui lui plaisait énormément. Il reconnaissait enfin en lui la part d’humanité qu’il lui cherchait encore parfois, la part d’émotions bien enfouie au plus profond de son âme.

Lorsque Stefan réalisa enfin la présence de Lindsey avec lui dans le hangar, ce dernier vit alors pour la première fois chez le blond une vrai réaction de surprise et de gêne. Comme si Lindsey l’avait surpris en train de faire une bêtise ou plutôt, comme si il venait de le surprendre dans un moment privé et intime. Ses joues rosies, ses yeux pétillants, ce regard…le vrai Stefan s’était ouvert à lui un court instant et ce fut suffisant pour faire emballer une nouvelle fois son coeur dans sa poitrine. Lindsey regretta presque immédiatement d’être venu interrompre ce moment. Il aurait dû rester caché dans l’ombre et profiter de la vérité et de ce que pouvait être Stefan lorsqu’il ne jouait pas au con avec lui ou avec ses potes. Le vrai Stefan s’était dévoilé dans ce hangar et Lin avait tout interrompu. Dommage.

Lindsey ne releva pas la réponse de Stefan sur ses potes qui faisaient les cons sous la pluie. Peu importe, ce qui l’intéressait c’était de retrouver le blond, en tête à tête. C’était trop rare pour ne pas en profiter. C’était peut être même sa dernière chance avec lui ? Alors qu’était il censé faire ? Lui sauter dessus, l’embrasser au point de le faire succomber à son charme ?
Non. Ce n’était pas la bonne méthode. L’italien savait déjà ce qu’un baiser lui apportait avec Lindsey et ce n’était clairement pas ce qu’il lui fallait, ni même ce qui l’intéressait. Ce n’était pas le sexe non plus de toute évidence, au vu de la dernière et unique fois où ils avaient fait l’amour. Pourtant cette fois là Lindsey s’en souvenait comme si c’était hier et avait ressentit tant de choses…L’italien lui avait fait réellement l’amour, avec passion, tendresse et amour. Etait-ce cela qui l’avait fait fuir ?

Bien évidemment la carapace de Stefan revint rapidement, se reprenant et jouant au macho en évoquant le « mec » de Lindsey…John.
Prenant place sur une caisse en bois qui trainait là, Lin esquissa un nouveau sourire, presque amusé de voir a quel point Stefan pouvait se montrer jaloux malgré tout ce qu’il pouvait en dire. Il ne supportait apparement pas l’idée que Lindsey puisse être avec un autre…tant mieux.

« Il est reparti travailler. Et ce n’est pas vraiment mon mec..juste un gars qui..me donne du plaisir. »
 
Bim.
Lindsey fit exprès d’être provoquant et peut être même de jouer avec le feu.Concernant John, il préféra rester flou dans leur relation. Après tout, le voir jaloux lui faisait du bien même si il était très loin de la vérité. Son activité de prostitué devait demeurer un secret bien garder…c’était certain que l’italien n’apprécierais pas cela et ce n’était pas le moment de lui expliquer ça.

« J’ai décidé de rester pour te voir. »

Il avait le mérite d’être franc et de ne pas s’en cacher. Avouer qu’il restait uniquement pour lui ne plairait pas forcément au blond. Mais c’était la vérité et ils avaient besoin, chacun, d’être sincère pour mieux se comprendre et pour peut être espérer quoi que ça soit ensemble.

Assis sur la caisse en bois, Lin observa alors la nuque de Stefan qui semblait faire tout les efforts du monde pour ne pas le regarder droit dans les yeux, pour finalement, se tourner enfin vers lui et lui faire la remarque qu’il risquait d’attraper froid. Lui qui était entièrement trempé, des pieds à la tête, avait complètement oublié tout cela…oubliant qu’effectivement son t-shirt mouillé lui collait à la peau et s’en était désagréable, oubliant que ses cheveux dégoulinaient d’eau et le faisaient parfois frissonner par le froid qui envahissait son corps.
« Alors réchauffe moi. »
Il aurait tant aimé répondre cela. Mais ce n’était pas une partie de jambes en l’air qui allait rétablir leur relation. Non. Lindsey avait eut le temps de réfléchir et savait…il savait ce qu’il devait faire pour voir enfin le vrai Stefan et que ce dernier se dévoile enfin à lui, qu’il abaisse ses armes et se laisse enfin aller à une douce mélodie.

« Ce n’est pas grave, ce n’est pas important. »

Le brun se releva de sa caisse pour finalement s’approcher suffisamment de Stefan et le regarder dans les yeux. Osant poser sa main sur sa joue, au risque de se voir repousser une nouvelle fois, Lin ajouta, un léger sourire au coins des lèvres, ayant une idée bien précise en tête.

« Je voulais te montrer quelque chose Stefan. Tourne toi un instant s’il te plaît. »

Lindsey se contenait. Il voulait dire tant de chose, voulait faire tant de chose. Mais il ne pouvait pas. Pas tant qu’il n’avait pas déclenché un déclic chez Stefan, pas tant qu’il n’aura pas enfin découvert le vrai Stefan qui se cachait derrière sa carapace de macho et d’arrogant. Le bel ange savait que c’était à lui de faire le premier pas…à lui de se dévoiler le premier pour pouvoir laisser une place à Stefan, en espérant toujours que cela soit réciproque.

Alors que le blond lui tourna le dos, Lin hésita un instant. Son idée était peut être ridicule. Stefan allait peut être se moquer de lui ou le rejeter. Encore. Mais c’était la seule façon pour lui qu’il avait eut envie de s’exprimer à son égard, il sentait au plus profond de son âme qu’il en avait besoin et qu’il devait le faire.

« Tu peux te retourner. »

Sa voix était beaucoup plus éloignée que lorsqu’il lui avait demandé de se retourner. une première fois. Le bel ange était reparti à l’entrée du hangar, sous la pluie et entièrement nu. Il avait tout retiré. Tout. Il se retrouvait entièrement nu sous la pluie battante qui lui faisait l’effet d’une douche froide, venant purifier son corps et son âme impure. Mais le plus troublant était sans doute sur son visage. Il avait également enlever son bandeau et tiré sa mèche de cheveux en arrière. Son oeil recouvert d’un voile blanc, aveugle, si laid…fixait également Stefan alors que le visage de Lindsey ruisselait d’eau et de larmes. Restant debout, figé sous la pluie, il trembla enfin de froid et surtout du poids des sentiments qui l’envahissaient.

« Je..je ne sais pas ce que tu veux Stefan…je ne sais pas pour qui tu me prends mais…j’ai décidé de te monter qui je suis…je…regarde. »

Il écarta les bras, désignant son corps trop maigre à son gout, sa peau si blanche…son oeil imparfait et ce petit tatouage en point virgule sur son poignet. Sa marque de reload. Il était en vie. Encore en vie. Et avait besoin de partager sa vie avec quelqu’un.

« Je ne suis ni un comédien…ni un menteur. Je suis un humain. Je suis moi. Je suis Lindsey et je suis prêt à te donner ce que je possède … je suis prêt à tout pour toi. Parce que..parce que JE T’AIME PUTIN !! Je t’aime Stefan et j’ai besoin de toi !»

Il avait presque crié ses mots pour être sur que l’italien l’entende et le comprenne. Enfin Lindsey disait la stricte vérité. Il disait ce que tout deux n’avaient encore jamais oser avouer et révéler à l’autre et pour le jeune prostitué, c’était si difficile à avouer et a admettre qu’il n’avait trouver que ce moyen pour prouver a quel point ce qu’il pouvait dire était vrai. A quel point il pouvait aimer Stefan.







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Quand les choses ont-elles échappé à son contrôle ? Stefan donnerait cher pour le savoir. Il lui semblait pourtant être resté le maître la situation. Jusqu’ici, n’a-t-il pas agi uniquement de son propre chef ? De sa propre volonté ? Les décisions qu’il a prises, si douloureuses soient-elles, c’étaient les siennes. Séduire Lindsey, l’abandonner, le rejoindre dans le bois pour un dernier baiser, c’est lui qui a décidé tout cela. Non ? Il commence à en douter. Ou plutôt, le voile de ses illusions se déchire lentement, mis en pièces avec une cruauté délicate par la voix du petit ange. Alors qu’il se débat silencieusement en lui-même, aux prises avec toute une légion de sentiments contraires – Comment ça c’est pas ton mec ? Juste un plan cul alors ? Pourquoi un plan cul t’emmènerait ici pour le week-end ? Pourquoi tu serais resté pour moi ? Pourquoi tu me dis toutes ces choses ? – il se demande soudain où il a perdu les rênes, à que moment il a basculé dans le flot des évènements, sans autre possibilité que se laisser emporter. Lors de ce dernier baiser peut-être, où il n’a fait au final qu’obéir à son ordre. Ou avant cela, quand il l’a revu la veille dans la salle commune et qu’il en est resté foudroyé, son cœur se consumant sans qu’il ne puisse l’en empêcher. Ou plus loin encore, ce fameux soir où il l’a quitté après s’être perdu en lui, où il a laissé un tel lambeau de son cœur en partant que les jours qui ont suivi ont ressemblé à la dérive d’un navire sur une mer agitée. Non, ce n’est pas ça… se dit-il en le voyant soudain s’approcher de lui, en sentant la caresse de ses doigts sur sa peau sans même être capable de la repousser. Au fond de lui, il le sait. Les choses étaient déjà décidées bien avant tout cela, bien avant qu’il ne le touche pour la première fois. La lumière poudrée de poussière de la librairie lui revient en mémoire en un long frisson alors qu’il se laisse envelopper dans son regard brun. Il l’a toujours su, en fin de compte. Dès cet instant, dès le début…

L’italien le réalise avec étonnement alors qu’il obéit à nouveau sans réfléchir à ce que Lindsey lui demande, malgré le nœud brutal qui lui serre le ventre. Pourquoi je t’écoute ? Pourquoi j’en ai quelque chose à faire ? Pourquoi je reste avec toi au lieu de me tirer d’ici ? La pluie qui s’abat sur le toit de taule du hangar et un lointain roulement de tonnerre l’empêche d’entendre ce qu’il peut bien faire dans son dos mais une angoisse sourde rampe le long de sa colonne, griffant ses omoplates et sa nuque raidie. Je ne veux pas… La sensation que quelque chose va se produire, une chose à laquelle il n’est pas préparé, jette une pointe d’affolement dans les battements de son cœur. Quand le petit ange lui annonce qu’il peut se retourner, il hésite pendant un instant, retenu par cette peur inexplicable. Il finit par céder et pivote lentement sur lui-même. Son regard accroche un instant le petit tas de vêtements sur le sol, avant de le voir lui. Ses yeux s’écarquillent. Putain mais…

Lindsey est là, un peu plus loin. Complètement nu sous la pluie, le regard agrandi par une douleur dont il ne peut soudain saisir les contours. Sans qu’il ne le veuille, son regard se remplit de ce corps pâle et gracile, de ce qu’il en connait et ce qu’il n’en connait pas. C’est la première fois que je vois ses deux yeux… L’éclat blanchâtre de son œil aveugle, cette étrange dissymétrie dans son visage d’ange le trouble plus qu’il ne saurait le dire mais la scène elle-même est tellement invraisemblable qu’il a l’impression que c’est le monde entier qui est devenu discordant. Une gêne profonde et inexplicable le prend soudain, fait rougir ses joues alors qu’il a d’un seul coup du mal à supporter la vue de cette nudité qu’il a révérée un mois et demi plus tôt comme un présent du ciel.

« Mais… arrête ça, qu’est-ce qui te prend ?! »

Une nuance d’affolement dans sa voix. Il a pété les plombs. Et moi aussi ça me guette si je continue ces conneries, si je reste une seconde de plus ici… Pendant un instant, Stefan est à deux doigts de quitter le hangar, de retourner dans sa chambre au chalet, de fuir une fois pour toutes Lindsey qui se dévoile ainsi, trop complètement pour qu’il puisse l’appréhender, le regarder sans se sentir ébloui par la peur. Pourtant, il reste à sa place. Il est incapable de bouger, cloué au sol par les larmes qu’il voit briller dans ses yeux avant d’être balayées par la pluie. Malgré tous ses efforts, il ne peut échapper à la violence de ses mots, qui le poussent doucement vers le précipice.

« Arrête… »

Je ne veux pas… Stefan détourne la tête, le cœur douloureux, un étau pourpre serré autour de ses tempes. Non, il ne veut pas le regarder. Il ne veut pas l’entendre. S’il le fait, il sait qu’il basculera pour de bon. Je ne voulais surtout pas en arriver là… Il le savait, pourtant. Il savait que viendrait le face à face de trop avec le petit ange, celui où il ne pourrait plus ni fuir ni mentir. Mais dans ses tentatives dérisoires pour repousser l’échéance, il oubliait qu’il ne maîtrise plus le cours des évènements depuis longtemps. Sans même s’en rendre compte il a laissé Lindsey mener la danse entre eux, s’est laissé prendre au piège de sa voix, de ses lèvres tant désirées et ce n’est que maintenant qu’il se découvre acculé dans les ultimes recoins de la prison qu’il s’est lui-même bâtie. Et il n’a plus la force à présent de regarder à nouveau le Soleil, le feu dévorant qui habite son petit ange et qu’il lui offre sans réserve, sans pitié. Non… Non… Stefan secoue la tête, paupières serrées, refusant en bloc chacun de ses mots parce qu’il les connait déjà. Au fond, cela aussi il le savait. Ce qui brûle en eux depuis leur première rencontre, ce baiser vibrant dans son âme qui le terrorise et dont il ne peut s’empêcher de réclamer la morsure, il le connait déjà. Il le sent vriller son corps quand Lindsey crie ses derniers mots, le poussant sans remède dans le vide.

« Arrête ! Putain, arrête ! Tais-toi ! TAIS-TOI !!! »

La pluie l’enlace de ses doigts glacés alors qu’il se précipite contre le petit ange. En un clin d’œil elle trempe ses vêtements, guide son étreinte autour du corps froid, humide, tant aimé face à lui. La violence première de ses gestes le fait vaciller quand il le plaque contre lui, tire ses cheveux en arrière avec, pendant un bref instant, le désir de faire mal puis s’immobilise sous l’éclat lunaire de son œil blanc. Je ne peux pas… Aussitôt, la douleur de l’abandon le fait trembler tout entier. Sa brutalité se fond en une quête fébrile. Ses mains deviennent la supplique que sa bouche ne peut formuler tandis qu’elle parsème son visage de baisers tristes et frémissants, sans parvenir à trouver ses lèvres.

« Je t’en supplie… tais-toi… »

Sa voix n’est qu’un murmure désespéré. Les larmes viennent lui brûler les yeux à son tour.
Je ne peux pas accepter ce que tu ressens pour moi. Je ne sais pas qui tu es. Je crois que je ne le saurai jamais. Et je ne sais plus qui je suis non plus. Tu me transformes tellement que je ne me reconnais pas. J’ignore qui est celui qui te tient dans ses bras, ce qu’il veut réellement, jusqu’où il est prêt à aller pour toi. Mais dans ce cas, si je ne peux rien savoir, s’il n’y a plus aucune certitude, alors ça n’a pas d’importance. Qui que tu sois, qui que nous soyons toi et moi, la seule chose, la seule chose qui compte…
Ses paumes viennent encadrer le visage du petit ange, son regard couler dans le sien comme un homme à la mer.

« Anch'io… Anch'io bisogno di te...* »
*Moi aussi... Moi aussi j'ai besoin de toi...

Une sensation de déchirure alors que cet aveu le perce comme une lance, et par la blessure sourde qui ouvre son cœur de force, la lumière se fait. Stefan sent son ego mourir dans un souffle, emportant dans son agonie tous les mensonges dont il se protège et s’aveugle depuis le début, depuis toujours. La pesante légèreté qui l’envahit maintenant qu’il a rendu les armes lui fait retrouver le chemin de ses lèvres et il y arrime les siennes sans retour, comme un naufragé dans la tempête, comme deux amants interdits qui se retrouvent en secret. Le monde autour d’eux disparait. La montagne, le chalet, ses occupants… Tout disparait derrière le rideau de pluie qui les enveloppe comme un habit nuptial. Le cœur battant, Stefan sent à peine les larmes qui coulent sur ses joues alors qu’il étreint Lindsey de toutes les forces qui lui restent, oubliant pour quelques minutes les murs de peur et d’orgueil qui dévoraient son horizon. Son petit ange est là, contre lui, comme tant de fois il l’a rêvé. Il sait qu’il en souffrira tôt ou tard. Mais dans la fracture du monde, la perdition étincelante où il s’est plongé, l’idée même de cette douleur lui est une promesse d’extase. Alors c’est ça, l’amour... Ni vérité, ni erreur. Juste Lindsey tout contre son cœur. C’est ça, l’amour…

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Lindsey Hermann
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Lun 23 Oct - 1:30
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- Sans Toi -



C’était sa dernière carte à jouer, il a avait fait tapis. Voilà la seule solution qu’avait trouvé Lindsey pour attiser l’intérêt de Stefan et surtout pour réveiller les sentiments qui sommeillaient en lui. Cette solution était plus que risquée. Lindsey craignit à tout instant que Stef se retourne puis se détourne de lui et le laisse ainsi tout seul, entièrement nu sous une pluie battante, le coeur déchiré après avoir enfin révélé ses sentiments à l’égard de l’italien. Avez vous déjà essayer de vous mettre à nu ainsi devant la personne que vous aimez au plus profond de votre être ? Ce n’est pas une chose aisée, loin de là. L’italien avait déjà vu son corps nu c’est vrai…mais une seule fois et il ne l’avait pas réellement regardé, il n’avait pas tout vu…il ne connaissait pas Lindsey et Lindsey ne le connaissait pas non plus. Mais il l’aimait et il devait lui donner un coup de fouet, le choquer pour enfin révéler sa nature et lui prouver a quel point il pouvait se montrer sincère avec lui, lui prouver a quel point il l’aimait. Par sa nudité Lin essaya ainsi de laisser un message fort dans l’esprit de l’italien, de lui faire comprendre qu’il était un humain, avec des sentiments, et qu’il pouvait croire en lui. Car jusqu’à présent l’italien s’était comporté avec lui comme avec un fantôme…repoussé et aimé à la fois, Stefan avait agit avec lui par crainte de quelque chose et le jeune prostitué sembla enfin comprendre cette crainte, ou du moins il l’a devina. Comme lui, l’italien avait peur de l’amour et de ce que cela pouvait entrainé par la suite. Les peines de coeurs, la trahison…et tant de chose qui font souffrir tant de couples. Mais sans s’avouer leur sentiments, comment pouvaient ils savoir si ils s’aimaient et si ils en viendraient jusque là ? Personne ne pourrait le dire si ils n’essayent pas, rien qu’une fois.

Tremblant, Lindsey avait affreusement peur de la réaction de l’italien au moment où celui-ci se retourna vers lui et vers son corps entièrement dévoilé. Le brun n’avait rien pour se cacher et ne fit rien pour se cacher. Il resta figé, les yeux tournés vers l’italien et le coeur battant si fort dans son torse que s’en fut douloureux. Allait il encore une fois être repoussé ?
Si tel était le cas, ça en serait finit pour Lindsey. Il ne supporterais pas que Stefan ne l’abandonne encore une fois, qu’il ne se détourne de lui une dernière fois. Pour lui c’était vraiment sa dernière chance avec lui, après cela, il se promis de ne plus jamais le revoir et d’essayer d’arranger les choses puisque ça serait en vain.
Donc il jouait beaucoup ce jour. Et ses tremblements en disait long. Lin eut l’impression de jouer avec sa propre vie, comme si sa vie ne tenait plus qu’à un fil sur la décision de Stefan à leur sujet.

Il l’aimait comme un fou et lui avait crié ses mots. Il l’aimait et voulait enfin être libéré de cette souffrance qui lui traversait les entrailles…d’une façon ou d’une autre.

Les secondes, les minutes lui parurent interminables lorsqu’il lui demanda de se taire et de s’arrêter. Comme si le projet de Lindsey, comme si ses mots n’avaient aucuns sens. Débordant d’amour et de fureur, de sentiments a ne plus savoir quoi en faire, Lin eut bien du mal a rester alors immobile sous la pluie. Il n’en pouvait plus. Criant encore de rage alors que ses larmes ne cessaient de couler sur son visage.

« Non !! NON ! Je ne peux pas me taire je…Stefan je t’aime ! Et je sais que…je sais que tu ressent quelque chose pour moi »

La gorge nouée, Lin crut un instant que Stefan allait se détourner de lui. Son coeur se resserra de crainte dans sa poitrine, comme si la partie était terminée, comme si il avait perdu. L’italien mis bien trop de temps a venir le rejoindre…et à le rassurer. S’empêchant de trembler une nouvelle fois, serrant le poing et baissant les yeux sur le sol, il ajouta alors, d’une voix beaucoup plus calme malgré le stress qu’il ressentait.

« Je te donnes mon âme et mon corps, ma vie, car je suis tomber amoureux de toi ce jour là et je n’arriverais pas à m’en défaire. Pas tant que tu m’aura libéré. »

C’était peut être trop à entendre. Peut être n’était ce pas ce qui pouvait rassurer Stefan mais c’était sincère et c’était tout ce qui comptait pour le brun qui en avait marre de se mentir et de vivre dans leur mensonges depuis des mois. Depuis des mois ils se tournaient autour, ils souffraient en silence, chacun de leur cotés et continuaient à attiser cette souffrance malsaine. Il était grand temps que tout s’arrête.

C’est alors qu’il se sentit partir en arrière alors que son souffle fut coupé en instant lorsque le blond se jeta soudainement sur lui pour l’attraper dans ses bras et le serré si fort contre lui ! Une douce enveloppe chaleureuse pris alors possession de son corps trempé et froid. Surpris, Lindsey ouvrit les yeux sur le visage de Stefan qui venait de prendre son visage entre ses mains. Plongeant leur regard l’un dans l’autre, n’en revenant pas que ce dernier soit venu finalement le rejoindre, avec force et amour. Pleurant, souffrant, Lindsey ne savait plus vraiment les sentiments qu’il ressentait en cet instant alors que son coeur semblait se déchiré de l’intérieur. Les mains de Stefan sur son visage, ses mots, puis ses baisers qui parsemèrent tout son visage lui donnèrent l’impression d’une brûlure acide.

« Je ne peux pas…je ne peux pas taire la vérité. »

Tremblant, il resserra finalement l’étreinte offerte par son âme soeur. Enfin il pu sentir son corps contre lui, sentir son torse contre le siens et surtout sentir ses bras encadré son corps et venir le protéger de la pluie et de tout le reste. En un instant, Lindsey se sentit dans une bulle. Dans les bras de Stefan la sensation d’un amour si fort, si intense lui donnait l’impression d’être protéger de tout, même d’une tornade, même d’un éclair. Il se sentait vivant et invincible, protégé par un amour qui n’arrivait pas encore à sortir de la bouche de Stefan mais dont les actes parlaient d’eux mêmes. C’était une nouvelle preuve que Lindsey avait eut raison d’écouter son coeur. Il n’était pas le seul a être tombé amoureux dans cette bibliothèque. Il avait eut raison dès le départ que leur rencontre n’était pas dû au hasard mais bien à leur destinée et peut être bien que même la Mort était complice de tout cela. Sans sa propre mort, Lin n’aurait jamais rencontré Stefan. N’était ce pas donc la volonté de la Mort qu’ils finissent par se rencontrer et s’aimer ?

Stefan lui répondit finalement en italien et se fut suffisamment sincère et beau pour que Lindsey en comprenne la signification. Il compris la réponse de Stefan et s’en sentit tellement heureux. En un instant, l’italien lui confirma son amour et lui prouva encore plus en venant chercher ses lèvres dans un baiser plus que passionné.

Entièrement trempés par la pluie, nos deux amoureux s’étreignirent avec tendresse alors que leurs bouches venaient enfin de se retrouver. Le coeur plus léger, Lin esquissa un léger sourire, répondant à ce baiser, répondant à cet amour qu’il ne pouvait plus étouffer alors qu’il s’approcha un peu plus du corps de Stefan qui demeurait encore habillé et dont les vêtements lui collaient à la peau. Collé contre lui, répondant à ce baiser, Lindsey était incapable de se détacher de lui et de cet instant qu’il ressentit comme une réelle bouffée d’air frais, lui donnant la sensation de pouvoir enfin respirer après avoir suffoquer pendant des années. Stefan devenait la personne qui allait le libéré de tout ce poids qu’il avait au fond de lui. Et croyez moi, il s’agit là d’un moment mémorable dans la vie du prostitué. Ouvrir les cuisses est facile…ouvrir son coeur beaucoup moins.

« Je t’aime…je t’aime. »

Glissant ses lèvres dans le cou de Stefan, glissant ses doigts dans ses cheveux, Lin pria tout au fond de son coeur que cet instant soit éternel et que plus rien ne puisse les séparer.





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And the world is in flames
Two star-crossed lovers reaching out
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Peut-être la pluie est-elle froide et serrée autour d’eux, peut-être le tonnerre fait-il entendre son lointain tambour quelque part. Peut-être. Stefan n’en sait rien. Rien n’a de prise sur lui en cet instant, à part les doigts de Lindsey qui s’accrochent à son t-shirt trempé alors qu’il lui rend son étreinte. Tu m’as manqué… Il ne peut pas prononcer ces mots. Il n’y parvient pas. Alors il embrasse son petit ange. À corps perdu, se souciant à peine de respirer, comme s’il était le seul oxygène dont il avait besoin. Et c’est le cas, non ? Comment expliquer autrement qu’il ait à ce point l’impression de revenir à la vie ? Que chaque parcelle de son corps atteinte par les mains, la voix, le parfum de Lindsey semble se déployer et rechercher encore son contact, comme des fleurs se tendant vers la lumière ? Tu m’as manqué… Il ne peut pas prononcer ces mots. Ils lui brûlent les veines, tournoient sans fin sous sa peau et la blessure de cet aveu impossible n’est apaisée que par Lindsey qui, lui, parvient à dire ce qui les anime tout deux. Moi aussi je t’aime. Depuis le premier jour, avant même de te rencontrer. Je t’aimais déjà tellement que je t’ai reconnu dès que je t’ai vu. Dès que je t’ai touché j’ai su, j’ai su que c’était toi… Il ne peut pas lui dire toutes ces choses. Alors il ne cesse de l’embrasser, comme si ses lèvres contre les siennes pouvaient lui transmettre le message d’elles-même. Comme s’il pouvait verser son amour directement dans son corps gracile, en imprégner chacune de ses cellules, ne faire plus qu’un avec lui par le simple pouvoir de ses mains et sa bouche effaçant l’espace entre eux. Et bientôt, bientôt, rien de tout ça n’est assez…



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